Martina Navrátilová (ou Martina Šubertová de naissance, [ˈmarcɪna ˈʃubɛrtovaː]), née le à Prague en Tchécoslovaquie, est une joueuse de tennis tchécoslovaque, devenue citoyenne américaine en 1981.

Joueuse sur le circuit féminin WTA de 1973 à 1994 et, plus épisodiquement, de 2000 à 2006, elle a remporté 168 titres en simple et 177 titres en double dames.

Navrátilová a gagné un total de 59 titres du Grand Chelem : 18 titres en simple, 31 titres en double dames, ce qui constitue le record absolu, et 10 titres en double mixte.

Elle est la deuxième joueuse la plus titrée de l’histoire du tennis féminin, simple et double confondus, derrière la championne australienne Margaret Smith Court. Elle a atteint, en simple, douze fois la finale du tournoi de Wimbledon, dont neuf fois consécutives (pour sept victoires) de 1982 à 1990, et détient le record absolu, tous sexes confondus, de neuf titres en simple dans le temple londonien. Au Masters de fin d'année, elle détient les records de huit titres en simple et de treize titres en double.

Au classement de fin d'année, elle est l'unique joueuse à avoir occupé la place de numéro 1 mondiale à la fois en simple et en double, et ce à deux reprises (1984 et 1986).

Auteure d'un Petit Chelem en 1983, puis 1984, elle remporte ainsi six titres du Grand Chelem consécutivement entre ces deux saisons, complétant un « Grand Chelem sur deux ans ». Navrátilová est l'une des trois femmes à avoir accompli un « Grand Chelem total » (en simple, en double dames et double mixte) sur l'ensemble de sa carrière, avec Doris Hart et Margaret Smith. Elle détient le record en ère Open de titres en simple dames (168 au total, dont au moins 10 par an entre 1978 et 1986) et en double (177 au total, dont au moins 7 par an entre 1977 et 1989). Elle a enregistré la plus longue série victorieuse de l'histoire du tennis (74 matchs consécutifs) et trois des six plus longues séries de l'histoire du tennis féminin. Elle a atteint onze finales consécutives en Grand Chelem en simple, se plaçant juste derrière Steffi Graf (13).

En double dames, Navrátilová et Pam Shriver ont gagné 109 matchs consécutifs et accompli le Grand Chelem en 1984. Elles ont aussi égalé Louise Brough et Margaret Osborne pour le record de tournois du Grand Chelem remportés par le même binôme en double dames (20). Navratilova a également remporté 84 fois un tournoi en simple et en double à la fois.

Sa rivalité avec Chris Evert, perçue comme l'une des plus grandes de l'histoire de ce jeu, a animé le circuit féminin durant les années 1970 et 1980..

Elle est membre du International Tennis Hall of Fame depuis 2000..

En , 33 années après avoir été déchue de sa nationalité tchécoslovaque (à la suite de son exil aux États-Unis) en 1975, elle obtient la nationalité tchèquedépêche AFP du 11 mars 2008 , demeurant néanmoins toujours citoyenne américaine (citoyenneté qu’elle avait acquise en 1981). Elle est membre de la Laureus World Sports Academy. En , elle annonce être atteinte d'un cancer du sein Martina Navratilova souffre d'un cancer. Fin , elle annonce être complètement guérie de ce qui n'était qu'une tumeur non invasive : son ablation et un peu de radiothérapie ont suffi (voir la rubrique vie privée).

D'après Billie Jean King en 2006, . Dans son livre The Greatest Tennis Matches of the Twentieth Century, le journaliste tennistique Steve Flink la nomme deuxième meilleure joueuse du , derrière Steffi Graf.. Tennis Magazine l'a choisie comme la plus grande joueuse de tennis féminin de l'ère Open.. L'historien et journaliste Bud Collins l'a qualifiée de « plus grande joueuse de tous les temps »Collins, Bud (2008). The Bud Collins History of Tennis: An Authoritative Encyclopedia and Record Book. New York, N.Y: New Chapter Press. ..

Carrière tennistique vignette|Martina Navratilova montre ses raquettes de tennis, 2000. Martina Navrátilová est née sous le nom de Šubertová en 1956. Après le divorce de ses parents à l'âge de trois ans, sa mère Jana se remarie avec Miroslav Navrátil, qui deviendra son premier entraîneur de tennis. C'est alors qu'on lui donne le nom de son beau-père, avec le suffixe féminin « ová », et devient ainsi Martina Navrátilová (). 1972 : à l'âge de 15 ans, Navrátilová remporte le championnat national de tennis de Tchécoslovaquie. 1973 : âgée de 16 ans, elle fait ses débuts sur le circuit américain, mais ne devient professionnelle qu'en 1975. Martina Navrátilová a d'abord vécu avec l'ancienne actrice de vaudevilles, Frances Wormser Dewey, et son mari, Morton Wormser, un grand amateur de tennis, lors de son déménagement aux États-Unishttps://www.santapaulatimes.com/news/fullstory.php/aid/15525/Obituary.html Frances Dewey Wormser 1903 - 2008. Son seul résultat notable est un quart de finale à Roland-Garros où elle échoue face à la championne australienne Evonne Goolagong en deux sets. 1974 : après deux finales à Hambourg et Rome, elle parvient à nouveau en quart de finale de Roland-Garros. Elle remporte son premier titre en simple à Orlando, en Floride, à l'âge de 17 ans. 1975 : en début d'année, Navrátilová bat pour la première fois les championnes Chris Evert à Washington et Evonne Goolagong à Boston. Mais elle échoue ensuite face à ces deux joueuses en finale de deux tournois du Grand Chelem en simple, à l'Open d'Australie contre Goolagong et à Roland-Garros contre Evert. Après sa défaite contre Evert en demi-finale de l'US Open de cette même année, Martina Navrátilová (alors âgée de 18 ans) se rend au service d'immigration et de naturalisation de New York et les informe qu'elle veut fuir le régime communiste tchécoslovaque. En un mois, elle reçoit une carte verte. Elle remporte 4 tournois au cours de l'année et se hisse au quatrième rang mondial. Elle est la dernière joueuse à battre Margaret Smith Court en Grand chelem, en quart de finale à New York. 1976 : la saison est décevante, avec un seul résultat en grand chelem à Wimbledon et une demi-finale perdue face à Chris Evert en trois sets accrochés. Elle échoue au premier tour à l'US Open et ne remporte que deux tournois dans l'année. Elle décide de ne plus participer aux championnats d'Australie (jusqu'en 1980) et à Roland Garros (jusqu'en 1981), ces deux derniers tournois ayant alors perdu de leur prestige. 1977 : Navratilova retrouve le chemin du succès avec 6 victoires en tournoi et termine l'année numéro trois mondiale, derrière Evert et Goolagong. Mais elle déçoit encore lors des tournois majeurs, échouant contre des joueuses à sa portée, Betty Stöve en quart de finale de Wimbledon, puis Wendy Turnbull en demi-finale de l'US Open. 1978 : Navrátilová remporte son premier titre du Grand Chelem en simple à Wimbledon, où elle bat en trois manches Evert en finale, et atteint par la même occasion la première place mondiale pour la première fois de sa carrière. En tout, elle remporte dix autres tournois en écartant toutes les meilleures joueuses mondiales notamment lors des Masters. Seule ombre au tableau, une nouvelle défaite à l'US Open en demi-finale contre une jeune joueuse de 16 ans, sa future partenaire de double Pam Shriver. 1979 : elle conserve son titre à Wimbledon en battant son éternelle rivale Evert en finale, et remporte à nouveau dix autres tournois dont les Masters. Elle conserve logiquement la première place mondiale même si l'US Open lui échappe toujours, cette fois en finale face à la future numéro un mondiale Tracy Austin, une joueuse qui parvient à la battre à six reprises pendant l'année. 1980 : malgré onze victoires en tournois, Martina perd deux places au classement mondial () en raison de ses mauvais résultats en grand chelem. Elle échoue au stade des demi-finales à l'Open d'Australie face à Wendy Turnbull, puis à Wimbledon face à Chris Evert. Mais c'est encore à l'US Open qu'elle déçoit, perdant face à la jeune tchèque Hana Mandlíková (gagnante en Australie). Elle perd aussi son titre aux Masters, battue en finale par Austin. 1981 : elle remporte enfin son troisième titre du Grand Chelem en battant encore une fois Evert en finale de l'Open d'Australie. Elle atteint également la finale de l'US Open, où elle perd au tie-break au troisième set contre Tracy Austin. Mais elle déçoit en demi-finale à Wimbledon avec une nouvelle défaite face à Mandlikova, et surtout pour son retour à Roland Garros, échoue face à l'Allemande Sylvia Hanika en deux sets secs. Elle remporte neuf tournois dont les Masters face à la jeune Andrea Jaeger en finale, parvenant à se maintenir numéro trois mondiale derrière Evert et Austin. 1982 : saison quasi parfaite, Martina n'est battue que trois fois dans l'année, en finale des Masters par Sylvia Hanika, en quart de finale de l'US Open par Pam Shriver, puis en finale de l'Open d'Australie face à Evert. Elle remporte 15 tournois dans l'année dont Wimbledon et surtout Roland-Garros pour la première fois. Elle reprend la première place au classement mondial à Evert qui reste numéro deux. 1983 : après avoir adopté le mode d'entraînement de la joueuse de basket-ball Nancy Lieberman et utilisé des raquettes en graphite, Navrátilová écrase la concurrence sur le circuit féminin, ne perdant qu'un seul match en huitième de finale de Roland-Garros face à la surprenante Kathy Horvath. Elle remporte les trois autres tournois du grand chelem d'affilée (l'Open d'Australie a lieu en décembre jusqu'en 1987). Tout au long de l'année, elle gagne 86 matchs pour une défaite (record absolu, homme et femme confondus). En 1982, 1983 et 1984, Navrátilová ne perd que six matchs en simple. 1984 : elle gagne le tournoi de Roland-Garros, remportant ainsi les quatre tournois du grand chelem d'affilée à cheval sur deux saisons, Philippe Chatrier, président de la Fédération internationale de tennis, le qualifiera de « Grand-Chelem ». Cependant beaucoup d'observateurs insistent sur le fait que ce n'était pas un vrai Grand Chelem, car les titres n'ont pas été gagnés sur une même année. Elle prolonge sa moisson de victoires en Grand Chelem en remportant Wimbledon et l'US Open. Elle débute ainsi l'Open d'Australie 1984 avec une chance de remporter les quatre titres la même année mais perd finalement contre Helena Suková 1-6, 6-3, 7-5, pourtant nettement battue lors de leur précédente rencontre à l'US Open. Suková met ainsi fin à une série de 74 matchs remportés consécutivement (un record) par Navrátilová depuis sa défaite début en finale du tournoi d'Oakland face à Hana Mandlikova. Avec seulement deux défaites dans l'année, Martina reste l'indiscutable numéro un. Navratilova réalise le Grand Chelem en double en 1984, avec la droitière Pam Shriver, très performante en slice de coup droit, coup aujourd'hui peu connu. Elles détiennent le record de victoires consécutives (109 matchs) entre 1983 et 1985 (Navrátilová a également été classée mondiale en double durant plus de trois années d'affilée dans les années 1980). 1985-1987 : Navratilova atteint la finale des 11 tournois du Grand Chelem qui se sont déroulés au cours de cette période, remportant six d'entre eux. Mais cette période est aussi la fin de son invincibilité, avec trois finales d'affilée perdues à Roland Garros, et deux finales face à Mandlikova (US Open 1985 et Open d'Australie 1987). En 1987, la jeune Ouest-Allemande Steffi Graf (âgée de 17 ans), crée la surprise en la battant en finale de Roland-Garros. Navrátilová prend sa revanche en finale de Wimbledon et de l'US Open (où elle devient alors la troisième joueuse de l'ère open à remporter un tournoi à la fois en simple, en double et en mixte la même année). Néanmoins, grâce à sa constance dans les autres tournois, Graf atteint la place de mondiale au classement dès l'été 87. Navrátilová ne retrouvera plus la première place au cours des saisons suivantes.