Gabriel Auguste Daubrée, né le à Metz et mort le à Paris (), est un géologue français.

Polytechnicien et membre du Corps des mines, il travaille d'abord dans le Bas-Rhin (1838-1861), puis à Paris (1861-1884). Il est élu à l'Académie des sciences en 1861, après deux échecs.

Biographie Origines familiales et formation

Né à Metz (département de la Moselle), il est le fils de Louis Daubrée et d'Anne Perin.

Il passe le concours d'entrée à l’École Polytechnique en 1832. En 1834, il obtient son diplôme d'ingénieur. Durant son passage par cette école à statut militaire, il obtient le grade de sergent..

Il opte ensuite pour le Corps des mines et entre à l'École des mines de Paris le ..

Dans le cadre de ses études, il effectue en 1837 un voyage au Royaume-Uni, dans le sud du Pays de Galles, le nord de l'Angleterre, les Cornouailles et le Devonshire, où il étudie l'emploi de l'anthracite, l'exploitation et le commerce de la houille. et les dépôts métallifères.

Il sort diplômé de l'Ecole des mines le ., comme ingénieur de classe.

1838-1861 : en Alsace Le , il devient ingénieur ordinaire de classe..

Il exerce dans l'arrondissement minéralogique de Strasbourg qui appartient à la division du nord-Est comme membre de la commission de surveillance instituée pour la navigation des bateaux à vapeur pour le département du Bas-Rhin..

Chargé de travailler à l'élaboration de la carte géologique du Bas-Rhin, il effectue des tournées géologiques sur le terrain notamment en 1840 dans le massif des Vosges. et en 1841 dans toutes les parties du département..

En 1840, il effectue également, à la demande du ministère des Travaux publics, un voyage d'étude à Berlin (capitale du royaume de Prusse) et dans le royaume de Saxe.

Il est membre de la Société des amis des arts de Strasbourg

En 1842, il devient professeur de minéralogie et de géologie à faculté des sciences de Strasbourg, dont il devient le doyen en 1852.

Le , il devient ingénieur ordinaire de classe classe

Au , il est chargé de la direction du service de l'arrondissement minéralogique de Strasbourg..

Au , il devient ingénieur en chef de classe.

En , il est candidat au siège de Constant Prévost à l'Académie des sciences (section de minéralogie et de géologie), mais est battu par Adolphe d'Archiac...

En , il est candidat au siège d'Armand Dufrénoy à l'Académie des sciences (section de minéralogie et de géologie), mais de nouveau battu, cette fois par Charles Sainte-Claire Deville.

En 1860, l'Académie des sciences lui attribue le prix Bordin, doté d'une somme de deux mille francs..

1861-1884 : à Paris En 1861, il devient professeur de géologie au Muséum national d'histoire naturelle de Paris.

Il est élu le membre de l'Académie des sciences pour la section minéralogieListe des membres, correspondants et associés étrangers de l'Académie des sciences depuis sa création en 1666, lettre D, site de l'Académie des sciencesau siège de Louis Cordier..

Le , il est nommé professeur de minéralogie à l'École des mines de Paris en remplacement d'Henri Hureau de Sénarmont..

Le , il devient ingénieur en chef de classe..

En 1863, il est nommé au sein de la commission des sciences à la commission de cinq membres chargée de décerner le prix Cuvier..

Le , il devient inspecteur général de classe chargé de la division minéralogique du sud-est..

Dans le cadre de l'organisation de l'exposition universelle de 1867, Auguste Daubrée est rapporteur des classes 13, section 3 (cartes géologiques ( partie)) et 40 section 1 (substances minérales)..

Le , en tant qu'inspecteur général des mines, il est chargé de la division minéralogique du Sud-Ouest au lieu de celle du Sud-Est..

Le , il accède au rang d'inspecteur général de classe.

Il devient directeur de l’École des mines de Paris en 1872.

Il adhère en 1872 à la Société de géographie dont il assurera la présidence.

En 1873, il représente l'Académie des sciences à l'anniversaire de l'Institut impérial des Mines de Saint-Pétersbourg..

Par décision du ministère de l'agriculture et du commerce du , il est désigné comme membre du jury d'admission à l'exposition universelle de 1878 ( groupe : Industries extractives, produits bruts et ouvrés ; classe 43 : produits de l'exploitation des mines et de la métallurgie)..

Le , il fait partie d'une commission chargée d'examiner toutes les questions que doit soulever la question de la participation du ministère des Travaux publics à l'Exposition universelle de 1878..

Auguste Daubrée est membre de la commission crée par la loi du par les ministères de l'instruction publique et des travaux publics pour étudier les moyens propres à prévenir les explosions de grisou dans les mines de houille..

Le , il est nommé membre de la commission supérieure instituée pour l'étude des questions relatives à la mise en communication, par voie ferrée, de l'Algérie et du Sénégal avec l'intérieur du Soudan..

Le , il est nommé par le ministre de l'Instruction publique et des beaux-arts vice-président de la sous-commission chargée de dresser l'inventaire des monuments mégalithiques et des blocs erratiques de la France et de l'Algérie. Cette sous-commission se rattache à la commission des monuments historiques..

Par décret du , il fait partie des membres du corps des mines appelés à faire partie du congrès international des électriciens ouvert à Paris le ..

Le , il est nommé membre de la commission supérieure chargée de déterminer la suite qu'il convient de donner au projet de mer intérieure dans le sud de l'Algérie et de la Tunisie, présenté par le commandant François Elie Roudaire..

Le , il est appelé à faire partie de la commission chargée de déterminer la part que prendra l'administration des travaux publics à l'exposition ayant pour objet les mines, les arts métallurgiques, la céramique, la cristallerie et les eaux minérales, qui doit s'ouvrir à Madrid le ..

Il faisait partie du conseil de l'ordre de la Légion d'honneur.

Retraite (1884-1896) Il prend sa retraite le .et est nommé à cette date directeur honoraire de l'École des mines de Paris.

Le , malgré son départ en retraite, il est maintenu dans ses fonctions de membre de la commission spéciale de la carte géologique de la France..

En , il est nommé pour trois ans membre du conseil du bureau central météorologique de France..

Mort et funérailles

Il meurt le d'une pleurésie.

Domiciles successifs Paris (91, rue de Grenelle) Paris (254, boulevard Saint-Germain)..

Travaux de recherche

Géologie En 1840, au cours de ses tournées minéralogiques, il s'occupe "d'examiner les roches sous le rapport de la nature intime de leurs éléments" (Elie de Beaumont)

Ses premières publications datent de 1841, alors que l'origine de certains minerais d'étain attire son attention. Il travaille ensuite sur la formation de minerais de fer et sur les détails de la géologie du Bas-Rhin en 1852. De 1857 à 1861, il effectue une série d'observations intéressantes sur les eaux thermales et leur influence sur la maçonnerie romaine à travers laquelle elles creusent leur chemin.

Il est surtout connu pour ses expériences nombreuses et souvent dangereuses sur la production artificielle de minéraux et de roches. Il contribue aussi à l'étude de la perméabilité des roches et l'effet des infiltrations dans la production de phénomènes volcaniques, du métamorphisme, des déformations de la croûte terrestre, des tremblements de terre ainsi que de la composition et la classification des météorites.

Il s'est aussi beaucoup intéressé à l'énigme des murs ou forts vitrifiés.

Spéléologie Les conceptions de Daubrée sous-tendent l'esquisse spéléogénétique d'Édouard-Alfred Martel, selon le témoignage de ce dernier.

En 1892, Daubrée présente à la Société agricole de France une note de Martel sur Une cause de contamination des sources en terrains calcaires.

Distinctions En 1849, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1858, il est promu officier de la Légion d'honneur

En 1860, il est fait commandeur de l'ordre de la Couronne de chêne (Pays-Bas)

En 1868, il est fait commandeur de l'ordre de la Rose (Brésil)

En 1868, il est fait commandeur de l'ordre de du Christ (Portugal)

En 1869, il est fait commandeur de la Légion d'honneur

En 1880, la Geological Society of London lui décerne la médaille Wollaston. Il est fait membre étranger de la Royal Society en 1881 pour ses recherches sur la constitution artificielle des matières trouvées dans les aérolithes et dans les bouches volcaniques provenant de l'intérieur de la terre.

En 1881, il est fait grand officier de la Légion d'honneur..

En 1882, il reçoit une médaille de bronze dans le cadre de l'exposition internationale de Melbourne ( section : matériel et procédés du génie civil, des travaux publics, mines)..

Hommages En 1878, un buste de de Gabriel Auguste Daubrée a été réalisé par le sculpteur Antoine Etex pour l'Ecole des mines de Paris.

En 1973, l'Union astronomique internationale a donné le nom de Daubrée à un cratère lunaire.

Un amphithéâtre de l'EOST (École Observatoire des Sciences de la Terre), localisé 1 Rue Blessig à Strasbourg, porte son nom.

Publications Mémoire sur l'emploi de l'anthracite dans les hauts-fourneaux à fer du sud du Pays de Galles (1837) Mémoire sur l'exploitation et le commerce de la houille dans le nord de l'Angleterre (1837) Mémoire sur la géologie des dépôts métallifères de Cornouailles et du Devonshire (1837) Notice sur les rapports de position du granite et du quaderstansteinen Saxe et en Bohême (1840) Mémoire sur le gisement, la constitution et l'origine des amas de minerais d'étain (1841) Mémoire sur les dépôts métallifères de la Suède et de la Norvège () Examen de charbons produits par voie ignée à l'époque houillère (). Observations sur le minerai de fer qui se forme journellement dans les marais et dans les lacs (23 juin 1845). Observation sur la haute température observée dans un puits foré à Neuffen (Wurtemberg) (). Mémoire sur la distribution de l'or dans le lit du Rhin et sur l'extraction de ce métal (extrait) (). Mémoire sur la distribution de l'or dans le gravier du Rhin et sur l'extraction de ce métal () Sur le gisement primitif de l'or du Rhin (). Notice sur le tremblement de terre des bords du Rhin du 29 juillet 1846 (). Observations sur la quantité de chaleur annuellement employée à évaporer de l'eau à la surface du globe et sur la puissance dynamique des eaux courantes des continents () Notice sur des inflammations des gaz survenues dans des mines métalliques (extrait par l'auteur) (). Notice sur le dépôt tertiaire supérieur du Sundgau (Haut-Rhin) et sur la transformation en kaolin des galets feldspathiques de ce dépôt (extrait par l'auteur) (). De l'existence de couches de transition appartenant à deux systèmes dans les Vosges autour du massif du Champ-du-Feu (). Recherches sur la production artificielle de quelques espèces minérales, cristallines, particulièrement de l'oxyde d'étain, de l'oxyde de titane et du quartz ; observations sur l'origine des filons titanifères des Alpes (extrait par l'auteur) (). Carte géologique du département du Bas-Rhin (1849. ; 1851). Recherches sur la présence de l'arsenic et de l'antimoine dans les combustibles minéraux, dans diverses roches et dans l'eau de la mer (extrait) ().

Recherches sur la production artificielle des minéraux de la famille des silicates et des aluminates, par la réaction des vapeurs sur les roches (). Recherches expérimentales sur le striage des roches dû au phénomène erratique, sur la formation des galets, des sables et du limon, et sur les décompositions chimiques produites par les agents mécaniques (1858) Mémoire sur les dépôts minéraux formés par les sources thermales de Plombière avant et pendant la période actuelle. - Première partie : formation contemporaine des zéolithes (extrait) ().