Alexandre Paul de Châteauneuf-Randon, dit Châteauneuf-Randon, né le à Tarbes (généralité d'Auch et Pau, actuel département des Hautes-Pyrénées), mort le à Épervans (département de Saône-et-Loire)Archives départementales de Saône-et-Loire, état-civil d'Épervans, registre des décès de 1823 à 1832, 5 E 189/5., est un homme politique de la Révolution française et du Premier Empire.

Biographie

Sa famille est l'une des plus anciennes de la noblesse du Gévaudan. Son père est Guillaume de Châteauneuf-Randon et sa mère Paule de Launay. Il est marquis de Joyeuse et comte de Châteauneuf-Randon.

Il choisit une carrière militaire, qui le mène à Paris au service de la maison du comte d'Artois, (le futur , roi de France). Il a été lieutenant-général des armées du RoiNobiliaire universel de France par Viton de Saint-Allais (, édition 1872-1878).. Puis, au début de la Révolution française, il est colonel de la « légion des Alpes ci-devant légion du Midi » également appelée « légion de Montesquiou ».

Mandat à la Constituante En , Alexandre de Châteauneuf-Randon prend part à la réaction des cahiers de doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Mende. En mai, il est élu représentant suppléant de la noblesse pour la sénéchaussée de Mende aux États généraux.

Le , Châteauneuf-Randon est admis à siéger en remplacement de Jean-Joseph d'Apcher, démissionnaire. Le , il vote en faveur du rattachement du Comtat Venaissin à la France.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle mise en application de la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Alexandre de Châteauneuf-Randon est élu député du département de la Lozère, le deuxième sur cinq, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine : L'Assemblée a décrété, à l'unanimité, Louis convaincu de conspiration ; la loi le condamne à la mort. Les considérations politiques n'ont été invoquées que par le fanatisme et la superstition. Heureusement le règne en est passé. On parle d'une faction ; je n'y crois pas : si je pouvais y croire, je ne la verrai que du côté de ceux qui mettent tant de méchanceté à supposer des partis. Mais si quelque ambitieux osait attaquer la liberté, les bras du peuple sont levés, et je briguerai l'honneur de porter les premiers coups. Je vote pour la mort de Louis le dernier. Le , il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat : Je partage avec mes collègues de la Montagne, l'indignation de que nous éprouvons tous sur la manière précipitée, passionnée et injuste avec laquelle l'on a présenté le rapport et le décret d'accusation contre Marat : en conséquence, je dis non... Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.

Le , aux côtés de Georges Couthon et d’Étienne-Christophe Maignet (députés du Puy-de-Dôme), il est envoyé en mission dans le département du Rhône-et-Loire et près l'armée des Alpes.

Il est nommé par Bonaparte préfet des Alpes-Maritimes le , et prend ses fonctions au plus tôt le , date de fin de fonction de son prédécesseur. Il est relevé à la suite de difficultés avec son secrétaire général Capelle le , qui l'emporte grâce à ses appuis auprès du ministre de l'Intérieur Chaptal. Son successeur est le préfet Dubouchage, qui est nommé le . Chateauneuf-Randon se retire à Ispagnac.

En 1808, il écrit au ministre de la Guerre Clarke pour offrir ses services, mais ses demandes restent sans réponse. Il est mis à la retraite en 1811.

Il est emprisonné pour dettes du au Dictionnaire des généraux et amiraux 1792-1814, G. Six.

Au retour de Louis XVIII, il demande la croix de chevalier de l'ordre de Saint-Louis, sans succès.

Il meurt criblé de dettes le .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Docteur Labougle, « Chateauneuf-Randon (1757-1827) », , Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, 1952 (lire en ligne)

. Jean-René Suratteau, « Châteauneuf-Randon Alexandre Paul », p. 211-212 in Albert Soboul (sous la direction de), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France, 1989, réédition collection « Quadrige », 2005, 1132 p.

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