Bailleul () est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France, dans la Flandre française.

Géographie Localisation Bailleul est située entre Lille et Dunkerque, en France, dans le Nord. Elle est située à proximité de la plaine de la Lys et au pied des monts des Flandres, limitrophe de Belgique. Elle comprend trois hameaux : Outtersteene, La Crèche, le Steent'je, et de nombreux lieux-dits (la Blanche, Mont-de-Lille, Ravensberg, le Seau, etc.). Bailleul fait partie du Westhoek, et au sein de ce dernier plus particulièrement de la région naturelle transfrontalière appelée Houtland.

La commune s'étend sur , soit , dont de bois et forêtsAnnuaire Ravet Anceau Département du Nord Année 1979 Tome III p. 9502 et suivantes.

Bailleul se trouve à de Dunkerque son chef-lieu d'arrondissement, d'Armentières, de Lille chef-lieu du département, d'Arras, d'Hazebrouck, de Cassel et d'Ypres.

Communes limitrophes

Géologie et relief La commune est située sur un monticule d'une altitude de du hameau d'Outtersteene au Mont de Lille. Son sol est de type argilo-sableux (argile des Flandres, dit Yprésien en hauteur, et argile de Louvile en plaine) et sa partie sud se trouve en zone humideCercle d'histoire et d'archéologie de Bailleul, Cahier d'histoire locale , , 2000.. Elle est située à proximité d'une faille géologique éponyme : la faille de Bailleul.

Elle se trouve à une altitude moyenne de .

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Becque de Steenwerck, la Meteren Becque, le Courant du Doulieu, la Becque de Rawensberg, la Serpentine Becque, la Stil Becque, la Rue des Dames, la Rue du Bon Temps, le Coin du Moulin, le Leuthe, le ruisseau du Leet et divers autres petits cours d'eau.

La Becque de Steenwerck, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Boeschepe et se jette dans la Vleeterbeck en Belgique.

La Meteren Becque, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Méteren et se jette dans la Lys à Estaires, après avoir traversé .

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Lys ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Lys. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte pour l'élaboration du SAGE de la Lys (SYMSAGEL).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Steenvoorde à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication et transports La gare de Bailleul est située sur la ligne Lille - Calais. Bailleul possède également un accès à l'autoroute A25 (Sortie 10 et 12). Bailleul est voisine des villes d'Armentières et d'Hazebrouck. Elle est desservie par les lignes de bus 908, 909, 930 et 931 du Réseau Arc-en-ciel 1.

Urbanisme Typologie Au , Bailleul est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'Armentières (partie française)Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération internationale regroupant dix communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l'agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Armentières (partie française) comprend deux villes-centres (Armentières et Bailleul) et huit communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lille (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (92,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (82,9 %), zones urbanisées (8,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,2 %), prairies (3,1 %), zones agricoles hétérogènes (1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Badgiole au , Ballolium en 1193Ernest Nègre - Toponymie générale de la France - Volume 1 - Page 389..

Ce toponyme est issu du latin balliculum (palissade), ou d'un mot de base baculum (bâton) et le suffixe diminutif -eolum de présence. Dans les deux cas, la ville a été nommée d'après la palissade qui l'entourait, ou qui entourait le château à la base de l'agglomération.

Bailleul se nomme Belle en néerlandais et en flamand occidental.., Bailleu en picard. Les habitants se nomment Bellenaerd en flamand occidental, Bellenaard en néerlandais.

Histoire vignette|Le vieux chemin de Lille à Bailleul. Décembre 2013. Préhistoire et Antiquité Des silex taillés ont été retrouvés en 1875 sur la colline du Ravesberg, témoignant d'une présence d'hommes de la préhistoire.

Les origines de la ville de Bailleul remontent à la plus haute Antiquité : Meyer et Gramaye disent qu'elle a été fondée par une colonie de Belges chassés de Bavay au moment où Jules César vint livrer bataille aux Nerviens. La situation de cette ville sur la voie que les romains avaient tracée entre Cassel et Wervik paraît donner à cette légende un fond de vérité ; on a, du reste, trouvé, lors de fouilles au Mont de Lille en 1820, des traces de fortifications et des médailles à l'effigie des empereurs Nerva, Trajan et Domitien. D'autres historiens pensent que le fondateur de Bailleul est un capitaine des Cattes, tribu germanique, s'appelant Bellem. C'est lui qui aurait donné son nom à la ville.

La ville fut détruite par les Francs en 420 et demeura inhabitée pendant deux siècles, jusqu'au moment où, en 621, Lydéric, nommé par Dagobert grand « forestier » de Flandre (en fait gouverneur, -ce vocable utilisé par les historiens serait dû à une erreur de traduction-), « détruisit les bêtes féroces et repeupla le pays ».

Bailleul était déjà connue du temps des Morins, l'histoire de la fondation de la chapelle de Ravensberg contenant ces mots : « SACELLUM IN MONTE COMITIS JUXTA BALLIOLUM IN TERRA MORINENSI ».

Il est à croire que ce pays a été habité par les Cattes dont le Katsberg (mont des Cats) et le mont Cassel ont retenu le nom. Une bataille donnée par Godoald, capitaine des Cattes, eut lieu à un endroit maintenant appelé Godewaersvelde, de Godoaldsveld, soit en français « le champ de Godoald ».

Époque médiévale Il semble que les premiers seigneurs de Bailleul aient été les premiers comtes de Flandre, antérieurs aux comtes de Flandre « officiels », Lydéric, puis ses successeurs Engelrand et Odoacer.

Au , Charles II le Chauve fit fortifier les villes de Flandre par le comte Baudouin Bras de Fer, qui construisit le château-fort de Bailleul, probablement à un endroit proche de l'actuelle rue des viviers, qui auraient été les douves de la motte féodale. Les Normands furent dans un premier temps repoussés par la foule galvanisée par Baudouin ayant pris la tête des combats, mais les Normands revinrent plus nombreux et détruisirent le château en 882.

La paix signée en 911 à Saint-Clair-sur-Epte entre Rollon et Charles le Simple ramena la tranquillité dans la région : la ville fut rebâtie progressivement, et l'agriculture devint florissante.

Baudouin le Jeune (Baudouin III de Flandre) en 948, Arnould le Vieux et Robert le Frison en 1072, comtes de Flandre, fortifièrent Bailleul, l'entourèrent de palissades et de fossés nommés stadgrachten. Ces fossés commençaient, d'une part, à la rue de Cassel, entre la rue du Collège et la rue d'Occident et allaient en ligne droite jusqu'à l'actuelle Place du Cardinal Liénart, en passant par l'impasse Saint Amand. L'actuelle rue de l'ancienne poste aux chevaux est également un ancien stadtgracht.

La châtellenie de Bailleul, qui comptait 11 paroisses, a appartenu à la famille de Bailleul mentionnée comme telle dès 1092. Elle passera par alliance à la famille d'Aubigny après la mort en 1192 de Baudouin IV de Bailleul, châtelain de Bailleul et d'Ypres, et dernier représentant de sa branche.

Francis Bayley dans The Bailleuls of Flanders and the Bayleys of Willow Hall indique qu'un manuscrit de la Bibliothèque de Douai fait descendre la famille de Bailleul d'Arnoul de Gramines, vivant en 980. Toutefois l'auteur ne reprend pas à son compte cette filiation et donne pour premier auteur connu Baudouin II de Bailleul, châtelain de Bailleul, qui serait selon le manuscrit l'arrière-petit-fils d'Arnoul de Gramines..

En 1191, par le traité d'Arras, le cardinal de Reims Guillaume aux Blanches Mains, préside au règlement d'un litige lié à l'héritage de Philippe d'Alsace, comte de Flandre. Sa veuve Mathilde de Portugal, douairière, reçoit Bailleul en usufruit ainsi que de nombreuses autres villes, contre les revendications de la nouvelle comtesse de Flandre Marguerite d'Alsace..