Le (également orthographié Zambèse au ) est un fleuve d’Afrique australe, le du continent par la longueur, après le Nil, le Congo et le Niger.
Long de , il prend sa source en Zambie, fait une courte incursion en Angola et revient en Zambie, dont il délimite une partie de la frontière avec la Namibie puis, sur seulement moins de , celle avec le Botswana, et enfin celle avec le Zimbabwe. Il traverse le Mozambique, où il se jette dans l'océan Indien. Son bassin couvre Richard Beilfuss & David dos Santos: Patterns of Hydrological Change in the Zambezi Delta, Mozambique. Working Paper No 2 Program for the Sustainable Management of Cahora Bassa Dam and The Lower Zambezi Valley (2001). Estimated mean flow rate International Network of Basin Organisations/Office international de l’eau : "Développer les Compétences pour mieux Gérer l’Eau: Fleuves Transfrontaliers Africains: Bilan Global." (2002). Estimated annual discharge 106 km, equal to mean flow rate et les pluies qui l’alimentent sont concentrées de novembre à mars. Son débit habituel est relativement modeste, de à /s, mais il a atteint /s en février 1956. Ses affluents principaux sont la Lungwebungu, le Kwando, la Kafue, la Luangwa et la Shire (émissaire du lac Malawi).
D’un bout à l’autre, il est enjambé par plusieurs grands ponts à en Angola, à Sesheke en Zambie, à la frontière de Katima Mulilo en Namibie, à Kazungula, aux chutes Victoria (le , qui traverse la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe), à Chirundu, sur cette même frontière, entre les lacs de Kariba et Cahora Bassa, à Tete et Caia au Mozambique, plus une passerelle suspendue accessible aux piétons et vélos uniquement, à (dans le nord de la Zambie, non loin de la frontière avec l'Angola). Le barrage de Kariba permet aussi de franchir le fleuve par une route.
Les chutes Victoria sont l’endroit le plus spectaculaire du cours du Zambèze : partagées entre la Zambie et le Zimbabwe, elles constituent la plus grande cataracte du monde avec leurs de large et de haut. En amont de ces chutes, le fleuve coule dans la plaine du Barotseland, qu'il inonde périodiquement. En aval, il suit un canyon basaltique et s’achève par un vaste delta propice au cabotage. Malgré son parcours accidenté, le Zambèze offre de longues portions navigables.
La puissance hydroélectrique du fleuve est concentrée sur deux grands barrages. Le barrage de Kariba est utilisé par la Zambie et le Zimbabwe, et le barrage de Cahora Bassa au Mozambique alimente en énergie l’Afrique du Sud, notamment Johannesburg. Il existe également une centrale électrique plus petite aux chutes Victoria.
Géographie La source Le fleuve prend sa source dans le marécage noir au nord-ouest de la Zambie, en serpentant dans des collines boisées à environ d'altitude.. À l’est de la source, la ligne de partage des eaux entre le Congo et les bassins du Zambèze est une ceinture bien délimitée de buttes relevées, tombant abruptement au nord et au sud, et s’étendant presque d’est en ouest entre les et . Cela isole distinctement le bassin de Luapula, la branche principale du Congo supérieur, de celui du Zambèze. A proximité de la source, la ligne de partage des eaux n’est pas aussi clairement définie, mais les deux systèmes de rivière ne communiquent pas.
Le cours supérieur Après s’être écoulé vers le sud-ouest pendant environ , le fleuve oblique vers le sud et est rejoint par de nombreux affluents. À quelques kilomètres en amont de Kakengi, le fleuve s’élargit de 100 à , et en aval passe par de nombreux rapides finissant dans les chutes de Chavuma, où il s’écoule alors à travers une fissure rocheuse. Le premier des principaux affluents du Zambèze est la rivière Kabompo dans la province nord-ouest de Zambie. Un peu plus au sud survient la confluence avec la rivière la plus large : la rivière Lungwebungu. La savane au travers de laquelle le fleuve s’étire débouche sur une vallée de bush plus grande, parsemée de palmiers Borassus. Le long des 160 premiers kilomètres du cours supérieur, la végétation dense se limite à d’étroites bandes de forêt ne s’étendant guère au-delà de quelques centaines de mètres des rives du Zambèze lui-même ainsi que de ses principaux affluents.
vignette|gauche|250px|Le fleuve Zambèze dans le nord est de la Zambie
D’une altitude de à sa source, le fleuve descend à une altitude d’environ à Kakengi, à en aval. À partir de ce point et ce jusqu’aux chutes Victoria, le niveau du bassin est très uniforme, diminuant de seulement . Trente kilomètres en aval de la confluence du Lungwebungu, le paysage devient plat, et à la saison des pluies la plaine alentour est abondamment inondée. Quatre-vingts kilomètres en aval, le Luanginga qui, avec ses affluents, irrigue une vaste région vers l’ouest, rejoint le Zambèze. Quelques kilomètres plus haut vers l’est, le flux principal est rejoint par le Luena.
À une courte distance en aval de la confluence avec le Luanginga se trouve Lealui, une des capitales du peuple Lozi qui occupe en Zambie la région semi-autonome du Barotseland. Le chef des Lozis a deux lieux de résidence, l’autre étant à Limulunga, située davantage en hauteur et tenant lieu de capitale durant la saison des pluies. Le déplacement annuel entre Lealui à Limulunga est un évènement majeur, célébré comme l’un des festivals les plus connus de la Zambie, le Kuomboka.
Au-delà de Lealui, le fleuve oblique vers le sud-est. Il continue à recevoir de nombreux petits ruisseaux sur sa rive gauche, mais sa rive droite ne reçoit pas d’affluents durant , jusqu’au confluent avec la rivière Kwando. Avant cela, les chutes Ngonye et les rapides qui s’ensuivent interrompent la navigation. Au sud des chutes Ngonye, le fleuve longe brièvement la bande de Caprivi de la Namibie. La bande déborde de la Namibie et résulte de la période coloniale : elle fut rattachée à l’Afrique allemande du sud-ouest dans le but de donner un accès au Zambèze à l'Allemagne.
Au-delà de la jonction avec le Kwando, le Zambèze se dirige alors pratiquement plein est. Ici, le fleuve, très large et peu profond, coule assez lentement. En atteignant le rebord oriental du grand plateau central africain, il s’engage dans une sorte de gouffre et plonge littéralement. Ce sont les célèbres et majestueuses chutes Victoria.
Le Zambèze moyen Les chutes Victoria, la fin du Zambèze supérieur et le commencement du Zambèze moyen|vignette|250px
Les chutes Victoria sont considérées comme la frontière entre la limite supérieure et moyenne du Zambèze. En aval, le fleuve continue à couler droit vers l’est pendant environ , coupant perpendiculairement à travers les murs de basalte de 20 à , séparés par des collines de 200 à de haut. Le fleuve s’écoule doucement à travers la gorge, le courant étant continuellement interrompu par des écueils. Au-delà de la gorge se trouve une succession de rapides se terminant à en aval des chutes Victoria. Sur cette distance, la rivière perd d’altitude.
À ce point, la rivière pénètre dans le lac Kariba, créé en 1959 avec l’achèvement du barrage Kariba. Le lac est l’un des plus grands lacs artificiels du monde, et les usines hydroélectriques fournissent en électricité la majeure partie de la Zambie et du Zimbabwe.
La Luangwa et la Kafue sont les deux affluents les plus importants sur la rive gauche du Zambèze. La Kafue mesure environ . de large à sa confluence. À la confluence de la Luangwa (15°37' S) le Zambèze entre en Mozambique.
Le Zambèze moyen se termine quand il pénètre dans le lac de Cahora Bassa (aussi écrit Cabora Bassa). Les dangereux rapides connus autrefois sous le nom de Kebrabassa ont été submergés en 1974 au moment de la mise en eau du barrage de Cahora Bassa.
Le cours inférieur Le cours inférieur du Zambèze, soit à partir de Cahora Bassa jusqu’à l’océan Indien est navigable, bien que le fleuve soit peu profond en de nombreux endroits durant la saison sèche. Cette faible profondeur survient quand le fleuve entre dans une large vallée et s’étale en un large lit. Ce n'est qu’aux gorges de Lupata, à de son embouchure, que le fleuve est enserré entre des hautes collines, large alors d’à peine . En plaine, la largeur moyenne est de 5 à et se termine en delta. Le lit du fleuve est sablonneux et les rives sont basses et couvertes de roseaux. À cet endroit, particulièrement lors de la saison des pluies, les flots s’unissent dans un seul large fleuve circulant rapidement.
vignette|gauche|250px|Le delta du Zambèze
À environ de son embouchure, le Zambèze reçoit le drainage du lac Malawi par la rivière Shire. En approchant de l’océan Indien, le fleuve se divise en de nombreuses branches et forme un large delta. Chacune des quatre principales branches, Milambe, Kongone, Luabo et Timbwe, est obstruée de bancs de sable. Plus au nord, l’embouchure de Chinde a une profondeur entre un minimum de d’eau à l’entrée et de au-delà. Elle est utilisée pour la navigation. plus au nord se trouve la rivière Quelimane, et à son embouchure la ville du même nom. Ce flot, qui s’envase, reçoit le débordement du Zambèze durant la saison des pluies. Le delta du Zambèze est aujourd’hui à peu près moitié moins large qu’il ne fut avant la construction des barrages de Kariba et Cahora Bassa destinés à contrôler les variations saisonnières de flux notamment en hiver.
Contexte géologique La région drainée par le Zambèze est un vaste plateau, au rebord abrupt, de 900 à d’altitude, constitué au centre de couches métamorphiques isolées et dans le secteur des chutes Victoria de roches magmatiques. À Shupanga, sur le Zambèze inférieur, de minces strates de grès gris et jaune, avec parfois une bande de calcaire, affleurent sur le lit du fleuve durant la saison sèche, et ce jusqu’au-delà de Tete, où se rencontrent de vastes filons de charbon. Du charbon est également présent dans la région juste en aval des chutes Victoria. On rencontre également un certain nombre de filons aurifères à divers endroits.
Les affluents Le Zambèze possède de nombreux affluents. Certains des plus importants sont décrits ici, en partant de l’amont.
Le Kabompo s’écoule depuis les hautes terres formant la ligne de partage des eaux entre les systèmes du Congo et le Zambèze. Il est lui-même constitué par la réunion du Kabompo supérieur et la rivière Lunga (légèrement plus large), et rejoint le Zambèze au nord de la ville de Lukulu. Le Lungwebungu, qui se jette dans le Zambèze en aval un peu au sud de la jonction avec le Kabompo, est large de dans son cours supérieur et s’écoule dans une vallée bordée de sables fins, couverte d’une forêt claire et dont le sol est quelquefois inondé sur une largeur de plusieurs kilomètres.
La rivière Kwando, le plus important des affluents de la rive droite naît en Angola, et forme la frontière entre la Zambie et l’Angola sur une partie de son cours, avant d’obliquer vers le sud, puis enfin vers l’est pour rejoindre le Zambèze. Dans cette dernière section, le Kwando trouve difficilement son chemin à travers un vaste marais truffé d’îles alluvionnaires, sur une distance de près de . À son coude le plus méridional, il est rejoint par le Magwekwana, lequel en période d’inondation reçoit le surplus d’eaux de l’Okavango, lorsque le niveau du lac déborde, contribuant à augmenter sensiblement le débit du Kwando, alors même que sa crue propre est achevée.
Le plus large des affluents du Zambèze moyen, la Kafue, prend sa source en Zambie dans la province du Copperbelt, non loin de la frontière avec la République démocratique du Congo, à une altitude de dans un secteur forestier dense. Le courant principal est rejoint plus tard par la Lunga (ou Lunaga). Le barrage d'Itezhi-Tezhi fournit une importante source d’énergie hydroélectrique. La rivière constitue également un milieu privilégié pour la grande faune et la flore, protégés au sein du plus grand parc national de Zambie, le parc national de Kafue. La partie aval de la Kafue emprunte une succession de chutes et de rapides, dégringolant de plusieurs centaines de mètres en seulement .