La Mongolie (en mongol : , translittération latine : , en mongol bitchig : , littéralement : « État mongol ») est un vaste pays d'Asie orientale qui est enclavé entre la Russie au nord et la république populaire de Chine (RPC) au sud. Sa capitale et plus grande ville est Oulan-Bator (en , Ulaanbaatar, « Héros rouge »). La population totale s'élève à un peu plus de en 2022. La langue officielle est le mongol et la devise monétaire le tugrik.

La Mongolie fut le centre de l’Empire mongol au et fut ensuite gouvernée par la dynastie Qing, d'origine mandchoue, de la fin du à 1911, date à laquelle l'indépendance de la Mongolie fut proclamée à la faveur de la chute de l'Empire chinois, à la suite de la révolution chinoise de 1911 (ou révolution Xinhai). La politique de la République populaire mongole, bien que conservant officiellement son indépendance pendant la période soviétique, était alignée sur celle de l'URSS. Après la fin de la guerre froide et la chute du communisme en Mongolie en 1990, le pays adopta une constitution démocratique en 1992.

Son territoire est immense, mais possède très peu de terres arables, le pays étant montagneux et couvert de steppes dont l'aridité croît en allant vers le sud (désert de Gobi). Près de 28 % des d'habitants sont nomades ou semi-nomades. La religion principale est l'école des bonnets jaunes de la branche tibétaine du bouddhisme vajrayāna. La majorité des citoyens (80 %) est d'origine mongole. Il existe néanmoins des minorités turcophones, comme les Kazakhes et Touvains, surtout dans l’ouest du pays. Près du tiers des habitants vit à Oulan-Bator.

La Mongolie est le pays qui a la plus faible densité de population au monde avec .

Géographie

vignette|Le désert de Gobi est entouré de hautes barrières montagneuses, au sud le plateau tibétain, à l'ouest l'Altaï et les monts Célestes, à l’est les monts Khingan.

La Mongolie possède un territoire de . La Mongolie se situe sur un vaste plateau montagneux incliné d’ouest en est dont 80 % des espaces se situent à plus de d’altitude. Le climat de la Mongolie est l’un des plus continentaux du globe : les températures descendent régulièrement autour de en hiver dans la plupart des régions et peuvent dépasser en été dans le désert de Gobi. Les zones protégées où il est interdit de toucher à la biodiversité et où le pâturage des troupeaux est strictement règlementé représentent 20 % du territoire mongol.

Reliefs et écosystèmes vignette|redresse=1.2|Carte topographique de la Mongolie.

D’un point de vue écologique, la Mongolie occupe une région charnière en Asie centrale. Par sa position centrale en Asie et sa continentalité, la Mongolie est à la croisée de cinq grands écosystèmes asiatiques : la steppe herbeuse dans la partie centrale n'occupe pas moins de 20 % du territoire national, le désert et la steppe désertique du Gobi au sud occupent un même pourcentage d’espace, viennent ensuite les hautes montagnes et milieux de type alpins, la steppe semi boisée et, au nord, la taïga constituée de vastes forêts denses de mélèzes et pins.

À l’extrême ouest, domine la haute chaîne montagneuse de l’Altaï aux sommets de plus de où vivent notamment des Kazakhs (unique peuple musulman d’une Mongolie bouddhiste). Le point culminant de la Mongolie, le Kujten Uul à , fait partie de cet ensemble.

Le centre du pays, plus fertile, est traversé par les monts Khangaï. Il constitue un territoire riche en pâturages pour les nomades. C’est une région de volcans éteints atteignant pour certains plus de d’altitude.

Une partie du pays est constituée de steppes. La désertification touche des . Le désert de Gobi recouvre une partie du sud du pays, alors qu'au nord et à l'ouest, se trouvent des régions montagneuses aux forêts abondantes.

Climat vignette|Le parc national de Gobi Gurvansaikhan, dans le désert de Gobi.

Le climat est chaud en été et extrêmement froid en hiver, avec des températures hivernales pouvant descendre jusqu'à et en été, des températures avoisinant très régulièrement les à . Le pays est aussi sujet au dzud ou zud. Les dzuds blancs sont d'importantes chutes de neige empêchant l'accès aux pâturages. Les dzuds noirs correspondent à l'absence de couverture neigeuse protégeant la terre, provoquant la déshydratation du bétail. De telles conditions climatiques entraînent des pertes de bétail inévitables et se révèlent problématiques pour l'homme, dans l'incapacité de prévoir l'augmentation du nombre d'animaux. Oulan-Bator est la capitale possédant la température moyenne la plus basse au monde ().

L'ensemble du pays reçoit très peu de précipitations : une moyenne annuelle de 200 à dans le Nord, qui décroît en allant vers le sud, l'Extrême-Sud étant occupé par le désert de Gobi, où certaines régions ne reçoivent aucune précipitation durant des années. Le pays se trouve généralement au cœur d’un système de hautes pressions (anticyclone) qui font que le ciel est très souvent dégagé (moyenne annuelle de sans nuages). La Mongolie est d'ailleurs parfois surnommée le « pays au ciel bleu ».

Effets du changement climatique La Mongolie est fortement affectée par le réchauffement climatique. Entre 1940 et 2001, la température annuelle moyenne de l'air a augmenté de plus de . La température hivernale a augmenté de plus de au cours de cette période. La glace ancienne de la Mongolie fond rapidement en raison du changement climatique et du réchauffement des températures estivales. Comme l'afflux des champs de glace s'assèche plus fréquemment pendant l'été, l'approvisionnement en eau potable est de plus en plus restreint. Cela mettra à la fois le patrimoine culturel et l'élevage traditionnel de rennes en danger extrême dans les années à venir.

À l'inverse, pendant la période hivernale, les températures chutent drastiquement. Il s'agit d'un effet du continentalisme extrême mongol. En été si les températures peuvent avoisiner les 40°C, elles peuvent avoisiner les -40°C en hiver. Le changement climatique accentue cette tendance et semble contraindre la Mongolie à des hivers de plus en plus rudes. Par exemple des vagues de froids ont frappé le pays lors de la saison hivernale de 2024. Les températures sont tombées sous la barre des -40°C et s'inscrivent dans le cadre d'un phénomène local connu sous le nom de « dzud ». Un dzud se caractérise par des vagues de froid anormalement élevées qui gèlent les sols. Il s'agit d'un défi climatique pour les éleveurs puisque leurs bêtes n'ont plus accès à l'herbe présente sous la neige et meurent de faim.

En conséquence, la crise climatique met en danger les éleveurs de rennes domestiques dans les basses latitudes, vivant dans les zones de toundra montagneuse du nord de la Mongolie.

Noms géographiques La Commission des noms géographiques mongols est créée en 1925 sous l'égide de l'Académie des sciences de Mongolie dans le but de retranscrire tous les noms géographiques écrits en alphabet mongol traditionnel. En 1949, le gouvernement interdit la modification arbitraire des noms géographiques (tous les habitants n'adhérant pas aux noms transcrits). En 1961, le gouvernement change de direction et charge les collectivités locales de restaurer les noms géographiques de leur région.

Après une étude de , la Commission permanente sur les noms géographiques enregistre géographiques en 1987. À la suite de nouvelles lois sur la géodésie et la cartographie promulguées en 1997, l'administration réduit cette liste à , liste approuvée par le Parlement en 2003. Alors que le gouvernement s'apprête à établir une nouvelle carte 1/25 000 de l'intégralité de son territoire, un décret est voté en 2017 visant à protéger cette liste établie. En 2019, une base de données des noms géographiques est en construction.

Frontières

vignette|redresse=1.2|Carte de la Mongolie et des frontières avec les pays voisins.

La longueur totale des frontières, frontière entre la Mongolie et la Russie et frontière entre la Chine et la Mongolie est de .

Histoire

Histoire ancienne

vignette|centré|L'Empire chinois en 1861, carte de Johnson.

Au cours de l'histoire, beaucoup d'ethnies ont peuplé le territoire actuel de la Mongolie. La plupart étaient nomades, et formaient des confédérations plus ou moins puissantes.

Durant la Préhistoire, dans les plaines du Nord de la Mongolie, de mystérieuses représentations de créatures cornues à bec d'oiseau semblent grimper le long de monolithes de granite appelés « pierres à cerf ». Ces stèles dont certaines atteignent de hauteur, montrent aussi des ceintures équipées de flèches, de haches et d'outils de l'âge du bronze. Selon les spécialistes qui tentent de déchiffrer ces monuments, ils ont été érigés entre les années et « Ce sont des hommages à des chefs ou à des guerriers, peut-être tombés au combat », avance l'anthropologue . Pour lui, ces créatures mi-renne mi-oiseau devaient montrer le chemin vers l'au-delà. Quelle que soit leur signification, déclare Fitzhugh, elle était forte, car, pour chaque stèle, plusieurs chevaux ont été sacrifiés. Leurs têtes ont été enterrées en cercle autour des monolithes, le nez pointé vers le soleil levant. On a déjà retrouvé plus de 600 pierres en Mongolie, au Kazakhstan et en Russie. Ces monolithes sont très souvent associés à des tumuli, des monuments funéraires constitués d'un amas de pierres central ceinturé de cercles ou de carrés de pierres .

Les pétroglyphes et les mégalithes sont également remarquables dans l'art préhistorique mongolLes complexes pétroglyphiques de l'Altaï mongol, gravures rupestres enregistrés par l'UNESCO, illustrent le développement de la culture préhistorique en Mongolie à une époque où elle était partiellement recouverte de forêts, pendant la transition vers le pastoralisme et la transition ultérieure vers la vie nomade (voir sur unesco.org). De même, les pétroglyphes découverts en 1997 par Gonzalo de Salazar Serantes à Bayan-Ovoo dans le désert de Gobi, avec des images d'animaux et de personnes (approximativement 42,3 N – 105,8 E), tels que décrits et publiés en 1998 (Discovery of Prehistoric Ruins in Gobi Desert, Gonzalo de Salazar Serantes, Adoranten 1998. Tanum : Scandinavian Society for Prehistoric Art, 1998, pp. 66–69)..

Vers -245 apparaissent les Xiongnu, ils deviennent les principaux ennemis de la Chine pour les siècles qui suivent, et la Grande Muraille de Chine fut construite en partie pour se protéger de leurs incursions. Certains historiens pensent que le peuple des Huns descend des Xiongnu.

Après la disparition des Xiongnu, apparaissent les Ruanruan, qui sont à leur tour supplantés par les Göktürk (ou Turcs bleus) qui dominent la région du au . lang=fr|thumb|Les campagnes de Gengis Khan. Au apparaissent les ancêtres des Ouïghours, puis les Khitans et les Jürchen. Vers le le territoire est peuplé de Mongols qui seraient une branche du peuple Xianbei. À cette période, le pays est divisé en plusieurs tribus liées par des alliances et en guerre perpétuelle.

Au , un chef nommé Temüjin unifie les tribus mongoles, prend le nom de Gengis Khan et crée un empire, œuvre poursuivie par ses successeurs Ögedeï, Güyük, Möngke et Khubilai. La Chine est dominée à partir de la deuxième moitié du par les Mongols qui y fondent la dynastie Yuan, 1234~1279 – 1368). Cet empire commence à s'effondrer en 1368, avec la perte de la Chine. Au , sous le règne d'Altan Khan, les Mongols se convertissent au bouddhisme tibétain. Un siècle plus tard, ils tombent sous la domination des Mandchous et les soutiennent pour la conquête de la Chine. La Mongolie est transformée en deux provinces chinoises, la Mongolie-Intérieure et la Mongolie-Extérieure.

Au cours du , la région sibérienne du lac Baïkal, au nord de la Mongolie, est annexée par l'Empire russe. .

Indépendance de la Mongolie-Extérieure

vignette|redresse=0.8|Carte américaine de l'Est de l'Asie en 1932, intitulée « Chine et Japon incluant les îles Philippines et les Indes orientales ».