Ali Kafi, en arabe (), né le à El Harrouch en Algérie et mort le à Genève en Suisse, est un militaire et homme d'État algérien. Il dirige l'Algérie du au .

Militaire de carrière, militant du FLN durant la guerre d'Algérie, il exerce comme ambassadeur d'Algérie dans plusieurs pays, après l'indépendance. Il succède à Mohamed Boudiaf suite à l'assassinat de ce dernier le en plein discours à Annaba, en devenant, du au , le second président du Haut Comité d'État, organe transitoire de la gestion de l'État.

Biographie Formation religieuse Il est né le à M'Souna, localité près de la ville d'El Harrouch dans l'actuelle wilaya de Skikda, dans une famille de petits paysans affiliée à la célèbre confrérie musulmane RahmaniyaConfrérie originaire de Kabylie et largement répandue au Maghreb, notamment connue pour sa résistance à la conquête français durant la révolte de 1871.. Le père d'Ali Kafi, cheikh El Hocine, qui se chargea de son éducation, lui dispensa lui-même l'enseignement religieux« Fragments de mémoires sur la paume de la main » par Kaddour M'Hamsadji, L'Expression, 16 octobre 2002.. En 1946, il est envoyé dans une école coranique réputée de Constantine, l'Institut Kettenia. Marqué par les massacres de Sétif de 1945, adhérant rapidement aux idées nationalistes du Parti du peuple algérien (PPA), il y forme avec d'autres étudiants une cellule militante. Diplômé « El Ahlia »Correspond au de l'actuel enseignement islamique de base. en 1950, il part en Tunisie renforcer sa formation dans la grande université islamique de la mosquée Zitouna. Il y côtoie les milieux nationalistes tunisiens et participe à plusieurs actions militantes. Expulsé de Tunisie en 1952, il purge alors une peine de six mois de prison pour ses activités.

Militant nationaliste Libéré, il reprend ses activités nationalistes, et est nommé enseignant dans une école libre de Skikda tenue par le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques en Algérie (MTLD)« Un livre pour témoigner de l’Histoire », La Nouvelle République, 9 octobre 2002.. Le 1954, au déclenchement de la guerre d'Algérie, Ali Kafi est contacté par Didouche Mourad, responsable FLN de la zone II (Nord Constantinois). Il intensifie alors son action militante à Skikda et rejoint l'Armée de libération nationale (ALN). Sous les ordres de Zighoud Youcef, à la tête de la wilaya II après la mort de Didouche Mourad, il participe aux massacres du Constantinois en 1955 entrant dans la lutte armée. En , il fait partie de la délégation de la wilaya II du congrès de La Soummam, qui met en place les structures administratives et militaires du mouvement indépendantiste. Il devient alors représentant militaire, puis colonel, et enfin commandant de la wilaya de 1957 à 1959. En , il fait partie des dix colonels chargés de l’organisation des opérations militaires de l’ALN à Tunis, où il s'installe jusqu'à l'indépendance algérienne. Durant la crise de l’été 1962, il soutient le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de Benyoucef Benkhedda face au bureau politique du FLN de Ben Bella.

Carrière diplomatique Après l'indépendance, il est nommé ambassadeur d'Algérie dans plusieurs pays.

Parcours politique Secrétaire général de l'ONM En 1990, il devient secrétaire général de l'Organisation nationale des moudjahidine.

Chef de l'État Le , après la destitution du président Chadli Bendjedid, l'armée met en place un Haut comité d'État (HCE), organe provisoire de la gestion de l'État, et Ali Kafi en est nommé membreAli Kafi (1992-1994) par Marcel Péju, JeuneAfrique.com, 11 mai 1999.. En pleine « décennie noire », le , il succède à Mohamed Boudiaf, assassiné, à la présidence du HCE. Devenant de plus en plus entreprenant, il entame notamment sans concertation un dialogue avec les partis politiques, une conférence du HCE décide alors de le remplacer. Il remet ses pouvoirs de chef de l'État à Liamine Zéroual le .

Dernières années et mort Ali Kafi publie ses mémoires en 2002 dans un ouvrage intitulé Du militant politique au dirigeant militaireDu militant politique au dirigeant militaire. Mémoires (1946-1962). Éditions Casbah, Alger, 2002. où il revient notamment sur de nombreuses zones d'ombres de la « révolution algérienne », ouvrage pour lequel il sera lourdement critiqué notamment pour ses révélations, jugées offensantes, entre autres sur Abane Ramdane.

Il meurt le à Genève à l'âge de 84 ans. Huit jours de deuil national sont décrétés puis il est enterré au cimetière d'El Alia.

Décorations 50x50px Sadr de l'ordre du Mérite national d'Algérie.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Guerre d'Algérie | Guerre civile algérienne Zighoud Youcef | Krim Belkacem | Liamine Zéroual Mohammed Harbi, historien algérien, neveu d'Ali Kafi

Liens externes

Ali Kafi, portrait sur le site de la Présidence de la République algérienne Dz Lit - Ali Kafi, critiques dans la presse algérienne Ali Kafi sort de sa réserve : « Je regrette d'avoir été président du HCE », El Watan,

Catégorie:Président de l'Algérie Catégorie:Ambassadeur d'Algérie en Tunisie Catégorie:Ambassadeur d'Algérie en Irak Catégorie:Ambassadeur d'Algérie en Syrie Catégorie:Ambassadeur d'Algérie en Égypte Catégorie:Ambassadeur d'Algérie en Italie Catégorie:Personnalité du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques Catégorie:Membre du Front de libération nationale (Algérie) Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Mérite national (Algérie) Catégorie:Militaire algérien du XXe siècle Catégorie:Militaire algérien du XXIe siècle Catégorie:Naissance en octobre 1928 Catégorie:Naissance en Algérie française Catégorie:Naissance à El Harrouch Catégorie:Décès en avril 2013 Catégorie:Décès à Genève Catégorie:Décès à 84 ans Catégorie:Personnalité ayant eu des obsèques nationales Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière d'El Alia