Sophie Laffitte, née Sofia Glikman-Toumarkine à Kiev le 27 octobre 1905 et morte à Saint-Paul-de-Vence le 8 août 1979, est une universitaire et slaviste française d’origine russe. Son dernier époux est le sénateur Pierre Laffitte.
Biographie Plusieurs notices biographiques présentent Sofia Glikman-Toumarkine comme issue de la noblesse russe« Pierre Laffitte (1925-2021) », Annales des Mines, rubrique « Archives de l’École polytechnique », en ligne : annales.org/archives/x/laffitte.html, consulté le 25 septembre 2026., tandis que son acte de naissance la rattache à une famille juive de la haute bourgeoisie marchande de Kremenets à proximité de KievЦДІАК України (Archives historiques centrales d’État d’Ukraine à Kiev), fonds 1164, inventaire 1, dossier 115, registre métrique des naissances de la communauté juive de Kiev, 1905, acte n° 391, 14 octobre 1905 (calendrier julien) / 27 octobre 1905 (calendrier grégorien).. La révolution russe, puis les guerres qui ravagèrent l’Ukraine et l’occupation de Kiev par les forces polonaises en 1920 s’accompagnèrent d’une forte vague de violences antijuives. Dans ce contexte, la famille Glikman-Toumarkine quitta l’ancien Empire russe et se réfugia à Berlin, avant de gagner Paris en 1922V. G. Kostomarov, entretien publié dans Русский язык за рубежом, no 2, 2025, p. 13..
Alors qu’elle était étudiante l’École des langues orientales à Paris, elle épousa en premières noces Eugène Stalinski, ingénieur des Mines, puis le juriste Maurice Capitant (frère du Garde des sceaux), avant d’épouser en troisièmes noces à Shangaï le japonologue Georges Bonneau. Elle poursuivit parallèlement des études à la Sorbonne et aux Langues orientales, puis consacra sa thèse de doctorat à Alexandre Blok. Publiée en 1946 par l’Institut d’études slaves de l’Université de Paris sous le titre L’Univers poétique d’Alexandre Blok, cette thèse parut sous le nom de Sophie BonneauSophie Bonneau, L’Univers poétique d’Alexandre Blok, Paris, Institut d’études slaves de l’Université de Paris, 1946, 519 p..
À partir de 1948, elle joua un rôle important dans le développement du service slave de la Bibliothèque nationale, où elle contribua jusqu’en 1962 à l’enrichissement du fonds russe. Elle participa notamment à l’organisation de l’exposition consacrée à Léon Tolstoï en 1960 et en assura l’édition scientifique du catalogue« Sophie Laffitte », Guichet du Savoir, Bibliothèque municipale de Lyon, 24 juin 2011 ; Léon Tolstoï : exposition organisée pour le cinquantenaire de sa mort, Bibliothèque nationale, 1960, éd. scientifique Sophie Laffitte.. Élue professeure à la Faculté des lettres de Paris au début des années 1960, elle enseigna la littérature et la civilisation russes. En 1965, elle quitta volontairement la Sorbonne pour rejoindre la jeune faculté des lettres de Nanterre, répondant à l’appel du doyen Pierre Grappin adressé à plusieurs enseignants parisiens désireux de participer au développement du nouvel établissementRené Rémond, « Paul Ricœur à Nanterre », dans François Dosse (dir.), Paul Ricœur : les sens d’une vie, Paris, La Découverte, 1997, p. 29.. Après son mariage en 1949 avec Pierre Laffitte, ses principales publications parurent sous le nom de Sophie Laffitte. Son œuvre fut notamment distinguée par l’Académie française, qui lui attribua en 1964 le prix Jean-Jacques-Weiss.
Hommages Sa mémoire reste attachée à Sophia Antipolis : Pierre Laffitte donna à la technopole un nom formé à partir du prénom de son épouse et d’Antipolis, l’ancien nom grec d’Antibes. La place Sophie-Laffitte, située au cœur historique de la technopole, perpétue aujourd’hui ce souvenir. Plus récemment, la vie de Sophie et Pierre Laffitte a été mise au centre du roman Antipolis de Nina Leger (Gallimard, 2022)Christine Marcandier, « Antipolis de Nina Leger ou “L’espace s’éparpille en questions” », Diacritik, 3 février 2022, en ligne : diacritik.com/2022/02/03/antipolis-de-nina-leger-ou-lespace-separpille-en-questions/, consulté le 25 septembre 2026..
Principales publications
Sophie Bonneau, L’Univers poétique d’Alexandre Blok, Paris, Institut d’études slaves de l’Université de Paris, coll. "Bibliothèque russe de l’Institut d’études slaves", 1946, 519 p. Sophie Laffitte, Tchékhov par lui-même : images et textes, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Écrivains de toujours », 1955. Sophie Laffitte, Alexandre Blok, Paris, Pierre Seghers, coll. "Poètes d’aujourd’hui", n° 61, 1958, 220 p.
Sophie Laffitte, Léon Tolstoï et ses contemporains, Paris, Seghers, 1960, 330 p.
Notes et références