La Guerre des boutons est un film comique français réalisé par Yves Robert, sorti en 1962.
Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme La Guerre des boutons de l'écrivain franc-comtois Louis Pergaud publié en 1912, le film réunissant André Treton, Michel Isella, Martin Lartigue dans le rôle du Petit Gibus ainsi que Jean Richard et Michel Galabru.
En 2026, c'est la deuxième des cinq adaptations cinématographiques du roman. Le film a obtenu le prix Jean-Vigo et la récompense du meilleur film français aux Victoires du cinéma français.
Synopsis Comme tous les ans, à chaque rentrée des classes, les enfants de Longeverne se querellent avec ceux de Velrans. Cette année sera différente puisque Lebrac (André Treton) et ses camarades envisagent d'arracher les boutons et les bretelles de leurs ennemis afin de les faire rosser par leurs parents. Eux-mêmes vont combattre entièrement nus et garder les boutons arrachés à leurs ennemis comme trésor de guerre, dans une cabane.
À la fin du film, le père de l'Aztec des Gués (Jacques Dufilho) retrouve son tracteur démoli après qu’il a servi à détruire la cabane. Il envoie son fils en pensionnat. Le père de Lebrac (Jean Richard) prend lui aussi une décision similaire à la suite de la fugue de son fils : les deux meneurs sont envoyés dans la même pension.
Fiche technique
Titre français : La Guerre des boutons Réalisation : Yves Robert Scénario : Yves Robert et François Boyer, d'après le roman éponyme de Louis Pergaud publié en 1912 Musique : José Berghmans Décors : Pierre-Louis Thévenet Photographie : André Bac Son : Pierre-Louis Calvet Montage : Marie-Josèphe Yoyotte Production : Danièle Delorme, Yves Robert et Léon Carré Société de production . : Les Productions de la Guéville Société de distribution : Warner Bros (distributeur d'origine, 1962), Gaumont (distributeur, 2011), Malavida (distributeur, 2021.) Budget : . Citation : (soit environ en ) Pays de production : Langue originale : français Format (consulté le 13 août 2020). : Noir et blanc - 16 mm / Super 8mm / 35 mm - 1,66:1 (VistaVision) - son Mono Genre : comédie Durée : Dates de sortie (consulté le=26 janvier 2022).. : France : (sortie nationale) ; (réédition), (réédition) ; (réédition - version restaurée) Belgique : Classification : France : tous publics (conseillé à partir de ) .. Belgique : tous publics () Affiches : Raymond Savignac, Jean-Claude Trambouze (France)
Distribution
Production Développement Même si le roman La Guerre des boutons, déjà porté à l'écran par Jacques Daroy et Eugène Deslaw sous le titre La Guerre des gosses le , sur le site Cinéma Français., avait connu un certain succès, sur le site ABC Lefrance., Yves Robert étant toujours amoureux de ce roman veut absolument le traiter avec la plus grande liberté possible envers l'auteur Louis Pergaud en aérant le texte, sur le site Plan séquence. et signe alors en 1961 l’adaptation. Avec François Boyer, le réalisateur actualise l’histoire, alors que, dans l'œuvre littéraire, elle se déroule à la fin du .
Le réalisateur présente son projet aux producteurs qui demeurent embarrassés devant son synopsis parce qu'il ne contient aucune vedette. Alors, avec sa femme Danièle Delorme qui sera productrice de ce film, il fonde en 1960 une maison de production, La Guéville, du nom d'une petite rivière, la Guéville, prenant sa source dans le parc du château de Rambouillet, à Saint-Hilarion où vit le couple.
Pour l'écriture du scénario, Yves Robert n'hésite pas à s'inspirer de son enfance à Pouancé et des rapports conflictuels que lui et ses camarades de l'école privée entretenaient alors avec les enfants de l'école communaleYves Robert, biographie et filmographie illustrées sur encinematheque.netA. Neau, Pouancé, en flânant sur le sentier médiéval, Pouancé, 1998.
Attribution des rôles Pour trouver les jeunes comédiens amateurs, le réalisateur photographie alors près d'un millier d'enfants d'une douzaine d'années dans différentes colonies de vacances et en prend une centaine, particulièrement les Saint-Hilarionais et les Gazeranais, sur le site Foyer Rural de Saint-Hilarion.. Parmi eux se trouvent les deux petits-enfants du célèbre photographe et peintre Jacques-Henri Lartigue, François et le petit Martin n'ayant que neuf ans à cette époque.
Tournage Le film est tourné à la sablière de Saint-Arnoult-en-Yvelines, dans les carrières de Poyers (Orphin) et dans la campagne de Bailleau-Armenonville. Les scènes à Longeverne sont tournées à Armenonville-les-Gâtineaux (Eure-et-Loir) et celles de Velrans à Orphin (Yvelines). La scène finale est tournée au collège Adolphe-Chérioux de la rue Édouard Tremblay à Vitry-sur-Seine. La partie de pêche se déroule à l'étang de Guiperreux à Poigny-la-Forêt. Yves Robert profite également des abords de sa propriété le Moulin de la Gueville à Saint-Hilarion, aux Buttes Noires, pour filmer les scènes de sous-bois.
Musique
La musique originale du film a été composée par José Berghmans en 1962 et enregistrée sous sa direction dans le studio Philips (paroles Francis Lemarque).
Il existe plusieurs disques de 33 tours et 45 tours dont Petit Gibus raconte : La Guerre des boutons.
+ Liste des chansons Titre Parolier(s) Durée Note 1 La guerre des boutons Francis Lemarque 2:32 « Marche » 2 Promenade en forêt 1:54 3 Les tout nus 1:30 Orchestre sous la direction de René-Pierre ChouteauSelon la mention gravée sur le verso de l'album original. 4 Bataille à cheval 1:52 5 Chasse au renard 1:18 6 L'enfant traqué 2:45 Orchestre sous la direction de René-Pierre Chouteau
Accueil Sorties Une fois le film terminé, aucun distributeur français ne veut le prendre en charge. Le réalisateur se tourne alors vers les États-Unis : c'est la Warner qui accepte de financer la distribution . Ce distributeur n'a pas de réseau en France. Le film entame sa carrière dans quatre salles parisiennes, Le Balzac, Le Helder, Le Vivienne et Le ScalaFrançois-Guillaume Lorrain, Les Enfants du cinéma, éditions Grasset, 2011, page 118.. Yves Robert se démène pour rester en deuxième semaine et le film décolle enfin. Vendredi D'après la Chronique du , page 939, les affiches du film créées par Raymond Savignac sont dévoilées et de nombreuses salles de cinéma en France le projettent enfin. Les Français tombent sous le charme du Petit Gibus joué par Martin Lartigue. Le résultat se révèle un grand succès auprès du public avec près de neuf millions d'entrées dans les premières semaines. Il est très vite récompensé par le prix Jean-Vigo et aux Victoires du cinéma français dans la même année.
En 2012, La Guerre des boutons est le douzième film français ayant fait le plus d'entrées, soit , après Les Misérables (1958) et juste devant Le Dîner de cons (1996)Suivant la liste publiée : Les gros succès du box-office en France (2012) voir aussi : ..
Le film ne fait pas de carrière aux États-Unis à cause des scènes de nus qui choquent le puritanisme des Ligues de Vertu, mais il reste deux années à l'affiche d'un grand cinéma de Tokyo. Petit Gibus devient si célèbre au Japon qu'il a sa marque de chocolat et de sous-vêtementsFrançois-Guillaume Lorrain, Les Enfants du cinéma, éditions Grasset, 2011, page 119..
Accueil critique Dès sa sortie, le film emballe la critiqueRevue de presse du site Allociné : France-Soir (Robert Chazal) : fait avec tendresse, ce film fera plus qu'amuser, il touchera (…) à un monde dont nous avons tous la nostalgie (20/04/1962). Le Monde (Jean de Baroncelli) : si vous êtes las de la noirceur et de la tristesse (…) allez faire un tour du côté de la Guerre des boutons. Je crois que vous ne le regretterez pas (26/04/1962). Libération (Jeander) : un petit chef-d'œuvre et un grand film comique (25/04/1962). Télérama (Paule Sengissen) : la Guerre des boutons est un film vif, gaillard, jamais vulgaire, d’une santé qui tranche totalement sur la plupart des films actuels (06/05/1962).
Aujourd'hui encore, sur les sites Internet consacrés au cinéma, l'engouement ne tarit pas : Sur Allociné, il obtient une moyenne de sur la base 5 critiques de la part de la presse. et il obtient une moyenne de sur la base 154 critiques de la part des spectateurs.. Sur le site américain Internet Movie Database, il obtient un score de sur la base de 2 334 critiques (consulté le 13 août 2020).. Et sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes le score d'audience est de 88 % de satisfaction..
Box-office Nombre d'entrées en FranceCumul des exploitations en salles du film depuis 1962. : .
Lors de sa première année d'exploitation en salles, La Guerre des boutons totalise , se hissant en tête du box-office annuel en 1962., devant Ben HurSorti en octobre 1960 en France. et Les Canons de NavaroneSorti en septembre 1961 en France.. Le film engrange ainsi en 1962.. L'année suivante, le long-métrage enregistre , pour un cumul de , se positionnant à la septième place du box-office annuel..
La Guerre des boutons bénéficie de nombreuses reprises en salles après sa sortie initiale, notamment celle de en 1980, où le film affiche , portant le cumul à depuis sa sortie initiale en 1962, ce qui le place parmi les plus grands succès français.
Voici le box-office détaillé de la sortie initiale et des reprises par années. Le film n'a pas été diffusé en salles entre la reprise de 1964 et celle de 1967, puis de 1979 à 1980 :
1962 : 1963 : 1964 : 1967 : 1968 : 1969 :
1970 : 1971 : 1972 : 1973 : 1974 : 1975 : 1976 : 1977 : 1978 :
1980 : 1981 : 1982 : 1983 : 1984 : 1985 :
1990 et 1991 : plus de 1992 et 1993 : plus de 2011 : plus de
Distinctions Entre 1962 et 2011, La Guerre des boutons a été sélectionné 5 fois dans diverses catégories et a remporté 2 récompenses (consulté le 13 août 2020)...
Récompenses Prix Jean-Vigo 1962 : Prix Jean-Vigo du long métrage pour Yves Robert. Victoire du cinéma français 1963 : Victoires du cinéma du meilleur film français..
Nominations Festival international du film de Karlovy Vary 1962 : meilleur film pour Yves Robert. Lumière - Grand Lyon Film Festival 2011 : nommé séance jeune public pour Yves Robert.
Sélections De la page à l'image - Festival du film du Croisic 2011 : hors compétition pour Yves Robert.
Autour du film La célèbre phrase du petit Gibus « Ah ben mon vieux, si j'aurais su, j'aurais pô v'nu ! » n'appartient pas au roman original. C’est en fait une reprise de la phrase « Si j’aurais su, j’aurais pas venu », figurant dans la rubrique « Une heure dix avec... » de L'Os à moelle (, du vendredi ). Elle y fut prononcée par Jean-Baptiste Carpeaux, natif de Valenciennes et inventeur du buste équestre (du moins selon l’auteur, à savoir Pierre Dac ou un chansonnier de ses amis). Pour des raisons de droits d'auteur, elle n'est pas prononcée dans les remakes sortis en 2011. Cette même phrase était prononcée depuis 1953 par « Philibert », personnage de cancre inventé par Jacques Bodoin, qui en annonce son intention de faire un procès aux producteurs du film, arguant d'un préjudiceL'Echo républicain de la Beauce et du Perche.des 14 et 15 août 1962. Le co-scénariste François Boyer apparaît à l'écran dans le rôle du curé. Devant la difficulté à financer le film, Yves Robert et son épouse Danièle Delorme fondent leur propre société de production : La Guéville. Dans une interview radiophonique à France Inter au cours des années 2000, Danièle Delorme dit que les seuls droits sur le film ont assuré les frais de fonctionnement de La Guéville depuis sa création.