dit « le Bel », né le au château de Creil et mort le à Vincennes, roi de France de 1322 à sa mort et de Navarre sous le nom de pendant la même période, est le quinzième et dernier souverain français de la dynastie dite des Capétiens directs.

Dès son avènement, Charles doit faire face à une insurrection paysanne en Flandre et, en 1324, il tente, sans succès, de se faire élire empereur des Romains. En tant que duc d'Aquitaine, est vassal de Charles, mais il refuse de lui rendre l'hommage pour ses possessions sur le continent. En représailles, Charles conquiert en 1324 le duché de Guyenne, dans un bref conflit connu sous le nom de guerre de Saint-Sardos. Après un accord de paix, accepte de rendre l'hommage et de payer une amende. En échange, l'Aquitaine lui est rétrocédée, bien qu'amputée de plusieurs territoires.

Après la mort de sans descendance mâle, la couronne française passe à ses cousins, les Valois, tandis que la couronne navarraise passe à sa nièce, Jeanne. Toutefois, les disputes concernant la succession de Charles sur le trône de France, entre les Valois, issus de la lignée strictement mâle, et les Plantagenêts, descendants d'Isabelle, la sœur de Charles, conduisent moins d'une décennie plus tard au déclenchement de la guerre de Cent Ans.

Jeunesse et premier mariage Charles naît le au château de Creil... Cinquième enfant et troisième fils du roi de France et de Navarre et de la reine Jeanne de Navarre, Charles n'est pas destiné à régner. Très peu de choses sont connues sur son enfance, qu'il passe surtout au palais de la CitéI. Gobry, .. En 1307, Philippe le Bel achète le comté de Bigorre, qu'il offre peu après en apanage à Charles.

Le à Corbeil., Charles épouse Blanche de Bourgogne, fille d' et de Mahaut d'Artois. En 1310, Blanche est déclarée nubile et ils sont autorisés à vivre ensemble en un appartement de la tour de Nesle. Blanche est condamnée pour adultère au début de l'année 1314 avec sa belle-sœur Marguerite de Bourgogne, dans ce que l'on a appelé l'« affaire de la tour de Nesle ». Blanche étant enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard, le mariage n'est pas rompu et Charles ne peut se remarier.

Sous le règne de son père, du fait de son jeune âge, Charles joue un rôle très secondaire dans la conduite des affaires du royaume. Ce n'est que dans les dernières années du règne qu'il apparaît au Conseil royal. En , Charles de Bigorre participe à la très courte campagne de Flandre, et le débloque facilement Tournai assiégée par les troupes du comte de Flandre. Sans doute déçu de son piètre apanage, il doit attendre les derniers jours de la vie de son père, en , pour que celui-ci mourant lui accorde le comté de la Marche. Encore peut-il se sentir frustré, car il n'obtient pas le comté d'Angoulême, qui avec la Marche faisait pourtant partie de l'héritage d' récupéré par la couronne en 1308I. Gobry, ..

La crise de succession de 1316 Charles de France, comte de la Marche, ne joue aucun rôle notable sous le court règne de son frère aîné . Mais la mort de ce dernier le lui permet d'intervenir dans la crise de succession qui s'annonce. En effet, la France se retrouve à cette date sans monarque, la reine veuve Clémence de Hongrie étant enceinte d'un enfant posthume du feu roi. Dans le cas où naîtrait une fille, de nombreux barons du royaume, et en particulier le duc , souhaiteraient voir accéder au trône la petite Jeanne de Navarre, fille aînée de mais, soupçonnée de bâtardise après l'affaire de la tour de Nesle, elle est sans droits.

À l'été 1316, la question la plus urgente à régler est celle de la régence du royaume. Philippe, comte de Poitiers, frère de et de Charles, la réclame en tant que plus proche parent du feu roi. Ceci n'est pas sans contrarier Charles de Valois, frère cadet de Philippe le Bel qui, en plus d'être le doyen de la famille royale (sans compter le vieux Robert de Clermont, dernier fils de Saint Louis, fou depuis longtemps à la suite d'une blessure), a exercé la réalité du pouvoir sous le règne de son neveu Louis le Hutin. Charles de France penche nettement pour ce dernier. Selon une chronique., les comtes de Valois et Charles de France auraient fait occuper le Palais de la Cité par leurs hommes d'armes, ce qui aurait obligé le connétable Gaucher de Châtillon à user de la force pour permettre au comte de Poitiers d'entrer dans la place et de prendre le pouvoir.

Quoi qu'il en soit, Charles, fils de France mais sans responsabilités, se rallie de très mauvaise grâce au gouvernement de son frère aîné. Le , la reine Clémence met au monde le petit roi qui décède au bout de quatre jours. Rejetant les prétentions de Jeanne de Navarre, le comte de Poitiers se proclame roi sous le nom de . Plus que jamais opposé à son frère et partisan des droits de sa nièce, le prince Charles n'hésite pas à répandre alors des bruits médisants selon lesquels Philippe aurait, avec la complicité de sa belle-mère Mahaut d'Artois, fait empoisonner le petit roi..

En , Charles fait scandale en quittant précipitamment la ville de Reims pour ne pas assister au sacre de son frère. De toutes les oppositions contre , il s'allie à Eudes de Bourgogne qui souhaite voir Jeanne de Navarre sur le trône de France. Le roi, sur les conseils du pape , rallie son cadet en lui accordant le droit de siéger parmi les pairs de France, au titre de l'apanage du comté de la Marche, que Philippe le Bel lui avait accordé en 1314. Ainsi, le , le comte de la Marche soutient-il les droits au trône du fils qui naîtrait de . Après une dernière brouille en , le comte de la Marche cesse toute attaque contre son frère, . Avec son oncle Charles de Valois, dont il reste très proche, il est toutefois tenu à l'écart de la réalité du pouvoir, sans pour autant être en disgrâce. La mort en de Philippe, le seul fils de , fait de lui l'héritier présomptif de la couronne de France, ce qui le pousse à la modération. Fin 1321, la maladie de son frère aîné lui fait espérer un avènement très proche.

Avènement vignette|Couronnement de . Miniature du . Lyon, Bibliothèque municipale, Ms 880 f. 370. Le comte de la Marche monte sur le trône sous le nom de à la mort de son frère le . Cette fois-ci, il ne tient aucun compte d'éventuels droits de ses nièces, Jeanne de Navarre et les filles de . Contrairement à ce qui s'était passé en 1316, cette prise du pouvoir s'effectue sans aucune contestation. est sacré à Reims le par l'archevêque Robert de Courtenay. En tant qu'héritier de sa mère Jeanne de Navarre, il ajoute au titre de roi de France celui de roi de Navarre.

On sait très peu de choses sur la personnalité de Charles le Bel. Les chroniqueurs ont jugé sévèrement ce roi qui « régna grand temps sans rien faire » et qui « tenait plus du philosophe que du roi ». Charles le Bel semble toutefois avoir été soucieux de faire respecter la justice, comme le prouve sa fermeté dans l'affaire Jourdain de l'IsleSeigneur méridional, Jourdain de l'Isle s'était rendu célèbre par un grand nombre de cruautés et d'assassinats. Cité à comparaître devant le Parlement, il fit pendre l'envoyé de celui-ci. Amené de force à Paris, il fut condamné à mort et pendu malgré la protection du pape.. En 1324, le roi effectue un long voyage en Languedoc, ce qui le rend populaire auprès du peuple. Cette popularité s'érode cependant avec les pratiques financières douteuses de la couronne.

Gouvernement et gestion Le règne de le Bel voit la poursuite de la bureaucratisation de l'administration royale, déjà accélérée sous le règne de son père et de ses frères aînés. Des réformes sont aussi effectuées, touchant les offices de la Chambre des comptes, du Parlement, la Chancellerie, etc. ceci afin d'effectuer des économies budgétaires et de prévenir les fraudes. Comme sous les règnes précédents, l'État royal fait face à des difficultés financières. Pour y remédier, le gouvernement de Charles le Bel utilise les expédients habituels : mutations monétaires, taxes sur les marchandises, confiscations des biens des marchands italiens. La dîme levée avec l'accord du pape dans le but officiel de préparer la Croisade est aussi un habile moyen de renflouer les caisses royales..

Trouvant le trésor royal épuisé par les abus du règne précédent, punit sévèrement et dépouille les financiers lombards. Il traite avec la même rigueur les mauvais juges et les seigneurs qui avaient accaparé les biens des particuliers. Il fait même arrêter Giraud Gayte, ex-surintendant des finances de Philippe le Long, lequel est accusé d'avoir détourné un million deux cent mille livres. Il le remplace par son trésorier Pierre de Rémi, qui sera lui-même pendu sous le règne suivant pour le même motif de concussion. À la chancellerie, nomme son ancien chancelier du comté de la Marche Pierre Rodier. Sa montée sur le trône permet aussi à son oncle et parrain Charles de Valois de retrouver un pouvoir qu’il n'avait pas eu sous le règne précédent. L’oncle du roi fait ainsi entrer au gouvernement des hommes à lui, comme le trésorier Jean Billouart ou le chancelier Jean de Cherchemont, qui remplace Pierre Rodier en 1323. Parmi les autres conseillers du nouveau souverain, on peut citer d’anciens légistes de Philippe le Bel tels que Guillaume de la Brosse et Raoul de Presles, ou encore Guillaume Flote, appelé à jouer un rôle encore plus grand sous Philippe de Valois..

Remariages gauche|vignette|Le pape annulant le mariage de et de Blanche de Bourgogne. Enluminure du . vignette|upright=0.7|Procédures intentées par le roi de France, le Bel, devant les commissaires apostoliques pour faire annuler son mariage avec Blanche de Bourgogne. Paris, -. Archives nationales de France.

En , le pape annule le mariage de et de Blanche de Bourgogne pour cause d'affinité, Mahaut d'Artois, la mère de son épouse, étant également sa marraine..

Le à Provins, Charles prend pour seconde épouse Marie de Luxembourg, qui lui donnera une fille, nommée Marie également, mais qui ne survivra pas. Le 1324, au cours d'un voyage à Issoudun en Berry, la voiture de Marie de Luxembourg se renverse, provoquant la mort de la reine et de l'enfant qu'elle portait.

Le , le roi, toujours sans héritier, épouse en troisièmes noces sa cousine Jeanne d'Évreux. Cette dernière accouche d'une première fille prénommée Jeanne (comme sa mère, sa grand-mère et également une demi-sœur aînée décédée jeune) en 1325, et d'une seconde fille, Marie, l'année suivante. Elle est de nouveau enceinte lorsque le roi meurt en . Une fille, Blanche, naît le . Cette dernière fille épousera en 1345 Philippe, duc d'Orléans, fils de .

Charles le Bel est parfois considéré comme le père de Thomas de La MarcheNotamment Gaston Paris, dans Journal des savants, 1900, et s., capitaine, né de Béatrice de la Berruère. Il est plus vraisemblablement le fils naturel de Cité par Patrick Van Kerrebrouck, dans les Valois, 1990, page 85..

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