René Pleven, né le à Rennes (Ille-et-Vilaine) et mort le à Paris (Île-de-France), est un homme d'État français.
Personnalité importante de la France libre pendant la guerre, il a été ensuite élu des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) jusqu'en 1973. Il fut président du Conseil et ministre sous la puis garde des Sceaux pendant la , sous la présidence de Georges Pompidou.
Biographie Enfance et formation Pleven naît à Rennes le .
Son père est officier, futur colonel et directeur des études à Saint-Cyr.
Bon élève, le jeune René est le condisciple de Raphaël Moreau au lycée de Laval. Une fois le baccalauréat obtenu, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Rennes. Il rejoint l'École libre des sciences politiques et étudie le droit par correspondance, puis à la Sorbonne.
À l’automne de 1917, il commence ses études supérieures à Paris. Il obtient une licence de droit et sort de Sciences Po classé dans les trois premiers de sa section (finances publiques). Il fréquente la conférence Olivaint, dont il fut le président en 1920. Il y rencontre Georges Bidault, futur président du Conseil national de la Résistance et président du Conseil, ainsi qu'Henry du Moulin de Labarthète, le futur directeur de cabinet de Pétain à Vichy. Il échoue au concours de l'Inspection générale des finances.
Militant au Groupement universitaire pour la Société des Nations (SDN), il est présenté en 1925 à Jean Monnet.
Il passe son service militaire à dépouiller des documents en vue de la rédaction d'un ouvrage de Philippe Pétain, ce qui lui permet de rencontrer le capitaine de Gaulle, professeur à Saint-Cyr, alors dans l'entourage de Pétain.
Une fois sa thèse obtenue en 1924, il épouse Anne Bompard, fille de Raoul Bompard, grand avocat et député dreyfusard.
Parcours professionnel Il devient en 1924 rédacteur en chef de la revue syndicale des industriels de la conserverie. En 1925, il entre au service de Jean Monnet. Ce dernier l'introduit dans les milieux financiers et industriels américains et internationaux.
En 1929, il entre dans la société américaine Automatic Telephone Company. Il s’installe à Londres avec sa famille, où il est muté (1934). Il dirige les opérations pour toute l'Europe (1939). Ce poste important lui donne une grande aisance financière et lui permet de multiplier les contacts aux États-Unis (où il se rend souvent) et en Pologne (où il travaille au développement du réseau téléphonique).
Il prend position contre les accords de Munich. En 1936, il est partisan d'une politique d'intervention en Espagne aux côtés des Républicains espagnols, contrairement à la politique de non-intervention prônée par les Britanniques.
Seconde Guerre mondiale En septembre 1939, il est mobilisé dans l’aviation, avec le grade de sergenthttps://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/rene-pleven.
En octobre 1939, son ancien mentor Jean Monnet est nommé président du Comité de coordination franco-britannique, un organisme chargé des commandes d'armement à l'étranger. Monnet obtient que Pleven soit son adjoint. Pleven est envoyé par deux fois aux États-Unis pour acheter des avions. Reçu en personne par Roosevelt, il effectue l'achat, malgré le contexte électoral américain encore assez isolationniste.
En mai et , Pleven assiste Monnet dans son projet de fusion franco-britannique en un seul État combattant. Ce projet prévoit une « union indissoluble » entre les deux pays qui ne formeraient alors qu'un seul gouvernement, des ministères communs, la fusion des deux parlements et l'attribution d'une citoyenneté commune aux deux peuples. Le projet est abandonné après l'appel du de Pétain. vignette|gauche|René Pleven au sein du Comité national français à Londres. Jean Monnet et René Pleven rencontrent Paul Baudouin l'après-midi du à Bordeaux. Les deux visiteurs veulent reprendre le projet d'union franco-britannique et préparer le départ vers l'Afrique du Nord avec l'aide des Anglais.
Baudouin se refuse à partir parce que sa famille se trouve en France et « pour aider les populations à supporter leur infortune ». Concernant l'offre d'union, rien n'est organisé. Baudouin ne croit plus aux possibilités de résistance militaire en Afrique du Nord et ne prend pas en compte les offres d'aides anglaises.
René Pleven s'éloigne de Jean Monnet pour devenir . Il est chargé des finances de la France libre.
Il fait partie d'une mission envoyée le par de Gaulle en Afrique-Équatoriale. Le , René Pleven propose au gouverneur du Tchad Félix Éboué de ravitailler le Tchad en échange de son ralliement à la France libre. Cette démarche permet de rallier les pays de l’Afrique-Occidentale et de l’Afrique-Équatoriale à la France libre. Selon Larminat : .
Le , il fait partie des individus qui reçoivent un exemplaire du testament politique du général de Gaulle.
Il part en aux États-Unis pour demander une aide financière au gouvernement américain. Il est reçu par Henry Morgenthau.
Il est nommé en commissaire aux Finances. Il est successivement commissaire aux Colonies, puis aux Affaires étrangères dans le Comité français de libération nationale et, après la mort soudaine d'Aimé Lepercq., aux Finances dans le Gouvernement provisoire de la République française, basé à Paris.. Il préside également cette même année la conférence de Brazzaville.
Après avoir institué l'emprunt de la Libération engagé par son prédécesseur Aimé Lepercq., entretemps mort à Harnes, celui-ci ayant eu le temps de publier l'ordonnance du sur la confiscation des profits illicites sous l'occupation allemande., René Pleven, nommé par de Gaulle le plutôt le '14' d'après la biographie de Christian Bougeard, Chapitre VII : Ministre des finances du gouvernement provisoire et engagement politique (septembre 1944-janvier 1946) à la suite de l'accident de son successeur mort le 9 novembre à 19h30 dans un accident et dont la voiture a été retrouvée le lendemain le 10 à 10 heures par les pompiers de Lens et de Licoin d'après Henri Amouroux : La grande histoire des français après l'occupation, Chapitre 13: De Gaulle choisit Pleven, Mendès s'en va page 527.., continua sa politique..
Ayant des différends avec Pierre Mendès France., il quitte le gouvernement le .
Après-guerre : député Il est élu député des Côtes-du-Nord dès .
En 1958, René Pleven, Eugène Claudius-Petit et de nombreux cadres quittent l'UDSR. Le mouvement est alors engagé par François Mitterrand dans l'opposition au général de Gaulle et aux institutions de la République.
Le plan Marshall aide la France à partir de 1950 à retrouver une certaine croissanceDominique Lejeune, La France des Trente Glorieuses : 1945-1974, History, 2015, celle-ci stagnant jusqu'en 1950Claude Gétaz, Éléments destinés à éclairer les origines de la civilisation, Business & EconomicsFernand Braudel, Ernest Labrousse, Histoire économique et sociale de la France (4), Business & Economics, 1980Parti radical, Le Parti radical-socialiste face aux périls politique, économique, social, History, 1951.
Président du Conseil Devenu maintenant président du Conseil en , il forme un gouvernement composé des alliés de la Troisième Force. En , il présente à l'Assemblée nationale son projet d'une armée européenne commune placée sous le contrôle de l'OTAN, projet connu sous le nom de Communauté européenne de défense.
En 1951, il cofonde le Comité d'étude et de liaisons des intérêts bretons (CELIB)https://istor-breizh.cynt.fr/periodes/le-temps-du-reveil, dont il reste président jusqu'en 1972.
Début 1954, alors ministre de la Défense, il prend position en faveur d’une évolution du statut de l’Algérie, ce qui provoque de violentes manifestations des colonialistes à son encontre, qui le frappent au visage. .
Ministre et soutien de Pompidou
En 1957, il est également membre de la Fondation culturelle bretonne.
En 1958, il vote la réforme constitutionnelle aboutissant au retour au pouvoir du général de GaulleCompte rendu intégral des débats de l'Assemblée nationale, , ( du PDF).
En 1969, il soutient la candidature présidentielle de Georges Pompidou et devient garde des Sceaux (1969-1973) des gouvernements Chaban-Delmas et Messmer. Il laisse son nom à la loi Pleven de 1972 qui sanctionne le délit d'incitation à la haine. Le , il inaugure le nouveau bâtiment de l'École nationale de la magistrature à Bordeaux, dont il a lancé et soutenu le projetLe discours qu'il prononce à cette occasion est reproduit dans la plaquette commémorative de l'évènement : ..
Après sa défaite aux législatives en et son départ du gouvernement, René Pleven consacre une grande partie de son énergie au Conseil général des Côtes-du-Nord et au district de Dinan qu'il préside.
Autres mandats et écriture d'un ouvrage Il est élu : président du conseil général des Côtes-du-Nord de à ; président du conseil régional de Bretagne du au (réélu le et le ) ; président de la commission de développement économique régional (CODER).
René Pleven publie en 1961 l’Avenir de la Bretagne, et s’exprima régulièrement dans le Petit Bleu des Côtes-du-Nord.
Décès Il meurt en 1993 dans le , et est inhumé dans le cimetière de Dinan.
Héritage politique René Pleven, démocrate-chrétien convaincu, a été un acteur politique constamment présent pendant 40 ans. Cependant au , peu d'hommes politiques revendiquent son héritage, en raison de son manque d'engagement au sein d'une force politique dominante.
Famille René Pleven a épousé Anne Bompard (fille de Raoul Bompard) et a eu deux enfants : Françoise Pleven, épouse de Louis Andlauer, et Nicole Pleven, épouse de Stanislas Mangin puis de l'éditeur Michel Worms de Romilly (descendant d'Olry Worms de Romilly)Who's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte 1992.
Il est l'arrière grand-père de la sociologue Jeanne Lazarushttps://www.ouest-france.fr/bretagne/dinan-22100/a-dinan-pap-ndiaye-et-herve-berville-saluent-la-memoire-de-rene-pleven-53cc17cc-0e03-11ee-891e-aa538ff341aa.
Fonctions gouvernementales Commissaire aux Colonies du gouvernement de Gaulle I (du au ) Ministre des Colonies du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du au ) Ministre des Finances du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du au ) Ministre de l'Économie nationale du gouvernement Charles de Gaulle (1) (du au ) Ministre des Finances du gouvernement de Gaulle II (du au )Il s’oppose à Pierre Mendès France sur l’avenir économique et financier du pays. Ministre de la Défense nationale du gouvernement Bidault II (du au ) Ministre de la Défense nationale du gouvernement Queuille II (du 2 au ) Président du Conseil (du au ) Vice-président du Conseil du gouvernement Queuille III (du au ) Président du Conseil (du au )Comme président du Conseil, il lance la Communauté européenne de défense (CED) et la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Il parvient à faire ratifier cette dernière. Ministre de la Défense nationale du gouvernement Pinay (du au ) Ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement Mayer (du au ) Ministre de la Défense nationale et des Forces armées des (du au ) Il doit faire face à la dégradation de la situation en Indochine. Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Pflimlin (du au ) Garde des Sceaux, ministre de la Justice du gouvernement Chaban-Delmas (du au ) Garde des Sceaux, ministre de la Justice du gouvernement Messmer I (du au )Rallié à la candidature de Georges Pompidou en 1969, il fait adopter la loi anti-casseurs.
Décorations (décret du ) , grand-croix
Grand Officier de l'ordre national de Côte d'Ivoire Grand-croix de l'ordre du Million d'Éléphants Ordre de l'Hermine (1972)https://www.ouest-france.fr/bretagne/la-ceremonie-du-collier-de-l-hermine-samedi-lorient-5912937.
Publication
Postérité
Archives Les papiers personnels de René Pleven sont conservés aux Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 560AP : .
Hommages