Le parc national de Port-Cros est un parc national français situé en mer Méditerranée, dans l'archipel côtier des îles d'Hyères (département du Var). Il comprend une grande partie de l'île de Porquerolles, les îles de Port-Cros et de Bagaud, l'îlot de la Gabinière et le rocher du Rascas ainsi que les eaux environnantes soit terrestres et marins. L'île de Bagaud et l'îlot de la Gabinière sont des réserves intégrales, interdites d'accès.
Autour de cette zone centrale (ou cœur de parc) est définie une zone périphérique ou aire potentielle d'adhésion (APA) de avec le littoral et les eaux de 11 communes, de La Garde à Ramatuelle et une aire maritime adjacente de .
La population permanente compte 350 habitants dans les cœurs du parc national (les îles de Port-Cros et Porquerolles), principalement à Porquerolles, et dans l'aire potentielle d'adhésion. Le parc, créé le , est étendu à une grande partie de Porquerolles le Le 6 mai 2012, l'île de Porquerolles obtiendra le statut de parc national par décret.. En 2023, comme d'autres lieux pouvant nécessiter une régulation des flux saisonniers « Surtourisme » : six lieux français qui connaissent une explosion de fréquentation récente, par Maxime Ponsot dans Ouest-France le 19 juin 2023 , le parc national a été identifié comme victime du phénomène de surtourisme.
Missions thumb|right|Port-Cros
En tant qu'établissement public, le parc national de Port-Cros a pour premier but de protéger le patrimoine naturel terrestre et marin situé sur son territoire. En effet, le parc national stricto sensu est constitué de l'île de Port-Cros, d'une superficie de , montagneuse et fortement végétalisée, de celle de Bagaud () et des rochers de la Gabinière et du Rascas et depuis 2012, d'une partie de Porquerolles. Il comprend également un périmètre marin de de largeCarte et réglementation marine de l'Ile de Port-Cros - année 2008.
Il administre le Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles, chargé de la sauvegarde de la flore sauvage et des variétés fruitières menacées de Méditerranée et depuis 2012, les terrains gérés à Porquerolles.
Par ailleurs, le parc national de Port-Cros et Porquerolles gère, en collaboration avec les communes de Hyères et de la Croix-Valmer, les espaces naturels acquis par le Conservatoire du littoral de la presqu'île de Giens et du cap Lardier.
Il participe en outre, en tant que conseiller technique et scientifique, à la gestion des anciens salines d'Hyères.
Enfin, depuis 1999, le parc national de Port-Cros est chargé d'une mission d'animation de la partie française de l'accord PELAGOS qui crée un sanctuaire pour les mammifères marins de Méditerranée. Cet accord tripartite entre la France, l'Italie et la principauté de Monaco vise à protéger les mammifères marins d'un vaste territoire situé dans le bassin corso-tyrrhénéo-liguro-provençal.
En 1997, le parc s'est vu décerner, pour l'ensemble de son action, le diplôme Européen remis par le Conseil de l'Europe.
Récemment inscrit dans le réseau européen Natura 2000, qui vise à gérer et protéger les habitats et espèces d'intérêt communautaire, le parc a été désigné comme opérateur pour la mise en place de mesures patrimoniales de gestion du grand site « La côte d'Hyères et son archipel », à terre et en mer.
Gestion Le parc national de Port-Cros est un établissement public à caractère administratif (EPCA), placé sous l'autorité du ministère de l'Écologie. Le directeur du parc est nommé par le ministre. Il est responsable du fonctionnement de l'établissement public suivant les orientations définies par le ministère. Il veille à l'exécution des décisions du conseil d'administration et dispose de pouvoirs réglementaires propres. Il exerce son autorité sur l'ensemble du personnel. Le personnel du parc compte 80 agents, fonctionnaires ou contractuels. Les agents de terrain sont des gardes-moniteurs réunis sous l'autorité d'un chef de secteur. Ils sont recrutés sur concours de la fonction publique. Le conseil d'administration rassemble les représentants de différentes administrations et de collectivités territoriales, ainsi que des habitants, des associations et organismes, du personnel ainsi que des personnalités nommées par le ministère. Il se réunit deux fois par an pour définir les principes généraux de la gestion du parc (aménagement, règlementation, etc.). Il vote le budget et contrôle l'action du directeur et de son équipe. Le conseil scientifique apporte son expertise dans la mise en place du programme de recherche annuel du parc et dans sa gestion patrimoniale. Il se réunit au moins 1 fois par an pour traiter des sujets de biologie terrestre, biologie marine et sciences humaines. Le conseil économique, social et culturel (CESC) aide l'établissement public à prendre ses décisions notamment en matière de politique contractuelle, de suivi de la mise en œuvre de la charte et d'animation de la vie locale.
Extension thumb|left|300px|Liséré vert: extension du parc national de Port-Cros thumb|right|220px|Carte topographique de l'île de Port-Cros La loi du réforme le statut des parcs nationaux qui datait de la loi du . Elle élargit ainsi la notion de parc national en constituant 2 zones : une « zone centrale » (cœur de parc) et une « zone périphérique » (zone d'adhésion) : Dans le cœur de parc, la protection sera maximale et l’État détient l’essentiel du pouvoir de décision (même si les collectivités locales pourront être consultées). La zone d’adhésion ne sera composée que des communes qui souhaitent y être intégrées : elles devront signer une charte du parc, un plan de préservation et d’aménagement. Ainsi, le développement de cette zone devra rester compatible avec la préservation de l’environnement.
Cette loi prévoit une plus grande place pour les collectivités locales et les usagers dans le conseil d’administration. Pourtant, si de nombreux bénéfices tant économiques qu'écologiques son attendues pour les collectivités, les résistances locales à l'extension du parc national de Port-Cros sont fortes.
Le texteTexte publié au Journal officiel le 6 mai 2012, publié au Journal officiel du , porte sur la création de l’aire potentielle d’adhésion et de l'aire maritime adjacente, de nouveaux cœurs du parc et sur la nouvelle composition du conseil d’administration du parc national de Port-Cros.
thumb|Préfiguration du parc national- mai 2012
Ainsi, l'aire potentielle d’adhésion comprend tout ou partie des territoires des communes de La Garde jusqu’à Ramatuelle. L’espace du parc comprend également une aire maritime adjacente, transposition en mer de l’aire potentielle d’adhésion. Le décret prévoit également la création d’un cœur de parc sur les espaces naturels, propriété de l’État, de l’île de Porquerolles dont la réglementation applicable reprend les réglementations actuellement en vigueur.
Enfin, le décret modifie la composition du Conseil d’administration de l'établissement en accordant notamment un siège à chacune des communes de l’aire potentielle d’adhésion et un siège à un représentant du monde agricole à l’instar du siège accordé au représentant du monde de la pêche maritime professionnelle.
Géologie La presqu'île de Giens, les îles de Porquerolles, de Bagaud, de Port-Cros et du Levant appartiennent à l'extension méridionale émergée du massif des Maures. Ce massif constitué de socle hercynien tranche avec la Provence cristalline. Les sédiments déposés lors du Paléozoïque (schistes à Graptolites du Fenouillet, Silurien) ont été entraînés dans l'orogenèse hercynienne, donnant lieu à un gradient métamorphique. Les dernières déformations hercyniennes ont laissé un réseau de failles E-O, à décalage sénestre. C'est ainsi qu'on observe une alternance de vallées et de chaînes parallèles.
Le canyon des Stœchades, lit fossile du Gapeau datant des dernières glaciations, est le bras de mer qui sépare les îles du continent. Lors des dernières périodes glaciaires, les épisodes de régression marine ont permis aux îles d'être reliées au continent. Les formations insulaires, appartenant au massif des Maures, correspondent à des formations affleurant sur le continent, à décalage près suite à un grand décrochement. Ainsi, les quartzites et schistes noirs à Graptolites du Fenouillet et du château d'Hyères ont pour équivalent celles du Cap des Mèdes à Porquerolles, les quartzites micacées de la presqu'île du cap Bénat correspondent à celles de Bagaud-Malalongue et les orthogneiss de Bormes à ceux d'Héliopolis au Levant. L'étude géologique des îles, grâce à leurs affleurements de qualité, apporte donc des données clés sur le massif des Maures.
Le talus continental possède une isobathe à moins de de la côte sud de Port-Cros ce qui est exceptionnel. Cela correspond à la cicatrice de la rupture du continent Maures-Corse-Sardaigne au moment de la dérive vers le sud du bloc corso-sarde au Cénozoïque (28-16 Ma).
Faune
La grande faune, qui exige de larges superficies, est absente de Porquerolles, mais l’île héberge plusieurs espèces de grande valeur patrimoniale. La forêt constitue le milieu de prédilection de nombreuses espèces d’oiseaux nicheurs : fauvette pitchou, engoulevent et bon nombre de migrateurs y trouvent refuge et nourriture. Le hibou petit-duc, petit rapace nocturne au chant flûté très caractéristique, niche dans les arbres creux. On y trouve également deux espèces de serpents, la couleuvre de Montpellier et la couleuvre à échelons et de nombreux insectes. Quant au rat noir, dont l’activité est essentiellement nocturne, il trahit sa présence par ses déjections et par les cônes de pin rongés jonchant le sol. thumb|Puffin cendré (photo Bompar, PNPC). Les falaises abritent des goélands et des cormoran et offrent un milieu propice à la nidification du puffin cendré (près de 25% des effectifs), espèce migratrice rare dont la colonie de Porquerolles est la plus importante des côtes françaises. Le puffin yelkouan y voit presque 90% de ses effectifs nicheurs y résider. Le faucon pèlerin y trouve aussi sa place tandis que le faucon d'Éléonore y est parfois aperçu.
La présence de cultures attire bon nombre d’oiseaux en migration mais aussi du gibier sédentaire tel que faisan et perdrix rouge. Les invertébrés, notamment les papillons, affectionnent ces milieux ouverts et riches en nourriture. La lagune, petite zone humide artificielle, abrite les libellules et de nombreux oiseaux d’eau : poules d’eau, râles, grèbes, hérons, martins-pêcheurs, vespertilion à oreilles échancrées, oreillard méridional ou pipistrelle commune. Six espèces protégées sont ainsi recensées dans l’île. Le faucon crécerelle y trouve aussi des creux pour abriter sa nichée. Quant aux reptiles (lézards, geckos) ils aiment la chaleur des pierres et les fissures des vieux murs qui leur offrent un abri sûr.
Le milieu marin La présence d’une côte rocheuse au sud et d’une côte basse et sablonneuse au nord favorise l’implantation d’une faune marine variée, représentative des principaux milieux marins de Méditerranée que sont : l’herbier de posidonie avec sa cohorte de saupes, oblades et oursins (en déclin), le coralligène avec ses grands prédateurs - mérous, murènes congres, dentis - et ses invertébrés très colorés, les fonds sableux, inlassablement fouillés par des bancs de rougets en quête de nourriture.
thumb|Gorgones rouges (D. Noirot PNPC).