En taxinomie (botanique, zoologie, mycologie), le nom binominalD. Aubert (2016). Doit-on parler de « nomenclature binomiale » ou bien de « nomenclature binominale » ? La Banque des mots 91, 7-14., nom binomial, binom (1999, p. 131) du CINZ, sur le site de l’American Association for Zoological Nomenclature : « Le nom scientifique d'une espèce, mais non celui d'un taxon de tout autre rang, est la combinaison de deux mots (un binom), le premier étant appelé le nom générique et le second l'épithète spécifique (ou nom spécifique). Le nom générique doit prendre une majuscule ; l'épithète spécifique doit commencer par une minuscule. » ou binôme. est une combinaison de deux mots servant à désigner une espèce. Le premier mot, le nom générique, circonscrit un genre ; le second, l'épithète spécifique, indissociable du nom générique, sert à désigner l'espèce au sein de ce genre.

Utilisé pour la première fois par Guillaume Rondelet et Pierre Belon au ., son usage est systématisé par Carl von Linné au . La nomenclature binominale, ainsi que d’autres aspects formels de la nomenclature biologique, constituent le « système linnéen ». Le nom binominal est « réputé latin » et doit être composé en italique si le texte de la publication est en typographie romaine, et inversement ; par exemple : « Ainsi, Homo sapiens désigne l'espèce humaine », ou bien : « Ainsi, Homo sapiens désigne l'espèce humaine ».

Dans les ouvrages de vulgarisation en langue française, le nom binominal est souvent remplacé ou doublé d'un nom vulgaire (traduction du nom savant), parfois un nom normalisé, appellation standardisée en langue véhiculaire, par opposition aux divers noms vernaculaires utilisés localement dans le langage courant et les langues régionales (catalan, provençal, picard, breton).

Terminologie et étymologie L'emploi de nom binomial, sans le deuxième n, a déjà été critiqué comme « impropre ». Toutefois, en français, les adjectifs binomial et binominal sont tous deux attestés dans l'usage et les sources normatives.. Par ailleurs une distinction étymologique subtile peut être effectuée entre les deux termes : d'une part, nom binomial correspond à nom composé de deux mots, alors que nom binominal correspond de manière un peu plus spécifique à nom composé de deux noms.

De même, les noms binôme et binom sont tous deux attestés et ont aussi fait l'objet de discussions particulières. En 1994, Aline Raynal-Roques indiquait juger préférable la forme binom (du latin classique bi- « deux » et nomen « nom ») à la forme binôme qui proviendrait spéculativement d'un mélange non conforme de latin (bi-) et de grec (nomos « loi »).. Il apparait cependant que le terme binôme dérive bien du latin, et seulement du latin, d'une manière tout à fait régulière.

La quatrième édition du Code international de nomenclature zoologique, en vigueur depuis 1999, utilise l'adjectif binominal et le nom binom, conformément aux recommandations normatives du chercheur Damien Aubert. Le code ne se prononce cependant pas sur la valeur des formes binomial et binôme.

Historique de la nomenclature binominale Avant que Linné établisse les règles du système de nommage à deux mots, les espèces étaient décrites par de courtes phrases latines de quelques mots, nommées polynômes latins, qui étaient inconsistantes et gênantes pour les scientifiques lorsqu'ils communiquaient entre eux ou même avec le public. De plus, elles étaient rédigées très différemment d'un auteur à l'autre et devenaient rapidement complexes et confuses avec les compilations encyclopédiques des auteurs de la Renaissance. Linné conserva cependant ces phrases latines, non plus comme des dénominations mais plutôt comme de brèves diagnoses des traits les plus saillants des espèces.. Jean Bauhin est le premier à avoir pensé, au début de la Renaissance, à une nomenclature regroupant genre et espèce. Malgré sa brillante idée, il ne parvint pas à imposer dans le monde scientifique de l'époque ce principe encore valable chez les zoologistes actuels.

Origine du système linnéen Il faut attendre plus d'un siècle pour que Carl von Linné, naturaliste suédois influent, impose cette nomenclature dite binaire, puis binominale. C'est Joseph Pitton de Tournefort qui, dans son Institutiones rei herbariae (1700)Josephi Pitton Tournefort ... Institutiones rei herbariae, Parisiis, E typographia regia, 1700 (lire en ligne)., popularise l'usage du genre et du nom générique comme de l'espèce et du nom de celle-ci. Puis c'est Karl Niklaus Lang qui, en 1722, utilise le premier cette méthode en zoologie, en formalisant un ensemble de règles qui a favorisé son adoption par les communautés scientifiques.

Le premier ouvrage français à avoir utilisé cette nomenclature binominale est un catalogue des espèces cultivées au jardin botanique de Montpellier, l’Hortus regius Monspeliensis du botaniste Antoine Gouan publié en 1762Antonii Goüan ... Hortus regius Monspeliensis, sistens plantas tum indigenas tum exoticas n°. mm. cc. ad genera relatas, cum nominibus specificis, synonymis selectis, nominibus trivialibus, habitationibus indigenarum, hospitiis exoticarum, secundum sexualem methodum digestas ...., Lugduni, Sumptibus Fratrum de Tournes, 1762..

Les règles de nomenclature sont modulées en fonction des disciplines ; celles s'appliquant aux taxons du règne végétal et du règne fongique sont édictées par le Code international de nomenclature botanique (CINB) ; celles du règne animal par la Commission internationale de nomenclature zoologique (CINZ). Ces règles ne restent pas immuables. Elles font l'objet de réajustements périodiques lors des congrès internationaux (tous les six ans).

Le principal avantage de cette terminologie est, depuis Linné, d'avoir offert un langage commun. Par delà les noms vernaculaires propres à chaque langue pour désigner l'espèce humaine ou les membres de celle-ci (, , Ser humano…) et parfois multiples au sein d'une même langue (l'espèce humaine, l'homme, l'humain…), se présente comme un vocable de référence, certes de nature scientifique, mais qui a su par ailleurs acquérir une notoriété dépassant celle du jargon.

Combinaisons et autres rangs Au-dessous du rang de genre, tous les noms de taxons sont appelés « combinaisonsGuy Redeuilh. 2003 . — Introduction au vocabulaire nomenclatural. Bulletin de la Société mycologique de France, 118 (4), p. 299-326. ».

Entre genre et espèce (sous-genre, section, sous-section, série, sous-série), les combinaisons sont infragénériques et binominales : nom de genre, puis après indication du rang, une épithète infragénérique. Par exemple le cèpe appartient à la section « Boletus sect. Edules ». Edules correspond à un nom infragénérique (inférieur au genre), au rang d'une section réunissant plusieurs espèces de même affinitéGuy Redeuilh (2002) - « Vocabulaire nomenclatural », Bull. Soc. Mycol. France 118(4) : 299-326. ;

Au rang d'espèce, les combinaisons deviennent « spécifiques » et « binominales ». C'est le sujet principal traité dans cette page.

En dessous de l'espèce (variété, forme) les combinaisons sont « infraspécifiques » et « trinominales ».

Pour les détails, chaque discipline biologique ayant des règles nomenclaturales sensiblement différentes, voir les articles suivants : Rang (bactérien), Rang (botanique et mycologique), Rang (zoologique).

Binomes spécifiques

Ils demeurent les plus importants car toute espèce du monde vivant est désignée dans la communauté scientifique par un nom binominal. Ce nom binominalParfois « binon », Jean-Pierre Lebrun, Introduction à la Flore d'Afrique, Cirad - Ibis Press , 2001, 156 p. Cf. page 31 La nomenclature. spécifique se compose d'un nom de genre et d'une épithète spécifique, il est généralement suivi du nom (ou de l'abréviation) de l'auteur (ou des auteurs) ayant décrit et nommé ainsi pour la première fois l'espèce et de la date de publication de ce travail. L'ensemble constitue le nom scientifique international.

L'épithète spécifique peut être un adjectif, un nom au génitif ou un mot en apposition.

Exemple : Homo sapiens Linné, 1758. « Homo » constitue le nom de genre (au nominatif latin, avec majuscule et en italique) qui a donné le mot « Homme » en français. « sapiens » provient d'un adjectif latin (en minuscule italique) signifiant « intelligent, sage, raisonnable, prudent », et qui qualifiant ici l'espèce humaine la distingue des autres espèces fossiles apparentées. « Linné » identifie le nom du naturaliste qui a nommé et décrit l'espèce. « 1758 » situe l'année de publication de la diagnose, ou de sa validation.

Définition de la nomenclature Les noms binominaux sont établis selon des règles précises, fixées par la nomenclature scientifique des noms des espèces vivantes.

Ils sont réputés latins, quelle que soit leur origine : un des deux noms, voire les deux, pouvant être transcrits d'un autre alphabet ou d'une autre langue, grec ancien comme Abramis, chinois comme Agrocybe chaxingu, japonais comme Lentinula shiitake, polonais comme Capsaspora owczarzaki…. En effet, ils sont impérativement écrits en alphabet latin (sans diacritiques ou accents, les ligatures Æ, æ, Œ, œ, ß sont écrites sans ligature : Ae, ae, Oe, oe, ss) et reçoivent une désinence latine ou se déclinent en latin chaque fois qu'il est morphologiquement possible. Le trait d'union est autorisé en botanique mais son usage est codifié.

À partir d'une certaine date de publication, variable selon les disciplines, les noms binominaux doivent être accompagnés d'une diagnose latine, avec description et typification, dans la même publication (ou ultérieurement, voir plus bas « : » ou « ex »).

Ils sont censés contenir une valeur descriptive, notamment l'épithète qualificative ou génitif de qualité. Il ne s'agit ici que d'une recommandation du Code aux auteurs, mais la plus grande liberté est admise dans le choix du nom de baptême. Le nom du genre et l'épithète spécifique peuvent être formés à partir d'un patronyme (, rouxii), un prénom (mariae, marci), un pseudonyme (otaksa), un toponyme (, ), un nom indigène quelle que soit la langue d'origine (mirim), ou un mot composé savant (voir ci-après). Le nom générique et l'épithète spécifique, voire le nom binominal complet, peuvent relever d'une pure fantaisie (jeu de mots)Pour une liste classée de noms pittoresques, voir la page « Liste de taxons curieux »..

Il est également recommandé, depuis 2012, d'en préciser l'étymologie (cf. Article 60, recommandation 60 H.1., du Code international de nomenclature de Melbourne) particulièrement lorsqu'elle n'apparaît pas évidente. Par exemple, la désignation « Clitocybe acromelalga Ichimura » comporte un mot savant composé du grec acro- « extrémité », -mel- « articulation ou membre » et alga « douleur », ce champignon provoquant des douleurs atroces des extrémités (doigts et orteils). Il est toutefois mal décliné (acromelalges eût été correct), mais la correction, qui doit faire l'objet d'une demande, relève d'une décision officielle.

Quelques exemples de noms binominaux, suivis du nom de leurs auteurs : Le guépard : Acinonyx jubatus (Schreber, 1775). Le lion : Panthera leo Linnæus, 1758. La trompette de la mort (ou Corne d'abondance) : Craterellus cornucopioides (Linnæus : Fries) Persoon.

Présentation formelle Il faut respecter certaines règles de composition (orthographe et grammaire latine) et de typographie.

Le nom de genre s'écrit avec la majuscule. La recommandation 60 F.1. précise : . Comme le binôme est écrit en latin, il est en italique dans une écriture romaine, et inversement, ce qui le distingue visuellement du reste du texte. En écriture cursive, l'usage typographique veut qu'il soit souligné.

Mention de rangs intermédiaires