Le patinage artistique est un sport et une discipline artistique exécutés sur la glace, synthétique, artificielle ou naturelle qui développent les qualités physiques et la sensibilité artistique. Il se pratique avec des patins à glace.

Ce sport est particulièrement populaire en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, notamment au Japon. La Russie compte de nombreuses patineuses dans ses rangs.

Étymologie Le mot « patin » vient du grec ancien , « marcher ». Le mot anglais skate vient du néerlandais schaats, qui veut dire « os de la jambe ». Le patin est un type de chaussure permettant de se déplacer en glissant sur la glace.

Historique Le patinage artistique devient une distraction pour l'aristocratie européenne vers le . Les personnes dites "nobles" aimaient à se promener sur les lacs gelés, les canaux de Versailles ou même l'étang de la glacière de Gentilly situé en Ile-de-France.

Ce sport a connu une première révolution en 1850 grâce à Edward Bushnell qui invente les premiers patins à lame d'acier. En 1860, Jackson Haines, un maître de ballet américain, intègre des éléments de danse classique dans ce sport. L'aristocratie est conquise par le patinage.

Lors des premières compétitions de vitesse en 1879, seuls les hommes y participent car les femmes en sont exclues. En revanche, le patinage artistique reste pendant longtemps la seule compétition autorisée aux femmes.

Sous la pression des scandinaves, Pierre de Coubertin accepte l'intégration du patinage artistique dans les disciplines olympiques. C'est ainsi que les premières épreuves se déroulent en 1908 à Londres. Les premiers patins à glace sont constitués d'os, de bœuf ou d'autres animaux, en lame mince et polie. Ils sont utilisés comme moyen de locomotion. Les premières lames en acier font leur apparition et permettent au patinage de devenir un véritable divertissement, comme en témoigne la peinture hollandaise. 1813 : publication à Paris de l’ouvrage de Jean Garcin : « Le vrai patineur ou les principes sur l’art de patiner avec grâce », qui pose les premières bases du patinage dit « artistique ».

1879 : la première édition des championnats de Grande-Bretagne de patinage artistique se tient le 8 décembre.

1882 : à l’occasion de la première compétition de patinage artistique à Vienne, le patineur Norvégien Axel Paulsen invente la figure de l’axel.

1891 : première édition des championnats d’Europe de patinage artistique et de patinage de vitesse à Hambourg.

1892 : fondation de l'Union internationale de patinage (UIP), également appelée ISU (International Skating Union), en juillet. À l'invitation des Pays-Bas, 15 délégués des pays européens se réunissent à Schéveningue pour définir les règles de ce sport. Paris attendra jusqu'à cette date avant de se doter d'une patinoire artificielle : le « Pôle Nord ».

1894 : le Canada rejoint les rangs de l'Union internationale de patinage.

9- : première édition des championnats du monde de patinage artistique à Saint-Pétersbourg.

1898 : le Suédois Ulrich Salchow reste dans les mémoires avec la figure qui porte son nom, le « Salchow ».

1902 : en l'absence de clause excluant les femmes, première participation au championnat du monde de Madge Syers, qui se classe seconde..

1903 : l'ISU exclut les femmes et leur organise un championnat féminin séparé.

1906 : organisation de la première épreuve féminine aux championnats du monde.

1908 : les couples apparaissent en compétition à l'occasion des débuts olympiques du patinage artistique.

La grande figure du patinage de l'entre-deux-guerres est une femme, Sonja Henie (trois titres olympiques et dix fois championne du monde) qui révolutionne la discipline.

1950 : début de la danse sur glace en compétition officielle aux championnats du monde de Londres.

1976 : début officiel de la danse sur glace aux Jeux olympiques à Innsbruck, Autriche.

1986 : naissance de Patinage Magazine, le seul magazine français consacré au patinage artistique.

1995-1996 : lancement du Grand Prix ISU.

1999 : création des premiers championnats des quatre continents pour l'Amérique, l'Asie, l'Afrique et l'Océanie.

2000 : premier championnat du monde de patinage synchronisé à Minneapolis, États-Unis.

2002 : scandale lors de la compétition en couple des Jeux olympiques de Salt Lake City. Deux médailles d'or attribuées pour la première fois de l'histoire du patinage olympique aux couples Salé/Pelletier (CAN) et Berezhnaya/Sikharulidze (RUS). Cet événement accélère la mise en place d'un nouveau système de pointage jusqu'alors en ébauche.

2003 : test du nouveau système de pointage CoP pour les compétitions du Grand Prix ISU seniors.

Équipement

Patins Il existe différents types de lame pour chaque type de patinage. La lame de style libre, dotée de pointes (toepicks) larges, est plus profonde, permettant une meilleure accélération. Les lames de figures, contrairement à celles de style libre, comportent de petits pics et sont moins profondes afin de favoriser une meilleure glisse. Ces dernières ne sont plus beaucoup utilisées en raison du retrait des figures imposées. La lame de danse, plus courte, permet des rapprochements de pas avec le partenaire et améliore les virages. On trouve également la lame de patinage synchronisé qui a également une lame courte mais évite le contact possible avec le partenaire. Enfin, la lame hybride qui est une lame conçue pour des usages multidisciplinaires. vignette|Lames de patins - carre dehors, carre dedansLa lame de patinage est courbée de l'avant vers l'arrière, créant ainsi un arc de cercle dont le rayon principal, appelé berceau, varie entre m et m. Des lames paraboliques ont été conçues pour augmenter la stabilité du patineur sur la glace. La lame a aussi une coulisse/un creux au centre sur sa longueur ; un creux sur le dessous de la lame la divise en deux carres distinctes, extérieure (dehors) et intérieure (dedans). L'aisance et la facilité, associées à la puissance de poussée et de glisse qui caractérisent le haut niveau proviennent de l'utilisation de ces carres qui génèrent de la vitesse à moindre effort. Les patins de patinage artistique diffèrent des patins de hockey par le nombre de dents de pointe (improprement appelées griffes), de forme et de dimensions variées, notamment à l'avant de la lame. Les dents sont utilisées principalement pour les sauts et ne devraient pas l'être durant les poussées ou les pirouettes. La conception des dents a beaucoup évolué au cours des dernières années. Elle inclut une rangée de dents additionnelles sur chaque côté de la lame, appelées K-Pick et inventées par Pieter Kollen. Les bottines de patinage sont fabriquées traditionnellement à la main à partir de plusieurs couches de cuir. Depuis quelques années, les bottines conçues à partir de matériaux synthétiques se moulant à la chaleur sont devenues très populaires chez les patineurs. Combinant solidité et légèreté, ces bottes sont plus faciles à « casser ». Les derniers développements en matière de chaussures reposent sur l'utilisation d'une bottine articulée à la cheville (modèle Proflex conçu par la compagnie Jackson Ultima), procurant un support latéral tout en permettant davantage de flexibilité et d'amplitude de mouvement. Les lames sont montées sur la semelle et fixées sur la plaquette avant et sur la plaquette arrière par des vis. Les patineurs de haut niveau utilisent des patins faits sur mesure par des spécialistes de renommée mondiale. Des protège-lames sont installés sur les lames et permettent au patineur de marcher avec ses patins en dehors de la glace. Ils protègent la lame de la poussière et de l'usure sur la surface du plancher qui pourrait abîmer l'aiguisage ou faire des encoches. Des protège-lames en linge (parfois appelés pantoufles ou crevettes) sont utilisés après les entraînements pour absorber la condensation et protéger les lames de la rouille.alt=Patin de fantaisie|vignette|Patinage artistique

Costumes La dimension artistique doit impérativement ressortir avec le choix vestimentaire. Les vêtements sont soumis à une réglementation et peut changer selon la discipline et le sexe du patineur.

Les coussins fessiers (pads) sont des pièces d'équipement utilisées en patinage. Ces rembourrages sont placés à l'intérieur des collants ou des pantalons afin d'amortir l'impact des chutes durant la période d'apprentissage de nouveaux sauts. L'habillement est varié : pantalons, jupes, collants, robes, vêtements une-pièce, pirouettes, tous extensibles afin d'épouser les lignes du patineur et permettre toute l'amplitude de mouvement. Lors des compétitions, les vêtements doivent être sportifs et de bon goût, les costumes de type théâtral sont proscrits et peuvent entraîner une déduction de points. De nos jours, le choix des tenues, bien que de plus en plus originales, n’entraînent plus de déduction de points ; les compétitrices en épreuve individuelle peuvent porter des pantalons depuis la saison 2005 - 2006 et le retrait de la « règle Katarina ». Les formes et les couleurs sont libres de choix et des éléments flottants peuvent être ajoutés. Malgré cela, les tunique jugées trop découvertes entraîneront une déduction de points. Certaines patinoires possèdent un harnais afin d'aider les patineurs à apprendre de nouveaux sauts dans un environnement sécurisé. L'entraîneur assiste le saut du patineur en le soulevant de terre à l'aide d'un système de poulies (fixé au plafond ou à l'aide d'un harnais mobile). Il existe également des harnais attachés à une perche tenue par le professeur.

Patinoires et glaces

Les premières patinoires furent naturellement les étangs et les rivières. La préparation de la surface était parfois difficile et soumises aux conditions météorologiques, ce qui explique les débuts du patinage dans les régions plus adaptées à la formation de glace de qualité. Dans les annales de 1844 du club de Philadelphie, on peut y lire que l'équipement de sauvetage devait être présent sur les sites présentant des trous dans la glace. Au Canada, le problème n'était pas l'épaisseur de la glace mais plutôt la neige qui encombrait les surfaces. La patinoire synthétique représente aujourd'hui une réelle alternative aux patinoires traditionnelles. Avec une patinoire synthétique, les patineurs bénéficient d'un meilleure préparation, autant physique que technique. C'est la raison pour laquelle de nombreux patineurs professionnels et amateurs choisissent cette manière pour leur centre d'entrainement, pratique réelle de shows et événement. En 1860, fut inaugurée en grande pompe la première patinoire au monde. Le Glacarium, la première patinoire avec surface artificielle, vit le jour à Londres en 1876, à Chelsea. La création d'autres patinoires s'avérait crucial pour l'expansion de ce sport.

Le plus gros stade jamais construit se situe à Tokyo, Japon (1960). Superficie :  mètres. La plus grande surface glacée au monde se trouve au Japon (1967). Superficie :  mètres.

De nos jours, on trouve des patinoires non seulement au Canada, aux États-Unis, en Suède ou dans d'autres pays adeptes du hockey ou du patinage, mais aussi en Espagne ou en Afrique (Côte d'Ivoire).

Compétitions

Il existe de nombreuses compétitions dont les championnats nationaux, mais également les compétitions internationales généralement sous l'égide de l'ISU, dont les Grand Prix ISU, les championnats d'Europe, des Quatre Continents, du monde et les Jeux olympiques.

Les compétitions comprennent quatre disciplines : patinage individuel pour dames patinage individuel pour hommes patinage en couple (aux sauts s'ajoutent, entre autres, les portés, les spirales ou encore les twists) danse sur glace, réalisée en couple, elle se distingue du patinage en couple par l'absence de sauts et le respect des rythmes de danses classiques comme la valse, le tango, etc.). Le patinage artistique comprends également deux autres disciplines :