Mohamed Sahnouni (en arabe : ), né le à Theniet El Had, dans la wilaya de Tissemsilt, est un archéologue et préhistorien algérien, spécialiste de la Préhistoire ancienne et de la paléoanthropologie. Ses recherches portent principalement sur les premières occupations humaines de l'Afrique du Nord, les industries lithiques du Paléolithique inférieur, les environnements du Pléistocène et les relations entre les vestiges archéologiques et paléontologiques. Il est notamment connu pour avoir dirigé les recherches archéologiques sur les sites d'Aïn Hanech et d'Aïn Boucherit, dans la wilaya de Sétif, ainsi que pour ses travaux sur le site préhistorique de Tighennif, dans la wilaya de Mascara.

Biographie Mohamed Sahnouni effectue ses premières études universitaires en Algérie. Il poursuit ensuite sa formation en France, où il obtient un doctorat de troisième cycle en biologie à l'université Pierre-et-Marie-Curie à Paris, puis un doctorat en anthropologie à l'Université de l'Indiana à Bloomington, aux États-Unis. Il exerce comme enseignant-chercheur à l'université d'Alger, avant de poursuivre sa carrière universitaire et scientifique aux États-Unis. En 2010, il rejoint le (CENIEH), à Burgos, en Espagne, où il développe des recherches consacrées à l'archéologie préhitorique.

En 2019, il est présenté comme directeur de recherche associé au Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), directeur des fouilles d'Aïn Boucherit, ainsi que professeur et coordinateur du programme d'archéologie du CENIEH.

À partir de 1987, Mohamed Sahnouni participe aux recherches archéologiques menées dans la région de Taza, dans la wilaya de Jijel. Les recherches associent des chercheurs algériens et étrangers et portent notamment sur les grottes préhistoriques de la région. Les fouilles de Taza I permettent d'étudier plusieurs niveaux stratigraphiques attribués au Paléolithique moyen et à l'Ibéro-maurusien, avec des vestiges lithiques, fauniques et humains.

À partir de 1992, Mohamed Sahnouni dirige des fouilles archéologiques et des recherches associées dans le secteur d'Aïn Hanech, au nord d'El Eulma, dans la wilaya de Sétif. Les travaux portent sur l'archéologie, la géologie, la paléontologie, la géochronologie et la reconstitution des paléoenvironnements. Ils conduisent à l'identification de plusieurs gisements archéologiques et paléontologiques, dont celui d'Aïn Boucherit. Le site d'Aïn Boucherit comprend deux niveaux archéologiques, inférieur et supérieur. Les recherches y ont livré plus de 250 pièces lithiques en calcaire et en silex, attribuées à l'Oldowayen ou Mode 1, ainsi que près de 600 ossements fossiles provenant notamment d'éléphants, d'hippopotames, de rhinocéros, d'équidés et de bovidés. Certains os portent des traces de découpe ou de percussion interprétées comme les témoins d'activités de boucherie. Les niveaux archéologiques ont été estimés à environ 1,9 et 2,4 millions d'années. Les résultats de ces recherches sont publiés en 2018 dans la revue Science. Ils repoussent alors d'environ 600 000 ans les plus anciennes traces d'industrie lithique connues en Afrique du Nord.

La découverte fait l'objet d'une importante couverture médiatique internationale. Une dépêche de l'Agence France-Presse publiée par Le Temps souligne notamment que les résultats d'Aïn Boucherit remettent en question la chronologie jusqu'alors établie pour les premières industries lithiques en Afrique du Nord. En 2019, Sahnouni présente les découvertes d'Aïn Boucherit lors de la IVe soirée archéologique annuelle de l'Association France Algérie, consacrée à la question de l'Algérie comme nouveau foyer des premières occupations humaines.

Parallèlement à ses travaux dans la région de Sétif, Mohamed Sahnouni mène des recherches sur le site préhistorique de Tighennif, dans la wilaya de Mascara, célèbre pour les restes humains découverts au milieu du XXe siècle. Le projet vise à reprendre l'étude du site avec des méthodes archéologiques, géologiques et paléontologiques modernes. En 2022, Sahnouni indique vouloir poursuivre les recherches afin de mieux documenter la chronologie du site et son environnement. Il associe ces travaux à une réévaluation plus générale des connaissances sur la Préhistoire algérienne.

En juin 2026, la onzième campagne de fouilles archéologiques sur le site de l'Homme de Tighennif est lancée dans la commune de Tighennif, sous sa direction. Au cours de cette campagne, une défense fossile d'éléphant attribuée à Loxodonta atlantica est découverte dans la région de Mascara.

Une partie des interventions publiques de Mohamed Sahnouni porte sur la nécessité de réexaminer l'histoire de la Préhistoire algérienne à partir des données archéologiques contemporaines. Dans plusieurs entretiens publiés en 2020 et 2022, il défend l'idée d'une réévaluation des interprétations héritées de la période coloniale et emploie notamment les notions de « décolonisation » et de réécriture de la Préhistoire algérienne.

Publications Mohamed Sahnouni est l'auteur et le coauteur de travaux consacrés à l'archéologie préhistorique, aux industries lithiques, à la géochronologie et aux premières occupations humaines de l'Afrique du Nord. Il publie également des ouvrages de synthèse en arabe consacrés à la Préhistoire.

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Ses recherches sur Aïn Hanech et Aïn Boucherit donnent lieu à plusieurs publications scientifiques et articles de vulgarisation. En 2018, il est notamment coauteur avec Mathieu Duval d'un article de présentation des résultats d'Aïn Boucherit dans The Conversation.

Distinctions En 2024, Mohamed Sahnouni reçoit l'Algerian Scholar Award, distinction attribuée en reconnaissance de ses travaux scientifiques et de ses recherches archéologiques en Algérie. Le CENIEH annonce cette distinction le 15 décembre 2024 et le présente alors comme coordinateur du programme d'archéologie du centre.

Bibliographie

Références

Liens externes

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