Halanzy (gaumais : Halazi, luxembourgeois : HueldangZesummegestallt vum Henri Leyder-Lëtzebuerger Marienkalender 1997-iwwerschaft 3/2011./Hoeldang, Holdingen puis Helsingen en allemand) est un village ainsi qu'une section de la ville belge d'Aubange située dans la province de Luxembourg et plus particulièrement en Lorraine belge

Elle fait partie de la Gaume, sous-région où la langue vernaculaire traditionnelle est le lorrain roman appelé localement "gaumais". Halanzy se trouve d'ailleurs à la limite linguistique entre la Gaume et le Pays d'Arlon (à l'est) où la langue historique est le luxembourgeois. Cependant, avec la loi sur l'obligation scolaire de 1914, le français monte en puissance comme lingua franca et ces patois régressent, au point d'être menacés d'extinction dans la région à la fin du .

Halanzy était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Elle connut un fort développement économique et démographique entre les grâce à sa mine de fer, à laquelle vint s'adjoindre une usine sidérurgique. La crise de la sidérurgie dans le bassin lorrain mettra un terme à cet âge d'or dans les années 1970, la région rebondira ensuite, dans le sillage du redéploiement économique du Grand Duché de Luxembourg.

Au , la population totale du village est de ( et )Recensement officiel annuel de la commune d'Aubange, service population, au 31 décembre 2012.

Toponymie La question de l'étymologie du nom Halanzy n'est pas tranchée, faute d'éléments écrits indiscutables. Comme pour beaucoup de localités, il a certainement évolué au cours du temps, et les motivations initiales se sont perdues. Une piste se rapporte au toponyme Hattincourt qui était encore utilisé à la fin du pour désigner le centre historique du village. Une autre évoque une origine éventuelle dans les mots gaulois Hall (lieu ou se rend la justice) et Ant (vallon). Une légende locale, relayée par l'instituteur Grégoire en 1877, donne au nom moderne une signification liée à une source ferrugineuse qui était réputée dans la région pour ses bienfaits curatifs. Selon celle-ci, Halanzy serait alors issu du gaumais "allans-y" (allons-y). On peut également s'interroger s'il existe un lien entre la version latine et la version germanique du toponyme, ou si ce dernier peut faire référence à une étymologie spécifique. Dans Holdingen, Hol renverrait alors vers une cavité (qui serait à la source du ruisseau de l'Aubée, évoquée également ci-dessus) alors que le suffixe -ingen (ayant donné -ange dans la version romanisée) fais simplement référence à une maison. Autre piste : Holda est une divinité germanique dont pourrait avoir découlé Holdingen.

Démographie Le graphique suivant représente l'évolution du nombre d'habitants uniquement dans le village d'Halanzy depuis le premier recensement de la « nouvelle » commune d'Aubange, ayant intégré celle d'Halanzy, soit en 1978Source : registres de la population de la commune d'Aubange consultés en avril 2013.:

On remarque sur ce graphique la chute de la population à partir de la fin des années 1970. Elle s'explique par le début de la crise de la sidérurgie dans le bassin lorrain, qui toucha durement Halanzy et ses environs. En effet l'usine de Musson du fermer ses portes en 1967 suivie par celle d'Athus en 1977. Cela entraina la fuite de bon nombre de travailleurs résidant auparavant dans le village. Géographie Situation La section de Halanzy est située à l'extrême sud-est de la province et du royaume. Elle se trouve sur la face sud-ouest de la commune d'Aubange.

Le village est limitrophe au sud et au sud-est du département français de Meurthe-et-Moselle.

Localités environnantes

La section d'Halanzy En Belgique, une section est normalement définie par les limites des anciennes communes d'avant la fusion de 1977. À cette date, les quatre (anciennes) communes d'Athus, d'Aubange, d'Halanzy et de Rachecourt créèrent donc la « nouvelle » (et actuelle) commune d'Aubange et leurs anciens territoires en devinrent les actuelles sections.

L'actuelle section d'Halanzy se compose de trois localités: Halanzy Aix-sur-Cloie Battincourt

La section d'Halanzy est la plus grande des quatre sections de la commune d'Aubange pour ce qui est de la superficie et se place numéro 3 pour la population avec (au ), derrière Athus () et Aubange ().

Géologie Le village se trouve en Lorraine belge, aux confins du Bassin parisien, sur la troisième cuesta de Lorraine (bajocienne). Celle-ci est caractérisée par un front raide au sud, couvert de forêts, et une pente douce au nord, avec les ruisseaux ferrugineux de l'Aubée et de la Batte, ce dernier ayant sa source à Battincourt et se jetant dans la Vire, qui coule au nord d'Halanzy (alors que l'Aubée traverse le village).

Le flanc sud est protégé par une couche de calcaire de Longwy qui fut exploité pour la construction. Sous cette couche se trouve un minerai assez pauvre en fer (environ 30 %) : la minette, extraite abondamment lors des au profit de l'activité métallurgique et sidérurgique de la région, aujourd'hui révolue.

Histoire

Les débuts Des traces d'une villa attestent d'une présence à l'époque romaine au Fayt, sur le versant sud. Par ailleurs, une voie de communication secondaire reliant Vertunum ((Vieux-Virton) au Titelberg) traverse l'entité d'est en ouest, en longeant la cuesta bajocienne et ses forets au sud du village, donc non loin du site de la villa. Il y a aussi des fondations et des restes de foyers qui ont été mis au jour à la rue du fossé ainsi qu'au bas de la rue de l'ermitage. Ces traces tendent à corroborer la tradition qui rapporte qu'un ancien village distinct, comprenant 500 à 600 habitations s'y trouvait

Au , le village, comme toute la région, est dévasté par une invasion germanique. Les Francs en font de même un peu plus d'un siècle plus tard. Des tombes franques sont découvertes en 1880.

Halanzy est, depuis 1318, affranchi à la Loi de Beaumont. La destruction des archives locales lors de la Révolution française n'en laisse toutefois aucune trace probanteGodefroid Kurth, La loi de Beaumont en Belgique : étude sur le renouvellement annuel des justices locales, Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-arts de Belgique. Classe des Lettres et des Sciences Morales et Politiques. Mémoires. Collection in-4°, 1881, vol. XXXI, p. 769-790

Au Moyen Âge, un seigneur local règne sur le village. Il est le vassal du châtelain de Longwy, qui dépend du duché de Lorraine puis du comté de Bar. .

En 1336, Hugo de Halanzy, instaure une fondation en faveur des pauvres qu'il dédie à Saint-Nicolas (autel qui existe encore en l'église de Halanzy). En 1368, le duc de Bar engage la chatellainerie de Longwy à Venceslas de Luxembourg, roi de Bohême et duc de Luxembourg, en échange de sa remise en liberté. En 1371, l’écuyer Arnould d'Halanzy, fils d'Hugo, suit son suzerain Wenceslas de Luxembourg qui s'engage dans la bataille de Baesweiler. Celui-ci est défait et emprisonné. Arnould ne sera libéré qu'en 1374. Un parchemin mentionne qu'Arnould est prévôt de Longwy de 1397 à 1399. En 1380, Raoul de Sterpigny est mentionné comme collateur de la fondation « familiale » de Saint-Nicolas à Halanzy, ce qui laisse penser qu'Arnould n'a pas eu de fils et que sa fille aînée a épousé Raoul de Sterpigny (famille originaire d'Autelbas). En 1636, la population est victime de la peste et passe de 350 à 220 habitants. Au début du , le château est occupé par le couple Feller - Grevenbroeck.

Le (), un grand incendie détruit toute la partie est du village dont 17 grandes fermes et tue un homme. Seules une quinzaine de maisons restent intactes dans la rue de l'église. Les habitants érigent un monument commémoratif en 1763, à l'endroit où le feu s'est arrêté. . Dans la nuit du 26 au , un tremblement de terre secoue le village. En 1791, c'est à nouveau un important incendie qui détruit de nombreuses habitations et le château-ferme. L'année suivante, le village échappe au choléra, comme l'atteste la chapelle construite non loin du cimetière.

L'exploitation du fer et la sidérurgie

La Gaume voit l'émergence d'une proto-industrie sidérurgique (forges) dès le , notamment à Chatillon. Mais ce n'est qu'en 1733 que l'on trouve trace d'une exploitation du minerai de fer en surface et à faible profondeur (grattage) à Halanzy. Il s'agit alors de paysans qui assurent l'extraction à titre complémentaire. Dans un premier temps, cette exploitation vise à alimenter les forges de la région qui bénéficient des forêts avoisinantes comme combustible pour fondre le minerai et de la proximité des rivières, mais aucune trace d'une implantation de ce type n'est attestée à Halanzy, probablement faute d'un cours d'eau suffisamment important. L'exploitation minière prend progressivement de l'ampleur, car la minette locale a une bonne teneur en fer et que le gisement semble plus prolifique que nombreux gisements exploités plus au nord (Habay, Saint-Léger...). Les maitres de forges ont pris l'habitude de mélanger différents minerais afin d'obtenir la qualité souhaitée. Par ailleurs, jusqu'au , les propriétaires de terres peuvent jouir de tout le sol sous leur champs sans limite de profondeur, ce qui ne sera plus le cas par la suite, avec le passage progressif à un régime de concession d'état, qui coïncide avec l'épuisement des plus petits sites d'extraction. Jusqu'au milieu du , le facteur limitatif au développement de la mine est le coût du transport, mais la raréfaction du minerai pousse les maitres de forges à s'approvisionner de plus en plus loin. Fin du , le minerai d'Halanzy s'exporte jusqu'à Biourge (Bertrix). Au début du siècle suivant, il parvient même jusqu'à l'Ourthe où il est chargé sur des bateaux vers Liège, mais cela reste anecdotique jusqu'à l'arrivée du chemin de fer qui réduit drastiquement les coûts de transport et fait exploser la demande. Toutefois, la minette reste composée de deux tiers de "stériles", et il apparait évident qu'en exportant de la fonte plutôt que du minerai, on peut réduire les coûts de transports d'un facteur trois. Des usines voient donc le jour à proximité des mines, dont celle d'Halanzy, le . La population double en une vingtaine d'années, dépassant les âmes au début de la Première Guerre mondiale.

Après la Première Guerre mondiale, en 1921, La société « Sodelux » (Société d'Electricité de la province de Luxembourg) est fondée à l'occasion du remplacement de la génératrice électrique de l'usine par une machine de 4000 chevaux exploitant les gaz des hauts-fourneaux. L'usine électrique est installée dans un bâtiment au bout de la rue du Bois. Elle vise à alimenter les usines d'Halanzy, de Musson et de Gorcy, mais distribue également le courant dans le village.

Juste avant la Seconde Guerre mondiale, la fusion avec l'usine de Musson et les soubresauts de la crise de 1930 font que les hauts fourneaux, moins performants, sont éteints et ne seront plus rallumés, alors que d'importants investissements dans les usines sidérurgiques de Longwy, Athus ou Dudelange justifient la poursuite et l'intensification de l'extraction qui sera mécanisée, mais la teneur en fer du minerai, à hauteur de 40 % maximum, est confrontée à l'arrivée de minerais beaucoup plus riches (et dépourvus de phosphore), en provenance du Brésil et de Scandinavie. Comme les outils de transformation de ces minerais sont différents de ceux utilisant la minette, celle-ci voit son utilisation se limiter aux plus anciennes unités de transformation (fonctionnant sur le procédé Thomas).

Par ailleurs, une cimenterie s'installe face à l'usine par rapport aux voies du chemin de fer, à l'angle des rues du Bois et de la Motte. Construite et exploitée par Hubert Loescher, elle fusionne en 1919 avec une cimenterie de Marchienne. La date de sa fermeture est incertaine.

Période moderne