Les Marches (en italien le Marche ) sont une région d'Italie centrale dont le siège se situe sur les bords de l’Adriatique, à savoir la ville portuaire d'Ancône, et qui compte sur au .
Elle est divisée en cinq provinces, celles d'Ancône, de Macerata, de Pesaro-Urbino, d'Ascoli Piceno et de Fermo, situées entre la chaîne des Apennins et la mer Adriatique.
Histoire
Antiquité
Les Picéniens
vignette|redresse|Guerrier de capestrano, 600-550 av. J-C. conservé dans le Musée Archéologique National des Abruzzes à Chieti. La première période d’unité culturelle des Marches a eu lieu à l’âge du fer, quand la région était habitée presque entièrement par les Picèniens.
La propagation de la civilisation picène marque le passage de l’âge du bronze à celui du fer, ainsi que le passage à l’Histoire, avec l’introduction de l’écriture.
Les témoignages laissés par cette civilisation sont très riches et fortement caractérisés, en particulier dans la sculpture, parfois de dimension monumentale, dans l’Art figuratif, par une imagination remarquable des figures produites et une tendance à l’abstraction, dans l’originalité des formes de la céramique, dans l’utilisation abondante de l’Ambre, dans la grande variété d’armes, dans les kits féminins voyants.
La langue de la plupart des inscriptions est italique et dite Sud-picène; quatre inscriptions retrouvées atteste l’existence d'une énigmatique Langue de Novilara.
Période grecque Les Grecs fondent Ancône et s’établissent sur quelques territoires voisins au Grecs et romains ont alors des échanges commerciaux. Ancône est annexée par les Romains au et les Marches sont envahies par le peuple gaulois des Sénons qui fondent Senigallia. Il en demeure des vestiges en particulier à Fano et à Ancône. Ces derniers sont chassés par les Romains avec l'aide des Picéniens, qu'ils défont ensuite vers 300 vignette|centre|Fragment de cratère attique datant du (Pesaro).|alt=
Moyen Âge Après la chute de l'Empire romain d'Occident lors des migrations germaniques, se produit l'invasion des Ostrogoths. Au haut Moyen Âge, les villes d'Ancône, Fano, Pesaro, Rimini et Senigallia forment la Pentapole d’Italie avant de devenir le théâtre d'affrontements de deux maisons seigneuriales : les Malatesta de Rimini, et les Montefeltro d'Urbino.
C’est au , sous les Ottoniens qu’est apparu le nom de « Marca » (du germanique marka « signe de frontière »).
Au , les nombreuses razzias des Sarrazins expliquent l’installation, le long des côtes, sur les hauteurs des collines, de nombreuses forteresses et villes fortifiées, et plus particulièrement dans la moitié sud de la région.
Au des communes libres se constituent et la région voit l'affrontement entre Gibelins et Guelfes.
Les Marches deviennent durant le l’une des terres de prédilection des communautés franciscaines naissantes. qui luttent contre la surpopulation et le désordre alimentaire.
C'est à la Renaissance que la république d'Ancône, république maritime connait la prospérité.
Cette dernière s'émancipe du marquisat d'Ancône et s'enrichit du commerce avec l'Orient, ce, malgré la redoutable concurrence Vénitienne.
L’archéologue Cyriaque d'Ancône nait en 1391 à Ancône.
Temps modernes Les Marches feront partie des territoires des États pontificaux de 1532 à 1860..
À partir de la seconde moitié du XVIe siècle, la papauté consolida dans plusieurs villes des Marches des oligarchies urbaines héréditaires, souvent qualifiées de noblesse civique, qui exercèrent durablement les magistratures municipales.
Époque contemporaine
Risorgimento Durant cette période, elle donne naissance à neuf papes qui contribuent pour la plupart au renouveau urbanistique et architectural de ses villes.
À la suite de l'invasion française au début du , et après quelques vicissitudes (création de la République cisalpine, annexion à Naples, tentatives de Murat), le congrès de Vienne structure la région en cinq provinces dont les chefs-lieux sont : Ancône, Ascoli Piceno, Fermo, Macerata et Pesaro.
Une bataille décisive du Risorgimento a lieu en 1860 à Castelfidardo, où Enrico Cialdini défait les troupes pontificales du général Lamoricière : elle permet l'union des territoires du Sud, libérés (ou conquis) par Garibaldi et de ceux du Nord, dépendants du roi .
Dans l’histoire plus récente, on se souvient de la Semaine rouge, de la révolte des bersagliers et de la participation à la resistance italienne, parmi les plus massives et populaires d’Italie.
Géographie vignette|Altimétrie des Marches.|175x175px La région des Marches se situe au centre-est de l'Italie, le long de la mer Adriatique, entre la Romagne au nord, l'Ombrie et la Toscane à l'ouest, le Latium au sud-ouest et les Abruzzes au sud.
Elle est bordée par la dorsale des Apennins () à l'ouest : l'altitude y varie de au monte Catria au centre-nord à dans les monts Sibyllins au sud au monte Vettore.
Le paysage se compose de : de littoral ; 31 % de montagnes et 69 % de collines ; huit lacs : lac de Gerosa à Comunanza, lac de Fiastra à Fiastra, lac de Cingoli à Cingoli, lac de San Ruffino à Amandola, lac de Pilate à Montemonaco, lac de Mercatale à Sassocorvaro, lac du Furlo à Fossombrone et lac de Polverina près de Camerino ;
Monts et lacs des Marches
dont dépassant à peine de longueur (Foglia, Métaure, Esino, Misa, Chienti, Tenna, Tronto...) qui viennent plonger directement dans la mer Adriatique.
Administration vignette|Les cinq provinces des Marches. Au , la région des Marches est divisée en cinq provinces : province d'Ancône ; province d'Ascoli Piceno ; province de Fermo ; province de Macerata ; province de Pesaro et Urbino.
Nature La région partage avec l'Ombrie le parc national des Monts Sibyllins., institué en 1993 et caractérisé par une grande variété de paysages et d’animaux.
Les Marches partagent, avec les Abruzzes et le Latium, le parc national du Gran Sasso e Monti della Laga, institué en 1991.vignette|Urbino en hiver.|250x250px parc régional du Mont Conero ;
parc naturel régional des Gorges de la Rossa et des Grottes de Frasassi. ; parc naturel du Sasso Simone et Septmoncel ; parc naturel régional du Mont San Bartolo.
réserve naturelle nationale des Gorges du Furlo. ; réserve naturelle nationale de l'Abbaye de Fiastra ; réserve naturelle nationale du Mont Torricchio ; réserve naturelle régionale du Mont San Vicino et du Mont Canfaito. ; réserve naturelle régionale Ripa Bianca di Jesi ; réserve naturelle régionale della Sentina..
Sismicité vignette|Effet du tremblement de terre de 2016 sur un édifice hors du centre de la ville universitaire de Camerino, moindrement touchée au regard d’autres villes et villages de la région. L’ensemble du centre-ville de Camerino était encore fermé à la population en août 2019.|alt= Le territoire est sujet aux tremblements de terre : en effet, en 2006, 97,3 % de la région, soit 230 municipalités, ont été classées comme étant à risque moyen ou élevé..
En 2016 et 2017, les provinces de Macerata, Fermo et Ascoli Piceno ont été frappées par une longue série de tremblements de terre atteignant des magnitudes au-delà de 6.0 sur l’échelle de Richter.
Les villes d’Amandola, Acquasanta Terme, Arquata del Tronto, Comunanza, Cossignano, Force, Montalto delle Marche, Montedinove, Montefortino, Montegallo, Montemonaco, Palmiano, Roccafluvione, Rotella, Venarotta, Acquacanina, Bolognola, Castelsantangelo sul Nera, Cessapalombo, Fiastra, Fiordimonte Gualdo, Penna San Giovanni, Pievebovigliana, Pieve Torina, San Ginesio, Sant'Angelo in Pontano, Sarnano, Ussita ont été les plus touchées. Et les dommages sont encore visible en 2020.
Les villes d'Urbisaglia, Apiro, Appignano del Tronto, Ascoli Piceno, Belforte del Chienti, Belmonte Piceno, Caldarola, Camporotondo di Fiastrone, Castel di Lama, Castelraimondo, Castignano, Castorano, Cerreto D’esi, Cingoli, Colli del Tronto, Colmurano, Corridonia, Esanatoglia, Fabriano, Falerone, Fiuminata, Folignano, Gagliole, Loro Piceno, Macerata, Maltignano, Massa Fermana, Matelica, Mogliano, Monsapietro Morico, Montappone, Monte Rinaldo, Monte San Martino, Monte Vidon Corrado, Montecavallo, Montefalcone Appennino, Montegiorgio, Monteleone, Montelparo, Muccia, Offida, Ortezzano, Petriolo, Pioraco, Poggio San Vicino, Pollenza, Ripe San Ginesio, San Severino Marche, Santa Vittoria in Matenano, Sefro, Serrapetrona, Serravalle del Chienti, Servigliano, Smerillo, Tolentino et Treia ont également subi des dégâts importants. Les moyens attribués à la reconstruction sont insuffisants et inadaptés au vu des besoins...
Démographie
Les Marches comptent dont la tranche d'âge se trouve en majorité entre , aussi bien chez les hommes que chez les femmes (16 %).
9 % de la population est d'origine étrangère, et contribue à entretenir la jeunesse dans la région puisque 51 % des immigrés ont entre . Parmi ces immigrés, plus de 58 % proviennent du continent européen et 21 % d'entre eux proviennent du continent africain, avec en majorité les nationalités albanaise, roumaine et marocaine.
Politique
Les Marches constituaient l'un des bastions de la gauche italienne.
À l'issue des élections régionales de 2010, le conseil régional des Marches est composé de quinze élus du Parti démocrate, douze élus du Peuple de la liberté, quatre élus de l'Italie des valeurs, trois élus de l'Union de Centre, deux élus de la Ligue du Nord, un élu de la Fédération de la gauche, un élu de l'Alliance réformiste, un élu de Gauche, écologie et liberté, un élu de l'Alliance pour l'Italie et un élu de la Fédération des verts.
En 2020, a été élu président de la région Francesco Acquaroli du parti de droite extrême des Fratelli d'Italia..
Économie L'économie de la région consiste principalement dans un éventail de PME industrielles distribuées sur l'ensemble du territoire. Industrie de la Chaussure, avec de nombreux emplacements dans les provinces de Fermo, Macerata et d'Ascoli ; Industrie du Meuble et celle de la Mécanique à Pesaro ; Entreprises viticoles des Castelli de Jesi, patrie du Verdicchio ; Industrie navale de Fano et Ancône ; Activité touristique, avec des centres balnéaires et artistiques.
La région reste relativement enclavée, ne disposant pas de ligne TGV, avec un petit aéroport international mal desservi, celui d'Ancône-Falconara.
L’autoroute A14 de Bologne à Tarente dessert les localités de villégiature.
Culture Le pourcentage de musées et de bibliothèques par rapport au nombre de Villes fait de la région des Marches l'une des mieux dotée d’Italie. L’ensemble de la région regorge de petites villes médiévales aux fondations romaines que les habitants célèbrent par un grand nombre de fêtes et de reconstitutions historiques. Ces petites cités de briques ocre jaune — 28 villages sont recensés au titre des plus beaux villages d’Italie — sont pour la plupart cernées de remparts à l’intérieur desquels rivalisent lieux de commerce et lieux de pouvoir, petites places traversées d’anciennes voies romaines et centrées de fontaines renaissantes, palais d’anciennes familles patriciennes, théâtres du Risorgimento, édifices religieux et sièges ecclésiastiques de première importance.
centré|vignette|670x670px|La Città ideale dont l'attribution discutée : Piero della Francesca ? Luca Signorelli ? Luciano Laurana ? Melozzo da Forli ? exposée aujourd’hui dans la Galleria Nazionale d'Urbino est l'une des œuvres emblématiques de la région des Marches.|alt=
Personnalités des Marches vignette|Armoiries de figurant au plafond de l’escalier jouxtant la chapelle Sixtine.