Le bulgare (autonyme : , ) est une langue de la famille indo-européenne appartenant au groupe slave et plus particulièrement aux langues slaves méridionales, l'un de ses trois sous-groupes. Elle forme un continuum linguistique avec les autres membres de ce sous-groupe dont les principaux sont le serbo-croate, le slovène et le macédonien. Son ancêtre est le vieux-slave, aussi appelé vieux bulgare. La langue s'écrit avec l'alphabet cyrillique, excepté le bulgare du Banat, qui s'écrit généralement avec l'alphabet latin.
La langue bulgare est la langue officielle de la Bulgarie, où elle est principalement parlée, et constitue l'une des vingt-quatre langues officielles de l'Union européenne. Des communautés bulgarophones existent également dans les pays voisins de la Bulgarie, tels que l'Ukraine, la Grèce, la Moldavie, la Roumanie, et la Turquie, mais aussi dans la périphérie ouest de la Serbie, ainsi que de plus petites communautés dans de nombreux autres pays du monde, pour un total de 8 à 10 millions de locuteurs.
Usage Bulgarie En fonction des sources, le nombre de locuteurs du bulgare est estimé de 6,5 à 8 millions.
Pays limitrophes En Turquie, la situation du bulgare reste également confuse : il semble très parlé en Thrace orientale, à Istanbul et dans le nord-ouest de l'Anatolie. Il s'agit de fait des régions où s'installèrent beaucoup de réfugiés turcs de Bulgarie, fuyant par vagues successives les politiques ségrégationnistes et assimilationnistes bulgares. Certaines organisations bulgares vont jusqu'à évoquer de locuteurs, tandis que les autorités turques évoquent plutôt quelques milliers de locuteurs, puisqu'elles ne recensent que les Turcs ayant appris le bulgare, mais pas les bilingues et binationaux turco-bulgares.
En Roumanie, le bulgare est assez répandu en Dobroudja, une région historiquement bulgare, mais aussi dans le Banat, notamment dans le județ de Timiș, où vit la communauté bulgare du Banat.
En Serbie, il est parlé à la frontière, sous le nom de torlakien, mais également dans le Banat serbe, en Voïvodine.
En Hongrie, il est la langue des Bulgares de Hongrie, une communauté habitant principalement le Banat hongrois.
En Grèce, il est pratiqué en Thrace occidentale, une région anciennement bulgare dans laquelle vivent encore des Bulgares, ainsi qu'en Macédoine, notamment dans le dème de Kilkís et dans la Communauté monastique du Mont Athos, où il est une des langues officielles.
En Albanie, il est parlé à la frontière avec la Macédoine du Nord par des chrétiens mais aussi par des bulgares musulmans, appelés Gorans.
En Ukraine, il est parlé principalement dans le Boudjak, où il est majoritaire dans les raions d'Artsyz, de Bolhrad et de Taroutyné, mais aussi par des communautés bulgares en Crimée et à Zaporijjia. Le nombre de locuteurs du bulgare en Ukraine est évalué à environ , en effet, une grande partie des Bulgares d'Ukraine ont petit à petit abandonné leur langue d'origine au profit de l'ukrainien ou du russe (pour ceux vivant dans l'Oblast de Donetsk).
En Moldavie, il est parlé par la communauté bulgare de Moldavie, principalement en Gagaouzie, à la frontière avec l'Ukraine.
En Macédoine du Nord, la situation de la langue est plus complexe. La langue macédonienne était considérée comme un parler bulgare avant 1945, mais encore aujourd'hui, elle est fermement considérée comme telle en Bulgarie, bien que la Macédoine du Nord la revendique comme une langue à part entière. D'un point de vue sociolinguistique, le macédonien peut donc être considérée comme une langue Ausbau, issue des dialectes occidentaux du bulgare.
Diaspora Aux États-Unis, avec le vieillissement et la mort des anciennes générations, et l'intégration des descendants, le bulgare est de moins en moins parlé, mais il retrouve de la vigueur avec de nouveaux migrants, situation identique au Canada et en Australie. En France, le bulgare est parlé par environ issus de l'immigration et de sa descendance, bien que le nombre de ressortissants bulgares soit plutôt situé entre et .
Écriture thumb|right|upright=1.5|Disposition du nouveau clavier bulgare.|alt=Schéma d’une disposition de clavier bulgare. thumb|right|upright=1.5|Disposition du nouveau clavier phonétique bulgare.|alt=Schéma d’une disposition de clavier phonétique bulgare. Alphabet thumb|upright=0.9|Écriture cursive de l'alphabet bulgare.|alt=Illustration de l'écriture cursive des trente lettres de l'alphabet bulgare.
Seul dans ce cas parmi les langues officielles de l'Union européenne, le bulgare s'écrit avec l'alphabet cyrillique, avec quelques différences par rapport au russe, à l’ukrainien, au cyrillique serbe et au macédonien. Il ne comporte en effet que 30 lettres (sans le Ё, Ы̄, Э) et la prononciation de certaines d’entre elles est différente..
Les voyelles se nomment comme elles se prononcent, et les consonnes se nomment en y accolant -, de la façon suivante : , , , , , etc. Le nom de la lettre est (« i bref »), celui de la lettre est (« grand er »), et celui de est (« petit er »).
+ Alphabet cyrillique (1) Capitale Minuscule Prononciation [g] [e] [ʒ] [j]Pronon. simplifiéeabeveguedeéjezeii kratko Alphabet cyrillique (2) Capitale Minuscule Prononciation [o] [u]Pronon. simplifiéekelemeneopereseteou Alphabet cyrillique (3) Capitale Minuscule Prononciation [x] [t͡ʃ] [ʃ] [ʃt] [ɤ] [j] [ju] [ja]Pronon. simplifiéefehetsetchechechtee/iouia
Translittération
+ Translittérations de l'alphabet bulgare en alphabet latin Alphabet bulgare AncienneTranslittération internationale ancienne, utilisée par l'ONU avant 2013. NouvelleTranslittération officielle bulgare anglicisée, depuis 1995 ; également utilisée par l'ONU depuis 2013. Alphabet bulgare Ancienne Nouvelle а a п p б b р r в v с s г g т t д d у u е e ф f ж ž zh х h з z ц c ts и i ч č ch й j y ш š sh к k щ št sht л l ъ ă a м m ь j y н n ю ju yu о o я ja ya
Au moins deux translittérations du bulgare existent en alphabet latin : la « bâlgarski », la transcription officielle, fréquente (panneaux routiers, etc.).
Prononciation vignette|droite|Lecture de l'article de Wikipédia en bulgare : , tcherna doulka. Voyelles thumb|Voyelles du bulgare.|alt=Diagramme des voyelles du bulgare. Un phénomène nommé « réduction vocalique » se produit sur les voyelles en fonction que les syllabes dans lesquelles elles se trouvent sont accentuées ou inaccentuées. Ce phénomène varie en manière et en intensité en fonction des régions. Les exemples suivants concernant la région de Sofia :
La lettre se prononce lorsque accentuée et (voir parfois un mélange entre et ) lorsque non accentuée ; Exemple : (« plusieurs ») se prononce La lettre se prononce lorsque accentuée et lorsque non accentuée ; Exemple : (« la poste ») se prononce La lettre se prononce lorsque accentuée et lorsque non accentuée. Exemple : (« fer à repasser ») se prononce
En revanche, les voyelles , et ne sont réduites d'aucune façon lorsqu'elles sont inaccentuées.
Diphtongues
Consonnes
La plupart des consonnes fonctionnent par paires et répondent à un phénomène dénommé « voisement ». Lorsque certaines consonnes sont prononcées ensemble, la première adapte son voisement sur la seconde. Ainsi, une consonne sonore se trouvant juste avant une consonne sourde devient sourde ( (« laisser échapper ») se prononce ) et une consonne sourde se trouvant juste avant une consonne sonore devient sonore ( (« trier, sélectionner ») se prononce ). De plus, les consonnes sonores apparaissant en fin de mot se prononcent sourdes : (« ville ») par exemple se prononce .
Consonnes sonores Consonnes sourdes
En bulgare, la plupart des consonnes sont dures. Les consonnes molles ne sont possibles qu'avant les voyelles , , et . La lettre ne peut se trouver que dans la séquence , elle signifie que la consonne précédente est molle . La lettre remplace elle une consonne molle suivie de la lettre . Deux « er » ne pouvant se suivre directement, le ъ et le a sont écrits я après une consonne molle.
Accentuation Le bulgare a un accent tonique mobile, c'est-à-dire qu'un mot nouveau doit être appris avec son accentuation. Il arrive également que la place de l'accent change en fonction de la forme que revêt le mot, par exemple singulier ou pluriel, mais le phénomène reste très exceptionnel.
La syllabe accentuée est prononcée comme elle est écrite, mais l'énonciation des syllabes non accentuées est en revanche souvent moins marquée. L'orthographe ne fournissant pas cette information, la connaissance de la façon d'accentuer un mot est obligatoire pour le prononcer correctement. Certains éléments linguistiques, nommés « clitiques », ne comportent pas d'accent et obéissent à des règles particulaires, et en particulier ils ne peuvent se trouver en début de phrase. Par exemple, le verbe (« être ») doit se trouver collé à un nom ou à un adjectif, avant si possible, et la particule doit être collée au verbe, avant si possible.
Grammaire
Articles Le bulgare ne possède pas de marqueur pour la forme indéfinie. L'article défini se trouve lui accolé à la fin du nom et s'accorde en genre.
+ Articles définis Masculin (dur) Masculin (mou) Féminin Neutre Pluriel /-а -ят/-я
L'article masculin, bien qu'il se prononce toujours , est noté après les noms se terminant en et , c'est l'article mou. Les noms qui se terminent par perdent le avant de recevoir également la terminaison . La forme longue (-ът) s'articule au nom masculin quand il est sujet : (« Le lion mange »), la forme courte (-а) dans les autres cas : (« Je vais à l'hôtel »), de même pour l'article mou : (« Mon médecin a trois fils »), (« J'ai voyagé en train »).
Forme indéfinie Forme définie De nombreux noms masculins monosyllabiques ont un pluriel indéfini en -ове/-еве (ex : син ; синове, un fils, des fils) et par conséquent un pluriel défini en -овете/-евете.
Noms En bulgare, les noms appartiennent au genre féminin, masculin ou neutre. La quasi-totalité des noms féminins ont pour terminaison le son , qui peut s'écrire ou , et les noms masculins une consonne, y compris la plupart des noms personnels. Les noms de profession ou de rôles sont généralement masculins, et réfèrent aux hommes spécifiquement ou à la catégorie en général. Il faut ajouter la terminaison pour obtenir la forme féminine, celle-ci n'étant pas utilisée lorsque la volonté est de mettre en avant la profession plutôt que le genre de la personne. Les noms neutres ont une terminaison en ou en .
Le pluriel est formé grâce à la terminaison : elle remplace la terminaison en des noms féminins et est accolée aux noms masculins. Il arrive très exceptionnellement que la forme pluriel change la place de l'accent : (« madame ») devient par exemple au pluriel.
Le vocatif intervient lorsqu'on s'adresse à une personne ou à un objet directement : les terminaisons ou sont apposées aux noms féminins et la terminaison ou aux noms masculins : à la forme vocative, devient , et devient .
Pronoms Pronoms personnels Comme les terminaisons du verbe déterminent le sujet, les pronoms personnels sont optionnels : ils sont utilisées lorsque le sujet est introduit pour la première fois et lorsque l'on souhaite souligner l'identité du sujet. Comme dans la plupart des langues européennes, la forme au singulier , ti (« tu ») est utilisée lorsqu'on s'adresse à un ami, à un enfant, à Dieu, ou aux animaux, et le forme pluriel , vie (« vous ») est utilisée pour s'adresser ou à un groupe de personnes, ou à toute personne à qui on souhaite s'adresser avec courtoisie comme une personne âgée ou un supérieur. Le pronom neutre , to, peut désigner, en plus des noms neutres, certains êtres humains comme un enfant ), une fille () ou un garçon (). Les pronoms personnels singuliers s'accordent en genre, et il existe un unique pronom personnel pluriel.
+ Pronoms personnels Personne Singulier Pluriel аз / az ние / nie ти / ti вие / vie Masculin той / toy те / te Féminin тя / tya Neutre то / to
Pronoms interrogatifs