vignette|upright 1.5|La girafe est une métaphore de la communication non violente. vignette|Marshall Rosenberg lors d'une présentation de la CNV à Neve Shalom - Wahat as Salam, Israël, en 1990.

La communication non violente (CNV) est une méthode de communication formalisée par Marshall B. Rosenberg. Selon son auteur, ce sont Marshall B. Rosenberg, La Communication Nonviolente au quotidien, page 10, éditions Jouvence. .. L'empathie est au cœur de la CNV, entamée dans les années 1970, ce qui constitue un point commun avec l'approche centrée sur la personne du psychologue Carl Rogers dont Marshall Rosenberg fut un des élèves. L'expression « non violente » est une référence au mouvement de GandhiMarshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la Communication Nonviolente, éditions La Découverte, 1999, page 11. . et signifie ici le fait de communiquer avec l'autre sans lui nuire (voir ). Marshall Rosenberg s'appuie également sur les travaux de l'économiste chilien Manfred Max-Neef, qui a analysé les besoins humainsMarshall Rosenberg, Dénouer les conflits par la Communication Nonviolente, éditions Jouvence, 2006, page 42. .Marshall Rosenberg, Spiritualité pratique, les bases spirituelles de la Communication Nonviolente, page 17 Jouvence, Bernex (Suisse), 2007. ..

Le Centre pour la Communication NonViolente (, CNVC). parle également d'une « communication consciente » dont les caractéristiques principales sont l'empathie, l'authenticité et la responsabilité.

Terminologie et définition Alors que la grammaire française inciterait plusieurs auteurs francophones à utiliser l'expression « communication non violente », Marshall B. Rosenberg et le Center for Nonviolent Communication (CNVC) préfèrent la typographie « Communication NonViolente » avec plusieurs arguments : « L'expression Communication NonViolente (CNV) est la traduction française d'une marque déposée aux États-Unis. Les majuscules et l'absence d'espace et de trait d'union en font partie. »Rust Serena, Quand la girafe danse avec le Chacal, éditions Jouvence, 2009. « La CNV est un processus précis que nous devons à Marshall B. Rosenberg, que nous distinguons du terme générique de « communication non violente » qui appartient au vocabulaire courant et à tous ». Le terme « nonviolent » est inspiré du sanskrit « Ahimsa », terme difficilement traduisible par un mot en français Issâ Padovani : le terme le plus proche de la manière dont est construit le terme Ahimsa serait en français « Aviolent » mais ce « a » privatif n’a jamais été utilisé de la sorte dans notre langue. ou en anglais, puisqu’il signifie quelque chose comme « absence de violence » ou « absence de façon de nuire ». Il n’existe pas de terme en français qui permette de dire cela dans un langage positif, constructif. Du coup, Marshall a gardé le terme « nonviolent » et à la fin de sa vie, il a dit que pour lui, ce qui lui paraissait important était de s’inscrire dans la lignée de la « nonviolenceTerme qui s’écrit ainsi dans les mouvements activistes nonviolents, sans espace ni tiret, voir https://kinginstitute.stanford.edu/encyclopedia/nonviolence et http://www.gandhiashramsevagram.org/gandhi-articles/gandhi-philosophy-of-nonviolence.php » des Gandhi et Martin Luther-King et que pour cette raison, il était en paix avec ce terme, même s’il voyait aussi ses limitations. On peut émettre l'hypothèse que le succès du terme « bienveillance » est en partie lié à cette volonté d'exprimer dans une formulation positive « non-violence ». Cependant, il ne le recouvre pas exactement.

Définition de Marshall Rosenberg Marshall Rosenberg propose une définition du processus de la CNVLausanne sept. 2003 (Traduction par Godfrey Spencer et Anne Bourrit), processus qui, selon lui, est continuellement remis en question :

Explication de la terminologie employée Le , pour Marshall Rosenberg, est la façon que nous aurions de porter des jugements sur les choses et les êtres en termes de ou ., « bon » ou « mauvais », « normal » ou « anormal »… pourrait s'expliquer comme : prendre pleinement conscience des sentiments et besoins qui nous habitent et qui, au départ, sont juste . pourrait se définir comme une générosité spontanée et volontaire, qui ne provient pas d'une contrainte ou d'une obligation morale extérieure.

Définition de Thomas d'Ansembourg Selon l’auteur et psychothérapeute belge Thomas d'AnsembourgThomas d'Ansembourg, né en 1957, est écrivain, formateur et conférencier belge. Il a été avocat puis psychothérapeuthe. Il est depuis 1994 membre du réseau international Center for Nonviolent Communication et formateur certifié. Son premier livre Cessez d’être gentil, soyez vrai (2001), est devenu un bestseller. ., le processus de la CNV vise à aider à éclaircir ce que nous vivons.. Il ne s'agit pas de l'empathie en tant que telle, mais elle y donne accès. Il ne s'agit pas non plus d'une simple écoute, mais de , c'est-à-dire prendre pleinement conscience de ses propres sentiments et de ceux de l'autre.

Définition de David Servan-Schreiber Dans son best-seller Guérir, David Servan-Schreiber décrit le processus de la CNV en termes relativement simples. Selon lui, le premier principe de la CNV est de remplacer tout jugement par une observation objective, afin d'éviter les réactions habituelles de son interlocuteur face à une critique. Le second principe est d'éviter tout jugement sur son interlocuteur pour ne parler que de ce que l'on ressent, l'autre ne pouvant contester cela. L'effort consiste alors à décrire la situation en commençant ses phrases par « je », pour être ..

Bases et finalités Pour Marshall Rosenberg, le but de la CNV est de Les mots sont des fenêtres, , édit° La Découverte, 2005..

Partant de sa conviction que la nature profonde des hommes les porte à « aimer donner et recevoir dans un esprit de bienveillance »Les mots sont des fenêtres…, ., il s'interroge sur notre capacité à nous couper de cette bienveillance au point de devenir violents ou agressifs, et s'efforce de comprendre comment certains individus, au contraire, parviennent à rester en contact avec cette bonté, même dans les épreuves.

Dans ces différents états, il constate le rôle déterminant du langage et de l'usage des mots. C'est pourquoi il définit un mode de communication qui « favorise l'élan du cœur et nous relie à nous-même et aux autres ». Il appelle cela la Communication Nonviolente en référence à Gandhi, au sens d'une communication où il ne reste plus trace de violence.

Pour le CNVC (Center for Nonviolent Communication), organisme promoteur de la méthode et certificateur de ses formateurs, le but de la Communication Nonviolente est de .

Processus de Communication NonViolente selon Marshall B.Rosenberg

Le processus de Communication NonViolente peut être utilisé de trois manières : communiquer avec soi-même pour clarifier ce qui se passe en soi (auto-empathie) ; communiquer vers l'autre d'une manière qui favorise la compréhension et l'acceptation du message (expression authentique); recevoir un message de l'autre, l'écouter d'une manière qui favorise le dialogue quelle que soit sa manière de s'exprimer (empathie). communiquer en groupe pour créer ou faire évoluer des structures collectives qui favorisent la nonviolence.

Pour que ce processus favorise réellement la coopération et le dialogue, cela suppose : une attention au moment présent ; une intention claire de favoriser le dialogue et la coopération.

Les quatre étapes de la CNV alt=|vignette|480px|Les quatre étapes du processus de la CNV, dans l'expression et dans l'écoute. Qu'il s'agisse de clarifier ce qui se passe en soi ou de communiquer avec d'autres, l'art relationnel de la CNV propose de porter son attention sur 4 points (OSBD) : Observation (O) : décrire la situation en termes d'observation partageable ; Sentiment (S) : exprimer les sentiments ressentis face à cette situation ; Besoin (B) : clarifier le(s) besoin(s) qui est la source du sentiment ressenti ; Demande (D) : faire une demande respectant les critères suivants : réalisable, concrète, précise et formulée positivement. Si cela est possible, que l'action soit faisable dans l'instant présent. Le fait que la demande soit accompagnée d'une formulation des besoins la rend négociable.

Cependant, il ne s'agit pas d'une manière de parler qu'il faudrait suivre à tout prix. Marshall Rosenberg a écrit à ce sujet un texte intitulé "La langue Girafe n'est pas une langue".

Les concepts proposés sont des repères, destinés à faciliter la reliance de cœur à cœur, et non pas des règles à suivre..

On remarquera alors par exemple si nos besoins ne sont pas clairs pour notre interlocuteur, ou si au contraire, les besoins de notre interlocuteur ne nous apparaissent pas clairement.

Dans une situation de communication, l'ordre de présentation des étapes est indifférent : on peut très bien commencer par exprimer ses sentiments (S), stimulés par une situation (O), puis parler des besoins qui sont la cause de nos sentiments (B) pour présenter une demande (D). Présenter toutes les étapes peut augmenter nos chances de rejoindre notre interlocuteur et d'être compris par lui.

Observer les faits Quand nous décrivons une situation, nous exprimons différentes choses : des observations objectives (ce qu'on a vu, entendu, ce qui pourrait être enregistré par une caméra) des évaluations (penser en termes de bien ou de mal, qualifier la personne ou la situation, etc.) des interprétations (faire des conclusions qui se basent sur des présupposés)

Du point de vue de la CNV, les évaluations et les interprétations sont légitimes et peuvent être exprimées. L'important est de les distinguer des observations objectives et de préciser que c'est ce que nous imaginons. Rosenberg fait référence à Krishnamurti auquel il prête la pensée suivante : Les mots sont des fenêtres…, ..

Il recommande d'éviter d'utiliser des évaluations et des jugements, parce que si notre interlocuteur se sent jugé, il aura tendance à s'investir dans l'autodéfense plutôt que la compréhensionLa Communication non violente au Quotidien, Édition Jouvence, .. Par ailleurs, les évaluations rendent le monde statique, alors qu'il est en transformation constante. Comme l'explique Wendell Johnson, le langage est un instrument imparfait invitant à parler de stabilité et de normalité, alors que la réalité est changeante et faite de différencesMarshall B. Rosenberg, La Communication non violente au Quotidien, éditions Jouvence, .. La CNV recommande de parler de faits concrets pour décrire les événements plutôt que d'attribuer des caractéristiques définitives à l'interlocuteur ou au monde ce qui l'enferme mentalement dans une case. Alors qu'en parlant de faits concrets, on ouvre la possibilité de formuler des demandes d'actions précises à réaliser dans le futur.

Ex. : « Tu es un fainéant » (jugement) s'oppose à « Cela fait une semaine que tu n'es pas sorti » (fait observable).

Obstacle à l'expression des observations : ne pas avoir vraiment l'intention de communiquer, mais être dans un rapport de pouvoir ou de compétition.

Exprimer ses sentiments et ses émotions Par exemple : avoir peur, être curieux, être surpris, être triste, être plein d'énergie, etc. Afin de pouvoir communiquer ce qui se passe en nous, la CNV nous invite à développer un vocabulaire affectif pour exprimer toute la palette d'émotions qui peuvent nous toucherMarshall B. Rosenberg, La Communication non violente au Quotidien, éditions Jouvence, ..