Parviz Sabeti (), né le 25 mars 1936 à Sang-e Sar (aujourd'hui Mehdishahr), non loin de la ville de Semnan, est un avocat iranien et un ancien officier du renseignement qui fut député-directeur de la SAVAK sous le régime de Mohammad Reza Pahlavi. De 1978 à 1979, il fut le dernier directeur adjoint de la SAVAK.
Né à Sang-e Sar, dans la province de Semnan, Sabeti est diplômé en droit de l'université de Téhéran dans les années 50, puis il rejoint la SAVAK, l'agence de renseignement iranienne du régime du Shah, en 1959, deux ans après sa création. Il en gravit rapidement les échelons pour devenir sous-directeur de la Troisième division de la SAVAK, la division chargée de la surveillance et du suivi, division dont il devint plus tard le directeur.
Il est considéré comme l'une des personnalités les plus puissantes des deux dernières décennies de l'Iran des Pahlavi. L’historien Abbas Milani le décrit comme « un personnage sorti d'un roman de Le Carré » et dit que « à mesure que sa renommée et sa réputation grandissaient, son nom et son visage disparaissaient du domaine public ».
En février 2025, trois anciens dissidents politiques résidant aux États-Unis ont intenté un procès contre Sabeti. Les plaignants accusent Sabeti d'avoir orchestré et supervisé leur torture au cours des années 1970.
Biographie
Jeunesse et ascension Parviz Sabeti est né en 1936 dans une famille de confession bahá'íe. Cependant, son père avait été exclu de la communauté bahá'íe, et Parviz Sabeti n'a jamais été un bahá'í pratiquant. Il est diplômé de la faculté de droit de l'université de Téhéran en 1957, puis est embauché comme juge au ministère de la Justice. Ayant manifesté un vif intérêt pour les affaires publiques et la politique, il est recruté par la SAVAK, alors dirigée par le général Hassan Pakravan. Les services secrets de l'Iran impérial cherchent alors à intégrer des civils au sein de l'organisation, composée principalement d’anciens militaires. Initialement, Sabeti y travaille comme analyste politique au sein du département de la sécurité intérieure, puis devient très rapidement chef de l'analyse politique, où il est chargé de préparer et de rédiger des rapports transmis par voie hiérarchique au Shah d'Iran. L'un des premiers rapports, au début des années 1960, estime que le manque de démocratie en Iran n'est pas un problème tant que la population sent que le pouvoir se soucie d'elle, mais préconise également les conditions nécessaires à l'instauration de la démocratie en Iran, supputant que dans l'état actuel des choses, près d'un tiers des sièges du Majlis reviendrait à l'opposition. Un rapport qui aurait rendu le Shah furieux, l'estimant bien trop négatifMilani, pp.287-288.
Pivot de la SAVAK Bien que Sabeti ait travaillé à la SAVAK, il estimait que le régime devait être réformé afin de faire disparaître l'image répressive de ses services secrets. A ses yeux, il fallait à la fois se montrer le plus ferme possible dans la gestion des oppositions, mais aussi résoudre les problèmes pointés du doigt par l'opposition, notamment l'importante corruption du régime et la pratique de la torture, internationalement condamnée. Il s'en serait notamment ouvert sans ambages à la chahbanou Farah, qui rapporta cela à son mari. Ce dernier interdit en conséquence à son épouse de revoir Sabeti.
Au milieu des années 1970, le Shah aurait même menacé de traduire Sabeti en cour martiale en raison de qu'il avait écrit un rapport critique sur l'un de ses amis proches, d'après ce que Sabeti lui-même déclara en 2004 à l'historien Abbas Milani lors d'un appel téléphonique. L'opinion du Shah à l'égard de Parviz Sabeti évolua cependant à la fin des années 1970 lorsque ce dernier, en tant que conseiller de facto du Premier ministre en matière de sécurité et porte-parole du gouvernement, accorda une longue et impressionnante interview télévisée exposant les complots du régime irakien de Saddam Hussein contre l'Iran, avec la collusion d'ennemis intérieurs du Shah. Il participa à deux autres interviews de ce type exposant les tactiques de deux grands groupes d'opposition, l'un communiste et l'autre islamo-marxiste. Lors d'une autre intervention télévisée, il débâtit avec des étudiants de l'université de Téhéran sur les actions menées par la SAVAK.
Rien de tout cela ne fit cependant oublier le fait qu'il était le seul civil à avoir accédé à un poste aussi important au sein de la SAVAK, ce qui lui valut quelques tensions avec ses collègues issus du milieu militaire. Il eut notamment de nombreuses divergences avec le général Nematollah Nassiri, qui fut chef de la SAVAK pendant 14 ans. Pourtant, Nassiri conserva Sabeti à son poste. Le Troisième Bureau, dirigé par Sabeti, était réputé si efficace que le Huitième Bureau, pourtant chargé du contre-espionnage soviétique, disait qu'il éclipsait complètement leur travailMilani 2008, p.284. En 1978, après le remplacement de Nassiri par Nasser Moghaddam, il devient directeur adjoint de la SAVAK, poste qu'il conservera jusqu'à la chute du régime. Néanmoins, son action fut marginalisée par la reprise en main du nouveau directeur de l'agence.
Départ d'Iran et famille Sabeti fuya l'Iran avec toute sa famille après la révolution iranienne en 1979. Ils s'installèrent en Floride où Parviz Sabeti devint promoteur immobilier.
Il est le père de Pardis Sabeti, professeure de biologie à Harvard et l'une des personnalités de l'année du magazine Time en 2014.
Références
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