Le Rallye automobile Monte-Carlo est une manifestation sportive de type rallye automobile organisée par l'Automobile Club de Monaco et dont le cadre de départ et d'arrivée est la principauté de Monaco, même si l'essentiel du parcours a lieu plus au nord, notamment dans les départements français des Alpes-Maritimes, de l'Ardèche, de la Drôme, des Hautes-Alpes, de l'Isère ou encore des Alpes-de-Haute-Provence, selon les années. Cette épreuve se déroule systématiquement en hiver, au mois de janvier.
On entend — ou lit — souvent dans les médias « Rallye de Monte-Carlo », mais la véritable dénomination de cette épreuve n'a jamais inclus la préposition « de ».
Historique Les prémices
Dès 1906, une épreuve de régularité est mise sur pied lors d'un trajet Paris-Monte Carlo aller-retour, entre le et le , pour les nouveaux modèles du salon de ParisAlbums photographiques Jules Beau T33 - 1906-1907.Alors qu'une caravane des poids lourds est déjà montée sur le trajet depuis Vincennes, le 21 mars 1903..
À sa création en 1911 par les Monégasques Gabriel Vialon (un huissier) et Antony Noghès (un cigarettier âgé de , futur créateur du Grand Prix de Monaco en 1929, et dont le père, Alexandre Noghès, était président du Sport vélocipédique et automobile monégasque), le rallye automobile Monte-Carlo n'est pas encore à proprement parler une épreuve sportive, mais plutôt un moyen d'attirer la jet set européenne à Monaco en répondant aux divers évènements organisés par le dynamique Automobile Club de Nice et Côte d'Azur, né de la rivalité balnéaire entre les deux villes. Ainsi, durant les années 1930, l'épreuve monégasque est-elle en concurrence de renommée avec le Critérium Paris-Nice, et le Rallye Paris-Antibes-Juan-les-Pins (de son côté l'AC Antibes organise ce rallye international de régularité entre 1931 et 1938, parfois sur trois jours; notamment vainqueurs en 1932 Robert Guyot sur Primastella RenaultLe Petit Journal, 14 septembre 1932, ., en 1933 QuinaultMatch l'Intran, 12 septembre 1933, ., en 1934 PuinaultLe Journal, 2 septembre 1935, ., en 1935 Marcel Pagniez sur FordL'Écho d'Alger, 8 septembre 1935, ., et 1938 le Quercy sur 402 légère PeugeotLe Journal, 12 septembre 1938, .). alt=Victoire de l'Hotchkiss 1933 Pilote Maurice Vaselle et Michel Buzy co/pilote et mécanicien usine Hotchkiss|vignette|gauche|Deuxième victoire d'Hotchkiss en 1933. En 1933, la marque Hotchkiss envoie le premier mécanicien usine officiel Monsieur Michel Buzy pour suivre la voiture et assurer la victoire de l’auto dans l’épreuve.
Chaque véhicule engagé part alors avec son équipage par la route, de la ville où il s'est engagé. Il effectue le parcours de regroupement reliant cette ville à Monte-Carlo, en suivant un itinéraire précis, avec certaines contraintes. À l'époque, traverser l'Europe en plein hiver est un exploit. Arrivés à destination, les vainqueurs sont l'équipage ayant réussi à rallier Monaco en respectant une moyenne horaire imposée par les organisateurs, mais la présentation du véhicule, après autant de kilomètres sur des routes difficilement praticables, est tout aussi importante.
Une Coupe des Dames était organisée. Elle fut par exemple remportée par Mildred Bruce en 1927 et Simone Louise des Forest en 1934.
Une autre particularité du rallye Monte-Carlo sera pendant longtemps son parcours de concentration, les villes de départ étant réparties aux quatre coins de l'Europe. Les équipages se rejoignaient en un point unique afin de rallier, par un parcours alors commun, Monaco. Cette caractéristique a donné jusqu'au milieu des années 1990 sa réputation au rallye, et en a fixé le déroulement.
L'évolution Avec les progrès réalisés sur les véhicules ainsi que l'amélioration du réseau routier européen, l'ACM essaie alors de donner un visage plus sportif à son épreuve, afin de compliquer la tâche aux participants et surtout que le rallye ne soit pas une promenade de santé. Ainsi au fil des années, le règlement est sans cesse modifié. On voit apparaître une épreuve de maniabilité, puis une épreuve se déroulant sur quelques tours du parcours du circuit de Formule 1 monégasque afin de départager les équipages. Mais bientôt apparaît une épreuve qui va faire là encore la réputation du rallye : le circuit de montagne dans le Haut Pays niçois. Le Monte-Carlo n'a pas encore pris le visage sportif qu'on lui connaît de nos jours : en effet, les épreuves servant à départager les équipages se basent encore sur la régularité, et non la vitesse pure. vignette|gauche|Voiture yougoslave à Dravograd, lors de la concentration 1956. De 1953 à 1956 puis de 1958 à 1960, le rallye Monte-Carlo compte pour le Championnat européen de Grand TourismeRallye Monte Carlo - laberezina.com, puis de 1961 à 1967 il s'inscrit alors dans le Championnat d'Europe des rallyes et de 1970 à 1972 dans le Championnat international des marques. Il rejoint le Championnat du monde des rallyes (WRC) en 1973 dès sa création, en étant la toute première épreuve de ce nouveau championnat.
À partir du début des années 1960, les épreuves dites « spéciales » font leur apparition. La notion de régularité est encore présente, mais lors des épreuves spéciales seule la vitesse pure compte. Afin de ne pas défavoriser les véhicules les moins puissants, le classement général prend en compte une méthode de calcul que l'on appelle « indice ». C'est ainsi qu'un véhicule de moindre puissance peut parfois battre un véhicule d'une puissance même largement supérieure: en 1961 par exemple René Trautmann et Jean-Claude Ogier sur Citroën ID19 réalisent le meilleur temps cumulé, mais terminent seulement dix-neuvièmes, loin derrière une modeste PanhardMensuel Échappement , janvier 1979, Spécial Rallyes, .
Au milieu des années 1960, le classement « scratch » entre en vigueur. L'indice a vécu, et c'est maintenant l'équipage qui a réalisé les meilleurs temps lors des épreuves spéciales en étant le moins pénalisé qui est déclaré vainqueur. C'est aussi l'apparition des pilotes « usine » (avec pour la France les services compétition de Renault et Citroën, dirigés respectivement par François Landon -depuis la création en 1951-, et René Cotton -officieusement depuis 1959) ; le temps des « gentlemen drivers » est désormais révolu. vignette|droite|Véhicules Peugeot, Audi et Lancia, au parc d'Aix-les-Bains en 1986. Au début des années 1970, le rallye se déroule selon un schéma qui va durer près de : le parcours de concentration, qui draine les concurrents vers la ville de départ ; le parcours de classement ; le parcours commun ; le parcours final, autrefois appelé « circuit de montagne ». À cette époque, des épreuves spéciales traversent la Savoie, l'Isère, l'Ardèche, la Drôme, les Hautes-Alpes ainsi qu'une grande partie du Haut Pays niçois.
De nos jours Au milieu des années 1990, la Fédération internationale de l'automobile (FIA) repense entièrement les règles du rallye automobile. En effet, le rallye a toujours été un sport populaire, et de ce fait, il attire de nombreux spectateurs sur le bord des routes. Depuis l'interdiction des groupes B fin 1986, les questions de sécurité tant pour les équipages que pour les spectateurs semblent désormais être davantage prises en compte par l'instance internationale. De ce constat, le déroulement du rallye Monte-Carlo est profondément modifié : le parcours de concentration disparaît ; le rallye n'est plus une épreuve en ligne, donc les étapes avec parc de regroupement dans les villes étapes disparaissent ; les points d'assistance sont rassemblés en un seul endroit avec contrôle horaire en entrée et sortie (ceci pour éviter que les concurrents ne roulent trop vite en secteur de liaison pour rattraper le temps perdu en assistance) ; afin de limiter les déplacements des spectateurs entre les épreuves spéciales, les organisateurs concentrent au maximum le parcours. vignette|gauche|Les lacets de la spéciale La Bollène-Vésubie Sospel. De 2009 à 2011, le rallye Monte-Carlo est inscrit au championnat IRC et les organisateurs décident alors de profiter d'un règlement moins contraignant pour « étaler » de nouveau le parcours. Valence redevient ville de départ, avec une boucle en Ardèche, puis le rallye retrouve le Vercors pour se terminer après deux passages de nuit au col de Turini. Le col de Braus est lui aussi régulièrement emprunté, tout comme le col des Garcinets. vignette|droite|Sébastien Loeb au volant de la Citroën DS3 WRC en 2015. En 2012, le Monte-Carlo fait son retour en championnat du mondeLe Monte-Carlo en WRC ! - AUTOhebdo, 3 juin 2011.
L'édition 2021, qui se déroule du 21 au , voit une modification majeure dans son programme initial : afin de respecter les couvre-feux en vigueur (dès 18 heures) dans les endroits traversés par le Rallye – en raison de la pandémie de Covid-19 – les horaires des épreuves spéciales chronométrées sont avancées de deux heures. En conséquence, les vendredi et samedi matins, le Rallye démarre à 5 heures et l' (n° 8) prévue le vendredi soir, est finalement repoussée au lendemain en début de journée. Par ailleurs, les organisateurs ont également procédé à un changement de parcours, à la suite de la Tempête Alex, qui a provoqué de nombreux dégâts matériels dans la régionLes horaires du Rallye Monte-Carlo modifiés, sur autohebdo.fr, 10 janvier 2021 (consulté le 11 janvier 2021)..
L'année suivante, l'épreuve, qui ne développe qu'une distance chronométrée de , voit s'affronter pour la victoire les champions du monde Sébastien Loeb et Sébastien Ogier dans un duel qui tournera en faveur de l’Alsacien à la suite d'une crevaison du Gapençais dans l'ultime journée.
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