Buoux est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie

Environ huit kilomètres au sud d'Apt (sous-préfecture). La principale route traversant le village est la D 113.

Le territoire de la commune est situé au cœur du Luberon, massif qui culmine à d'altitude et constitue une barrière naturelle entre la vallée de la Durance et celle du Calavon. Il est « fendu » par la vallée de l'Aiguebrun, non loin de la combe de Lourmarin. Cette dernière, faille d'origine tectonique, relie Buoux à la combe de Bonnieux à l'ouest et à Lourmarin au sud.

Buoux se situe au carrefour de deux voies de passage millénaires qui allaient d'Aix-en-Provence à Apt jusqu'à ce que la route de la combe de Lourmarin obtienne son tracé actuel : la vallée de l'Aiguebrun, point de passage obligé pour qui empruntait jadis la combe de Lourmarin ; le chemin des Salyens (nom sans aucun doute hérité de la fédération de peuples gaulois qui dominait le pays d'Aix avant la conquête romaine) : ce chemin difficile mène de Vaugines, au sud, jusqu'au fort de Buoux au nord en reliant successivement le vallon de Vaunière (versant sud), la crête et le vallon de Serres (versant nord).

Enfin, Buoux est surtout célèbre pour ses falaises offrant de nombreuses voies d'escalade : celles-ci sont formées de molasse burdigalienne, datant du Miocène (-25 à -12 millions d'années) et ont servi de refuge à l'homme dès la Préhistoire.

Communes limitrophes

Sismicité

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Apt-Viton », sur la commune d'Apt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Buoux est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (74,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (74,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (69,2 %), zones agricoles hétérogènes (21,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,7 %), terres arables (2 %), cultures permanentes (1,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Logement

En 2013, le nombre total de logements dans la commune était de 101.

Parmi ces logements, 55,6 % étaient des résidences principales, 37,9 % des résidences secondaires et 6,5 % des logements vacants.

La part des ménages propriétaires de leur résidence principale s’élevait à 55 %Statistiques officielles de l’INSEE (version nov 2016)..

Toponymie

Le nom s'écrit : de Biol (1043), de Biolis (1158), Buols (1274), Buoulx ( s.). Il signifierait : « lieu situé sur une hauteur »René Bruni, Buoux, 1981, 86..

La dénomination occitane de Buoux est Buòus.

Histoire

Préhistoire

vignette|Baume des Peyrards à Buoux. L'occupation du vallon de l'Aigue Brun et notamment de la commune de Buoux par l'homme remonte à environ (Paléolithique moyen), comme l'ont révélé les fouilles de la baume des Peyrards. Ce vaste abri, long d'une quarantaine de mètres et profond en moyenne de quatre à cinq mètres, est creusé dans la molasse au pied d'une paroi légèrement surplombante. Son exposition au sud-est et sa situation au fond d'un vallon encaissé sur la rive droite de l'AiguebrunJacques Buisson-Catil, Luberon des origines, Notices d'Archéologie Vauclusienne 4, Avignon, 1997, . en ont fait un refuge de choix pour les Néandertaliens, qui l'ont utilisé à plusieurs reprises comme halte de chasse puis comme habitat permanent, jusque vers Frédéric Boyer, Mémoires millénaires. Guide des sites préhistoriques Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Nice, Mémoires Millénaires, 2006, .. Le site a livré des outils en silex (culture du Moustérien) et quelques restes humains néandertaliens.

C'est au plus tard au Néolithique que le peuplement s'organise non loin de ce lieu sur les hauteurs du fort de Buoux. L'existence de cet oppidum remonte probablement au moins à cette période.

Une sépulture datée du Bronze final a été mise au jour à côté de Buoux en 1987. La stèle gravée découverte in-situ révèle sur sa surface le dessin d'un bouclier, d'une épée et d'un casqueElle est exposée au musée Marc Deydier de Cucuron. in Le Guide des sites préhistoriques Provence-Alpes-Côte-d'Azur de Bertrand Roussel et Frédéric Boyer Ed. Mémoires Millénaires (avril 2018) ..

Antiquité À l'époque gauloise, ce dernier a pu être un refuge des Albici. Sans doute au naît un premier village à Saint-Germain, sous le fort actuel. Il disparaît peut-être vers le milieu du Moyen Âge ou plus tardivement pour des raisons inconnues.

Moyen Âge Après 1125 et au , Buoux appartient aux Pontevès et est rattaché aux seigneurs d'Apt. Le castrum de La Roche d’Espeil y est créé dans un territoire vierge d’occupation humaine, au Yann Codou, « Le paysage religieux et l'habitat rural en Provence de l'antiquité tardive au XIIe siècle », Archéologie du monde médiéval, tome 21, 2003, ..

Le fief de Buoux relevait du comté de Forcalquier au . Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Buoux, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, ..

Du , l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possède un prieuré (au lieu-dit la Vieille-Église)Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du au », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. , , ..

Au , les Vaudois puis les Piémontais sont appelés par les seigneurs locaux pour repeupler et exploiter la région. Pour ces raisons, leur foi est tolérée, ce qui fait de Buoux et d'autres villages du Luberon une zone de refuge. Toutefois, avec l'édit de Mérindol (1540), François ordonne leur persécution. Le fort de Buoux fut alors un lieu de résistance pour les Vaudois jusqu'à son démantèlement sous Louis XIV.

Période moderne Buoux fait partie de la quarantaine de localités, de part et d'autre du LuberonGabriel Audisio, Guide historique du Luberon vaudois, éditions du parc naturel régional du Luberon, mars 2002, ., dans lesquelles s'installent au moins de vaudois des Alpes, soit environ , venues des diocèses alpins de Turin et d'Embrun entre 1460 et 1560, selon l'historien Gabriel Audisio.

La fortification du village est démolie conformément à la politique voulue par Louis XIV, en 1660.

Héraldique

Politique et administration Administration municipale Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 100 et 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 11..

Liste des maires

Fiscalité

L'imposition des ménages et des entreprises à Buoux en 2009. Taxe Part communale Part départementale Part régionale Taxe d'habitation (TH) 3,50 % 7,55 % 0,00 % Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 3,50 % 10,20 % 2,36 % Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 20,00 % 28,96 % 8,85 % Taxe professionnelle (TP) 4,50 % 13,00 % 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Population et société

Démographie

Buoux est une commune rurale dont la population est stabilisée après un déclin démographique lié à l'exode rural au et dans les deux premiers tiers du .

Enseignement La commune ne possède ni école maternelle ni école primaire publique.. Les écoles les plus proches sont Les Sources à Gargas () ou la maternelle des Aires à Lauris().. Pour les primaires publiques ils peuvent choisir les mêmes communes que pour les maternelles : Les Ocres, à Gargas ( ou la primaire des Aires à Lauris() et aussi : Jean-Milon, à Saignon (), l'école primaire de Lacoste () ou Philippe-de-Girard, à Lourmarin ()..

Les élèves sont ensuite affectés au collège. et au lycée Charles-de-Gaulle d'Apt..

Économie Emploi En 2013, le nombre total d'emplois au lieu de travail était de 58. Entre 2008 et 2013, la variation de l'emploi total (taux annuel moyen) a été de + 9 %. En 2013, le taux d'activité de la population âgée de s'élevait à 79,5 % contre un taux de chômage de 5,8 %.

vignette|Champ de lavande à Buoux.

Entreprises et commerces En 2015, le nombre d’établissements actifs était de vingt-trois dont cinq dans l’agriculture-sylviculture-pêche, deux dans l'industrie, un dans la construction, douze dans le commerce-transports-services divers et trois étaient relatifs au secteur administratif.

Une carrière d'extraction de pierre calcaire (Roche d'Espeil) non gélive et très prisée dans la région produit des blocs bruts, pierre à bâtir, dallages et pavages.

Agriculture et élevage