Albert Jacquard, né le à Lyon () et mort le à Paris (), est un chercheur, biologiste, généticien, ingénieur, philosophe et essayiste français.

Spécialiste de génétique des populations, il a été directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques et membre du Comité consultatif national d'éthique. Conférencier et auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, il tient un discours humaniste destiné à favoriser l’évolution de la conscience collectiveMeddeh Belkanichi, « Le mot croyance est très dangereux », Le Télégramme, 8 décembre 2011.. Il a également été membre d'un comité.

Président d'honneurSimmonnot Dominique, « Droits Devant ». L'idée folle d'une université sans amphithéâtre, liberation.fr, 9 janvier 1995. de l’association Droit au logement et du Comité radicalement anticorrida, il était aussi membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence. Il anime durant neuf ans, de à , une chronique radiophonique quotidienne sur France Culture.

Il était également connu pour ses engagements en faveur de personnes handicapées et de leur inclusion notamment dans les écoles ou ses engagements civiques, parmi lesquels la défense de la cause palestinienne et du boycott d'Israël, par Faouzi Ahmed , mis en ligne le 23 septembre 2013. Le Monde Juif.info, la défense du concept de la décroissance soutenable, le soutien aux mouvements du logiciel libre, à la langue internationale espéranto, aux laissés-pour-compte et à l'environnement.

Biographie Jeunes années Il est issu d'une famille catholique et conservatrice originaire du Jura, fils de François Jacquard, directeur à la Banque de France et de Marie-Louise Fourgeot. À l'âge de neuf ans, un drame bouleverse son enfance : la voiture familiale subit un accident dans lequel Albert Jacquard perd son plus jeune frère et ses grands-parents paternels. Lui-même en ressort défiguré, ce qui transforme longtemps sa perception du regard des autres (Émission de Empreintes : Albert Jacquard, jamais sans les autres diffusée le 11 janvier 2008.).

En 1941, son père est nommé directeur de la succursale de la Banque de France à Gray en zone occupée. Il quitte alors le lycée de Soissons en cours d'année, pour le lycée Augustin Cournot de Gray.

Albert Jacquard obtient à Besançon deux baccalauréats, « Mathématiques élémentaires » et « Philosophie », en 1943 Marathonien de l'humanisme, de retour aux sources, article du 16 avril 2008, La presse de Gray.La possession du double baccalauréat sciences + philosophie donnait alors des points supplémentaires à l'X, et resta une tradition répandue chez de nombreux « taupins » des lycées Saint-Louis et Louis-le-Grand bien après la suppression de ces points supplémentaires ; cependant, dans la plupart des cas, le baccalauréat philosophie était présenté — et obtenu — à la fin de l'année de mathématiques supérieures..

De 1943 à 1945, Albert Jacquard est en classe préparatoire aux grandes écoles au lycée privé Sainte-Geneviève de Versailles. La scolarité y est perturbée par les actions de la police allemande. Élève brillant, il entre en 1945 à l'École polytechniqueDe la promotion X1945, cf. ; y est notamment indiqué le corps de sortie de Albert Jacquard dans la fonction publique : « ingénieur des manufactures de l’État et des tabacs ».Ouvrir la , sélectionner l’onglet « Catalogues de la BCX → Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Albert Jacquard », résultat obtenu : « Jacquard, Albert Marie Joseph (X 1945) »., en sort ingénieur des manufactures de l'État en 1948 et intègre l'Institut de statistiques, dont il est également diplômé, et devient ingénieur d’organisation et méthodes.

Empreintes : Albert Jacquard, jamais sans les autres, documentaire de diffusée le ..

Le , il épouse Alix Domergue (1927-2009). Ils ont trois filsMon Utopie, 2006, p=39.

Haute fonction publique Albert Jacquard entre à la SEITA en tant qu’ingénieur d’organisation et méthodes, puis en est nommé secrétaire général adjoint de 1951 à 1961 ; il est ensuite rapporteur auprès de la commission de vérification des comptes des entreprises publiques : il contrôle la gestion des Houillères du Nord puis de Sud-Aviation de 1959 à 1970. Directeur adjoint au service de l’équipement du ministère de la Santé publique de 1962 à 1964, il est chargé de recherches à l’Institut national d'études démographiques (INED) de 1965 à 1966.

Titulaire d’un certificat de génétique en 1966, il s’oriente vers une carrière scientifique et part aux États-Unis pour étudier la génétique des populations à l’université Stanford, en tant que en 1966 et 1967. De retour en France en 1968 avec un diplôme d’études approfondies de génétique en poche, il réintègre l’Institut national d'études démographiques en tant que directeur de recherches de 1968 à 1991. Titulaire d'un doctorat d’université de génétique en 1970 et d’un doctorat d’État en biologie humaine en 1972, il est nommé expert en génétique auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 1973 à 1985.

Carrière universitaire et reconnaissance À l'âge de , il obtient un doctorat d’État en biologie humaine après un doctorat d’université de génétique obtenu à l'âge de . Albert Jacquard s’oriente alors vers la recherche universitaire : il devient professeur invité à l’université de Genève de 1973 à 1976, puis professeur associé de 1976 à 1992. L’université de le titularise de 1978 à 1990, et l’Université catholique de Louvain (en Belgique) l’invite de 1979 à 1981.

Le travail d’Albert Jacquard lui vaut une reconnaissance nationale : il est nommé officier de la Légion d'honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite par le président Giscard d'Estaing en 1980 et reçoit le prix scientifique de la Fondation de France la même année, avant d’être nommé membre du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé de 1983 à 1988.

Après de nombreuses publications de vulgarisation scientifique et de réflexion sur la condition humaine, Albert Jacquard est nommé docteur de plusieurs universités, dont l’université du Québec en 1987, et de l'université de Moncton du Nouveau-Brunswick, de l'université de Mons-Hainaut, et l'université catholique de Louvain. Conseiller scientifique à l’INED de 1990 à 1991, et encore professeur de l’, sa belle plume et son talent lui valent le prix littéraire de la ville de Genève en 1992.

Le , le collège du Chemin Vert de Caen devient le collège Albert Jacquard ; le collège Albert Jacquard est implanté au cœur du quartier du Chemin Vert, au nord-ouest de la ville de Caen en ZEP. Néanmoins, le Conseil général du Calvados décide de fermer l'établissement du Chemin-Vert en 2013« Collège Jacquard : mobilisation des parents », basse-normandie.france3.fr..

Engagement politique En 1979, face à l’émergence d’un racisme prétendument scientifique, Albert Jacquard, Colette Guillaumin et Léon Poliakov créent, au sein du Groupe de recherches sur l'histoire du racisme (CNRS), un bulletin qu’ils intitulent Sciences et tensions sociales. À ce bulletin succède, deux ans plus tard, la revue Le Genre HumainLe Genre Humain (Éditions du Seuil, parus entre 1981 et 2013).. Albert Jacquard fait partie jusqu'à sa mort du comité de rédaction de cette revue.

Albert Jacquard participe au Comité consultatif national d'éthique. Généticien des populations, il se prononce contre l'exploitation à des fins commerciales du génome humain et le brevetage généralisé du vivant.

Il est proche du mouvement altermondialiste et il est un contributeur régulier du journal Le Monde diplomatique.

Grand humaniste, Albert Jacquard s'engage pour la défense des plus démunis. Il milite notamment aux côtés de l'association Droit au logement et de l'Abbé Pierre. Il apporte son soutien aux étrangers en situation irrégulière en grève de la faim à Lille durant . Il exprime ses vues sur la société et les sujets d'actualité dans une chronique radiophonique quotidienne sur France Culture.

En 1990, il signe l'Appel des 75 contre la guerre du Golfe.

En 1994, il est l'un des fondateurs de l'association Droits devant !!.

En 2004, il parraine avec Edgar Morin la liste Europe - Démocratie - Espéranto pour les élections du Parlement européen « , Albert Jacquard », sur e-d-e.org, publié le 12 septembre 2013..

En , il lance l'« Appel des vieux » avec sept autres « vieux » : Françoise Héritier, l'Abbé Pierre, Maurice Tubiana, Jean Delumeau, Edgar Morin, Albert Memmi et Denis Clair.

De à fin 2006, il est parrain du projet « Cité des Savoirs du » pour l'île Seguin avec Régis Debray, Axel Kahn et Philippe Meirieu.

Lors de l'élection présidentielle française de 2007, il apporte son soutien au projet de Christian Garino, candidat pour Esperanto - Liberté, qui finalement ne figure pas parmi les candidats officiels.

Lors des élections législatives françaises de 2007, Albert Jacquard copréside avec Axel Kahn le comité de soutien d'André Aschieri dans la des Alpes-Maritimes.

Il soutient aussi une pétition, créée par des victimes et proches de victimes de l'inceste et de la pédophilie. Cette pétition a pour but d'enlever la prescription de crimes sexuels commis sur les enfants, afin que les enfants victimes aujourd'hui puissent porter plainte sans restriction de temps. Il s'oppose également à la tenue du rallye Paris-Dakar, en apportant son soutien à l'association Padak.

Il est membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le .

Il apporte son soutien à Philippe Meirieu, tête de liste pour les élections régionales françaises de 2010 en Rhône-Alpes sur la liste Europe Écologie.

Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité.

Dans le cadre de l'élection présidentielle française de 2012, il exprime son intention de voter pour Jean-Luc Mélenchon« Albert Jacquard soutient Jean-Luc Mélenchon », blog de Martine Billard, (page consultée le 12 avril 2012).Albert Jacquard soutient le Front de gauche, sur le site « Place au peuple ! », mis en ligne le 13 avril 2012.« Albert Jacquard votera Mélenchon : « Il me fait penser à Jaurès » » (page consultée le 14 avril 2012).. Il signe l'appel des : « Pour nous, c'est MélenchonLe Figaro, 18 avril 2012.. »

Dans le cadre des élections législatives françaises de 2012, il se prononce en faveur de l'Alliance écologiste indépendantehttp://www.alliance-ecologiste-independante.com/actualites/dans-les-medias/communiques-de-presse/249-albert-jacquard-apporte-son-soutien-a-jean-marc-governatori [mon antivirus me signale la présence d'un cheval de Troie, JS:Hide-Me, lors de la tentative de visionnage de cette page]. et il apparaît dans leur clip de campagne.. et fut un soutien actif.

Il se disait proche de Jean-Marc Governatori, président de l'Alliance écologiste indépendante., dont il préfaça trois livres....

Autres engagements Écoles Steiner-Waldorf

À la suite du rapport critique de la MILS en 2000 à leur sujet, il défend en 2001 la pédagogie pratiquée dans les écoles Steiner-Waldorf, fondée sur les idées de l'anthroposophie. Par la suite, lors de sa création en 2003, il adhère au comité pédagogique de ces mêmes écoles Steiner-Waldorf.

Mouvement du logiciel libre Il rejoint Richard Stallman pour dénoncer en l'escroquerie sémantique du concept de propriété intellectuelle, puis en , pour soutenir la préservation des biens communs cognitifs« Rencontre entre Richard Stallman et Albert Jacquard », , 3 juin 2011.. Il renforce à cette occasion la démarche politique et sociale du mouvement du logiciel libre, lequel, par son leader, place les fondements philosophiques au cœur de l’action du mouvement.

Mouvement espérantiste En 2006, paraît la du manuel d'espéranto Cours Rationnel d'Espéranto, édité par SAT-Amikaro, dont Albert Jacquard écrit la postface. La première édition de cette méthode d'apprentissage avait paru en 1921, alors préfacée par Henri Barbusse.