José Doroteo Arango Arámbula, plus connu sous le pseudonyme de Francisco Villa, ainsi que sous l'hypocoristique mexicain de Francisco, Pancho, né le à La Coyotada, municipalité de San Juan del Rio, Durango, et mort le à Parral, Chihuahua, est un hors-la-loi mexicain devenu chef de la et général de l'armée fédérale au cours de la révolution mexicaine Víctor Ceja Reyes, Yo maté a Villa (« J'ai tué Villa »), Populibros La Prensa, Mexico, 1960 Luz Corral (sa veuve), Pancho Villa en la intimidad, Centro Librero, Chihuahua, México, 1976.

Issu d'un milieu social très défavorisé, Pancho Villa devient bandit dès son adolescence, entre vol de bétail et transport de fonds pour le compte de nombreuses compagnies américaines. En 1910, il rejoint les rangs des révolutionnaires qui renversent l'année suivante la dictature de Porfirio Díaz. Le coup d'État du général Huerta en 1913 le pousse à reprendre les armes. En quelques mois, il transforme ses troupes de guérilla en une armée professionnelle et se révèle comme tacticien militaire. À la tête de la « division du Nord », il balaie devant lui l'armée fédérale, conduisant à la chute de Huerta en juillet 1914. Dans la guerre civile qui ravage le Mexique en 1915, son armée est vaincue par celle du général Obregón. Il meurt assassiné le 20 juillet 1923.

Jeunesse Pour l'historien mexicain Enrique Krauze, il est le fils d'Agustín Arango, lui-même fils illégitime de Jésus Villa. D'autres sources lui attribuent d'autres parents.

Orphelin à douze ans, il doit subvenir aux besoins de sa famille en travaillant dans le ranch d’El Gorgojito, propriété de la famille López Négrete.

Plus tard, le propriétaire du ranch, le fils de celui-ci ou peut-être son régisseur, tente de violer sa sœur Martina Arango ; il la défend à coups de pistolet. Arrêté, il s'évade en blessant son geôlier . Une autre version soutient que la sœur de Villa aurait été victime d'une tentative de rapt (une violence de genre obligeant la victime à épouser son agresseur) [http:www.memoriapoliticademexico.org/biografias/VIF78.html] .

Dès 1891, il alterne les périodes de banditisme et de vie plus rangée. Il rencontre deux fameux bandits, Antonio Parra et Refugio Alvarado, qui lui apprennent à voler et à tuer.

Selon le docteur Ramón Puente, qui a été son secrétaire et a écrit une de ses biographies les plus connues, Villa n'admit jamais que son changement de nom pût en quelque façon être un hommage à un bandit célèbre (dont actuellement on ne sait rien), mais simplement la reprise du nom de son grand-père maternel.

Dans Le Mexique insurgé (1914) John Silas Reed affirme qu'entre 1901 et 1909, Villa commit au moins quatre homicides, participa à dix incendies prémédités, à de nombreux vols et enlèvements pour la plupart perpétrés dans des fermes. Parallèlement à cette vie de bandit, il semble mener une vie d'honnête boucher. Les journaux de l'époque parlèrent beaucoup de luiJohn Silas Reed - México insurgente. En , Villa et sa bande brûlent la mairie de Rosario, y volent le sceau officiel et l'utilisent pour fabriquer de faux documents légitimant la propriété du bétail volé dont Villa vend la viande dans sa propre boucherie. En , il se présente au ranch de San Isidro en se faisant passer pour un acheteur de bétail. Lui et sa bande y tuent le propriétaire et son fils encore enfant ; en juillet il tue d'un coup de poignard un des membres de sa bande qui l'avait dénoncé aux autorités. En il attaque et pille le ranch de Talamantes dans le district Jiménez (État de Chihuahua).

Dans sa jeunesse, Villa ne buvait pas d'alcool et ne proférait jamais de jurons, habitudes qu'il conserva, sauf en ce qui concerne l'alcool durant les derniers moments de sa vie. Il était illétré et apprit à lire en captivité à Tlatelolco. Il fut toujours loyal à Francisco Madero. On l'appela le « Centaure du Nord ». Il signait « Francisco Villa », y compris les proclamations, actes officiels et émissions de numéraire.

Pancho Villa et la révolution mexicaine

Pancho Villa et Madero

En 1910, la révolution mexicaine changea le destin de Pancho Villa. Francisco I. Madero, qui s'était porté candidat aux élections présidentielles de 1910 contre Porfirio Díaz, avait été arrêté et emprisonné. Après la réélection de Díaz, Madero, qui s'était réfugié aux États-Unis, résolut de passer à l'action armée. Il fixa la date d'une insurrection au . vignette|Le colonel Francisco Villa après la prise de Ciudad Juárez, le 10 mai 1911. C'est en vue de ce soulèvement que Pancho Villa fut recruté par le maderiste Abraham González - en échange d'une promesse d'amnistie et d'un grade dans l'armée fédérale. Il rejoignit un groupe de maderistes de l'État de Chihuahua, dirigés par Castulo Herrera, un politicien maderiste de Chihuahua, qu'il éclipsa lors de la prise de la petite ville de San Andrès le . Le , Villa se joignit à un autre chef de bande, Pascual Orozco, pour attaquer la petite ville de Cerro Prieto le lendemain. L'assaut tourna au désastre. Après une querelle avec Orozco, Villa opéra désormais indépendamment. Il alterna succès et échecs, mais ses hommes lui restèrent loyaux.

En , il se rendit à Bustillos pour se joindre à Madero, qui était rentré au Mexique. Villa embrassa avec enthousiasme la cause du chef de la révolution. Peu après son arrivée, Villa rendit service à Madero. Parmi les forces assez disparates dont ce dernier disposait, se trouvaient des partisans de Ricardo Flores Magón, qui voulaient conserver leur autonomie d'action. Contrairement à Orozco, qui se montra réticent, Villa obéit à Madero et parvint par une ruse à désarmer les magonistes. En signe de reconnaissance, Madero le nomma major, tout en prenant soin de nommer Orozco colonel pour ne pas se l'aliéner. Plus tard, Villa fut nommé colonel et Orozco général.

La prise de Ciudad Juárez () décida du sort de Díaz, qui partit en exil en Europe, espérant éviter une guerre civile à son pays.

Alors que Villa, après sa démobilisation, s'était marié et avait ouvert une boucherie à Chihuahua, Orozco poursuivit sa carrière politique. Lorsque, se posant en champion des idées de la révolution que Madero aurait trahies, il se lança dans une révolte contre ce dernier au début du mois de , Villa refusa de se joindre à lui. Le , les forces fédérales du général Salas furent battues par Orozco. À la fin du mois, Villa, qui n'avait plus que hommes, pénétra dans Parral, la dernière ville du Chihuahua à ne pas être tombée aux mains des Orozquistes. Le , ces derniers délogèrent Villa et mirent la ville à sac.

Madero confia le commandement des troupes fédérales au général Victoriano Huerta. Villa, qui avait été nommé général de brigade, devait se mettre sous ses ordres. Lorsque Villa, dont les rapports avec Huerta s'étaient rapidement détériorés, manifesta l'intention de quitter l'armée, Huerta ordonna de l'exécuter sous prétexte qu'il voulait déserter. Sur les instances du président Madero et de ses frères, l'exécution fut suspendue et Villa expédié à Mexico sous les accusations d'insubordination, de rébellion et de vol. L'affaire traîna en longueur et le , Villa s'échappa de la prison militaire de Santiago Tlatelolco et se réfugia à El Paso aux États-Unis. thumb|De gauche à droite : Candelario Cervantes, Pablo López, Francisco Villa, Francisco Beltrán et Martín López (12 avril 1911).

Villa contre Huerta

Débuts modestes Le , au début de la Décade tragique, le coup d'État militaire qui devait s'achever par le renversement du président Madero, Abraham González, gouverneur du Chihuahua et ancien mentor de Villa, lui envoya un message lui demandant de rentrer au Mexique. Les événements se précipitèrent : le , le général Huerta devint président de la république, tandis que Madero était assassiné le 22. Le même jour, Abraham González fut arrêté, puis assassiné par des hommes de Huerta le . Villa entra alors en contact avec le gouverneur de l'État de Sonora, José Maria Maytorena, qui refusait de reconnaître Huerta. Maytorena fournit un peu d'argent à Villa, qui franchit le Río Grande, à la tête de seulement huit hommes. Il se lança à nouveau dans la guérilla dans l'État de Chihuahua. Il gagna progressivement la sympathie de la population en s'attaquant aux grands propriétaires, tout en évitant soigneusement de s'en prendre aux intérêts et aux citoyens américains, pour ne pas s'aliéner le soutien du président américain Woodrow Wilson. D'autres groupes de guérilleros qui opéraient dans le Chihuahua, étaient réticents à reconnaître toute autorité, sinon celle, nominale, de Venustiano Carranza, le gouverneur du Coahuila, qui s'était proclamé « Premier chef » de la révolution. Face à une contre-offensive des troupes fédérales en août, lors d'une réunion tenue le , tous les combattants du Chihuahua élurent Villa à la tête d'une armée révolutionnaire du Chihuahua connue sous le nom de División del Norte. À la tête d'une force importante, Villa se sentit suffisamment fort pour s'attaquer à la ville de Torreón, un nœud ferroviaire.

La prise de la ville consacra sa renommée. Il avait mis la main sur d'importantes quantités d'armement, mais surtout du matériel ferroviaire, qui lui permit de se déplacer rapidement dans les immenses étendues du nord du Mexique. Il imposa à ses troupes une discipline stricte, qui rassurait la population et les résidents étrangers.

Stature nationale Après un échec cuisant devant Chihuahua, il rebondit, devenant mondialement célèbre en s'emparant de la ville de Ciudad Juárez. au moyen d'une ruse. Il fit monter hommes à bord d'un train qui se dirigea vers la ville. En chemin, il envoya des messages télégraphiques destinés à tromper la garnison fédérale, qui fut prise par surprise lorsque les villistes surgirent du train. Huerta, qui prenait maintenant la menace au sérieux, envoya contre lui une force supérieure. Du 24 au , Villa remporta cependant la bataille de Tierra Blanca. Après cette victoire, il était maître de l'État de Chihuahua et le , il fut désigné comme gouverneur par les généraux de la división del Norte. Carranza, que la popularité de Villa indisposait, nomma un autre commandant révolutionnaire, Manuel Chao, qu'il estimait plus malléable, au poste de gouverneur du Chihuahua. Villa finit par s'incliner. Le , il accepta que Chao lui succède.

En , une dispute à propos d'une banale affaire de bétail éclata entre Villa et un ressortissant britannique, William S. Benton, qu'il détestait. Villa — ou son lieutenant Fierro selon une autre version — l'abattit, créant un incident international, qui mit les autorités américaines dans l'embarras. L'affaire prit des proportions internationales inattendues qui déconcertèrent Villa. Le président américain Woodrow Wilson, qui venait de lever l'embargo d'armes contre les révolutionnaires, dut faire face à l'irritation du gouvernement britannique, qui soutenait Huerta. Carranza prit en main ce problème potentiellement embarrassant pour lui, mais qui tourna finalement à son avantage : après avoir mis sur pied une commission d'enquête, il parvint à étouffer l'affaire et son prestige international en sortit grandi, tandis que la réputation de Villa en souffrit.

Pouvoir villiste au Chihuahua Au pouvoir à Chihuahua, Villa contrôlait des centres miniers et put faire frapper en 1914 des pesos d'argent pour payer ses troupes, ce qui lui permit d'augmenter les effectifs, les soldes étant payées en monnaies d'argent et non en papier monnaie sans valeur, ainsi que des pièces de cuivre. Il fit aussi imprimer des billets sans contre-valeur mais échangeables en argent métal dans les territoires sous son contrôle. Cela lui permit aussi de payer en argent métal les livraisons américaines de chevaux, de matériel, d'armes et de munitions.