Electrabel est une société anonyme de droit belge fondée statutairement en 1905. Son nom actuel date de 1990, à l'issue de la fusion des sociétés Intercom, Ebes et Unerg.

L'entreprise fait partie d'Engie, qui est actionnaire à 100 %.

Electrabel est active au Benelux où elle domine le marché. Sur ce marché, l’entreprise vend de l’électricité, du gaz naturel, des produits et services énergétiques à des clients résidentiels, professionnels et industriels et aux institutions publiques.

Electrabel fournit de l’électricité et du gaz naturel à de clients dans le Benelux. En 2008, elle a vendu d’électricité et de gaz naturel sur ce marché. Pour développer ses produits et services énergétiques, elle optimalise les possibilités de synergie entre l’électricité et le gaz naturel qu’offre le groupe Engie.

En Belgique, Electrabel est historiquement le plus grand producteur et fournisseur d'électricité.

thumb|Siège d'Electrabel aux Pays-Bas.

Historique Le secteur de l'industrie électrique nait en Belgique avec le sous la forme de petites entreprises à portée communale. Ces sociétés se regroupent dans la période de l'entre-deux-guerres. Contrairement aux autres pays européens, la guerre n'amènera pas la nationalisation du secteur qui restera privé, cependant les sociétés se structurent sur le modèle de l'intercommunale. L'intercommunale est un régime d'association mixte entre une commune (public) et une société de production d'électricité (privée). Ce régime particulier à la Belgique a été créé par la loi du .

C'est en 1905 que la Société d'Électricité de l'Escaut est créée. Elle donnera naissance à l'Ebes en 1956, puis en 1990 à Electrabel avant d'être intégralement détenue par Suez en 2003..

Société d'Électricité de l'Escaut (1905-1956) vignette|droite|upright=1.2|Groupe Société générale de Belgique (organigramme simplifié en 1918).

La Société d'Électricité de l'Escaut (S.E.E.) est créée en 1905. Elle a comme actionnaires principaux la Société générale de Belgique à hauteur de 10 %, la Compagnie Électrique Anversoise (C.E.A.) pour 25 %, la Compagnie Générale des Tramways (C.G.T.) pour 25 %, la Compagnie Mutuelle des Tramways (C.M.T.) pour 4 % etc. Son objectif est de produire de l'électricité pour alimenter l'agglomération anversoise. Elle construit pour cela de 1906 à 1908 une centrale à Merksem (district d'Anvers).

À cette époque un ingénieur belge, fondateur de la C.M.T, Charles Charrier, développe l'idée d'un couplage entre un centre de production électrique et un centre d'utilisation de force motrice dans un même lieu. Soit au sein d'une même société, soit dans une société et sa filiale, soit encore toutes deux filiales opérationnelles d'un holding financier : cela donnera au sein de la SGB une multiplication à foison des compagnies de transport couplées à des compagnies électriques.....

En 1919, la Compagnie Mutuelle des Tramways est proche de la faillite, du fait des suites de la révolution russe et de l'installation du pouvoir soviétique : elle possédait de nombreux intérêts dans l'ancien empire russe (Gaz et Électricité de la Ville de Kazan).

Elle est recapitalisée et change de nom pour s'appeler Société d'Électricité et de Traction (Électricité et Traction en abrégé)..

En 1927 la S.E.E. et la S.G.B.E.E. créent une filiale commune, Interescaut. Cette société est spécialisée dans la production d'électricité. Une centrale est bâtie à Schelle, toujours dans la région anversoise, d'une puissance de qui entrera en fonction en 1930..

En 1929, fusion entre Électricité et Traction (anciennement C.M.T) et la Compagnie Auxiliaire d'Électricité et de Transport dans une société nouvellement créée à cet effet : Traction et Électricité.

Ebes (1956-1990) L'électricité d'origine thermique Verenigde Energiebedrijven van het Scheldeland N.V., alias Ebes (Sociétés Réunies d’Énergie du Bassin de l’Escaut S.A.) est créée en 1956 par fusion de la S.E.E, de la société C.E.F.B. et de la S.E.C. Le parc de l'Ebes est alors constitué des centrales de Merksem, Langerbrugge, Oisquercq, Mol, Ostende, Charleroi et Schelle.

L'Ebes a construit, à partir de 1962, une centrale mixte (fioul, charbon et gaz de haut fourneau) à Rodenhuize dans la zone portuaire de Gand, afin d'alimenter en énergie le complexe sidérurgique de la SIDMAR. La centrale de Rodenhuize est constituée de trois unités de construites respectivement en 1964, 1965 et 1969 et d'une unité de construite en 1978.

En 1963 est signé le « Pool des calories » entre les plus gros producteurs d'électricité en Belgique (Ebes, Intercom, Interbrabant, Esmalux). L'objectif de ce regroupement est de s'associer pour acheter en commun le charbon et les produits pétroliers (fioul) en faisant pression à la baisse pour bénéficier de prix plus avantageux.

À la veille de l'arrivée du nucléaire, Ebes est la deuxième compagnie privée de production et distribution d'électricité en Belgique. Voici l'état détaillé de sa production électrique pour l'année 1962.

+ Production d'électricité par Ebes (en 1962) . Centrale de Ebes Puissance au 1/1/1963 Production en 1962 Mol

Merksem

Schelle

Langerbrugge - Rodenhuize

Ostende

Charleroi

Total EBES

En comparaison, voici l'état de la production d'électricité de la concurrence en Belgique pour l'année 1962.

+ Production d'électricité en Belgique (en 1962) . Centrales privées Puissance au 1/1/1963 Production en 1962 Intercom

EBES

Interescaut (pour Intercom et EBES) (229) MW (622) GWh Interbrabant

Esmalux

Autres sociétés privées (6)

Total Producteurs privés

Centrales publiques

Gand

Liège

Autres

Total Producteurs publics

Le développement du nucléaire Le gouvernement belge initie en 1962 une politique énergétique tournée vers le nucléaire, politique qui se concrétise par la création de deux syndicats. Ceux-ci donneront naissance plus tard au Bureau d'Études Nucléaires, un bureau d'étude privé créé sous l'égide de la Société générale de Belgique par Electrobel et Traction et Électricité. Au même moment, en France, le général de Gaulle imprime un mouvement similaire. Le traité Euratom, signé en 1957 à Rome, permet des accords avec les États-Unis afin de bénéficier d'uranium enrichi (dont seuls les États-Unis ont le monopole) afin de pouvoir construire de grandes centrales nucléaires. C'est donc naturellement que la France (EDF) et la Belgique (Intercom, Interbrabant, Esmalux et Ebes) vont se rapprocher pour construire ensemble et à parité (50 % France / 50 % Belgique) la centrale nucléaire de Chooz. La construction de la centrale de Chooz va s'étaler de 1962 à sa mise en service en 1965. Par la suite, le gouvernement dirigé par Paul Vanden Boeynants donnera en 1966 son approbation pour la construction de trois nouvelles tranches nucléaires (dont une en coopération avec EDF) : Tihange, Doel.

À partir de 1968, sont construites les tranches : Tihange 1 de la centrale nucléaire de Tihange, d'une puissance de , est mise en service en 1975 ; elle est la propriété mixte indivise de EDF, Intercom, Ebes et Unerg; Doel 1 est mise en service en 1974 ; elle est la propriété indivise d'Intercom, Ebes et Unerg; Doel 2 de la centrale nucléaire de Doel, est mise en service en 1975; elle est la propriété indivise d'Intercom, Ebes et Unerg;

Le choc pétrolier de 1973 va être à l'origine du lancement d'une seconde vague de construction de centrales nucléaires. À partir de 1974, sont construites les tranches : Tihange 2 () et Tihange 3 () sont la propriété des seuls opérateurs belges et sont mises en exploitation en 1983 et 1985; Doel 3 et Doel 4 mises en service en 1982 et 1985.

La centrale de Chooz (réacteur A) est arrêtée en 1991 et un processus de démantèlement débutera à partir de 1999. La France a de son côté continué à exploiter le site avec une tranche B constituée de deux réacteurs (Chooz B1 et Chooz B2)...

Organigramme simplifié du groupe en 1982 En 1981-82, la société Traction et Électricité change de dénomination sociale pour devenir Tractionel..

thumb|centre|upright=2.3|Organigramme simplifié du groupe EBES/SGB en 1982

La rationalisation se poursuit dans les structures des sociétés d'électricité du groupe. En 1986, Tractionel et Electrobel (société du groupe Bruxelles-Lambert) fusionnent pour donner naissance à Tractebel.

L'arrivée de Suez (1988) En 1988, Carlo De Benedetti lance un raid inamical sur la Société générale de Belgique (SGB). Des discussions sont nouées entre Suez, la SGB et le Groupe Bruxelles Lambert (Albert Frère) afin de faire échouer ce raid. Ces discussions aboutissent à une prise de participation de Suez dans la SGB et d'Albert Frère dans le groupe Suez : le raid de Carlo de Benedetti a échoué. Le , à l'issue de la bataille boursière, Suez et ses partenaires s'étaient rendus maitres de 55 % du capital..

Outre les changements immédiats à la tête du groupe de la Société générale de Belgique, le nouvel actionnaire va influer sur la structure du pôle électricité comme en témoignent les rationalisations qui ont suivi..

Electrabel (1990-2003) La naissance d'Electrabel (1990) thumb|droite|upright=1.8|Organigramme de la société Electrabel en 1990

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En 1990, un processus assez complexe de fusions-acquisitions s'opère entre Tractebel, Ebes, Unerg et Intercom pour ne citer que les plus importantes des sociétés impliquées. Le processus de réorganisation s'accompagne d'un programme de changement de noms : Ebes devient Electrabel et Unerg devient Powerfin. À l'issue de ce regroupement, la Société générale de Belgique détient 40 % de Tractebel qui détient 53 % de Powerfin qui détient 28 % d'Electrabel. La société Electrabel pèse alors BEF de chiffre d'affaires, représente 94 % de l'électricité produite en Belgique et 4 % de l'électricité européenne..

À la suite de ces opérations, l'organigramme simplifié du groupe ressemble au diagramme de droite.

La montée en puissance du groupe Suez-Lyonnaise Le groupe Suez (puis Suez-Lyonnaise) a mené une stratégie active pour contrôler la totalité du capital de la SGB (auparavant détenue à hauteur de 63 %). Cette opération se concrétisa en sous la forme d'une OPE qui donnait 99,4 % des actions de la SGB au groupe Suez-Lyonnaise..

Cette filialisation de la SGB dans le groupe Suez-Lyonnaise, augmentait la part directe et indirecte de Suez dans Tractebel qui passait de 32 % avant l'opération à 51 % après l'opération.

Cette stratégie dans la volonté du côté du groupe Suez de prise de contrôle du groupe SGB s'est ensuite poursuivie sur ses filiales dans le secteur de l'énergie, avec une volonté de simplifier la structure faîtière du groupe et réduire les différents niveaux de contrôles mais aussi de s'émanciper du Groupe Bruxelles Lambert..

De même que la Belgique s'était émue du passage sous pavillon français de la Société générale de Belgique, alors considérée comme le vaisseau amiral de l'économie belge, lorsque Suez-Lyonnaise monte sa participation dans Tractebel, les milieux d'affaires belges s'émeuvent que tout un pan du secteur énergétique de la Belgique passe sous contrôle français..

À partir de 1996, du côté belge, des voix se faisaient entendre qui voulaient défendre l'indépendance du pôle énergétique représenté par le groupe Tractebel/Electrabel. Ainsi, lorsqu'en 1996 le groupe Bruxelles Lambert veut vendre sa participation de 24 % dans Tractebel, tout bascule. La Société générale de Belgique n'a pas les moyens de débourser une telle somme (). C'est à cette époque qu'au sein du groupe SGB, tout le monde s'évertue alors pour trouver une solution et éviter une OPA étrangère. Le PDG de Tractebel — Philippe Bodson, longtemps soutenu dans cette démarche par Jean-Luc Dehaene, le Premier Ministre belge — propose en 1998 de fusionner Tractebel et Electrabel : la fusion ferait passer le contrôle du groupe Suez sous la barre des 51 % du groupe ainsi constitué.. Les propos de M. Jean-Luc Dehaene dans un courrier adressé au PDG de Suez-Lyonnaise, Gérard Mestrallet sont clairs :