de Navarre, dit « Charles le MauvaisSurnommé ainsi par le chroniqueur Diego Ramirez de Avalos de la Piscina, en 1534 dans la Crónica de los muy excelentes reyes de Navarra. Deux cents ans plus tard, Denis-François Secousse publie une œuvre faisant autorité, les Mémoires pour servir à l'histoire de , roi de Navarre et comte d'Évreux, surnommé le Mauvais, où il s'attache à justifier les raisons de ce surnom. de Navarre, dit Charles le Mauvais. » (Évreux, Les 17 mai, 10 août et 10 octobre sont avancés comme date de naissance. Selon le chroniqueur Garci Lopez de Roncesvalles, il était âgé de 54 ans, 4 mois et 20 jours à son décès. La bonne date serait donc le 10 août (). - Pampelune ) est roi de Navarre de 1349 à 1387 et comte d'Évreux de 1343 à 1387. Il est le fils de comte d'Évreux et de reine de Navarre, fille du roi de France et de Navarre, .

vignette|Le royaume de Navarre de 1369 à 1410. Sa mère, seule enfant du roi à lui survivre, est trop jeune et trop peu soutenue pour pouvoir imposer ses droits à son oncle le comte de Poitiers, qui se fait couronner roi sous le nom de . La loi salique est alors ignorée de tous et ne sera instituée qu'en 1358.. Toutefois, Jeanne ne renoncera jamais formellement à la couronne de FranceElle aurait dû le faire en 1323 mais ne le fit pas ().. Charles de Navarre ne naît qu'en 1332 et Jeanne de Navarre ne peut toujours pas revendiquer en 1328 la couronne qui est attribuée à , descendant le plus direct par les mâles, mais qui n'est que cousin de . Mais les premiers Valois sont confrontés à la crise économique, sociale et politique qui conduit à la guerre de Cent Ans, pendant laquelle la supériorité tactique anglaise est telle que les désastres s'enchaînent pour l'armée du roi de France. Le discrédit des Valois permet à Charles de Navarre, fils de , de contester leur légitimité et de réclamer le trône de France. Il n'a de cesse d'essayer de satisfaire son ambition et de profiter de la déstabilisation du royaume pour jouer sa carte. Pour parvenir à ses fins, il change plusieurs fois d'alliance, s'accordant avec le dauphin Charles (le futur ) puis avec les Anglais et Étienne Marcel, pour ensuite se retourner contre les Jacques quand la révolte parisienne tourne court.

En 1361, il échoue à obtenir la succession du duché de Bourgogne, confié à Philippe le Hardi, le jeune fils de Jean le Bon. En représailles, il saisit l'occasion de la mort de Jean le Bon pour lever, en 1364, une puissante armée et tenter d'empêcher le sacre de , mais il est vaincu à Cocherel et doit retourner aux affaires espagnoles. Il tente un retour sur la scène française en complotant avec les Anglais en 1378, mais il est découvert. Déconsidéré, il s'isole diplomatiquement et finit vaincu et neutralisé par .

Généalogie de Navarre est le petit-fils de , qui meurt en 1316, deux ans seulement après son père , ce qui marque la fin du « miracle capétien » : de 987 à 1316, les rois capétiens ont toujours eu un fils à qui transmettre la couronne à leur mort.

De sa première épouse, Marguerite de Bourgogne, condamnée pour infidélitéMarguerite de Bourgogne a été condamnée après avoir été reconnue coupable d'entretenir, depuis 1311, des relations adultères avec le chevalier Philippe d’Aunay. ., le Hutin n'a qu'une fille, Jeanne de Navarre. À sa mort, sa seconde femme, Clémence de Hongrie, attend un enfant. Un fils naît : , mais il ne vit que cinq jours. Cas inédit jusqu'alors, l'héritier direct du royaume de France se trouve donc être Jeanne de Navarre : une fille mineure.. La décision qui est prise à ce moment est très importante car elle devient coutume et sera à nouveau appliquée lorsque la question dynastique se posera en 1328. L'infidélité de la reine Marguerite fait planer le risque qu'un prince, pour légitimer sa révolte, prenne pour prétexte que la reine est bâtarde.. À la mort de son frère le Hutin, le puissant Philippe de Poitiers, chevalier aguerri et formé par son père au métier de roi, s'impose comme régent. À la mort de Jean le Posthume, il est considéré par les grands comme le plus apte et devient , roi de France, consacrant l'éviction de Jeanne : si le choix du monarque français se fonde sur l'hérédité et le sacre, l'élection peut reprendre ses droits en cas de problème.

La loi salique, alors ignorée de tous, n'est pas invoquée lors du choix du nouveau roi de FranceAlain Demurger, Temps de crises, temps d'espoir () - Nouvelle histoire de la France Médiévale, volume 5, Seuil, 1990, .. En révisant, la veille de sa mort, le statut de l’apanage de Poitou qui, , Philippe le Bel avait bien introduit la « clause de la masculinité »expression de Jean Favier. pour renforcer les possessions des Capétiens en rattachant à la couronne les fiefs de leurs vassaux sans héritiers mâles. Mais cette clause de masculinité n'apparaît pas dans les traités établis à partir de 1316 pour régler l'héritage de Jeanne..

En 1316, Jeanne n'est pas complètement isolée. Son oncle, le puissant duc , coalise les mécontents et n'hésite pas à comploter avec les rebelles flamands. Mais pour le calmer, lui donne sa fille en mariage, pendant qu'il règle la question de l'héritage de Jeanne. Le traité du lui accorde une rente de assises sur le comté d'Angoulême et établit qu'elle devra renoncer aux couronnes de France et de Navarre à sa majorité en 1323, auquel cas elle pourra hériter des comtés de Brie et de Champagne..

La loi salique ne sera invoquée que quarante ans après la controverse dynastique de 1316, lorsqu'un bénédictin de l’abbaye de Saint-Denis, tenant la chronique officielle du royaume, invoquera cette loi pour renforcer la position du roi de France dans le duel de propagande qu’il livre à Charles de NavarreRobert Lescot publia en 1358 une généalogie concernant les droits de et mentionnant cette loi (). et à Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Marabout 1985, .. Cette loi salique date des Francs et dispose que les femmes doivent être exclues de la « terre salique ».

vignette|gauche|Sacre de . Après le court règne de , mort sans héritier mâle, c'est son plus jeune frère, , qui, bénéficiant du précédent de son aîné, ceint à son tour la couronne. Mais son règne dure également peu de temps et, quand ce troisième et dernier fils de Philippe le Bel meurt sans descendant mâle en 1328, la question dynastique est la suivante : Jeanne de Navarre n'a pas encore de fils (Charles de Navarre ne naît que quatre ans plus tard) mais Isabelle de France, dernière fille de Philippe le Bel, a un fils, , roi d'Angleterre. Peuvent-elles donc transmettre un droit qu'elles ne peuvent elles-mêmes exercer selon la coutume fixée dix ans plus tôt ?

Isabelle de France veut faire valoir les droits de son fils, mais c'est de Valois qui est choisiAlix Ducret, Cent ans de malheur : les origines de la guerre de Cent Ans, Historia Nostra.. Il est le fils de Charles de Valois, frère cadet de Philippe le Bel, et descend donc par les mâles de la lignée capétienne. Il s'agit d'un choix géopolitique et une claire expression d'une conscience nationale naissante : le refus de voir un éventuel étranger épouser la reine et diriger le pays.. Les pairs de France refusent de donner la couronne à un roi étranger, suivant la même logique de politique nationale que dix ans auparavantComment le père au roi Édouard fut marié à la fille au beau roi Philippe de France. Chroniques de Jean Froissart, , , chapitre 3, , Bibliothèque nationale de France..

En 1328, le choix de est le plus logique si l'on veut éviter qu' ne mette la main sur la couronne de France. Cependant, a posteriori, le prétendant le plus direct par les femmes reste Charles de Navarre, même s'il ne naît qu'en 1332. Charles de Navarre, , le fera valoir, espérant qu'on lui confie au moins des possessions et des responsabilités en rapport avec sa lignée.

Droits sur l'Angoumois, la Champagne, la Brie et le duché de Bourgogne À sa majorité, Jeanne aurait dû confirmer sa renonciation aux couronnes de France et de Navarre en échange de la Brie et de la Champagne. Philippe le Bel détenait ces terres de sa femme et Jeanne se trouve être leur descendante et héritière directe (dans ce cas, le roi tenant ces terres par les femmes ne peut contester que leur transmission se fasse par les femmes). Jeanne est mariée à Philippe d'Évreux et peut compter sur le soutien inconditionnel des barons navarrais qui refusent que le royaume ne soit qu'une annexe gouvernée à distance par le roi de France. doit donc transiger : en , le grand conseil laisse la Navarre à Jeanne, mais refuse de céder la Champagne et la Brie, car cela ferait des Navarrais des prétendants trop puissants. Une compensation est donc prévue, acceptée par les Évreux malgré son caractère réduit : ils obtiennent le comté de Mortain, une partie du Cotentin et, dans le Vexin, Pontoise, Beaumont-sur-Oise et Asnières-sur-Oise. La promesse de leur céder le comté d'Angoulème. ne sera jamais tenue et peut donc légitimement revendiquer la Champagne et la Brie.

En outre, le jeune duc de Bourgogne n'ayant pas d'héritier, en cas de décès, le duché de Bourgogne devrait échoir à Charles de Navarre, suivant les lois de la primogéniture. Ce dernier est en effet le petit-fils de Marguerite de Bourgogne (1290-1315), fille aînée du duc .

Au total, Charles de Navarre est héritier de la couronne de Navarre et des possessions normandes des Évreux, mais il peut également prétendre à la couronne de France, au duché de Bourgogne si le jeune Philippe de Rouvre venait à décéder sans héritier, et à la Champagne et à la Brie si le comté d'Angoulême ne lui est pas remis. center|900px

Ascendance

Descendance Charles le Mauvais a huit enfants de Jeanne de France (fille aînée de et de Bonne de Luxembourg) qu'il épouse en 1352Charles le Mauvais sur Charles Cawley's Medieval Lands : Marie de Navarre, (duchesse de Gandia), (1359-après 1420), mariée en 1393 à Alphonse d'Aragon, duc de Gandia ; Charles (1361-1425), roi de Navarre ; Blanche (1363-1376) ; Philippe (1364- 1370 mort par accident) ; Pierre (1366-1412), comte de Mortain, marié en 1411 à Catherine d'Alençon ; sans postérité légitime ; Bonne (1368-1385) ; Jeanne (1369-1437), mariée en premières noces, en 1386, à son cousin , puis en secondes noces, en 1403, à ; (naissance incertaine) Isabelle (1372-1376), élevée au monastère de Santa Clara à Estella.

Il faut ajouter quatre enfants illégitimes :

De Catalina de Lizaso ou de Lizarazu : Leonel, bâtard de Navarre (c. 1376 ou 1378-Úcar, 5 avril 1413), chevalier, maréchal de Navarre, 1er seigneur de Cortez, 1er vicomte de Muruzábal de Andion ; marié c. 1394 à Elfa ou Epifania de Luna, de Pampelune, née c. 1377, neuf enfants, et il laisse avec de María Juan un fils ; Blanche-Jeanne, bâtarde de Navarre (1380 ou 1385-1413), mariée em 1402 à Jean de Grailly, comte de Foix, mort en 1436.

De Catalina de Esparza : Jeanne, bâtarde de Navarre (c. 1375, vers 1378-1413), mariée en 1397 à Jean de Béarn, écuyer, capitaine du château de Lourdes en Bigorre ; il était, en 1381, le vassal de son beau-père pour son fief de Murillo el Fruto.

D'une dame inconnue : Jeanne, bâtarde de Navarre, née c. 1360, mariée c. 1380 à Arnauton ou Ernauton de Sainte-Colomme, seigneur de Sainte-Colomme.

Biographie

Début de règne