Edmond Couty de La Pommerais (1830-1864) est un médecin français, condamné à mort pour meurtre par empoisonnement.
Biographie Edmond Désiré Couty de La Pommerais est né le 18 mai 1830 à Neuville-aux-Bois, fils d'un médecin de campagne qui vit dans la dévotion de son métier et dans le souvenir de son épouse morte en couches. Il monte faire ses études de médecine à Paris et est témoin des évènements de février 1848« Les empoisonneurs : Edmond-Désiré Couty de la Pommerais », Le Figaro, Paris, 21 juillet 2007..
Après sa thèse doctorale intitulée Du rôle que joue la nature dans les maladieslire sur Gallica. soutenue en 1854, il choisit de pratiquer l'homéopathie, ouvre un cabinet, et adhère à la Société médicale homéopathique de France fondée par Jean-Paul Tessier, dont il démissionne bientôt, pour abus de publicité. De fait, par la suite, il accumule les dettesChristian Rousseau, « Crime : l’homéopathe empoisonneur de la rue Bonaparte (épisode 3) », La Première, 3 août 2022..
Début 1861, il rencontre la jeune Clotilde Dubizy, une héritière qu'il décide d'épouser le 18 juillet suivant, mais qui décède, peu après la mort de sa propre mère et quelques semaines après son mariage« Publications de mariages », in: Le Constitutionnel, Paris, 20 juillet 1861, — sur Retronews.. Durant les deux années suivantes, La Pommerais mène une vie assez fastueuse, grâce à l'argent de sa belle-famille. Début 1863, il renoue avec une ancienne maîtresse, Julie Testu de Pauw, veuve et fortunée, et fait publier dans la foulée un ouvrage, des Cours d'homéopathie. Le 17 novembre, elle est saisie de vomissements et meurt. La Pommerais signe lui-même le permis d'inhumer, le certificat de décès mentionnant le choléra.
À la suite d'une lettre anonyme soupçonnant La Pommerais d'être un empoisonneur, le juge d'instruction ordonne d'exhumer le corps de Julie de Pauw. Suit une perquisition au domicile du médecin, rue Bonaparte, et son arrestation. Il y est trouvé en effet une quantité importante de digitaline. Pour prouver l'empoisonnement, la police, sous la direction d'Antoine Claude, fait injecter à des grenouilles et un chien les extraits des matières vomies par Julie de Pauw retrouvées sur le parquet du domicile.
Le procès, ouvert le 10 mai 1864, fait grand bruitDébut du compte-rendu du procès, Le Peuple, Paris, 10 mai 1864, — sur Retronews.. Appelé à la rescousse par le ministère public, le docteur Claude Bernard vient confirmer les démonstrations des légistes Ambroise Tardieu et François-Zacharie Roussin ayant pratiqué une analyse toxicologique, levant une grande partie des doutes : Julie de Pauw a bien été empoisonnée.
La Pommerais est condamné à mort. La demande de grâce faite par son avocat, Maître Charles Lachaud (1817-1882), auprès de Napoléon III échoue sur l'insistance de son ministre de la Justice, Claude Alphonse DelangleLe Droit, Paris, 5 juin 1864, — sur Retronews..
Ayant pris connaissance du verdict, le chirurgien Alfred VelpeauAuguste de Villiers de L’Isle-Adam, « Le secret de l'échafaud », Mercure de France, 1909, . rend visite à La Pommerais pour le convaincre de se prêter à une expérience post-mortem, destinée à accréditer sa thèse selon laquelle la sensibilité persiste dans l'être humain, après section de la tête : Velpeau s'approchera donc de lui au moment de son exécution et lui demandera de faire trois clins d'œil. Le médecin condamné accepte. Le 9 juin 1864, La Pommerais est guillotiné devant la prison de la Grande RoquetteLe Temps, Paris, 10 juin 1864, — sur Retronews.. Velpeau s'approche et repart déçu.
Bibliographie François-Zacharie Roussin, « Relation médico-légale de l’affaire Couty de la Pommerais : empoisonnement par la digitaline », avec Auguste Ambroise Tardieu, in: Annales d'hygiène publique et de médecine légaleTexte en ligne, fonds Wellcome., Paris, J.-B. Baillière et fils, 1864. Double complainte du sieur Edmond Couty de La Pommerais (air de Fualdès), Paris, Ègrot, [1864?] – sur Gallica. Jean de La Hire, L'Empoisonneur mondain, , Paris, Les Inédits populaires, 26 rue Racine, 1925. Arthur Bernède, La Pommerais. Un médecin empoisonneurNotice ouvrage, La Rayon populaire., Paris, Jules Tallandier, 1933. Bernard Hautecloque, « Edme-Samuel Castaing et Edmond Couty de La Pommerais, deux médecins empoisonneurs dans le Paris du », in: Poisons et philtres d'amour. Actes de la journée d'études du au château de la Roche-Guyon, Editions de l'œil, .
Notes et références
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