vignette|Un indicateur de vitesse pour un avion multimoteur L'altitude et la vitesse en aéronautique sont définies à partir des instruments barométrique et anémobarométrique disponible à bord des avions. L'altitude est mesurée à partir de la pression atmosphèrique, soit en prenant comme référence la pression de l'aérodrome ou le modèle d'atmosphère standard (ou ISA pour International Standard Atmosphere). La vitesse d'un avion est mesurée par rapport au flux d'air, on parle de vitesse air ou par rapport au sol, on parle alors de vitesse sol.
Altitudes
Préambule
La densité du trafic aérien ayant conduit à définir des règles où l'altitude d'un aéronef est devenue un des paramètres essentiels à connaître, il a fallu réaliser un appareil permettant une mesure directe de distance avec la précision requise par les règles de la circulation aérienne. En dehors de certains équipements permettant de mesurer une distance verticale et équipant seulement certains types d'aéronefs le choix s'est orienté vers la mesure directe d'un paramètre physique disponible autour de l'avion : la pression atmosphérique.
Unités de pression Dans le Système international, l'unité de pression est le pascal qui correspond à une force de 1 newton appliquée sur une surface de 1 mètre carré. L'équivalent de la pression atmosphérique, soit environ 10 newtons par centimètre carré, correspond alors à une pression de . En aéronautique, on utilise un multiple du pascal correspondant à (100 pascals) et que l'on nomme l'hectopascal (symbole : hPa).
La pression atmosphérique au niveau de la mer est alors égale à environ . La correspondance avec le millibar (mbar) est directe : = . Depuis le on n'utilise plus le millibar en aéronautique mais l'hectopascal.
L'unité millimètre de mercure () utilisée depuis 1643 et son équivalent anglo-saxon le pouce de mercure () ont avec l'hectopascal les correspondances suivantes :
Variation de la pression
Avec l'altitude
Si on s'élève dans l'atmosphère, la pression diminue. Ainsi : au niveau de la mer et jusqu'à environ () une baisse de correspond à une élévation d'environ ou , vers () cette variation est de l'ordre de à () elle est de à () elle devient égale à .
Variations de pression
En un même lieu, la pression atmosphérique peut varier dans la journée avec une faible amplitude () et de manière périodique sans changement significatif de la météorologie locale.
Elle peut également subir des variations irrégulières et de forte amplitude () généralement accompagnées d'un changement de la météorologie locale, comme des passages pluvieux.
Ainsi, si la pression atmosphérique subit des variations importantes en un lieu donné, il semble difficile voire impossible de vouloir lier l'altitude et la pression atmosphérique.
Concept d'atmosphère normalisée C'est pourtant possible à partir du concept d'atmosphère-type (Atmosphère normalisée) ou ISA qui définit une valeur de pression et de température au niveau de la mer associées à une convention de décroissance de la température en fonction de l'altitude. Les lois de la physique appliquée avec ces critères donnent la loi de décroissance de la pression atmosphérique, appelée loi de Laplace, en fonction de l'altitude. A une altitude donnée correspond alors une pression atmosphérique.
Cette relation entre l'altitude et la pression, en atmosphère-type (Atmosphère normalisée) ou ISA, permet de définir le concept d'altitude-pression qui associe à une mesure de pression en atmosphère réelle une altitude en atmosphère-type.
Le taux d'accroissement de l'altitude en fonction de la pression qui n'est pas constante en atmosphère-type comme en atmosphère réelle, il vaut au niveau de la mer et varie rapidement avec l'altitude, n'a pu être pris en compte que très récemment par les altimètres modernes possédant des centrales anémo-barométriques capables de calculs numériques. Les altimètres anéroïdes classiques (mécaniques) ont un taux d'accroissement constant de 27,31 ft par hPa sur toute leur plage d'affichage.
Cette linéarité du taux d'accroissement de « l'altitude affichée » en fonction de la « pression mesurée » va limiter la plage de décalage de l'échelle d'altitude entre des valeurs proches de . Afin de rendre l'erreur d'altitude négligeable ces valeurs s'étendent généralement entre et ce qui correspond à une variation d'altitude en atmosphère-type de à .
La coexistence d'altimètres classiques à taux d'accroissement constant et d'altimètres modernes prenant en compte le taux d'accroissement réel de l'altitude en fonction de la pression ne pose pas de problème de sécurité quand ils sont tous réglés sur dans le cadre des vols en croisière où le niveau de vol est requis.
Mesure de l'altitude
L'exploitation de la mesure de la pression atmosphérique en un lieu, associée ou non à la mesure de la température de l'air ambiant en ce même lieu, conduit à la définition de l'altitude barométrique (ou altitude-pression) et de l'altitude densité.
Altitude barométrique
L'altitude barométrique (ou altitude-pression) est l'altitude déduite en ne prenant que la pression statique entourant l'aéronef comme paramètre.
Dans la troposphère, entre 0 et d'altitude, l'altitude barométrique peut être donnée par la formule suivante :
est l'altitude barométrique ; est la pression statique ; Les autres paramètres sont décrits dans la section Paramètres d'élaboration.
Si on est en atmosphère standard, l'altitude-pression est égale à l'altitude géopotentielle.
Si on considère que est exprimée en « hPa » et est exprimée en « ft », la formule approchée est :
Altitude densité
L'altitude densité est l'altitude d'un lieu pour laquelle la densité réelle serait égale à la densité théorique en atmosphère standard (ce qui est rarement le cas dans le monde réel). Cette notion a une grande importance car elle explique une grande partie des variations de performances des avions à motopropulseurs et à turbopropulseurs.
La densité de l'air en un lieu est le rapport de la masse volumique en ce lieu à sa masse volumique en atmosphère-type au niveau de la mer. Ce rapport peut être exprimé en fonction de la pression et de la température statique en appliquant l'équation d'état des gaz parfaits au niveau de la mer en atmosphère-type et au lieu considéré en atmosphère réelle afin d'éliminer .
Dans la troposphère, entre 0 et d'altitude, l'altitude densité peut être donnée par la formule suivante :
est l'altitude densité ; est la pression statique ; est la température statique ; Les autres paramètres sont décrits dans la section Paramètres d'élaboration.
Si on considère que est exprimée en « hPa », est exprimée en « °C » et est exprimée en « ft », la formule approchée est :
Principe de l'altimétrie
La pression atmosphérique mesurée par un altimètre à capsules anéroïdes est convertie en altitude selon la loi de décroissance de la pression en fonction de l'altitude utilisée en atmosphère-type. La pression au niveau de la mer prise à la verticale du lieu où se situe l'altimètre étant rarement égale à cela peut induire un écart significatif entre l'altitude indiquée par l'altimètre et l'altitude réelle.
La méthode choisie consiste à recaler l'échelle d'altitude de l'altimètre en fonction de la pression réellement observée en des lieux dont l'altitude est connue. Le principe utilisé consiste à rendre mobile l'échelle des altitudes par rapport à l'échelle des pressions.
Calages altimétriques
Suivant les conditions de vol, il est possible de caler un altimètre pour qu'il indique :
une hauteur ; une altitude ; un niveau de vol.
Le calage indiquant une hauteur, appelé QFE, n'est plus utilisé que dans l'environnement du circuit d'aérodrome pour les procédures d'approche et d'atterrissage où certaines hauteurs doivent être respectées dans les différentes phases du vol.
Le calage indiquant une altitude par rapport au niveau de la mer à la verticale du lieu où se trouve l'avion est appelé QNH. Il est utilisé en croisière dans les basses couches pour franchir des obstacles et peut aussi être utilisé en lieu et place du QFE dans les procédures d'approche et d'atterrissage, surtout en montagne.
Le calage indiquant un niveau de vol fait référence à la surface invisible où règne la pression de . Ce calage n'a aucun rapport direct avec les obstacles au sol mais permet à des aéronefs volant à des altitudes indiquées différentes de rester avec le même écart d'altitude en se croisant.
On appelle « niveau de vol » le nombre exprimant en centaines de pieds l'indication d'un altimètre calé sur . Si un altimètre calé sur indique , cela signifie que l'avion vole au « niveau 60 ».
Les erreurs altimétriques
La mesure d'altitude est entachée par deux types d'erreur inhérentes, l'une à la méthode de mesure par baromètre anéroïde et l'autre au principe de correspondance entre pression et altitude.
La première, appelée « erreur instrumentale » est due au fait que le baromètre anéroïde est un appareil ni précis, ni fidèle. La deuxième est due au fait que le profil de température de l'atmosphère réelle est rarement, voire jamais, identique à celui de l' « atmosphère standard » qui sert à établir la correspondance entre la pression réelle et l'altitude théorique correspondante.
Le premier type d'erreur peut être dans une certaine mesure détecté par une comparaison entre l'altitude indiquée et une altitude connue (altitude topologique d'un aérodrome indiquée sur cartes VAC) et corrigé par étalonnage si écart supérieur à .
Le deuxième type d'erreur peut avoir pour cause directe :
la température : si la température mesurée est plus basse que la température standard alors l'altitude réelle est plus faible que l'altitude indiquée, et inversement (plus chaud, plus haut ; plus froid, plus bas) ;
la pression : en croisière, une diminution de pression au niveau de la mer induit une altitude réelle plus basse que l'altitude indiquée et inversement.
Vitesses
En aéronautique (et en aérodynamique en général), plusieurs types de vitesses peuvent être employéesFAR (Federal Aviation Rules), Part 1 - Definitions and Abbreviations :
vitesse indiquée, notée Vi (en anglais IAS, pour Indicated Air Speed, ou KIAS lorsque la valeur est donnée en nœuds pour Knot Indicated Air Speed) ; vitesse conventionnelle ou vitesse corrigée, notée Vc (en anglais CAS pour Calibrated Air Speed ou KCAS pour Knot Calibrated Air Speed) ; vitesse air, ou vitesse vraie, notée TAS pour True Air Speed (en anglais ou KTAS pour Knot True Air Speed) ; vitesse propre, notée Vp, c'est la composante horizontale de la vitesse vraie ; équivalent vitesse ou vitesse équivalente, notée EV (en anglais EAS pour Equivalent Air Speed ou KEAS pour Knot Equivalent Air Speed) ; vitesse sol, notée Vs (en anglais GS pour Ground Speed).
La distinction entre ces différentes vitesses permet de prendre en compte les erreurs de mesures des instruments anémobarométriques, ainsi que la compressibilité de l'air par exemple. En règle générale, les pilotes ou les pilotes automatiques utilisent la vitesse corrigée afin de piloter l'avion jusqu'à l'altitude de transition où l'on contrôle la vitesse en nombre de Mach.
Vitesse indiquée ou Vi ou IAS
C'est la vitesse indiquée par l'instrument de mesure anémobarométrique d'un aéronef (voir tube de Pitot et badin), corrigée des effets de la compressibilité en conditions atmosphériques standard au niveau de la mer, non corrigée des erreurs du circuit anémobarométrique.
La Vi est égale à la Vc aux erreurs anémométriques près. Ces erreurs proviennent principalement de la mesure de pression statique, l'écoulement de l'air autour de l'aéronef perturbant toujours cette mesure.
Vitesse conventionnelle ou Vc ou CAS
C'est la vitesse indiquée d'un aéronef, corrigée des erreurs de position et d'instrument. La vitesse conventionnelle est égale à la vitesse vraie, en conditions atmosphériques standard, au niveau de la mer.