Pierre Margaron, né le à Lyon et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l'Empire. Commandant en chef de la légion des Ardennes en 1793, il est colonel en 1798 et combat à Novi. Nommé général de brigade sous le Consulat, il participe sous les ordres du maréchal Soult à la bataille d'Austerlitz, où il commande une brigade de cavalerie. En 1807, il passe à l'armée du Portugal confiée à Jean-Andoche Junot et s'illustre notamment à Évora et Vimeiro. Baron de l'Empire en 1809, il devient général de division en 1813 et prend part à la bataille de Leipzig. Fait chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII, il finit sa carrière comme inspecteur général de la gendarmerie.

Biographie

Révolution et Consulat

Pierre Margaron naît le à Lyon. Il débute dans la carrière des armes par le grade de capitaine provisoire dans une compagnie franche qui est incorporée dans la Légion des Ardennes le . Nommé second chef de bataillon le suivant, et premier du grade dans cette légion le , il en prend le commandement le 14 du même mois. Il est toutefois suspendu de ses fonctions le avant d'être réintégré à l'armée du Nord à titre provisoire le , puis définitivement le . Quelques jours plus tard, le , il est promu adjudant-général à l'armée du Nord où il reste pendant un peu plus d'un an.

Le , il passe avec son grade à l'armée de Sambre-et-Meuse. Le , Margaron devient chef de brigade du de cavalerie (futur régiment de cuirassiers), qui sert alors sur le front italien. Son régiment sert tout d'abord à la bataille de la Trebbia, du 17 au , où il fait partie de la division du général Montrichard. Le , l'attaque de cette division est repoussée. Le , au cours de la bataille de Novi, les hommes de Margaron font partie de la réserve de cavalerie du général Antoine Richepanse. Durant le combat, cette dernière effectue deux contre-charges sur les troupes autrichiennes formant l'aile droite du dispositif allié. Margaron est blessé par une balle lors de cet engagement. Peu après, à la bataille de Genola, il a la jambe droite cassée en remplissant une mission du général en chef Championnet.

Le , les 123 cavaliers du régiment de cavalerie se trouvent avec la brigade Kellermann à la bataille de Marengo, où ils prennent part à la fameuse charge conduite par ce général en fin d'après-midi.. Plus tard dans l'année, par suite d'un contre-ordre de Brune, alors général en chef de l'armée d'Italie, Margaron, qui n'a avec lui que 200 chevaux et deux pièces d'artillerie, se trouve presque enveloppé par un corps de cavalerie légère ennemie sorti du camp retranché de Vérone. Il effectue alors deux charges vigoureuses, reprend le village de San Massimo, y soutient deux attaques du corps qu'il vient de traverser, le repousse et s'empare de 100 chevaux. Il sert également au passage de l'Adige le . Nommé général de brigade le , il devient membre de la Légion d'honneur le et commandant de cet ordre le .

Général de l'Empire

De l'Autriche à la Pologne

vignette|Un hussard français du régiment en 1804, par Victor Huen. Le hussards fait partie de la brigade Margaron pendant la campagne de 1805.

Il commande alors depuis la brigade de cavalerie légère du camp de Saint-Omer avant d'être transféré en au corps de réserve de Louis Bonaparte stationné au camp de Boulogne. Le de la même année, Margaron prend la tête de la brigade de cavalerie légère du corps commandé par le maréchal Soult. Il fait la campagne de 1805 et combat à la bataille d'Austerlitz le . Sa brigade se compose à ce moment du régiment de hussards et des et régiment de chasseurs à cheval, formant un total de douze escadrons. Blessé de deux coups de feu pendant cette campagne, il revient en France, et est mis d'abord en disponibilité le . Il reçoit ensuite l'ordre le de rejoindre le quartier général de la Grande Armée qui se bat alors en Prusse et reprend la direction de la cavalerie légère du corps de Soult le .

À la bataille d'Iéna, le , la brigade Margaron aligne selon Chandler le hussards et le régiment de chasseurs à cheval.. Hourtoulle indique pour sa part que la brigade Margaron est composée des et chasseurs à cheval, le hussards et le chasseurs formant une autre brigade sous le commandement du général Étienne Guyot.. Au cours de l'affrontement, Soult attaque une force de Prussiens commandée par Friedrich Jacob von Holtzendorff et chargée de surveiller le flanc nord de l'armée prussienne. Surpris par l'arrivée des troupes françaises sur son aile gauche, Holtzendorff se replie en bon ordre, parfaitement secondé par sa cavalerie. La cavalerie légère de Soult fait alors irruption, bouscule la cavalerie et les troupes d'infanterie légères prussiennes déployées en couverture et enfonce l'une des colonnes prussiennes en retraite, capturant 400 prisonniers, six pièces d'artillerie et deux drapeaux. Holtzendorff tente de se reformer près du village de Nerkwitz, mais l'infanterie française contourne son flanc gauche tandis que la cavalerie de Soult attaque frontalement la position. Les troupes prussiennes sont mises en déroute, la cavalerie parvenant à se rallier peu après alors que l'infanterie fuit le champ de bataille en désordre. Margaron participe au combat de Nossentin le , à la bataille de Lübeck le 6 avec quatre régiments de cavalerie légère et prend six jours plus tard le commandement de la brigade de la division de dragons du général Sahuc. Il sert à ce titre à Bieżuń le et à Mohrungen le . Dans ce dernier combat, sa brigade comprend les et régiments de dragons.

Campagne du Portugal

vignette|Le général Jean-Andoche Junot, commandant en chef l'armée d'invasion du Portugal.

En 1807, il se rend au corps d'observation de la Gironde que commande Jean-Andoche Junot. Margaron et le général Antoine Maurin mènent respectivement une brigade de la division de cavalerie de Kellermann, forte de hommes. Les troupes à cheval comprennent les , , , , et régiments de dragons ainsi que le régiment de chasseurs à cheval, tous à un escadron. Chaque escadron compte entre . Avec la permission de l'Espagne, les troupes de Junot franchissent la Bidassoa le et atteignent Salamanque le , prêtes à envahir le Portugal. Les Espagnols ne se doutent pas à ce moment que Napoléon se prépare à renverser leur royaume. Dès le début de l'invasion du Portugal par le corps de Junot, les arrangements logistiques se révèlent défaillants et la moitié des chevaux de l'armée meurent en cours de route. En dépit de cette situation préoccupante, le , une avant-garde de cavalerie française de hommes occupe Lisbonne sans rencontrer de résistance. Les cavaliers sont alors remontés avec des chevaux portugais confisqués.

Quelque temps plus tard, Napoléon renverse la dynastie des Bourbons du trône d'Espagne à la suite d'un coup d'État politique et militaire, une décision lourde de conséquences à long terme. Les troupes impériales françaises censées soutenir Junot au Portugal s'emparent sans coup férir des principales forteresses espagnoles au cours du mois de . En quelques semaines, soldats français quadrillent la péninsule. Le , Margaron se voit octroyer une rente de sur le territoire de Westphalie.. Usant d'un stratagème, Napoléon dépose successivement le roi Charles IV et son fils Ferdinand au profit de son frère Joseph Bonaparte. Le , un soulèvement éclate à Madrid et la rébellion se propage rapidement dans toute l'Espagne. Au début du mois de juin, les lignes de communication de Junot avec la France sont coupées. L'insurrection portugaise, commencée dans le nord, se manifeste aussi dans le sud, et le , à Faro, le général Maurin et un petit groupe de soldats français sont capturés par les rebelles.

Apprenant qu'un corps de insurgés s'avance des rives de Mondego sur Lisbonne, Junot envoie à sa rencontre le général Margaron, qui se met en route le avec soldats. Il bat ses adversaires à Leiria, leur infligeant une perte de , et s'empare de Thomar. Le , Junot ordonne également au général Louis Henri Loison de conduire une expédition à l'est vers Elvas. Le 29, les soldats de Loison, accompagnés de huit pièces d'artillerie, se heurtent à réguliers portugais et espagnols lors de la bataille d'Évora. Se mettant personnellement à la tête du de ligne, Margaron enfonce le centre ennemi et enlève trois bouches à feu. L'infanterie hispano-portugaise est battue et se replie sur Évora où elle tente de résister avec quelques habitants armés à la hâte. Chargé de l'attaque dirigée du côté de Beja, de Montemor et de l'aqueduc, Margaron, ayant échoué à enfoncer les portes, fait démolir la muraille à droite et à gauche et commande l'assaut dans la brèche ainsi pratiquée aux côtés du chef d'escadron Simmer et du capitaine Auguste de Forbin. Les Français font irruption dans la cité et massacrent les défenseurs qui s'y trouvent, avant de livrer la ville au pillage. Les pertes françaises se montent à 90 tués et 200 blessés. Trois jours plus tard, Loison reçoit l'ordre de retourner à Lisbonne afin d'aider à repousser une invasion britannique.

vignette|gauche|upright=1.2|Charge des dragons français du général Margaron contre le dragons légers britannique à la bataille de Vimeiro, le 21 août 1808. Illustration de .

Le , le général Arthur Wellesley débarque dans la baie de Mondego avec soldats britanniques, auxquels se joignent Portugais. Le corps expéditionnaire est renforcé peu après par soldats britanniques supplémentaires. Le , Wellesley bat les hommes du général français Delaborde à la bataille de Roliça. Cet événement est suivi peu après par la bataille de Vimeiro, le , où Wellesley avec hommes affronte les soldats de Junot. Une autre source évalue les effectifs des forces de Junot à fantassins, cavaliers et 700 artilleurs. Margaron commande la cavalerie, composée exclusivement de régiments provisoires, en l'occurrence les , et dragons et le régiment de chasseurs à cheval, ainsi que d'une centaine de volontaires.

Au cours de la bataille, Junot détache le dragons en soutien d'une de ses brigades sur son flanc, laissant Margaron en arrière avec trois régiments de cavalerie. Après l'échec des trois premières attaques frontales, Junot décide d'attaquer le village de Vimeiro avec la réserve de grenadiers commandée par Kellermann. Après un intense combat au corps-à-corps, les grenadiers français sont vaincus et Margaron envoie un régiment pour couvrir leur retraite. À cet instant, 240 cavaliers du régiment de dragons légers britannique chargent, bousculent la cavalerie française et commencent à sabrer les grenadiers. Excités par ce succès, les cavaliers britanniques perdent toute discipline et poussent trop loin leur avantage. Margaron lance à l'attaque ses deux derniers régiments et refoule les dragons légers qui perdent 21 tués, dont le colonel Taylor, 24 blessés et 11 prisonniers. La bataille s'achève finalement sur une défaite française : Junot a perdu hommes et 12 de ses 23 pièces d'artillerie, contre seulement 718 hommes pour Wellesley. L'historien Robert Burnham estime que Margaron a fait preuve dans le commandement de la cavalerie à Vimeiro.

1809-1814

vignette|Le général Pierre Margaron. Lithographie par Toussaint, Archives municipales de Lyon.

Après sa reddition au Portugal, la marine britannique rapatrie Junot et ses troupes en France. L'ex-armée du Portugal est réorganisée pour devenir le corps, mais cette fois la cavalerie est absente car les unités provisoires qui l'ont composé jusque là ont été réaffectées à leur régiment respectif. De son côté, Margaron est investi du commandement des dépôts de cavalerie établis dans les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Inférieure. Il retourne en Espagne attaché au à partir du et est créé baron de l'Empire le . (Georges Six indique le 29). Il intègre la division du général Valence le mais revient en France par congé vers la fin de l'année. Le , il prend le commandement du département de la Haute-Loire, et le garde jusqu'au .