La centrale nucléaire de Cruas-Meysse est une centrale nucléaire française située sur les communes de Cruas et de Meysse en Ardèche au bord du Rhône entre Valence ( en amont) et Montélimar ( en aval).

Le site est constitué de quatre réacteurs à eau pressurisée français de modèle CP2 d'une puissance unitaire de , soit un total de . Ils sont développés par Framatome et EDF, et exploités par ce dernier depuis 1984.

La centrale est située à au nord du site nucléaire du Tricastin.

Caractéristiques du site thumb|left|Les bâtiments réacteurs et deux tours de refroidissement.|alt= Afin de résister à des conditions de réponses sismiques spécifiques du sous-sol de Cruas, situé dans une région reconnue pour sa sismicité, le génie civil de la centrale, comme ensuite celui de la centrale de Koeberg en Afrique du sud, a été doté de caractéristiques particulières.

Chaque îlot nucléaire, qui réunit les bâtiments réacteurs et les bâtiments des auxiliaires nucléaires, est conçu pour résister à des accélérations sismiques jusqu'à 0,25g NRC (soit un quart de l'accélération de la pesanteur selon un critère d'évaluation défini par la Nuclear Regulatory Commission, l'autorité de sûreté nucléaire américaine).

Pour obtenir à Cruas ce degré de résistance, le radier en béton précontraint de l'îlot nucléaire est posé, à l'instar d'un tablier de pont, sur des appareils d'appui en élastomère fretté placés sur plusieurs centaines de plots en béton, eux-mêmes intégrés à un second radier en béton.

Pour son refroidissement, la centrale utilise l'eau du Rhône et quatre tours de refroidissement d'une hauteur de 155 m.

Caractéristiques des réacteurs

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse est dotée de 4 réacteurs nucléaires à eau pressurisée de modèle CP2, d'une puissance unitaire de , soit un total de . La construction a débuté en 1976 et les mises en service ont été réalisées en 1984 et 1985.

Les caractéristiques détaillées des réacteurs sont les suivantes : Nom du réacteurModèlePuissanceDébut de constructionPremière divergenceRaccordement au réseauMise en service commercialNette (MWe)Brute (MWe)Thermique (MWth)Cruas-1 .CP2915 9562785Cruas-2 .CP2915 9562785Cruas-3 .CP2915 9562785Cruas-4 .CP2915 9562785

Production, maintenance et emploi Environ travaillent à la centrale de Cruas-Meysse sur un site d'une superficie de . Avec une production de près de annuels, cette centrale représente en moyenne 4 à de la production nationale française, soit près de des besoins annuels de la région Auvergne-Rhône-Alpes. EDF affirme régulièrement qu'en comparant avec la production équivalente qui serait issue du mix électrique européen, cette centrale permet d'éviter l'émission de de par an. En 2022, la centrale a produit , soit 7 % de la production nucléaire du pays et 35 % des besoins électriques de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

En , EDF a annoncé un projet de construction de 5 à 6 nouveaux bâtiments à partir du mois de , pour réceptionner et finir d'assembler 3 générateurs de vapeur. qui devraient commencer à être remplacés en 2014.. Les premiers générateurs de vapeur sont remplacés à partir du mois de sur la . La tranche 1 devait être la suivante mais les générateurs de vapeur ont finalement été à Gravelines. Leur remplacement sur la tranche 1 a finalement eu lieu en 2017. En 2014 les trois générateurs de vapeur de Cruas-4 sont changés, puis ceux de Cruas-1 en 2017 et enfin Cruas-3 en 2024.

Visites décennales

Comme tous les autres réacteurs nucléaires français de deuxième génération, les quatre réacteurs de Cruas sont conçus pour une durée d’exploitation d'au moins . Pour atteindre voire dépasser cette durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les dix ans lors des visites décennales. En fonction de l'évolution de la réglementation, des progrès technologiques et du retour d'expérience de l'ensemble des installations nucléaires dans le monde, des modifications sont nécessaires, et sont effectuées pour respecter le niveau de sûreté requis. Une fois terminées, l'Autorité de sûreté nucléaire (devenue ASNR en 2025) peut autoriser une poursuite de l'exploitation pour dix années supplémentaires. +Calendrier des visites décennales de la centrale de Cruas-Meysse visite décennale visite décennale visite décennale visite décennaleCruas-1199526 mars 2005 au 15 juin 200528 Mars 2015 au 22 septembre 201513 Juin 2025 au 22 décembre 2025Cruas-2199714 juillet 2007 au 23 novembre 200702 décembre 2017 au 22 avril 201806 Février 2027 au 28 Septembre 2027Cruas-31994200419 juillet 2014 au 14 décembre 201404 août 2024 au 10 Mars 2025Cruas-4199612 août 2006 au 1er janvier 200712 mars 2016 au 18 juillet 201613 Juin 2026 au 25 Novembre 2026

Combustible nucléaire Les quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse sont les seuls, en France, à être autorisés à utiliser de l'URE (uranium de retraitement enrichi)Cette centrale nucléaire française a été alimentée avec de l’uranium recyclé pour la première fois, revolution-energetique, 24 février 2024Uranium recyclé : le plan d’EDF pour se défaire de la Russie tombe à l’eau, latribune, 21 novembre 2025.

Le , le réacteur 2 de la centrale est redémarré après une recharge de combustible composé d'uranium de retraitement...

La fresque

thumb En 1991, Électricité de France, Framatome et le conseil général de l'Ardèche s'associent pour faire réaliser une fresque monumentale sur le thème de la mythologie et de l'écologie.

L'œuvre de et 155 m de haut est conçue et réalisée par Jean-Marie Pierret (ancien élève des Beaux-Arts et auteur du « Géant » sur le barrage de Tignes en Savoie) sur une des quatre tours de refroidissement, aidé par son confrère Frédéric Gracia et par huit alpinistes.

La fresque représente les archétypes fondamentaux liés à l'eau et à l'air : le verseau. Elle est inaugurée le et est à l'époque la plus grande fresque au monde.

.

Depuis 2018, la centrale projette régulièrement un son et lumière sur la fresque du verseau. Le projet a été initié avec l'artiste Gilbert Coudène, originaire d'Ardèche.

Incidents thumb Dégazage radioactif Le , deux évacuations de personnels ont été nécessaires à la suite de dégazages radioactifs. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de déclencher une inspection à la centrale de Cruas-Meysse, et a classé l'incident au niveau 1 de l'échelle INES, ASN.

Le , 27 salariés de deux bâtiments de l'unité de production n°2 (en arrêt-maintenance) sont évacués à 8 heures 10, à la suite de la détection d'un dégagement gazeux. Des bâtiments ont été évacués à la centrale nucléaire, Le Dauphiné libéré, 6 novembre 2012.

Tritium dans les nappes Au début de l’année 2004, des analyses de routine ont détecté la présence de tritium dans les nappes phréatiques situées sous le site, ASN.

Fissures de tubes des générateurs de vapeur de la tranche 4 Selon un avis d'incident de l'ASN, une fuite entre le circuit primaire et le circuit secondaire a été détectée le au niveau du générateur de vapeur n° 2 du réacteur 4. Le réacteur qui était en fonctionnement, a été mis à l'arrêt dès détection de cette fuite qui est restée inférieure à 500l/h durant l'évènement (en dépassement des critères des spécifications techniques d'exploitation), cette eau est donc passée directement du circuit primaire vers le circuit secondaire. Les contrôles ultérieurs ont montré un défaut au niveau d'un tube du générateur de vapeur. Cet incident a été classé au niveau 1 de l'échelle INESFuite sur un générateur de vapeur, french-nuclear-safety.fr, 27 février 2006. Les trois générateurs de la tranche 4 ont été changés en 2014 à la suite du bouchage des tubes où des fissures avaient été détectées, bouchages qui avaient entrainé une perte de rendement d'environ 5%Exemple : le remplacement des générateurs de vapeur à Cruas, asnr.fr, 22 octobre 2014.

Rapports de l'ASN Selon un rapport datant d', l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a constaté un relâchement dans la rigueur d’exploitation du site, ASN.

Le , l'ASN a mis EDF en demeure de procéder à la mise en conformité de la centrale sous trois mois, ASN.

Prise d'eau obturée thumb|Les quatre tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse Le , EDF a lancé un plan d'urgence interne après un incident sur le système de refroidissement d'un des quatre réacteurs de la centrale de Cruas.

Le plan avait été déclenché en raison de la causée par l'obturation de la prise d'eau alimentant le système de refroidissement du réacteur, à la suite de l’arrivée d’une importante masse d’algues charriée par le Rhône à cause de fortes pluiesIncident de Cruas (France) - 2009 IRSN, .

Grève de la faim Le , neuf salariés d'une entreprise sous-traitante ont entamé une grève de la faim pour sauvegarder leur emploi à la centrale. L’accès à la centrale a été bloqué et de nombreux salariés du site ont débrayéFilm sur la grève de la faim de février 2008, Google vidéo.

Séismes thumb|La centrale de nuit Dans la nuit du 2 au , un séisme composé de quatre secousses, dont deux de magnitude 4,5 sur l’échelle de Richter, s'est produit à au sud-ouest de la centraleTremblement de terre en Ardèche vers Cruas, forum Eco Bio Info.

Le peu avant midi un séisme d'une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter s'est produit à une quinzaine de km au sud de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (zone Le Teil/Montélimar). Un capteur anti-sismique s'est déclenché. Les trois réacteurs nucléaires en fonctionnement ont été arrêtés pour un audit approfondi. L’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a souligné que le séisme n’avait provoqué « aucun dommage apparent » aux sites d’EDF, mais que l’électricien devait encore calculer l’impact exact du tremblement de terre. L’agence Après le séisme, EDF arrête trois réacteurs nucléaires pour des contrôles, Les Echos, 12 novembre 2019.. L'ASN et l'IRSN considèrent que la magnitude « locale » ne constitue pas un bon indicateur du risque sismique : c'est l'accélération qui risque d'endommager les installations. Les vibrations qui ont imposé l'arrêt des réacteurs de la centrale de Cruas-Meysse étaient plus de cinq fois inférieures au seuil de sûreté, selon EDF et l'ASNLes centrales nucléaires à l’épreuve du séisme dans la vallée du Rhône, Les Echos, 12 novembre 2019..Le , l’ASN a donné son accord à la remise en service des réacteurs 2 et 4 de la centrale nucléaire de Cruas à la suite du séisme du , après examen des résultats des contrôles des installations. Elle a donné son accord à la remise en service du réacteur 3 le .

En complément l'ASN a demandé à l'exploitant EDF un retour d'expérience concernant le séisme de 2011 et les éventuelles mesures de confortement, avant de se prononcer sur la poursuite de l'exploitation des quatre réacteurs après soixante ans. Les résultats sont attendus pour fin 2023Séisme du Teil : des questions toujours en suspens à la centrale nucléaire de Cruas, francebleu, 14 juin 2023.

Intrusions de militants antinucléaires Le , deux militants de l'organisation Greenpeace se sont introduits sur le site dès . Pendant la journée, ils sont apparus dans des vidéos postées par Greenpeace. Après une journée de fouille « approfondie », le groupe EDF a déclaré avoir remis aux autorités les deux militantsLe Monde - 5/12/2011 : Deux militants de Greenpeace arrêtés à la centrale nucléaire de Cruas.

Le , de l'organisation Greenpeace se sont introduits sur le site vers . L'ASN et EDF ont assuré que ceci n'avait eu aucun impact sur la sûreté des installations, les individus étant restés hors de la zone nucléaire. Ces derniers, ainsi que l'association, ont été condamnés par la justice.

Contamination externe d’un intervenant