La ferrandaise est une race bovine française originaire de la chaîne des Puys, dans le sud-ouest du Puy-de-Dôme, qui doit son nom à la ville de Clermont-Ferrand en Auvergne. C'est une vache barrée, braignée ou poudrée noir/ou/rouge qui a une grande variété de motifs de coloration. Autrefois utilisée indifféremment pour le travail, le lait et la viande, elle a conservé cette mixité et est aussi bien utilisée comme vache laitière que comme vache allaitante de nos jours. Au début du , elle était avec la salers la principale productrice de lait destiné à confectionner les fromages d'Auvergne bénéficiant aujourd'hui d'une AOC. Elle se caractérise aussi par sa rusticité et son adaptation à l'élevage en montagne.

Largement majoritaire dans sa région d'origine au et au début du , elle a failli disparaître, remplacée par des races spécialisées. Elle bénéficie toutefois d'un regain d'intérêt depuis la fin des années 1970. Grâce à d'importants efforts, ses effectifs ont pu ré-augmenter de sorte qu'elle semble désormais en bonne voie de sauvegarde. Elle a d'ailleurs fait son retour dans les manifestations agricoles locales, mais aussi nationales comme le salon de l'agriculture et le sommet de l'élevage. En 2023, détiennent dont 2842 de plus de 2 ans. La vache mesure pour un poids de . Le taureau, lui, mesure pour un poids de .

Origine La race du Puy-de-Dôme left|thumb|Troupeau de ferrandaises avec le massif du Sancy en fond. La ferrandaise est une race originaire du Puy-de-Dôme et qui s'est répandue en Auvergne. Bien que certaines sources citent une race « auvergnate » peuplant les monts d'Auvergne au , il semble qu'elle se soit formée au . Ainsi, en 1860, elle est décrite dans La Connaissance du bœuf par Moll et Gayot comme une « race de trait, lourde dans les parties antérieures et comparativement mince à l'arrière, avec beaucoup de force dans la tête et dans le cou, une ossature très développée et une membrure faite pour la fatigue ». Ses caractéristiques laissent à penser qu'elle serait issue d'un métissage de races, comportant des similitudes avec d'autres races de la région, mais également avec des races du rameau jurassien : elle a la peau claire et la couleur pie rouge de la montbéliarde ; elle a les cornes en lyre de la salers et une forte proximité géographique avec cette race ; chez certains individus, la robe, dite « bregniée », est mouchetée, laissant la ligne dorsale blanche, avec deux traits rouges au-dessus des yeux. C'est une caractéristique que l'on retrouve sur la vosgienne. La présence de bovins à la robe pie rouge ou pie noir est attestée depuis très longtemps dans les zones montagneuses au sud-ouest de Clermont-Ferrand. Toutefois, ce n'est qu'au que ces animaux sont peu à peu regroupés sous la dénomination de ferrandaise et que cette race est pour la première fois décrite. On doit une de ces premières descriptions à l'abbé de Pradt qui tente de croiser ce bovin « de la Limagne » comme il la présente à des animaux fribourgeois, mais sans suite. Elle apparaît dans les concours régionaux à partir de 1863 et dispose de sa catégorie spéciale, de même que la salers. En 1895, elle n'a pas de catégorie spéciale et est classée parmi les races diverses françaises. En cette fin de , les effectifs atteignent environ et la race est en plein essor. Si l'appellation de ferrandaise se développe petit à petit, elle reste connue en Auvergne comme la « race de Rochefort », la « race de Latour », la « race de Pierre sur Haute », la « race de Limagne », la « forézienne » la « ferrande » ou la « ferrandine » suivant les secteurs.

Reconnaissance tardive et apogée de la race La race a mis du temps à trouver une reconnaissance officielle, certainement à cause du manque d'uniformité de sa robe, la tendance penchant alors pour une robe uniforme commune à tous les animaux de la race. Un grand pas est tout de même franchi en 1899 au cours du congrès des Sociétés Agricoles du Puy de Dôme, quand des dispositions sont prises en vue de la création prochaine du herd-book de la race, déclarant notamment que seule la robe de type barrée et pie rouge était admise. Cette tentative d'uniformisation de la race se révèlera par la suite un échec. La création finale du livre généalogique date de 1905. La race gagne alors en reconnaissance, et en 1902 a lieu son premier concours spécial, qui sera ensuite reconduit tous les ans, et organisé alternativement dans les arrondissements d'Ambert et de Clermont-Ferrand. En 1906, une section spéciale ferrandaise est créée au concours agricole de Paris. En 1907, on recense environ ferrandais, dont pour le seul département du Puy-de-Dôme. C'est cette vache qui alimente la ville de Clermont en lait, puisque des de lait consommés dans la ville sont issus de bétail ferrandaisAnnuaire de l'élevage français (1934-1935). Entre les deux guerres, la ferrandaise semble à son apogée, avec reproductrices, et peut-être jusqu'à . Les animaux ne correspondant pas parfaitement aux critères de la race sont exportés en dehors du berceau, bénéficiant de la reconnaissance de la race au-delà même du Puy-de-Dôme. En 1945 il y avait de l'élevage de la race. Malgré tout, la ferrandaise reste en Auvergne bien en retrait de la salers, réputée pour une production laitière et une conformation supérieures.

Déclin, puis récent renouveau thumb|Vache ferrandaise À la sortie de la guerre, la race a beaucoup souffert, mais compte encore plusieurs milliers de représentants. Dans les années 1950, elle se trouve concurrencée par les races plus productives comme la Prim'Holstein pour le lait, les croisements de charolais pour la viande et des apports de sang des races montbéliarde et salers, sont faits à partir des années 1960. En effet, ces races deviennent de plus en plus populaires dans le Puy-de-Dôme et supplantent la race d'origine. Leur arrivée n'est pas nouvelle dans le département, mais elles n'avaient auparavant pas autant inquiété les effectifs de race ferrandaise. Ainsi, dès les années 1860-1870, la salers commence à gagner du terrain au sud du département, à la limite avec le Cantal où elle est très populaire. Au début du , des éleveurs auvergnats amènent des animaux ferrandais dans l'est de la France et rapportent des montbéliardes, bien meilleures laitières et également rustiques. Par ailleurs, la loi sur l'élevage de 1960 cherche à mettre l'accent sur quelques races tandis que la ferrandaise n'est pas admise pour être utilisée en insémination artificielle. De plus, les tracteurs se développent dans les campagnes et remplacent peu à peu les bovins pour les tractions de sorte que les races de trait comme la ferrandaise perdent leur intérêt dans ce domaine. Pour toutes ces raisons, les effectifs décroissent assez rapidement et, en 1962, on ne recense plus que . Dans les années 1970-1980, la race a presque disparu et ne compte plus que .

La race connaît depuis une trentaine d'années un certain renouveau, grâce à la volonté d'une poignée d'éleveurs et au soutien de l'institut de l'élevage qui commence à s'intéresser aux races bovines à très faibles effectifs, qui ont une valeur patrimoniale, mais également vis-à-vis de la biodiversité. Ces éleveurs se sont organisés pour former en 1977 l'« Association de sauvegarde de la race bovine ferrandaise » qui vise principalement à augmenter les effectifs, tout en conservant une bonne diversité génétique. Ces efforts de conservation ont permis de passer de 200 femelles reproductrices en 1990 à 900 en 2004. De même, pendant cette période, le nombre d'éleveurs est passé de 39 à 162. En 2015, on compte , dont de plus de , détenues par (compte rendu de l’assemblée générale de l’association de la Ferrandaise à Saint-Hilaire-la-Croix le ), et la race, si elle n'est pas sauvée, semble tout du moins en bonne voie de sauvegarde. de race ferrandaise sont inventoriées en 2020, 3 998 en 2023.

Description Morphologie thumb|Les cornes en lyre de la ferrandaise rappellent celles de la salers. La ferrandaise est une vache de taille moyenne, avec une hauteur au garrot de pour un poids moyen de . Elle a une allure élégante et robuste avec une tête expressive. Sa ligne dorsale concave et le train arrière plus haut qu'à l'avant sont typiques de la race. Les muqueuses sont claires. Les cornes sont en forme de lyre basse, avec une extrémité noire légèrement relevée. Le chanfrein est droit et le front court et large. Le dos est large et rectiligne, avec l'arrière train légèrement surélevé. La poitrine est profonde et les côtes sont arquées. Ses membres sont courts et solides.

Coloration de la robe La robe est pie rouge, mais la robe pie noire est acceptée par le standard. Celle-ci était visible autrefois dans un rameau de cette race, la « Noire de Laqueuille ». Trois types de robes sont visibles chez cette race : la robe barrée : elle comporte de grandes taches irrégulières, à la manière de la montbéliarde. La tête de l'animal est rouge et son front est marqué d'une tache blanche de forme plus ou moins triangulaire ; la robe bregniée : les flancs sont plus ou moins mouchetés de rouge (ou de noir) et la ligne du dos est blanche, et la tête est blanche mais légèrement mouchetée, surtout au niveau des joues et au-dessus des yeux. Ce motif de coloration rappelle celui de la vosgienne ; la robe poudrée : elle est très majoritairement blanche, avec quelques points colorés au niveau des flancs, du bas des pattes et des joues.

Le poil n'est pas identique chez tous les animaux, pouvant être ras ou bouclé, et d'une longueur variable.

Aptitudes C'est une race classée mixte, qui est encore aujourd'hui utilisée comme vache laitière ou vache allaitante selon les élevages, et qui a été longtemps utilisée comme animal de trait, se montrant bien adaptée pour cet usage. Elle était beaucoup utilisée pour les travaux des champs dans la plaine de la Limagne.

Production de lait thumb|Vache ferrandaise faisant téter son veau. Son lait est riche et sert notamment à la fabrication des fromages. Il a d'ailleurs été à l'origine de nombreux fromages d'Auvergne comme la fourme de Montbrison, la fourme d'Ambert, le bleu de Laqueuille, la fourme de Rochefort et le saint-nectaire. Les résultats des en contrôle laitier en 2006 ont été de de lait, avec un taux protéique de et un taux butyreux de , ce qui reste modeste en comparaison des races laitières spécialisées. On peut toutefois observer des lactations atteignant jusqu'à , et il ne faut pas oublier que c'est une vache de montagne conduite dans des conditions parfois difficiles. Contrairement à la salers, elle présente l'avantage de pouvoir être traite sans la présence du veau.

Production de viande Le gène culard est présent dans la race, chez environ un animal sur trois, et permet d'améliorer la conformation des animaux. C'est surtout pour la production de veaux que la ferrandaise se démarque. Ceux-ci profitent de la bonne production laitière des vaches pour afficher une croissance rapide, et leur viande est souvent bien blanche, ou légèrement rosée, la couleur recherchée pour ce type d'animal. De manière plus générale, les animaux ferrandais présentent une croissance rapide, une bonne conformation et une ossature fine qui leur permet d'avoir de très bons rendements en viande. Les vaches de réforme, c'est-à-dire les vaches qui ont fini leur carrière et qui sont engraissées pour être abattues, et les taurillons sont une source d'appoint non négligeable pour les éleveurs, car ils sont mieux valorisés que des animaux laitiers spécialisés par exemple.

Rusticité