vignette|Blason de Toulouse. L'histoire de Toulouse est l'étude et le récit des événements passés de la ville de Toulouse, qui se situe dans le Sud de la France, en Occitanie.

Si le territoire de la ville a été occupé dès le Néolithique, puis au cours de la Protohistoire, la ville proprement dite est fondée sous l'Empire Romain. Elle est ensuite, au fil des siècles, occupée par les Wisigoths (qui en font leur capitale), puis conquise par les Mérovingiens. Sous l'administration carolingienne, Toulouse est placée, dès la fin du , sous le contrôle d'un comte. Elle est ensuite rattachée au royaume de France à la fin du , conséquence indirecte de la croisade contre les Albigeois et de la signature du traité de Meaux-Paris. À la Renaissance, la ville connaît un âge d'or grâce au commerce du pastel.

Préhistoire vignette|Hache polie du Néolithique chemin des Récollets - Muséum de Toulouse. Les environs de Toulouse furent occupés dès le Paléolithique inférieur. La vallée de la Garonne porte d'ailleurs des traces de cette occupation, notamment le site acheuléen d'En Jacca sur la commune de Colomiers où ont été retrouvés des vestiges lithiques anciensPailler Jean-Marie, Les premiers hommes, in .. Des traces d'occupation du Néolithique ont été retrouvées sur la rive gauche, à Villeneuve-Tolosane et Saint-Martin-du-Touch, sous forme de village comportant un groupe d'habitations de douze hectares, protégées par un fossé et une palissade. Mais également dans le quartier des Récollets.

Protohistoire Age du Bronze et premier âge du Fer À la fin de l'âge du Bronze et au début de l'âge du Fer, l'occupation humaine s'intensifie avec la création de plusieurs pôles d'habitat. Situé sur les hauteurs de Pech-David, le site du Cluzel est occupé dès le André Muller, La stratigraphie du Cluzel (commune de Toulouse). Revue archéologique de Narbonnaise, 1, Association de la Revue archéologique de Narbonnaise, Montpellier, .. Un peu plus loin sur ces mêmes coteaux, deux autres sites ont été repérés à Estarac et à La Planho.. Dans la plaine sur la rive gauche de la Garonne, le site d'Ancely est occupé dès l'âge du Bronze (autour du )Pierre-Yves Milcent, Le passage de l’âge du Bronze à l’âge du Fer en Gaule au miroir des élites sociales, In : De l'âge du Bronze à l'âge du Fer en France et en Europe occidentale, , Revue archéologique de l’Est, Dijon, 2006, .Pierre-Yves Milcent, Les environs de Toulouse du début de l’âge du Fer aux premières implantations romaines (- s. ). BAPAREA, 3, Toulouse, A.P.A.R.E.A., 2006, . tandis que deux autres habitats ont été fouillés sur la rive droite, l'un au niveau du quartier Saint-Roch, l'autre sur le site de l'ancien hôpital LarreyValérie Porra (dir. Jean Guilaine), Une occupation de la période de transition Bronze final/premier âge du Fer à l'ancien hôpital Larrey (Toulouse), (mémoire de D.E.A.), E.H.E.S.S., Toulouse, 1990, 69 p.. Trois nécropoles à crémation ont pu être partiellement fouillées, l'une située dans les environs de la ville à Blagnac, une autre à Toulouse même au niveau de la station de métro des Carmes et une dernière dans le quartier Saint-Roch, à l'emplacement de l'ancienne caserne Niel, où a été mise au jour la plus importante d'entre ellesPrésentation de l'exposition du Musée Saint-Raymond..

À cette époque, la ville protohistorique ne semble pas avoir été le centre d'un réseau commercial étendu.

Les Volques-Tectosages - vignette|Cinq torques gaulois, , Musée Saint-Raymond. Le premier peuple connu est celui des Volques Tectosages. Au , le peuple celte des Volques s'établit dans le Sud de la Gaule; la branche des Volques tectosages s'implante dans la boucle de la Garonne.

Ils occupent les hauteurs de la rive droite, en amont de la Toulouse actuelle, qui constituent autant d'oppida. Parmi ceux-ci, Vieille-Toulouse serait, selon certains, le « centre politique » de l'époque, à en juger par l'importance des vestiges découverts. Dès cette époque, les Volques tectosages tirent profit de la situation de carrefour entre l'axe nord-sud des Pyrénées au Massif Central, et l'axe est-ouest de la Méditerranée à l'Atlantique.

Lorsque l’invasion romaine approcha de Toulouse, les Tectosages avaient amassé un véritable trésor en exploitant l’or de l’Ariège. Des torques en or, témoins de ce passé, sont exposés au musée Saint-Raymond à ToulouseLe trésor des Volques tectosages, objet de nombreux récits, apparaît aujourd'hui comme une légende. Un peuple celte a pillé le trésor de Delphes au début du , mais il ne s'agit pas des Volques de Toulouse. Experts dans le travail des métaux, comme de nombreux Celtes, les Volques tectosages se contentaient de la production régionale - mais ne disposaient plus de l'or de la Montagne Noire, déjà épuisé à l'époque. in .

Vers 121 , la Provincia romana fut organisée par les Romains sur les bords de la Méditerranée. Ils contrôlaient ainsi l'axe commercial entre l'Espagne et l'Italie par la via Domitia. Les Tectosages installés le long de cette voie sont alors traités comme des alliés. Le peuple toulousain garda une indépendance de façade vis-à-vis du pouvoir romain en garnison autour de Toulouse. En 109 , un peuple germanique, les Teutons, envahit la Gaule et battit l'armée romaine. Les Tectosages en profitèrent pour s'allier avec eux et chasser la garnison romaine. Mais la victoire fut de courte durée, car le consul Marius triompha des Teutons et récupéra Toulouse. En 107 , une révolte contre la garnison entraîna une riposte immédiate de Rome. La ville fut conquise par traitrise et pillée par Cépion (Quintus Servilius Caepio) en 106 D’après la légende, d’or furent dérobées par Cépion. Nul ne sait ce qu’est devenu ce trésor, connu sous le nom de l’« Or de ToulouseHistoire de l'« Or de Toulouse» sur remacle.org, consulté le 10 juillet 2009.référence litigieuse. ».

Antiquité

Le premier commerce de Toulouse fut celui du vin. Le sous-sol foisonne de tessons d’amphores. Ce n’est pas le vin du Languedoc qui assura la prospérité de la cité, mais celui d’Italie, acheminé via Narbonne. Une bonne partie des cargaisons étaient consommées sur place. Les garnisons romaines, les Gaulois et les citoyens romains étaient, en effet, consommateurs. Le restant était dispersé vers l’Aquitaine et tout autour de Toulouse. D’autres produits de luxe suivirent le chemin tracé par le vin romain, de la vaisselle notamment. Pour disposer de toutes ces richesses, la province s’adonnait, en vrac, à la vente de produits agricoles et à la vente d’esclaves. La Garonne était utilisée pour le transport de marchandises sur des barges à fond plat et sur les ancêtres des gabares en aval de Toulouse. Cette richesse commerciale et agricole fit de Toulouse la plus prospère de la Gaule narbonnaisedéclare Pomponius Mela cité par ..

Dès lors ralliée au mode de vie romain, la Toulouse des n’était guère qu’un poste militaire avancé. Chacun trouvant son compte dans la paix imposée par la domination romaine, c’est sans état d’âme que la cité refusa la Gaule de Vercingétorix. Tolosa connut alors une forte progression démographique, atteignant au Théâtres, temples, écoles et égouts firent de Toulouse une cité moderne et docile, toujours au centre d’un commerce régional. gauche|vignette|Gradins du théâtre antique découverts sous le de la rue de Metz, entre 1869 et 1871, lors des travaux réalisés par Jacques-Jean Esquié. |alt= Les Romains aménagent les prémices de la future ville. Elle est délimitée par la place du Capitole au nord, la place du Salin au sud, la Garonne à l'ouest. Dans les années 20-30 J.M. Pailler & al. Tolosa, nouvelles recherches sur Toulouse et son territoire dans l'Antiquité, ., un rempart long de trois kilomètres fut bâti afin de souligner la prospérité de la nouvelle colonie romaine. Il enfermait une superficie de Gérard Coulon, Les Gallo-Romains : vivre, travailler, croire, se distraire - 54 av. J.-C.-486 ap. J.-C., Paris : Errance, 2006. Collection Hespérides, , et s’ouvrait sur la Garonne. Constitué de briques et de moellons, le rempart romain avait de hauteur et d'épaisseur. Un tronçon est encore visible sur la place Saint-Jacques près du palais Niel. Puis, ils mettent en place les axes de communications principales : le cardo et le decumanus se croisent sur la place Esquirol où se trouve le forum et le capitolium antique mentionné dans les sources anciennesJean-Luc Boudartchouk, Le capitolium de Toulouse, l'église Saint-Pierre Saint-Géraud et le martyre de l'évêque Saturnin : nouvelles données, dans M.S.A.M.F., volume 65, 2005, .. Ils construisent aussi un théâtre (actuelle place du Pont-Neuf), un temple (actuelle place Esquirol) et un amphithéâtre à Ancely-Purpan. Un réseau d'égouts permet d'évacuer les eaux usées tandis qu'un aqueduc alimente la ville en eau potable depuis les sources de Lardenne et du Mirail jusqu'au château d'eau situé au point culminant de la cité (actuelle place Rouaix).

La cité romaine voit sa démographie avec et sa richesse augmenter. Sur le plan culturel, Toulouse se distingue dans le monde romain et grec par son école de langue grecque et de rhétorique. La ville est dirigée par des aristocrates en toge dont les noms ont été romanisés et dont les membres bénéficient de la citoyenneté romaine.

Le est marqué par le martyre de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse en 250. On sait peu de chose de la première communauté chrétienne de Toulouse mais cet évènement est le premier connu de la conversion de la ville au christianisme. Saint Saturnin refusant le culte romain est condamné à être attaché au jarret d'un taureau. D'après la légende du saint (dont les circonstances du martyr sont considérées comme véridique par la communauté d'historiens), il est entraîné par la bête depuis le forum vers l'extérieur de la ville jusqu'à ce que la corde se rompe. C'est après avoir franchi les remparts de la ville par la porte de la Porterie (aujourd'hui située sur la place du Capitole), qu'elle se casse dans la campagne environnante, à l'emplacement, selon la tradition locale, de l'Église Notre-Dame du Taur. Le souvenir de ce martyre et de cet emplacement sont matérialisés par le nom donné à la rue : la rue du Taur. Cette légende est aussi à l'origine du nom du quartier de Matabiau, c'est à cet endroit que les bouviers auraient tué le fameux taureau. Deux sœurs, les saintes puelles (puella signifie jeune fille en latin) se sont occupées d'ensevelir le corps de saint Saturnin à l'endroit où il est tombéLes Saintes Puelles ou la destinée de Saturne..

Peu de traces ou de monuments romains sont parvenus jusqu'à nous. Un tronçon de rempart est visible place Saint-Jacques près du palais Niel, et une autre partie du rempart et le début des fondations d'une tour sont également visibles dans les sous-sols du magasin Uniqlo, au 3 Rue du Poids de l'Huile. Les restes de l'amphithéâtre de Purpan sont aussi des témoins de cette époque. Cela s'explique en grande partie par le matériau principal des constructions romaines qu'est la brique. Contrairement à d'autres villes romaines construites en pierre de taille, Toulouse a été obligée d'utiliser l'argile de la vallée pour fabriquer des briques pour ses constructions. Or la brique est un matériau beaucoup plus facilement réutilisable que la pierre. Les nombreuses reconstructions successives ont été faites à partir et sur les anciens bâtiments romains. Aujourd'hui, la base des édifices romains et des aménagements urbains sont enfouis sous 3 à du pavé toulousain. Entre les années 1990 et 2007Musée Saint-Raymond, Musée des Antiques de Toulouse, "Métropolis, fouilles en cours", ., la construction du métro de Toulouse a permis de faire avancer les connaissances sur l'antique ToulouseDossier de presse : Métro et archéologie à Toulouse..