Mircea Lucescu, né le à Bucarest et mort le dans la même ville, est un footballeur international roumain, reconverti en entraîneur où il compte parmi les plus titrés de l'histoire du football. Il figure également parmi les entraîneurs les plus âgés à avoir dirigé en Ligue des champions de l’UEFA ainsi que parmi ceux ayant dirigé le plus grand nombre de matchs et obtenu le plus de victoires dans cette compétition.
Depuis sa nomination en 2024 à la tête de l’équipe nationale de Roumanie, il figure parmi les sélectionneurs les plus âgés de l’histoire des équipes nationales.
Biographie Carrière de joueur
vignette|gauche|Mircea Lucescu (en blanc, au premier plan) lors d'un match de derby contre le Steaua Bucarest, dans les années 1970. Carrière d’entraîneur Lucescu a beaucoup appris de sur le coaching, étant très impressionné par ses méthodes de travail. Il se rendait au FC Baia Mare pour observer ses séances d'entraînement, demandant parfois à Mateianu de les prolonger afin d'en apprendre davantage sur ses méthodes. Il allait également chez lui où ils passaient des nuits entières à discuter de football et à élaborer ensemble des schémas tactiques de jeu.
Lucescu a débuté comme entraîneur alors qu'il était encore joueur au Corvinul Hunedoara en , remplaçant Ilie Savu. Son premier match a eu lieu le en seizièmes de finale de la Coupe de Roumanie 1978-1979, une défaite 3-1 après prolongation face au Metalul Bucarest, club de Divizia B (deuxième division roumaine). Trois jours plus tard, il a fait ses débuts en Divizia A lors d'une victoire 2-0 contre le Politehnica Iași, match au cours duquel il a marqué un but. Cependant, l'équipe a été reléguée en Divizia B à la fin de la saison, mais Lucescu est resté au club, contribuant à sa remontée en première division un an plus tard. Il a ensuite aidé le club à terminer troisième de la Divizia A 1981-1982, après quoi il l'a quitté pour se concentrer sur son travail avec l'équipe nationale, qu'il entraînait simultanément depuis . Pendant son passage au Corvinul, Lucescu a démontré sa capacité à découvrir et à promouvoir de jeunes joueurs tels que Ioan Andone, Mircea Rednic, Michael Klein, Dorin Mateuț et Romulus Gabor. Plusieurs d’entre eux poursuivent ensuite leur carrière sous sa direction ou occupent un rôle important dans les équipes accompagné par Lucescu.
Selection nationale roumaine Les débuts de Lucescu à la tête de l’équipe nationale roumaine eurent lieu le , lors d'un match nul 0-0 contre la Suisse, comptant pour les qualifications de la Coupe du monde 1982. Il qualifia l'équipe pour l'Euro 1984 en remportant son groupe composé de la Tchécoslovaquie, de la Suède, de Chypre et de l'Italie, championne du monde 1982. Il obtint un match nul 0-0 à l'extérieur et une victoire 1-0 à domicile contre cette dernière. Lors de la phase finale, qui réunissait huit équipes, la Roumanie prit un point grâce à un match nul 1-1 contre l'Espagne, mais perdit ses deux autres matchs contre l'Allemagne de l'Ouest et le Portugal, et ne parvint donc pas à se qualifier pour la phase finale. Pour les qualifications de la Coupe du monde 1986, la Roumanie passe tout près de se qualifier, terminant à un seul point de la deuxième place, occupée par l'Irlande du Nord. Le , Lucescu a quitté son poste après une victoire 4-0 contre l'Autriche lors des qualifications pour l'Euro 1988. C'est également lui qui a offert à Gheorghe Hagi sa première sélection en équipe nationale à l'âge de 18 ans, lors d'un match amical nul 0-0 contre la Norvège, et qui lui a confié le brassard de capitaine à l'âge de 20 ans.
Dinamo Bucarest 250px|vignette|droite|Mircea Lucescu (à gauche) avec Ioan Sabău, pendant un entrainement du Dinamo Bucarest en 1988. Il prit les rênes du Dinamo Bucarest lors de la journée de la saison 1985-1986. Dès son arrivée, l'équipe remporta la Coupe de Roumanie en battant le Steaua Bucarest, champion d'Europe, 1-0. Cette victoire leur assura également une place en Coupe des vainqueurs de coupe de l'UEFA pour la première fois en 18 ans, lors de la saison 1986-1987. Lucescu retrouvait ainsi le même niveau qu'il avait atteint en tant que joueur lors de la première campagne du Dinamo Bucarest en Coupe des vainqueurs de coupe, cette fois-ci comme entraîneur. Cependant, l'équipe fut éliminée par le KF Tirana. En championnat, Lucescu resta à la tête de l'équipe jusqu'en 1990, terminant régulièrement deuxième du championnat et de la coupe jusqu'à la saison 1989-1990. La première place était toujours remportée par leur grand rival, le Steaua Bucarest .
La finale de la Coupe de Roumanie 1987-1988 fut marquée par des événements intéressants. Menée 1-0 par le Steaua Bucarest, l'équipe de Lucescu vit Florin Răducioiu égaliser à la minute. À la minute, Gavril Balint l'avantage au Steaua Bucarest (2-1), mais le but fut refusé par l'arbitre. Valentin Ceaușescu, fils du dirigeant de l'époque, Nicolae Ceaușescu, et membre du staff du Steaua Bucarest, ordonna à son équipe de quitter le terrain. La Fédération Roumaine de Football enregistra officiellement la victoire du Steaua Bucarest (2-1) et lui attribua la coupe. Lors de la saison 1988-1989, outre une deuxième place en championnat et en coupe, l'équipe réalisa un beau parcours en Coupe des vainqueurs de coupe, atteignant les quarts de finale. Elle fut cependant éliminée par la Sampdoria après deux matchs nuls (1-1 et 0-0).
La Révolution roumaine de 1989 entraîne la destitution de Nicolae Ceaușescu et modifie l’organisation du football en Roumanie, jusque-là fortement centralisée. Dans ce contexte plus facilement profitable pour le Dinamo Bucarest lors de la saison 1989-1990, le club remporta le championnat pour la première fois en six ans. Il gagna également la Coupe de Roumanie, en battant son rival, le Steaua, 6-4 en finale. Cette saison fut aussi marquée par le parcours du Dinamo Bucarest jusqu'en demi-finale de la Coupe des vainqueurs de coupe, son plus grand exploit à ce jour, où il fut éliminé après deux défaites 1-0 face au RSC Anderlecht. Après la révolution, des tentatives furent faites pour attribuer au Dinamo Bucarest le trophée controversé remporté par le Steaua en 1988, mais le club refusa.
Italie Après les succès obtenus suite à ses années tumultueuses en Roumanie, Lucescu partit pour la première fois à l'étranger en 1990 pour l’Italie, où il va longuement y faire carrière, notamment dans les clubs de Pise, Brescia, Reggiana et l'Inter Milan. Entre Reggiana et l'Inter, il est retourné une saison en Roumanie, au Rapid Bucarest, avec lequel il a remporté le championnat de Roumanie.
Galatasaray Durant l'été 2000, Lucescu accepta une offre de Galatasaray, qui, selon certains journalistes suggèrent que Lucescu est devenu entraîneur de Galatasaray sur recommandation de Gheorge Hagi et Gheorge Popescu, le premier club turc ayant remporter la Coupe UEFA 1999-2000 sous Fatih Terim, après quatre années fructueuses à Istanbul, il partit pour l'Italie et prit les rênes de la Fiorentina. Successivement, Lucescu devait percevoir le même salaire que Terim, soit près d'un million de marks allemands convenu, Lucescu disposait de l’équipe de la victoire en Coupe UEFA, parmi les joueurs clés, seul Hakan Şükür quitta le club pour rejoindre l'Inter, remplacé par le Brésilien Mario Jardel, en provenance du FC Porto. Le gardien brésilien Claudio Taffarel, les joueurs turcs Emre Belözoğlu, Bülent Korkmaz, Ümit Davala et Hasan Şaş, ainsi que les compatriotes de Lucescu, Gheorghe Hagi et Gheorghe Popescu, principaux artisans de ce succès européen qui restèrent à Istanbul. Lucescu hérite ainsi d’un effectif largement inchangé, ce qui pouvait suscité des inquiétudes quant à une éventuelle influence trop importante sur l’entraîneur.
Les débuts de Mircea Lucescu à Istanbul commence par un bon résultat : en début de saison, le Galatasaray affronte le Real Madrid, vainqueur de la Ligue des champions 1999-2000, lors d’un duel au sommet pour la Supercoupe de l’UEFA, et s’impose 2-1, devenant ainsi le premier club à remporter ce trophée après avoir gagné la Coupe UEFA. Lucescu déclara que l’équipe turque méritait la victoire, même s’il estime avoir clairement eu de la chance, en évoquant son prédécesseur, il dit : « Je tiens à préciser qu’une partie de ce succès est à attribuer à Fatih Terim. »
Le club a poursuivi sa série de victoires tout au long de l'automne 2000. Galatasaray s'est qualifié pour la deuxième phase de groupes de la Ligue des champions, devançant les Rangers et l’AS Monaco, et a terminé en tête du championnat à l'issue de la saison d'automne, malgré une défaite dans le derby face à Beşiktaş (1-3). Le club a également atteint les demi-finales de la Coupe de Turquie, où il s'est incliné face à Fenerbahçe aux tirs au but. Au final, les résultats en Ligue des champions ont été les meilleurs de l'histoire de Galatasaray : le club a également franchi la deuxième phase de groupes (devant Milan AC et le Paris Saint-Germain) mais lors du match face au Paris Saint-Germain, Lucescu évoqua les difficultés rencontrées sur le plan physique : l’absence de Popescu et Hagi, ainsi que la blessure précoce d’Emre Belözoğlu, avaient placé l’équipe dans une situation délicate. Taffarel et Hakan Ünsal jouaient après de longues blessures, et le Ramadan pouvait affecter la condition physique des joueurs. Lucescu souligna l’importance de ces facteurs et la nécessité d’adapter la stratégie : « Nous avons très bien joué en première mi-temps (…) la seconde mi-temps a demandé beaucoup d’efforts, et grâce à un peu de chance et à un penalty incontestable, nous avons pu préserver l’avantage et obtenir cette grande victoire. ».
Au printemps 2001, Galatasaray atteignit les quarts de finale de la Ligue des champions et y affronta à nouveau le Real Madrid, qui comptait dans ses rangs, entre autres, Iker Casillas, Roberto Carlos, Raúl, Steve McManaman et Luis Figo. L'équipe était menée 0-2 à la mi-temps, mais après la pause, elle a réussi à renverser la situation et à s'imposer de manière sensationnelle 3-2. Cependant, ils ont perdu 0-3 au match retour à Madrid. Malgré la relégation, aucun entraîneur de Galatasaray n'a jamais réussi à amener le club aussi loin en Ligue des champions.
Les bonnes performances sur la scène européenne ne se sont pas traduites par des succès en championnat. Galatasaray n'a pas réussi à défendre son titre pour la première fois en cinq ans, terminant seulement deuxième, et les joueurs du club ont été impliqués dans plusieurs scandales durant la saison. Mario Jardel a exigé son transfert alors qu'il était courtisé par Benfica Lisbonne, et le capitaine Gheorghe Hagi lors d'un match contre Gençlerbirliği, a craché sur l'arbitre du match et l'a insulté. Lucescu lui-même s'est fait connaître pour ses déclarations acerbes à l'égard des arbitres : lors d'un match de Ligue des champions contre le Deportivo La Corogne, lorsque l'arbitre allemand Hartmut Strampe a expulsé un joueur turc et accordé un penalty, Lucescu a fait remarquer que « ce n’était pas Strampe qui dirigeait le match, mais la foule de supporters dans les tribunes ».
L’échec en championnat lors de la saison précédente entraîne un début de renouvellement de l’effectif, plusieurs joueurs importants quittant progressivement le club. Avant la saison 2001-2002, Galatasaray se sépare notamment de Claudio Taffarel, de Mario Jardel, ainsi que de Emre Belözoğlu. Par la suite, Gheorghe Popescu et Ümit Davala quittent également l’équipe et à l’été 2001, Gheorghe Hagi met un terme à sa carrière de footballeur.
Parallèlement, Mircea Lucescu participe à un événement symbolique en Roumanie, figurant parmi les anciens sélectionneurs invités (aux côtés d’Anghel Iordănescu et Emerich Jenei) à diriger l’équipe nationale roumaine lors du match d’adieu de Gheorghe Hagi.