de La TrémoilleÀ ne pas confondre avec Noirmoutier, un autre de la Trémoille né un siècle et demi plus tard, ou de La Trimouille, vicomte de Thouars, né à Bommiers le 20 ou le , mort à Pavie le , est un homme d'État et un chef de guerre français de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, qui a servi les rois , et . C'est le fils de et de Marguerite d'Amboise. Il est donc le petit-fils de et Catherine de L'Isle-Bouchard, ainsi que de Louis d'Amboise et Marie de Rieux.
Titres
vicomte de Thouars (1488-1525)
Il est aussi seigneur de La Trémoille, prince de Talmont ; comte de Guînes, de Bénaon ; baron de Sully, de Montagu, baron de Craon : 1481-1524, de l'Isle-Bouchard, de Mauléon ; seigneur de l'Île de Ré et de MaransLettres patentes de , Plessis-du-Parc-lèz-Tours, septembre 1480, , de Châteauneuf-sur-Sarthe, du Buron, de Saint-Germain, de Briollay, de la Possonnière, comte de Benon (Benaon) ; il cumule les titres : chambellan, puis premier chambellan du roi ; amiral de Bretagne et de Guyenne, et en 1520 gouverneur de Bourgogne et lieutenant-général de Bourgogne, chevalier de l'Ordre du Roi, surnommé le « Chevalier sans reproche »
Biographie
Appartenant à l'une des plus vieilles familles du Poitou, il passa son enfance au château de Bommiers (Berry), où son père, Louis Ier de La Trémoille, et sa mère, Marguerite d'Amboise, vivaient dans un semi-exil. Vers l'âge de 14 ans, il fut envoyé comme page à la cour de . Et son oncle, , seigneur de Craon, le prit alors sous sa protection.
En , sa tante Françoise d'Amboise se fit religieuse carmélite et lui céda tous ses droits sur la vicomté de Thouars.
Mais en , le roi attribua la vicomté de Thouars à sa fille Anne qui était alors fiancée à Nicolas d'AnjouBibliothèque nationale de France, Fr.20494, folio ; vérifié et publié par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettre de , , , note , Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1887.. La vicomté paraît alors définitivement perdue pour la famille de La Trémoille, mais la mort de Nicolas d'Anjou le change la donne. récupère la vicomté de Thouars le , et après son trépas en 1483, le nouveau roi finit par l'attribuer à Louis de La Trémoille.
En 1483, son père et le roi moururent, et le jeune se retrouva chef du clan familial. Bien placé à la cour de France, il apparaît comme l'un des familiers de la régente Anne de Beaujeu. Il participe aux États généraux de Tours, et en entre au conseil royal. Le , son contrat du mariage avec Gabrielle., fille de et proche parente du roi , fut signé au château de ThouarsTables des Manuscrits de D. Fonteneau, conservés à la Bibliothèque de Poitiers, .
Lors des troubles de la Guerre folle et de la Guerre de Bretagne, il est un des chefs de l'armée royale, et en 1488, nommé lieutenant général, il remporte la victoire de Saint-Aubin-du-Cormier le . L'armée bretonne est écrasée, et Louis d'Orléans est fait prisonnier. La guerre va cependant continuer en Bretagne dans les années suivantes, et c'est en 1491 que La Trémoille, à nouveau lieutenant général, occupe la quasi-totalité du duché. Seul Rennes tient encore, lorsque la duchesse Anne accepte enfin la paix : son mariage en avec marque la fin des guerres de Bretagne, mais La Trémoille n'est pas invité…
Guerres d'Italie
En 1494-1495, se lance dans l'expédition de Naples, qui inaugure le cycle des guerres d'Italie. La Trémoille l'accompagne en tant que chambellan ; c'est lui qui obtient le passage de l'armée à Rome et qui mène l'assaut de Monte San Giovanni, dont la prise rapide connaît un immense retentissement en Italie. Lors du voyage de retour, il s'illustre en arrivant à faire passer l'artillerie par les chemins escarpés des Apennins. Quand il vient faire son rapport au roi, il lui apparaît « noir comme un More ! » Mais l'armée de la Ligue de Venise attend les Français au débouché des monts, et le , s'engage la bataille décisive de Fornoue. La charge italienne menace un moment , mais elle est finalement repoussée, grâce à la bonne conduite de l'arrière-garde par La Trémoille.
Il remporte de nombreux autres succès durant les guerres d'Italie. En 1500, désigna La Trémoille comme son lieutenant-général en Milanais. Au siège de Novare, il réussit à défaire l'armée milanaise et à capturer Ludovic le More (), en estima qu'il avait rempli sa mission et il rentra en France, en déclinant les offres de , qui lui proposait de devenir vice-roi ou gouverneur du duché français de Milan. thumb|left| de La Trémoille représenté âgé dans l'ouvrage d'André Thévet, Les vrais pourtraits et vies des hommes illustres grecz, latins et payens, 1584. L'historien Laurent Vissière considère que cette gravure a probablement été composée d'après un gisant commandé par pour orner la crypte de la chapelle de Thouars En , l'armée française qui luttait depuis deux ans dans le royaume de Naples fut battue par les Espagnols de Gonzalve de Cordoue. se hâta d'envoyer des secours, sous la conduite de son meilleur général, Louis de La Trémoille. Mais le , alors qu'il tenait un conseil de guerre à Parme, fut terrassé par une attaque de fièvre, probablement une atteinte de paludisme, et faillit en mourir.
En 1509, et son fils Charles (qui s'était déjà distingué à l'expédition de Gênes en 1507) accompagnèrent dans son expédition contre Venise et combattirent vaillamment jusqu'à la victoire d'Agnadel en 1509.
thumb|Représentation de Louis de La Trémoille (au centre) négociant le départ des Suisses en 1513 sur la tapisserie Le Siège de Dijon par les Suisses en 1513 Durant l'été 1512, les Français perdirent le Milanais, envoya en Lombardie une nouvelle armée française avec La Trémoille. Mais de La Trémoille se fit sévèrement battre par les Suisses à Novare en 1513, où son armée de tomba dans une embuscade. Les Suisses préparèrent l'invasion de la Bourgogne. fut alors envoyé à Dijon et défendit la ville lorsque les Suisses y mirent le siège en . Il réussit à négocier le départ des assiégeants le , en leur promettant quatre cent mille écus. Cet épisode est représenté et commémoré par la tapisserie Le Siège de Dijon par les Suisses en 1513..
se distingue encore à Marignan (1515) au côté de , mais il y perdit son fils unique. Le , lança la bataille désastreuse de Pavie contre l'avis de ses vieux conseillers, dont . La chevalerie française allait être fauchée par le feu des arquebusiers espagnols et périt dans la bataille, tué d’un coup d’arquebuse à 64 ans. Il est inhumé dans la collégiale Notre-Dame du château de Thouars, qu'il a fait bâtir avec Gabrielle de BourbonGrégory Vouhé, « Tombeaux de marbre des La Trémoïlle et des Gouffier », L’Actualité Poitou-Charentes n° 107, hiver 2015, et « Gabrielle de Bourbon et la construction de la chapelle du château de Thouars », L’Actualité Poitou-Charentes n° 105, été 2014. .
Jean Bouchet le surnomme le chevalier « sans reproche », comme s'il était similaire à Bayard, le chevalier « sans peur et sans reproche ». En réalité, il était un chef de guerre, combattant à l'occasion en chevalier et même s'il a bien connu Bayard, il n'appartenait pas du tout au même monde ni aux mêmes cercles du pouvoir.
Ascendance
Mariages et descendance vignette|gauche|Portrait de Gabrielle de Bourbon, première épouse de Louis de La Trémoille. Afin de mieux attacher Louis, Anne de Beaujeu lui proposa un mariage avec une de ses cousines, descendante de Saint Louis comme elle. Le contrat du mariage fut signé le au château de Thouars. En fait, Louis redoutant un piège, tout comme celui de Jeanne de France et Louis d'Orléans organisé par , s'en alla en Auvergne pour se présenter lui-même à sa future épouse. Vraiment charmé, il épouse Gabrielle de Bourbon (fille de Gabrielle de La Tour d'Auvergne et de 1402-1486). En , le roi accepta d'être le parrain de leur seul fils, qui s’appelait Charles.. Ils ont un fils unique : Charles de La Trémoille (-† le à Marignan), baron de L'Ile-Bouchard, prince de Talmont, qui épousa le Louise de Coëtivy (fille de Charles de Coëtivy, comte de Taillebourg, et de Jeanne d'Angoulême tante de ; petite-fille paternelle de Marie de Valois fille naturelle de ). Ils eurent un fils en 1505 : François de La Trémoille.
En , chercha à se remarier et il jeta son dévolu sur la très jeune Louise de Valentinois (1500-1553), fille du défunt César Borgia et de Charlotte d'Albret, et petite-fille du pape . Le mariage fut célébré en mais la grande différence d'âge des deux époux (40 ans) semble avoir fait scandale, comme en témoigne la correspondance des ambassadeurs italiens.
[Toutes les généalogies, notamment celles données en références, attribuent en fait le paragraphe qui suit à son père : « Avec sa maîtresse Jeanne de La Rue (née vers 1463), il eut : Jean de La Trémoille (~1484- ?) (ou plutôt né vers 1464-), seigneur de la Brèche (à St-Père) et de Sully-sur-Loire en partie, il fut légitimé par lettres du roi , données à Melun au mois de . Son père lui donna outre ces terres . Il épousa Charlotte d'Autry (en Giennois), fille d'Olivier d'Autry, seigneur de la Brosse, et de Catherine de Giverlay. Elle était fille d'honneur de la duchesse d'Orléans, mère de . De cette union naquirent : N. de La Trémoille, mort jeune et inhumé à Notre-Dame de Cléry René de la Trémoille, évêque de Coutances. André de La Trémoille, archidiacre de Poitiers, qui céda son droit d'aînesse à Louis son puîné Louis de La Trémoille, seigneur de Brèche et en partie de Sully-sur-Loire, marié avec Antoinette de Ternant, fille de Philippe de Ternant, Chevalier de la Toison d'Or et de Jeanne (Isabeau) de Roye (fille de de Roye). Elle fut mère de M. de Saint-Allais, Nobiliaire Universel de France ou Recueil général..., Paris 1817, , p.172., dont notamment : Claude, qui épousa Andriette de Crécy Jean, épousant Luce d'Autry, puis Marguerite de la Haye (famille de l'Orxois ; fille de Charles, Baron de Dormans, et de Marguerite de Louan); naîtront 3 enfants. »]
Télévision Isabel (série TV), interprétée par José Pedro Carrión.
Notes et références
Voir aussi
Sources imprimées .
Bibliographie . . , , , . .
. .
Articles connexes Maison de La Trémoille Le Siège de Dijon par les Suisses en 1513 Rue de La Trémoille (Paris)
Liens externes
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