Le massif des Alpilles est un massif montagneux de faible altitude, au paysage de roches blanches calcaires, situé au nord-ouest du département français des Bouches-du-Rhône. Les Opies en sont le point culminant à 496 mètres d'altitude. Le massif s'étend d'ouest en est entre Tarascon et Orgon sur une superficie de . Il est partagé par seize communes, bien que très partiellement pour Tarascon et Saint-Martin-de-Crau, où vivent . Depuis le , les collectivités locales sont associées au sein du parc naturel régional des Alpilles.

Toponymie vignette|alt=Tour des opies|Tour des Opies. La première allusion au nom donné à la chaîne des Alpilles apparaît relativement tard. Sous l'Ancien Régime, la montagne ne semble pas avoir de nom. Tout au plus Claude-François Achard parle-t-il des « montagnes des BauxDictionnaire de la Provence et du Comtat venaissin, Marseille, 1787. » en 1787. Pourtant, dans le même ouvrage, il désigne un sommet des Alpilles sous le nom de « Houpies », faisant référence aux Opies. Ce nom francisé dérive du provençal Aupiho, qui est un diminutif du nom Aup (« les Alpes »). Le terme « Alpilles » désigne donc une chaîne que l'on compare à de petites Alpes« Le nom des Alpilles », in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, J.-C. Bouvier, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009, p. 196.. On trouve également une autre forme pour désigner la chaîne des Alpilles : le terme « Alpines », toujours usité pour désigner, par exemple, le canal des Alpines, à Barbentane« Le canal des Alpines », barbentane13.free.fr.. Il est sans doute plus ancien que la forme « Alpilles ». Dans la Vita de Césaire, évêque d'Arles (), on lit que l'ecclésiastique faisait des visites in Alpinis locis, ce qui semble davantage correspondre aux Alpilles qu'aux Alpes.

Au et dans le premier tiers du , les deux termes coexistent, mais il semble que l'on réserve la forme « Alpines » à la chaîne de montagnes, tandis qu'« Alpilles » désigne davantage le sommet de la chaîne (le « signal des Alpilles »). Le félibre Frédéric Mistral (1830-1914), quant à lui, utilise invariablement la forme « Alpilles« C'est la chaîne des Alpilles, ceinturée d'oliviers comme un massif de roches grecques, un véritable belvédère de gloire et de légendes », in Mes origines. Mémoires et récits, Frédéric Mistral, traduit en français par Frédéric Mistral, 1906. », qui va finir par s'imposer comme le terme correct pour désigner la chaîne de collines comprise entre Crau et Petite Crau.

Géographie center|upright=2.5|thumb|Panorama des Alpilles. Situation thumb|Oliveraie dans la plaine des Baux. thumb|Entre Eyguières et Eygalières. Le massif des Alpilles est situé dans le sud de la France, dans le département des Bouches-du-Rhône (région Provence-Alpes-Côte d'Azur), à une soixantaine de kilomètres au nord de Marseille. Il s'étend selon un axe est-ouest sur environ , depuis la vallée du Rhône jusqu'à la vallée de la Durance. Plusieurs zones sommitales le composent : la partie principale du massif, dénommée l'Alpille (aupiho, « Petite Alpe »), s'étire depuis la chapelle Saint-Gabriel de Tarascon jusqu'à la route reliant Aureille à EygalièresN. Dautier, « Des sites et des paysages naturels remarquables », in Les Alpilles. Encyclopédie..., op. cit., p. 29. ; les Opies, à l'est de l'Alpille, sont composées de trois petits sommets : les crêtes des Opies, le mont Menu et le DéfendsN. Dautier, « Des sites et des paysages... », op. cit., p. 30. (communes d'Eyguières, Lamanon et Aureille) ; les Collines (ou rochers de la Pène) sont un chaînon étroit s'étirant au sud du massif dont il est séparé par la route départementale 17 (Arles-Paradou)N. Dautier, « Des sites et des paysages... », op. cit., p. 28. ; les Costières, situées sur la commune de Saint-Martin-de-Crau, sont un plateau qui marque la limite sud du massif. Celui-ci gagne de l'altitude à mesure que l'on progresse vers le nord, et s'incline de façon abrupte sur le marais des Baux, au sud des rochers de la PèneN. Dautier, « Des sites et des paysages... », op. cit., p. 27. ; les Chaînons sont un ensemble de sommets de faible altitude ( environ) entre Aureille et Montmajour caractérisés par les ensembles de vallons qu'ils abritent. Les Caisses de Jean-Jean sont peut-être le plus connu de ces chaînonsN. Dautier, « Des sites et des paysages… », , p. 27, 28..

En dehors de ces sommets, le massif des Alpilles est caractérisé par la présence de plusieurs plaines : les marais des Baux, entre les Costières et les rochers de la Pène, aux pourtours peuplés dès la Préhistoire, présentent une surface plane asséchée au cours du ; la plaine de Fontvieille, située au nord et au nord-est de cette commune, doit son existence à la cohabitation du massif avec les alluvions du Rhône. Il s'agit aujourd'hui d'une grande zone triangulaire vouée à la culture de la vigne et de l'olivier ; la plaine de Roquemartine, à l'opposé, se situe au nord d'Eyguières et présente un relief sévère aux pentes herbeuses servant de pâture aux moutons ; les Plaines sont un immense plateau opérant la jonction entre la plaine de Roquemartine et Notre-Dame de Beauregard (commune d'Orgon). Ce plateau est couvert d'une forêt de chênes verts touffue ; la plaine de Saint-Rémy-de-Provence marque la limite nord du massif. Abritant le site antique de Glanum, cette plaine est fertileN. Dautier, « Des sites et des paysages... », op. cit., p. 31.. Le peintre Vincent van Gogh en a immortalisé le paysage lors de son séjour à l'asile Saint-Paul de Mausole (1889-1890) ; la plaine d'Eygalières (nommée « vallon des Prés » dans son ensemble et « plaine des Calans » pour la partie au sud d'Eygalières) compte de grandes étendues d'oliveraies et tend à s'urbaniser davantage que le reste du massif ; la plaine des Baux, au pied du village des Baux, est vouée comme la plaine de Fontvieille à la culture de la vigne et de l'olivier.

Populations Les communes du massif Délimité en 1965 par une inscription à l’inventaire des sites remarquables, le périmètre des Alpilles englobe : Aureille, Les Baux-de-Provence, Eygalières, Eyguières, Fontvieille, Mas-Blanc-des-Alpilles, Maussane-les-Alpilles, Mouriès, Paradou, Orgon, Saint-Étienne-du-Grès, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Rémy-de-Provence, Sénas, TarasconZone ZNIEFF.

vignette|centre|800px|Limites communales des Alpilles.

Démographie Le tableau ci-dessous totalise le nombre des habitants des communes des AlpillesCes chiffres comprennent la population des communes d'Aureille, Les Baux-de-Provence, Eygalières, Eyguières, Fontvieille, Lamanon, Mas-Blanc, Maussane-les-Alpilles, Mouriès, Orgon, Paradou, Saint-Étienne-du-Grès, Saint-Rémy-de-Provence et Sénas. à la même dateSource INSEE. Cité in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, op. cit., p. 180.. Il montre que la population de ces communes a plus doublé entre 1936 et 2019.

Flux migratoire

Pression démographique

Topographie thumb|Les Alpilles, les Opies () au fond.

Le massif des Alpilles est l’un des reliefs majeurs du département des Bouches-du-Rhône Le massif des Alpilles. Il domine au nord la plaine maraîchère de Saint-Rémy-de-Provence et au sud la plaine de la Crau. Le point culminant est les Opies, à d'altitudeN. Dautier, « Milieu naturel et paysage », in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009, p. 31-32., à l'est du massif. Les autres principaux sommets sont le plateau de la Caume (), le mont Gaussier () et le mont Paon.

Accès et voies de communications La gare d'Avignon TGV se situe à environ au nord. Les aéroports les plus proches sont ceux de Marseille Provence, de Nîmes - Garons et d'Avignon - Caumont. On trouve deux aérodromes sur le secteur des Alpilles, l'un au nord entre Égalières et Saint-Rémy-de-Provence, et un autre au sud de la ville d'EyguièresRomain Cantennot, l'Aéroport d'Eyguières vole de ses propres ailes, 25 mai 2009, article publié dans le journal La Provence, consultable en ligne sur le site web du journal.

L'autoroute A7, qui descend la vallée du Rhône et relie Lyon à Marseille via Orange, passe à quelques kilomètres à l'est. L'autoroute A54 (Nîmes - Salon-de-Provence) traverse le territoire provençal au sud du massif. Enfin, l'autoroute A9, qui va d'Orange à Montpellier puis Perpignan, passe à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest.

La route départementale 99 passe au nord vers Tarascon, puis Nîmes à l'ouest et Cavaillon à l'est.

Les routes départementales 5 et 24 permettent de traverser le massif sur un axe nord-sud.

Hydrographie Le massif des Alpilles est parcouru par de nombreux ruisseaux que l'on nomme des « gaudres ». Un gaudre (du provençal gaudre : « petit ruisseau ») désigne un cours d'eau souvent à sec en été et à faible débit le reste de l'année. Plusieurs roubines et canaux ont été créés pour drainer ou satisfaire les besoins en eau des communes du massif, notamment en interceptant certains gaudres.

Les gaudres Le gaudre du Trible, dont la source se situe au nord du village des Baux-de-Provence et qui, au sud de la commune de Maussane, passe par le pont Saint-Jean (chaînon de la Pène) et se jette dans le canal de la Vallée des Baux. Le gaudre de la Foux, qui est la continuité du gaudre de Verpétrière, qui jaillit du vallon des Amants, au nord de la crête des Calans (commune de Mouriès). Le gaudre d'Entreconque au nord des rochers d'Entreconque, et qui, en fusionnant avec le gaudre de Verpétrière, forme le gaudre de la Foux (commune des Baux-de-Provence). Le gaudre du Gaucher, qui provient du quartier de Monblan (commune de Maussane) et se déverse dans le gaudre du Mas-de-Cayol. Le gaudre des Gypières, dont la source se situe au nord du quartier des Gypières, fusionne avec le gaudre des Barres près du Castellas (commune de Maussane). Le gaudre de Valoste, dans le vallon du même nom (commune de Maussane). Le gaudre de Réquillon au nord du mas de Fléchon (commune de Maussane). Le gaudre du Fangas au nord du vallon du Four. Le gaudre de Malaga qui marque la limite entre la commune de Maussane et celle de Mouriès. Il s'agit du plus long gaudre de la commune. Il prend sa source près du château de Pierredon, sur la commune de Mouriès. Le gaudre de Requilion déverse ses eaux dans ce gaudre. Il vient finir sa course dans le canal de la Vallée des Baux. Le gaudre de la Vallongue, affluent du gaudre du Destet qui prend sa source à Aureille et coule à Mouriès. Le gaudre d'Aureille, qui coule à Aureille, Eyguières et Mouriès. Le gaudre de Romanin, qui traverse les communes d'Aureille, d'Eygalières et de Saint-Rémy-de-Provence. Les gaudres de Maussane et Paradou sont les cours d'eau qui possèdent les plus gros débits dans les Alpilles, dépassant généralement les 5 m/s.

Les canaux Le canal de Van-ens (sud du massif). Le canal de la vallée des Baux (sud du massif). Le canal de Craponne (sud du massif). Le canal de Monestier (sud du massif). Le canal des Alpilles (nord du massif). Le canal du plan et de la Crau (nord-est du massif). Le canal du moulin de saint Andiol (nord-est du massif). Le canal de Viguièrat (nord-ouest et ouest du massif).

Les anciens marais des Baux

thumb|alt=Canal du marais des Baux|Canal du marais des Baux. Jusqu'aux années 1880, la zone située au sud des rochers de la Pène était totalement inondée et connue sous le nom de « marais des Baux ». Ce grand lac, riche en poisson, s'étendait sur plusieurs hectares et a permis à des générations de Maussanais de vivre de la pêche. Pour des , ceux-ci ont été asséchés progressivement dès les années 1830.