La centrale nucléaire de Gravelines est une centrale nucléaire française se situant dans la commune de Gravelines dans le Nord. En 2024, elle a produit 32,71 TWh d'électricité faible en CO2, ce qui couvre l'équivalent des besoins de 60 à 70% de la consommation électrique annuelle des Hauts-de-France.

La centrale est équipée de six réacteurs nucléaires à eau pressurisée de modèle CP1, refroidis par l'eau de la mer du Nord. Avec un total de net de puissance installée, c'est la plus importante centrale nucléaire de France et d'Europe de l'Ouest, et la deuxième plus grosse en Europe après celle de Zaporijjia en Ukraine occupée.

Deux nouveaux réacteurs EPR2 de troisième génération sont prévus sur le site avec un début de la construction du premier réacteur annoncé pour 2033, et une mise en service à l'horizon 2040.

Localisation du site Le CNPE (centre nucléaire de production d'électricité) de Gravelines est situé à l'ouest de Dunkerque, à l'est de Calais et au nord-ouest de Lille, il s'étend sur 150 hectares.

La centrale est située à moins de de l'eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai qui est l'une des zones urbaines les plus peuplées de France et de Belgique avec plus de en 2020.

Le site a été choisi pour plusieurs critères : proximité de la mer du Nord avec de forts courants (source froide importante) ; proximité avec l'Angleterre et la Belgique facilitant l'exportation d'électricité ; proximité de grandes entreprises électro-intensives : ArcelorMittal, Alcan, BASF, ou Liberty Aluminium Dunkerque (plus gros producteur d'aluminium de l'Union européenne, assure les deux tiers de la production française d'aluminium) ; forts besoins en électricité d'une région industrielle et très peuplée ; faible risque sismique.

Historique En , les Britanniques bombardent l'ex-centrale électrique au charbon de l'usine Lesieur qui servait entièrement à la consommation des particuliers depuis quelques mois, pour pallier les coupures de courant. Après la Seconde Guerre mondiale, l'agglomération dunkerquoise est détruite à , le port de Dunkerque et le village de Grande-Synthe sont eux totalement détruits. Les habitants habitent alors dans des « chalets » préfabriqués. Théodore Leveau et Jean Niermans lancent la reconstruction de la ville. En 1957, le port est reconstruit en ZIP (zone industrialo-portuaire), avec de grands travaux pour le creusement de bassins à flot, comme dans le port de Rotterdam.

En , l'accroissement démographique de l'agglomération est important, passant de à en cinq ans. De nombreux industriels électro-intensifs s'installent : l'usine Usinor ouverte en 1962 (associée à une centrale électrique de 500 MW utilisant le gaz des hauts fourneaux), la raffinerie de pétrole BP, Air Liquide, Vallourec, ou encore la Compagnie Métallurgique de ProvenceLe port de Dunkerque a 50 ans: les souvenirs d'un docker qui l'a vu naître, dans La Voix du Nord du 23/04/2016 L'électricité en France en 1959 et 1960, par C. Prêcheur, dans L'Information Géographique de 1961.

Après le premier choc pétrolier de , le conseil des ministres français sous l'autorité du premier ministre Pierre Messmer autorise le , un programme de construction de douze tranches nucléaires de de la filière des réacteurs à eau pressurisée (REP), dont quatre à Gravelines. Les travaux commencent en .

Les réacteurs 5 et 6 sont autorisés ultérieurement. Ces deux réacteurs intègrent des composants initialement prévus pour la centrale iranienne de Darkhovin. En , le contrat de construction de cette centrale d'un montant de 2 milliards de dollars est annulé par le gouvernement provisoire de l'IranÀ la même époque, l'Iran a aussi pris pour 1 milliard de dollars une participation de 10 % dans le consortium Eurodif pour l'usine d'enrichissement du Tricastin, en FranceJean-Paul Hébert - juin 2008 : Irak, Iran, Afghanistan : les divisions de l'Europe. Les pièces d'ingénierie de ces deux réacteurs sont réutilisées en France pour la construction d'une paire supplémentaire à Gravelines, et dont les travaux commencèrent en World Nuclear Association - Nuclear Energy in Iran.

Le raccordement au réseau électrique national (couplage) de la première tranche est effectué en , jusqu'à la sixième et dernière tranche en . La centrale de Gravelines devient alors la centrale nucléaire la plus puissante de France et d'Europe avec installés, puis la deuxième d'Europe après la mise en service en 1996 de la tranche 6 de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine (totalisant alors de puissance installée)Site nucléaire de Gravelines sur le site de l'ASN, consulté le 26 novembre 2009..

Conformément à la mise œuvre de la loi sur la transition énergétique de et des PPE successives prévoyant la fermeture de quatorze réacteurs nucléaires en France, EDF propose d'étudier la mise à l'arrêt des réacteurs et 2 de la centrale de GravelinesCARTE. EDF envisage l'arrêt de réacteurs dans huit centrales nucléaires, La Dépêche, 21/01/2020.

Lors du discours de Belfort en , Emmanuel Macron annonce une modification importante de cette loi, puisque qu'aucun réacteur en état de produire ne sera fermé à l'avenir, sauf pour des raisons de sûretéLa nouvelle stratégie énergétique de la France. De plus, le site de la centrale de Gravelines est proposé pour accueillir une nouvelle paire de réacteurs EPR2Nouveaux réacteurs nucléaires : Gravelines est toujours dans les sites pressentis.

Caractéristiques des réacteurs

Comme pour les 57 autres réacteurs français, ceux de Gravelines sont exploités par EDF. La chaudière nucléaire a été construite par Framatome et le groupe turbo-alternateur par Alstom.

Les réacteurs 1 à 6 sont des réacteurs à eau pressurisée de deuxième génération. Comme les réacteurs des centrales du Blayais, de Dampierre-en-Burly et du Tricastin, ils appartiennent au palier dit CP1 des réacteurs de qui comprend aussi les paliers CP0 et CP2. Ces réacteurs fonctionnent avec du combustible fait d'uranium faiblement enrichi (entre 3 et ). Dans le cadre du recyclage partiel du combustible nucléaire usé, les six réacteurs sont tous autorisés à utiliser du combustible MOX. +Caractéristiques des réacteurs de la centrale de GravelinesNom du réacteurModèlePuissanceDébut de constructionPremière divergenceRaccordement au réseauMise en service commercialNette (MWe)Brute (MWe)Thermique (MWth).CP1910 951Gravelines-2.910 951Gravelines-3.910 951Gravelines-4.910 951Gravelines-5.910 951Gravelines-6.910 951Gravelines-7EPR2~~~~2033~2040Gravelines-8~~~

Gravelines 1 à 6 - Palier CP1

Production, maintenance et emploi En 2026, le CNPE de Gravelines emploie La centrale nucléaire de Gravelines 2026, edf.fr, consulté le 22 août2026. Le , le cap des de kWh fournis au réseau électrique national est franchi par la centrale nucléaire de Gravelines, devenant la première centrale au monde à avoir atteint ce niveau de production cumulée .. Plus de 10 % des salariés de Gravelines en sont des femmes. La majorité travaillent dans des métiers techniques : conduite des installations, ingénierie, chimie de process, automatismesSite EDF: Gravelines en bref 2011 Dans le cadre du programme grand carénage entamé en , EDF investit d'euros dans le remplacement et l'entretien de composant de la centrale afin de pouvoir poursuivre son exploitation jusqu'à . EDF annonce qu'un tiers de l'opération devrait profiter aux entreprises locales.

En 2024, la centrale produit d'électricité, ce qui couvre entre 60 et 70% des besoins de consommation électrique annuelle des Hauts-de-FranceLa centrale nucléaire de Gravelines. edf.fr, consulté le 7 janvier 2025.

Visites décennales

Comme pour les réacteurs nucléaires français de deuxième génération, les six réacteurs de Gravelines sont conçus pour une durée d’exploitation d'au moins . Pour atteindre voire dépasser cette durée de fonctionnement, une réévaluation et un réexamen de sûreté ont lieu tous les dix ans lors des visites décennales. En fonction de l'évolution de la réglementation, des progrès technologiques et du retour d'expérience de l'ensemble des installations nucléaires dans le monde, des modifications sont nécessaires, et sont effectuées pour respecter le niveau de sûreté requis. Une fois terminées, l'Autorité de sûreté nucléaire (devenue ASNR en 2025) peut autoriser une poursuite de l'exploitation pour dix années supplémentaires. +Calendrier des visites décennales de la centrale de Gravelines visite décennale visite décennale visite décennale visite décennaleGravelines-111 août 1990 au 21 décembre 199012 mai 2001 au 29 août 200128 juillet 2011 au 21 mars 201214 août 2021 au 10 mai 2022Gravelines-211 mai 1991 au 12 septembre 1991 au 2 juillet 2002 au 28 septembre 201310 juin 2023 au 24 décembre 2023Gravelines-3 au 13 juillet 199215 décembre 2001 au 15 mars 200228 avril 2012 au 18 novembre 201219 mars 2022 au Gravelines-431 octobre 1992 au 21 mars 1993 au 30 septembre 200315 février 2014 au 20 janvier 2024 au Gravelines-525 mars 2006 au 19 juin 2006 au 12 août 2017 à 2027Gravelines-610 mai 1997 au 28 août 1997 au 17 décembre 2007 au 7 octobre 20182030 (prévue)

Cogénération de chaleur En France, les centrales nucléaires sont utilisées exclusivement pour la production d'électricité, à l'exception de deux centrales : celle de Civaux dans la Vienne alimentant également en chaleur un parc zoologique et botanique « Terre de dragons » ; et la centrale de Gravelines :

La ferme aquacole d'élevage de bar et de daurade, de la société Aquanord, est implantée entre la plage et le canal de rejet d'eau de mer de la centrale de Gravelines. L'eau de mer réchauffée est utilisée pour maintenir la température des bassins d'élevage. Depuis , un tunnel sous-marin relie la centrale nucléaire de Gravelines au terminal méthanier de Dunkerque. Ce tunnel permet d'acheminer une partie des eaux tièdes rejetées à par la centrale, pour re-gazéifier du gaz naturel liquéfié en le faisant passer de à .

Gravelines 7 et 8 - Programme EPR2

Historique Dès 2021, le site de la centrale de Gravelines est envisagé pour accueillir une nouvelle paire de réacteurs EPR2.. En , le président Macron confirme le lancement de la construction de six nouveaux réacteurs EPR2 en France, répartis en trois paires. Gravelines fait toujours partie des sites pressentis.

En , l’Élysée informe que le site de Gravelines est retenu pour l'implantation de la deuxième paire d'EPR2 (après la centrale de Penly et avant la centrale du Bugey). Cette implantation doit notamment tenir compte du risque d'inondations futures induites par les prévisions de hausse du niveau de la mer pendant toute la durée d'exploitation.. Le site privilégié pour l'implantation de deux EPR2 est situé à l'est des réacteurs actuels. Il se situe sur une zone déjà artificialisée par le dépôt pétrolier de la raffinerie des Flandres de Mardyck, exploitée jusqu'en 2010 par TotalEnergies.

Le débat public présidé par Luc Martin et organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) se déroule du au . Le projet obtient le label « Grand Chantier » en .

La demande d’autorisation environnementale (DAE) est déposée en ainsi que la déclaration d’utilité publique (DUP). La DAE est accordée le , autorisant le début des travaux préparatoires (terrassements, viabilisation, aménagements d'accès et de parkings). La demande d’autorisation de construction (DAC) serait obtenue au second semestre 2028.

Le début des travaux (coulée du premier béton) est annoncé pour 2033, avec une mise en service du premier réacteur à l'horizon 2040Nouveau nucléaire : point d’avancement sur le programme EPR2, cseedfsa.fr, 06 juillet 2026.

Pré-travaux (août 2026 -)