La maison impériale de France est la dynastie impériale française et ses branches collatérales ayant régné sur la France durant les Premier (1804-1814) et Second Empires (1852-1870). Elle est issue de la famille Bonaparte, une famille patricienne corse originaire d'Italie, reconnue noble en France sous l'Ancien Régime et devenue maison impériale à la suite de l'élévation de Napoléon Bonaparte à la dignité d'empereur des Français le . Trois de ses membres ont régné sur la France : le fondateur de la dynastie (de 1804 à 1814, puis en 1815), en théorie son fils (en 1815), et son neveu (de 1852 à 1870, après avoir été le premier président de la République française, de 1848 à 1852, sous le nom de Louis-Napoléon Bonaparte).
La maison Bonaparte a également régné sur plusieurs pays européens au cours du Premier Empire, dans le cadre de la politique familiale de comme c'est le cas de l'Italie (, de 1805 à 1814), de Naples (Joseph Bonaparte, de 1806 à 1808), de l'Espagne (Joseph Bonaparte, de 1808 à 1813), de la Hollande (Louis Bonaparte, de 1806 à 1810, et Louis-Napoléon II, en 1810), Lucques et Piombino (Élisa Bonaparte, de 1805 à 1814), de la Toscane (Élisa Bonaparte, de 1809 à 1814), et de la Westphalie (Jérôme Bonaparte, de 1807 à 1813).
Origines et histoire Analyse génétique de la lignée paternelle D'après une analyse génétique du docteur Gérard Lucotte, l'haplogroupe du chromosome Y (ADN-Y) de Napoléon Bonaparte est E1b1b1c (E-M34). Le chromosome Y se transmet uniquement par la lignée masculine : un père le transmet à ses fils. Cet haplogroupe, rare en Europe, est surtout présent en Éthiopie et au Moyen-Orient (Jordaniens, Yéménites, Éthiopiens, etc.). Le résultat de cette analyse ouvre de nouvelles hypothèses concernant l'origine de la famille Bonaparte, dont de lointains ancêtres pourraient être natifs du Proche-Orient ou du Caucase.
Des racines Corses Gustave Chaix d'Est-Ange écrit en 1906 : « La famille Bonaparte, anciennement Buonaparte, appartenait avant la Révolution à la noblesse de l'île de Corse où elle vint des environs de Gênes s'établir vers la fin du . Il est peu de familles sur l'origine desquelles les historiens soient moins d'accord ; […]. Comme le fait remarquer le comte Colonna de Cesari-Rocca dans son Armorial Corse, les noms de Bonaparte, Buonaparte, etc., furent portés en Italie au Moyen Âge par un grand nombre de familles appartenant aux situations sociales les plus variéesGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles anciennes ou notables à la fin du , tome 5, pages 177 à 183 Bonaparte.. » Trois principales familles originaires respectivement de San Miniato, Sarzana et TréviseLes Bonaparte de Trévise ont fourni des podestats à Vérone et Padoue. Elle s'éteignit en 1397 avec Servadius Bonaparte, prieur des chevaliers Gaudens.M. Foissy, La famille Bonaparte depuis 1264 jusqu'à nos jours, éd. Libraire de Vergne, 1830, . ont porté ce nom mais il n'est pas possible de prouver un lien généalogique entre elles.
Gustave Chaix d'Est-Ange précise que, par un acte du , les Bonaparte de Corse se firent reconnaître officiellement parents par les Bonaparte de Florence, issus de ceux de San Miniato : « Cette reconnaissance, étant antérieure à la grande fortune des Bonaparte de Corse, était assurément bien désintéressée de la part de ceux de Toscane. Toutefois, on ne doit y attacher qu'une importance relative ; on sait, en effet, combien les actes de ce genre, dictés uniquement d'ordinaire par la complaisance ou par la courtoisie, ont peu de valeur en matière généalogique quand ils ne sont pas appuyés sur des preuves sérieuses ». Il précise : « Toutefois, leur point de jonction avec ceux de Toscane n'a pu encore être établi. » Cette famille eut pour dernier représentant l'abbé Grégoire Bonaparte qui mourut en 1803 après avoir rencontré Napoléon Bonaparte et tenté en vain de convaincre ce dernier de favoriser la canonisation de son parent l'abbé Bonaventure BonaparteL'abbé Grégoire Bonaparte légua ses biens à Napoléon Bonaparte qui les céda à un établissement public de Florence.M. Foissy, La famille Bonaparte depuis 1264 jusqu'à nos jours, éd. Libraire de Vergne, 1830, ..
Gustave Chaix d'Est-Ange établit cependant un lien entre les Bonaparte de Corse et ceux de Sarzana, à la suite notamment des travaux du comte Colonna de Cesari-Rocca ; l'histoire des Bonaparte de Corse a ainsi pu être reconstituée et la filiation à peu près suivie depuis le à Sarzane, près de Gênes, et peut-être originaire du village de San Stefano où il existait une famille de notaires du nom Bonaparte.
Sur la famille Bonaparte, de Sarzane, il écrit : « La descendance de Janfald [Bonaparte] occupa à Sarzana un rang distingué sans que l'on puisse affirmer toutefois qu'elle ait appartenu à la noblesse ; le nom des Bonaparte de Sarzane ne figure pas, en tout cas, au Livre d'Or de Gênes. » vignette|100px|right|Généalogie de la famille Bonaparte, de Sarzane.
Selon la généalogie de la famille Bonaparte, de Sarzane (1200-1567), donnée par aux Archives nationales le , c'est de cette famille remontant à la fin du que sont issus les Bonaparte de CorseFrançois Demartini et Antoine Marie Graziani, Les Bonaparte en Corse, éd. Alain Piazzola, 2001, et 19.La filiation est établie sur pièce à partir de Gianfaldo né et demeurant à Sarzane à la fin du .. Le membre le plus ancien de la lignée est Gianfaldo, patricien de Sarzane, qui a vécu dans cette ville entre 1180 et 1200 et a prêté serment à l'évêque de Luni en 1219 ou 1229François Demartini et Antoine-Marie Graziani, Les Bonaparte en Corse, éd. Alain Piazzola, 2001, .. Le , Giovanni Bonaparte, notaire, maire de Sarzane, commissaire de Giovanni Maria Visconti en 1408 pour la Lunigiana, épouse à Lucques Isabella Calandrini, fille de Federico Calandrini, officier de la Porte San Donato, et de Maddalena de' Griffi. Isabella Calandrini est la cousine du cardinal Filippo CalandriniFederico Galantini (traduit de l'italien par Bertrand Levergeois, Napoléon et Sarzane, Les origines italiennes des Bonaparte, éditions Michel de Maule, Paris, septembre 2004., demi-frère du pape Nicolas VSer Giarente Calandrini, de Sarzane a épousé Andreola Tomeo dei Bosi veuve de Bartolomeo Lucando, alias Parentuccelli dont elle avait eu Nicolas V..
La famille Bonaparte en Corse
Avec Francesco Bonaparte, la famille s'implante dès la fin du en Corse et plus précisément à AjaccioJean Tulard, Napoléon ou le mythe du sauveur, .. Francesco Bonaparte, dit « Moro ou encore Moro de Sarzane » (« le Maure »), soldat dans la cavalerie génoise, et arrière-petit-fils de Giovanni Bonaparte et d'Isabella Calandrini, est mentionné dans cette ville dès 1490 comme arbalétrier. Les Bonaparte, citadins et membres du conseil des Anciens d'Ajaccio à partir de 1616, exercent principalement des fonctions de juristes et d'administrateurs pour la république de Gênes ou pour les seigneurs locaux. On comptera parmi eux des notaires, des hommes de loi, des greffiers, des militaires (mercenaires, arbalétrier, soldat). Ils siégeront au conseil des Anciens d'Ajaccio. Ils s'allieront à des familles occupant des charges similaires (de Castelletto, Lubera).
Jean Tulard et Joseph Valynseele écrivent qu'à partir de la fin du , les Bonaparte tissent des parentés avec les familles seigneuriales du sud de la CorseVoir aussi Valynselee, Le sang des Bonaparte, 1954. dont ils revendiqueront systématiquement l'ascendance lors de leurs demandes de reconnaissance de noblesseDemartini François, Graziani Antoine-Marie, Les Bonaparte en Corse, Ajaccio, 2001..
Gustave Chaix d'Est-Ange fait débuter en 1682 les parentés avec la vieille noblesse de l'île, il écrit : « Giuseppe Bonaparte s'apparenta à toute la vieille noblesse de l'île par le mariage qu'il contracta en 1682 avec Maria, fille de Guglielmo, coseigneur de Bozzi ». Il cite également les principales alliances de la famille Bonaparte sous l'Ancien Régime, à savoir : Colonna de Bozzi (1682), d'Ornano, Ramolino di Coll'Alto (1767).
L'arbre généalogique de la famille Bonaparte est bien fourni en figures de l'histoire de la Corse : par les alliances et parentés de sa famille Napoléon Bonaparte est ainsi un descendant de : Vincentello d'Istria, comte, puis vice-roi de Corse (1421-1434), fidèle soutien de l'Aragon contre Gênes, exécuté en 1434 ; Rinuccio della Rocca, figure héroïque, assassiné par Gênes en 1511, après avoir mené quatre guerres contre elle ; Filippo Cattacciolo qui a reçu Charles Quint à Bonifacio en octobre 1541.
Les Bonaparte sont alliés à la famille d'Ornano, à laquelle se rattache Sampiero Corso, grande figure nationaliste mort en 1567, et marié à Vannina d'Ornano : leur fils, Alphonse d'Ornano a été maréchal de France. Sampiero Corso est connu pour avoir conquis la Corse (reprise à la république de Gênes) avec l'aide du roi Henri II de France, ouvrant ainsi la première période française de l'Histoire corse, de 1553 à 1559.
Napoléon Bonaparte, de surcroît, cousine avec Sebastiano Costa, petit-fils d'une Bonaparte, filleul d'une Bonaparte et surtout chancelier de Théodore de Neuhoff (roi de Corse pendant sept mois en 1736) et créateur des premiers textes constitutionnels corses en 1735-1736.
À la suite d'une ordonnance royale du , est créée une chancellerie près le conseil supérieur de la Corse, qui a pour mission de vérifier la noblesse des familles corses. Les familles souhaitant obtenir cette reconnaissance doivent fournir des pièces prouvant deux cents ans de patriciat. La famille Bonaparte remet une série de documents à cette fin, et, par un arrêt du conseil supérieur de la Corse, se voit reconnaître sa noblesse prouvée au-delà de deux cents ansHervé Pinoteau, Vingt-cinq ans d'études dynastiques, Paris, Ed. Christian, 1982, .Registre Nouveau d'Hozier.. L'acte de reconnaissance de noblesse a été donné par le roi le avec l'appui du comte de Marbeuf qui obtint ensuite les introductions de Napoléon et de Lucien au Collège militaire et d'Élisa et Pauline à Saint-Cyr. En outre, un ancêtre de la famille Bonaparte fut reconnu noble par un commissaire de la république de Gênes en 1661.
La famille « de Bonaparte » n'est pas une obscure famille corse mais une famille bien implantée dans les réseaux complexes de l'île écrit Raphaël Lahlou..
Charles-Marie Bonaparte, père de Napoléon Bonaparte et descendant de Francesco Bonaparte, dit « Moro », à la neuvième génération, est à l'origine de la lignée impériale des Bonaparte.
La famille Bonaparte, maison impériale française Son héritage corse et ses ascendants nobles n'intéressent guère Napoléon Bonaparte, qui affirme ainsi dans le Moniteur du :
Devenue maison impériale de France à partir du , la famille Bonaparte ne puise pas sa légitimité dynastique dans ses origines et son ascendance mais dans le sénatus-consulte, le plébiscite qui s'ensuit et le sacre, ainsi que dans toute une mythologie reconstruite qui en appelle à la Révolution comme à Charlemagne, sur le tombeau duquel Napoléon Bonaparte se recueille le Chronologie tirée du site de la Fondation Napoléon, et enfin en grande partie sur l'aura du premier empereur.
Alliances vignette|Mariage de et Marie-Louise d'Autriche.
Après la chute du Premier Empire, d'abord des alliances entre les Bonaparte, envisagées par Napoléon Bonaparte lui-même, avant sa chute. ainsi, en 1822, la princesse Zénaïde Bonaparte, fille de Joseph Bonaparte, avec son cousin germain Charles-Lucien Bonaparte, prince de Canino et fils de Lucien Bonaparte. l'expérience matrimoniale quatre ans plus tard, en 1826, avec la sœur de Zénaïde, la princesse Charlotte Bonaparte, qui épouse également un de ses cousins germains, le prince Napoléon-Louis Bonaparte, fils de Louis Bonaparte et d'Hortense de Beauharnais. Enfin, à marier l'autre fils de ces derniers, le futur , avec sa cousine germaine la princesse Mathilde Bonaparte, fille de Jérôme Bonaparte, mais le projet de mariage échoue en 1836 à la suite du coup d'État avorté de Strasbourg et l'incarcération du prince.