Pierre Moscovici, né le à , est un haut fonctionnaire et homme politique français.
Membre du Parti socialiste jusqu’en 2020, il est député européen entre 1994 et 1997 puis entre 2004 et 2007, période au cours de laquelle il est vice-président du Parlement européen. Il est ministre chargé des Affaires européennes entre 1997 et 2002 dans le gouvernement Jospin. Il est élu député du Doubs en 1997, puis en 2007 et 2012. De 2008 à 2012, il préside le Pays de Montbéliard Agglomération.
Directeur de campagne du candidat socialiste François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, il est nommé ministre de l'Économie, des Finances et du Commerce extérieur après la victoire de celui-ci, dans le premier gouvernement Ayrault, puis ministre de l'Économie et des Finances au sein du second gouvernement Ayrault. En , après avoir quitté le gouvernement, il redevient député.
En , il est nommé commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la fiscalité et à l'union douanière au sein de la commission Juncker. Il occupe cette fonction jusqu’à la fin de la législature, en .
Le président de la République Emmanuel Macron le nomme premier président de la Cour des comptes en . Il conserve cette fonction jusqu'à sa nomination à la Cour des comptes européenne en .
Biographie Origines et vie privée Pierre Moscovici naît au sein d'une famille juive d'intellectuels de gauche.. Son père est le psychologue social Serge Moscovici (1925-2014) qui, adolescent pendant la Seconde Guerre mondiale, milita au Parti communiste roumain avant de fuir son pays en 1947 pour se réfugier en France. Il participa également à la fondation du mouvement des Verts. Sa mère, d'origine juive polonaise, est la psychanalyste Marie Moscovici, née Bromberg (1932-2015), proche du Parti communiste français et signataire en 1960 du Manifeste des 121 pour le droit à l'insoumission pendant la guerre d'Algérie.
Il épouse le Anne-Michelle Basteri, inspectrice des Finances, ancienne conseillère « participations de l'État » au sein de son cabinet au ministère de l'Économie et des Finances.. Leur fils, Joseph, naît le ..
Études et formation Ancien élève du lycée Condorcet à Paris, Pierre Moscovici est titulaire de deux diplômes d'études approfondies en sciences économiques et en philosophie. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1980 (section Service public)., il intègre l'École nationale d'administration et il est classé sixième de la promotion Louise Michel (1982-1984). À sa sortie, il choisit la Cour des comptes.
En 1988, il entre au cabinet de Lionel Jospin, au ministère de l'Éducation nationale. En 1990, il intègre le commissariat général du Plan et devient chef de service de financement et de la modernisation de l'économie.
En 1996, il participe au programme Young Leaders organisé par la French-American FoundationEARLIER CLASSES, frenchamerican.org.
Pierre Moscovici a toujours enseigné, notamment à l'université Paris Dauphine. Il a enseigné à l'Institut d'études politiques de Paris, donnant un cours intitulé . Il est aujourd'hui professeur associé chargé des questions européennes à Sciences Po Paris, au Collège d'Europe et à l'université Columbia aux États-Unis.
Parcours politique Au Parti socialiste Lycéen, Pierre Moscovici sympathise avec la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d'Alain Krivine. Sous l'impulsion de Dominique Strauss-Kahn, qui est son professeur à l'ENA, il se rapproche du Parti socialiste (PS) en 1984. En 1986, il devient secrétaire du « groupe des experts » constitué par Claude Allègre. Il devient, en 1990, le plus jeune secrétaire national du PS. En 1991, il publie avec François Hollande (secrétaire général des clubs « Témoins ») L’Heure des choix, un réquisitoire contre la politique économique de Pierre Bérégovoy. En 1992, il devient trésorier du PSBiographie de Pierre Moscovici, sur le site m6.fr et le reste jusqu'en 1994. En , Lionel Jospin le nomme secrétaire national chargé des études et du projet.
À la fin de la seconde présidence de François Mitterrand, en 1995, il se prononce pour un bilan critique du « mitterrandisme ». Il est d'ailleurs le premier socialiste à réagir lors de la parution du livre de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand : il déclare, à propos des relations de l'ancien président avec René Bousquet :
Premier mandat de député européen et ministre délégué aux Affaires européennes Pierre Moscovici est élu député européen lors des élections européennes du Fiche de Pierre Moscovici sur le site internet du Parlement européen., mandat qu'il exerce jusqu'au , date de son élection à l'Assemblée nationale comme député de la circonscription du DoubsFiche de Pierre Moscovici sur le site internet de l’Assemblée nationale..
De 1997 à 2002, il est ministre délégué aux Affaires européennes dans le gouvernement de Lionel JospinDécret du 4 juin 1997 relatif à la composition du gouvernement, Legifrance.. Il est le seul ministre à avoir exercé cette fonction pendant toute une législature.
vignette|gauche|upright|Pierre Moscovici au Festival international de géographie en 1998.
Cette nomination intervient immédiatement après les élections législatives de 1997 (il est le rédacteur du programme du Parti socialiste pour cette élection« Pierre Moscovici : ministre délégué chargé des Affaires européennes », L'Humanité, 5 juin 1997.), où il est élu député de la circonscription du Doubs. Il ne siège donc pas pendant cette mandature.
En tant que ministre, il prend en charge les négociations en vue de l’élargissement de l’Union européenne aux pays d'Europe centrale et orientale. Il est aussi chargé de préparer la présidence française de l'Union européenne en période de cohabitation, alors que les Affaires étrangères sont un domaine de compétence partagé avec le président de la République Jacques Chirac. C'est au cours de cette présidence (premier semestre 2001) qu'est négocié le traité de Nice. Pierre Moscovici est ensuite le représentant des autorités françaises à la Convention sur le traité établissant une constitution pour l'Europe.
Dans l'opposition à la droite Pierre Moscovici est battu aux élections municipales de 2001 à Montbéliard puis aux élections législatives françaises de 2002.
Il réintègre la Cour des comptes et devient conseiller maître en 2003.
Lors des élections européennes de 2004, il est réélu député européen, mandat dont il démissionne le pour devenir député à l'Assemblée nationale. Entretemps, il est l’un des vice-présidents du Parlement européen.
Il est président de l'association « À gauche, en Europe » fondée par Dominique Strauss-Kahn et Michel RocardPrésentation de À gauche, en Europe sur le site internet Rencontrez l’Europe..
Lors de la campagne de la primaire présidentielle socialiste de 2006 en vue de l'élection présidentielle de l'année suivante, il soutient activement Dominique Strauss-Kahn, battu dès le premier tour par Ségolène Royal.
Après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, il retrouve son siège à l'Assemblée nationale. Il devient alors président de la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares prisonnières en Libye pour laquelle il demande en vain à Cécilia Sarkozy de venir s'expliquer sur son rôle dans cette affaire, ce que le groupe majoritaire de l'UMP refuse..
Il prend la présidence du Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) en 2008 après les élections municipales. À la tête de cette collectivité, il mène un projet de transformation économique, sociale, culturelle, destiné à faire du PMA, marqué par son identité industrielle et par la présence de PSA, une éco-agglomération.
Après la nomination de Dominique Strauss-Kahn au Fonds monétaire international, Pierre Moscovici devient l'un des principaux animateurs du courant social-démocrate dont l'ancien ministre de l'Économie était le représentant au sein du Parti socialiste (PS).
En effet, en 2007, Pierre Moscovici annonce qu'il pourrait lui-même briguer la succession de François Hollande au poste de premier secrétaire du PS lors de son prochain congrès, prévu à Reims en « Moscovici « prêt » pour la présidence de la République », Le Figaro, 30 avril 2008.. Il présente sa candidature au premier secrétariat du PS dans un « Appel du »« Pierre Moscovici en première ligne dans le courant DSK », Le Figaro, 19 mai 2008. avec l'objectif d'animer un travail collectif pour rénover le parti, et préparer le programme qui pourra servir de tronc commun à toute la gauche et présenter l'alternative crédible pour 2012. Des primaires élargies pour élire le/la présidentiable seraient organisées en 2011. Il est le premier signataire de la contribution « Besoin de gauche », qui rassemble Socialisme et démocratie et Rénover maintenant, d'Arnaud Montebourg.
Lors de l'université d'été du PS à La Rochelle, alors qu'il mise sur le ralliement de Martine Aubry, il s'estime trahi par celle-ci et par Jean-Christophe Cambadélis qui s'allient à Laurent Fabius en souhaitant voir l'ancienne ministre prendre la tête du PS. Il choisit de s'allier à des « barons locaux », le maire de Lyon, Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini, chef du PS dans les Bouches-du-Rhône et Manuel Valls, député-maire d'Évry, puis rejoint la motion de Bertrand Delanoë en compagnie de François Hollande. Après l’échec du congrès de Reims, il relance et structure le groupe « Besoin de gauche », qui rassemble de quatre à cinq mille personnes, dont une cinquantaine de parlementairesSite internet de Besoin de gauche..
À la mi-, Pierre Moscovici lance une pétition pour la tenue d'une convention socialiste sur les primaires. Cette action prolonge son engagement pour ce mode de désignation du candidat socialiste à la présidentielle, qu'il estime impératif pour renouveler les structures du PSPourquoi une pétition sur les primaires ouvertes ?, moscovici.typepad.fr.
En , il publie un nouvel ouvrage, Mission impossible ? Comment la gauche peut battre Nicolas Sarkozy en 2012, dans lequel il présente quelques axes programmatiques, en particulier pour rénover la République, créer une croissance économique écologiquement responsable ou encore modifier la fiscalité dans un esprit de justice et d'égalité.
Au printemps 2010, il anime, au sein du Parti socialiste, la Convention nationale pour un nouveau modèle de société : social, écologique et solidaire, intégrant la dimension environnementalePrésentation de la Convention par Pierre Moscovici.. De cette convention émerge un texte voté à l’unanimité par le Conseil national du PSConvention nationale nouveau modèle de développement : le texte est approuvé sur le site parti-socialiste.fr, qui trace les grandes lignes du projet socialiste pour 2012.
Élection présidentielle française de 2012 Après avoir apporté son soutien à Dominique Strauss-Kahn, qui ne peut se présenter en raison de son inculpation pour agression sexuelle en mai 2011, il envisage un temps de présenter sa candidature sociale-démocrate à la primaire présidentielle socialiste de 2011 en vue de l'élection présidentielle de 2012. Il choisit fin juin de soutenir François Hollande pour la primaire socialiste« Pierre Moscovici choisit François Hollande », sur le site lefigaro.fr du 20 juin 2011.. Il est coordinateur de la campagne des primaires de ce dernier..
Le , il devient directeur de la campagne de François Hollande pour l’élection présidentielle« Grand Entretien avec Pierre Moscovici », Nonfiction.fr, 2 décembre 2011..
Ministre de l’Économie et des Finances