La maison de Blois, aussi nommée de Blois-Champagne, est une dynastie comtale et royale du Moyen Âge. Ses principaux membres ont donné des comtes au centre de la France (à Blois, Tours, Chartres, et Châteaudun) et en Champagne (à Troyes, de Meaux), des rois de Navarre, un roi de Jérusalem, un roi d'Angleterre et duc de Normandie ainsi que des comtes d'Aumale et de BoulogneJean Goubet et Thierry Le Hête, Les comtes de Blois et de Champagne et leur descendance agnatique, généalogie et histoire d'une dynastie féodale, Généalogie et Histoire, 2004, .. Maison fondée dans la première moitié du avec le lignage des Thibaldiens, issu des vicomtes Thibaud l'Ancien et le Tricheur, elle fut très puissante pendant une grande partie du Moyen Âge. Ses membres, souvent proches des souverains de France, d'Angleterre et d'Espagne, contrôlèrent pendant plusieurs siècles les comtés de Blois et de Champagne, ainsi que l’archevêché de Bourges, et sont parvenus à encercler le domaine royal des Capétiens, avant d'acquérir la couronne de Navarre.
La branche aînée prend fin officiellement en 1305 à la mort de la reine de France et de Navarre, Jeanne , mais de nombreux autres descendants en ligne féminine ont perduré au sein de nombreuses familles de la noblesse européenne.
Origine Fondateur de la dynastie : Thibaud l'Ancien De sa création-147. vers 940 à son absorption au sein du royaume de France en 1547, le comté de BloisKarl Ferdinand Werner - L'acquisition par la Maison de Blois des comtés de Chartres et de Châteaudun – In : Mélanges offerts à Jean Lafaurie, Paris, 1980, . a été exclusivement contrôlé par les descendants d'un même homme, Thibaud dit l'Ancien (né avant 890 – mort en 940), investi vicomte de Tours avant 909 par . puis vicomte de Blois avant 922.
Leurs descendants, qui eurent régulièrement comme nom « Thibaud » ont su conserver et même agrandir leur influence pendant les quatre siècles qui suivirent ; c'est donc tout naturellement que les Thibaldiens représentent à eux seuls la maison de Blois.
Discussions sur les origines
15px : Roi des Francs ou Empereur d'Occident 15px : Comte de Vermandois 15px : Comte de Troyes 15px : Comte ou vicomte de Blois 15px : Comte ou vicomte de Tours
Arbre généalogique simplifié Légende15pxComte de Champagne (après 1022)15pxRoi de Navarre15pxRoi d’Angleterre
Branche principale de la Maison de Blois - : un comté de Blois au sein d'une principauté
vignette|200px|La création du comté de Blois, entre Carolingiens et Robertiens.
Thibaud l'Ancien est considéré comme le fondateur de la dynastie, bien qu'il n'ait eu que le titre de vicomte de Blois (et de Tours). C'est en effet son fils , fidèle vassal du robertien. Hugues le Grand, qui acquiert avec l'appui de son suzerain le titre comtal non seulement à Blois vers 940. mais aussi à Chartres et Châteaudun.. L'objectif était de contenir la puissance de la principauté normande. Il y eut une alliance dans ce sens avec Foulques d'Anjou quant à la gestion de la BretagnePaul Jeulin, « L'hommage de la Bretagne en droit et dans les faits », dans : Annales de Bretagne, , -4, 1934, 408.. est d'ascendance relativement illustre : sa mère Richilde (quelle que soit son identité) a eu une positon importante et a permis aux Thibaldiens d'être implantés au nord de Sens et à Provins. Le comte s'est marié avec Liutgarde de Vermandois, une des petites-filles du roi capétien . Thibaud institue ainsi la maison de Blois, toutefois à la minorité de Hugues Capet, il se détourne de sa fidélité au duc des Francs et se rapproche du roi carolingien Lothaire. Jouant de ces fidélités multiples et de sa grande influence, sa principauté devient pratiquement "autonome"..
vignette|200px|L'ensemble bléso-champenois (en jaune) au .
– début : Grandes batailles et comté de Champagne
Son petit-fils, constitue une collection de territoires des plus menaçants pour la royauté capétienne puisqu'il hérite des comtés de Troyes et de Meaux vers 1023L. Theis, Robert le Pieux. Le roi de l’an mil, Perrin, Paris, 1999, 165-169., encerclant de fait le domaine royal, alors concentré autour de Paris, et base le futur comté de Champagne que ses successeurs et descendants allaient créer, donnant naissance à l'ensemble "bléso-champenois". Contrôlant aussi l’archevêché de Bourges, leur puissance les mit un temps en concurrence avec les comtes d'Anjou. mais aussi avec les rois capétiens dont ils encerclaient le domaine royal. perd la Touraine mais se légitime en tant que comte de Champagne, où il se fait appeler . Son fils épousa Adèle de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, qui le poussa à participer à la première croisade, après lui avoir donné au moins . Parmi eux, Étienne se fait sacrer roi d'Angleterre de 1135 à 1154. A. F. Wareham, « Bigod, , first earl of Norfolk (d. 1176/7) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004., en spoliant la légitimité de sa cousine Mathilde l'Emperesse, également petite-fille du roi normand Edmund King, « Stephen (c.1092–1154) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, septembre 2004 ; édition en ligne, .. Dans un contexte de guerre civile, le blésois renoncera à conserver la couronne d’Angleterre au sein des Thibaldiens. Pendant ce temps, son frère (ou de Champagne) a hérité la pleine administration des comtés Blois et de Champagne..
vignette|200px|Le domaine Thibaldien au (en jaune) : Blois, Champagne et Sancerre
Fin – début : Branche cadette de Blois
À la mort de en 1152., ses possessions furent cependant divisées entre ses fils. La Champagne alla à son fils ainé, , de la branche ainée, le comté de Blois à , et la seigneurie de Sancerre élevée en comté à Étienne, auteur de la branche de Sancerre. ...?...Troyes et la Champagne confirme leur suzeraineté sur le reste des possessions thibaldiennes : Blois et Sancerre deviennent vassaux de la Champagne. Grâce à des jeux d'alliance, a également pu négocier en 1160 son mariage à ( avec) une princesse de France, fille du roi de son premier lit avec Aliénor d'Aquitaine. Offrant sa jeune sœur Adèle au roi (à qui elle donnera enfin un fils mâle, le futur Philippe II Auguste), le comte de Champagne parvient à reproduire son privilège marital en faveur de son frère, Thibaud V de Blois, qui épouse la princesse Alix. En tant que beau-frère du roi, le comte occupe une place importante à la cour.
Fils ainé d', hérite du comté de Champagne et s'engage dans la Troisième croisade, durant laquelle il sera couronné roi de Jérusalem, mais il mourut en Terre-Sainte en 1197. Son frère, de Champagne, marié à la princesse héritière Blanche de Navarre, fut désigné pour le succéder. Cependant, Thibaud III fut nommé chef de la Quatrième croisade à partir de 1199, à laquelle participe son vassal Louis de Blois mais durant laquelle il meurt deux ans plus tard. Profitant de la minorité du jeune Thibaud IV (dont la régence se termina en 1224), ses cousines Philippa et Alix, filles d'Henri II, tentèrent successivement de récupérer la Champagne lors de deux guerres de succesion entre 1216 et 1234. En 1234, Thibaut IV de Champagne acquit par héritage de son beau-père Sanche VII le royaume de Navarre, qui était jusque là sous contrôle de la dynastie Jiménez, et où il sera ainsi surnommé de Navarre. Il y fut suivi par ses fils, (ou de Champagne), mort sans descendance, puis (ou Henri III de Champagne) qui accumulèrent leurs titres navarrais et champenoisJean Goubet et Thierry Le Hête, Les comtes de Blois et de Champagne et leur descendance agnatique, généalogie et histoire d'une dynastie féodale, Généalogie et Histoire, 2004, ..
Si la branche thibaldienne de Champagne se hisse sur le trône de Navarre, elle perd sa suzeraineté sur le comté de Blois au profit du roi de France.
La fille d', , finit par devenir reine de France en épousant le roi Philippe le Bel. À la mort de ce dernier en 1305, leur fils porta la couronne comtale de Champagne ainsi que deux couronnes royales, initiant de fait la tradition des rois de France et de Navarre.
À la mort sans héritier mâle du roi , les possessions furent séparées à nouveau : en vertu de la loi salique, la couronne de France passant aux mains des Valois, mais la fille de , , conserva ses droits sur la Navarre et la Champagne et se maria avec son cousin germain, Philippe d'Évreux, avec qui elle a eu une descendance..
La branche ainée prend donc formellement fin en 1305, avec la mort de la reine , mais la continuation s'est perpétuée jusqu'à nos jours via des branches cadettes comme les branches de Sully (fin en 1394 au profit des Forez), Sancerre (fin en 1419), des Champlitte (branche bâtarde de la maison des comtes de Champagne, éteinte en 1638), la maison des Habsbourg (via la reine Anne de Bohême) ou les Bourbons de Navarre.
De la même manière, le comte , petit-fils de , meurt sans progéniture mâle. Sa tante Marguerite en héritera et donnera lieu à la maison de Blois-Châtillon via sa fille Marie d'Avesnes. En 1286, Jeanne de Blois-Châtillon vend la vicomté de Chartres à Philippe le Bel. Le comté de Blois, avec celui de Châteaudun, reste dans la famille jusqu'en 1397, lorsque cède le domaine au prince de sang et duc .
Liste des règnes de la branche principale Blois portait initialement « d'azur à la bande d'argent », armes conservées telles quelles par les deux premiers comtes de Sancerre, et dont Champagne ancien est une brisure.
Maison de Blois (940–1152)