Loïk Le Floch-Prigent, né le à Brest (Finistère) et mort le à Paris, est un ingénieur, homme d'affaires, et dirigeant d'entreprises français.
Son ascension à la tête d'entreprises publiques a été favorisée, dans un premier temps, par les fonctions qu'il a occupées au cabinet du ministre de l'Industrie et son entregent dans le monde politique. Il est notamment PDG de l'entreprise pétrolière Elf entre et 1993, puis président de la SNCF de à . Il est par la suite condamné par la justice à des peines de prison ferme pour détournements de fonds dans le cadre de l'affaire Elf, il est notamment connu dans le milieu de la « Françafrique »..
Biographie Origines et formation Loïk Le Floch-Prigent est issu d'une famille bourgeoise catholique.. En 1967, il sort diplômé de l’École nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble (Grenoble INP - Ense3). En 1968, il termine ses études à l'école de journalisme de l'université du Missouri-Columbia.
Carrière De 1969 à 1981, Loïk Le Floch-Prigent travaille à la Délégation générale à la recherche scientifique et technique (DGRST). Il est notamment chargé de mission contractuel urbanisme transports, conseiller chargé de la recherche industrielle, chef du service du fonds de recherche, puis conseiller du directeur général de l'Agence nationale de valorisation de la recherche. Durant ces années, il est un militant actif du Parti socialiste « dont il choisit l'aile gauche ». Il côtoie néanmoins régulièrement Raymond Barre et rencontre Pierre Dreyfus, ex-patron de Renault de conviction socialiste.
À la suite de l'arrivée au pouvoir de la gauche, il est directeur de cabinet du ministre de l'Industrie, Pierre Dreyfus, entre 1981 et 1982. C'est « un zélé artisan des nationalisations » qui ont lieu alors. Il gère notamment le dossier Creusot-Loire. Il se lie avec Maurice Bidermann, PDG du groupe textile du même nom.
En 1982, il se trouve bien placé pour être nommé par le Premier ministre Pierre Mauroy, et le ministre Jean-Pierre Chevènement, avec l'aval de l'Élysée, au poste de président-directeur général de Rhône-Poulenc dont il assume la présidence jusqu'en 1986. Il participe au redressement de l'entreprise qui accumulait les pertes avant son arrivée et qui redevient profitable. Par l'intermédiaire d'Alain Boublil, il se rapproche de François Mitterrand. Lorsque Jacques Chirac est nommé Premier ministre en 1986, Le Floch-Prigent se dit favorable à la privatisation de Rhône-Poulenc, mais ne conserve pas son poste.
D' à , il est chargé d'une mission d'étude sur l'avenir de l'industrie chimique, pharmaceutique et pétrolière française, auprès de Roger Fauroux, ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire.
En , Michel Rocard le nomme PDG d'Elf Aquitaine, alors premier groupe industriel français. Il reste à ce poste quatre années pendant lesquelles la société double sa production de pétrole.
En , le Premier ministre Édouard Balladur le nomme président de Gaz de France, poste qu'il occupe jusqu'en . Enfin, il est nommé par Jacques Chirac fin président de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), en remplacement de Jean Bergougnoux. Il ne demeure à la SNCF que jusqu'au , date à laquelle il est mis en examen et écroué dans le cadre de l'affaire nommée alors « Elf-Bidermann » . qui porte notamment sur le financement de l'entreprise textile Bidermann par Elf entre 1989 et 1993.
De 1997 à 2003, il est consultant international (Energy and Transport Consulting). De 2003 à 2005, il est emprisonné à Fresnes.
De 2005 à 2010, pour le compte de Pilatus, et dans le cadre de ses expertises minières, il se rend en Afrique, au Congo-Brazzaville, en république démocratique du Congo, au Mali, au Bénin, en Tanzanie, en Égypte, mais aussi en Irak (Kurdistan irakien), en Oman, aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Syrie, en Turquie, au Canada, aux États-Unis.
À partir de 2008, il est accusé d'être le responsable de l'organisation d'une escroquerie à la nigériane impliquant Pilatus Energy AG. De 2010 à 2011, il est à nouveau emprisonné à Fresnes pour non-paiement d'amendes antérieures.
En 2011 est créé Pilatus Group à Brazzaville, société au nom similaire à celui de Pilatus Energy AG, avec tentative de reprise d'un permis appartenant à Pilatus Energy Congo Sarl 19.10.2011..
De 2012 à 2013, il est en détention préventive au Togo puis relâché pour raison médicale dans l'attente d'un jugement dans le cadre d'une affaire d'escroquerie permettant de réduire la liquidité de l'actionnaire de Pilatus Energy AG et donc sa capacité à forer dans le cadre du permis. En 2013, il est de retour en France.
Soutien à Éric Zemmour En 2021, plusieurs médias révèlent la possibilité qu'il soit le conseiller économique d'Éric Zemmour pour sa potentielle candidature à l'élection présidentielle de 2022..
En , il est invité à participer à un débat de Reconquête lors de l’université d’été du parti.. En 2023, il rejoint un du média d'extrême droite Livre noir..
Climato-scepticisme Loïk Le Floch-Prigent nie ouvertement les conclusions du travail du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ainsi que les conséquences attendues du changement climatique..
Mort Loïk Le Floch-Prigent décède dans la nuit du au à l’hôpital Cognacq-Jay () des suites d'un cancer, à l’âge de ... Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 81, ligne 7 face à la division 82, tombe 15 face à la division 79).
Vie privée Loïk Le Floch-Prigent est le neveu du poète breton Maodez Glanndour et l'oncle du journaliste Erwan Chartier...
Il est d'abord en couple avec Jeanine Fournier avec qui il aura deux enfants, Fanny et Vincent.. Puis, entre , il est marié à Fatima Belaïd. avant de se mettre en couple avec Marlène Hamon, sa dernière épouse..
Affaires judiciaires Condamnations pour détournement de fonds Dans le cadre du procès de l'affaire Dumas, Loïk Le Floch-Prigent est condamné en appel le à 30 mois de prison ferme et deux millions de francs d'amende. Il est incarcéré à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) le .
Dans le cadre de l'affaire Elf., l'ancien président du groupe est condamné par trois fois notamment pour abus de biens sociaux. Il est écroué le et se trouve soumis à six mois de prison préventive jusqu'au , date de sa libération sous caution de , soit environ . Le , il est condamné à cinq ans de prison ferme et d'amende. Il n'a pas fait appel de cette condamnation. Il est remis en liberté le pour raisons de santé. Lors de son procès, Loïk Le Floch-Prigent niera avoir aidé Bidermann pour des raisons d'« amitié », mais « à la demande des pouvoirs publics ». Il désigne plus particulièrement Pierre Bérégovoy et Jean-Yves Haberer, l'ancien président du Crédit lyonnais, enfin des courriers de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, en faveur « de l'emploi »...
En , il est condamné à 15 mois avec sursis dans le dernier volet judiciaire de l'affaire Elf : un système d’emplois fictifs mis en place en Suisse au début des années 1990.. Parmi les bénéficiaires de ces emplois de complaisance présumés se trouvaient des proches de François Mitterrand, de Charles Pasqua ou de l'homme d'affaires corse et ami d'Alfred Sirven, Mathieu Valentini..
Roger Quigniot, juge d'application des peines (JAP) à Paris, ordonne le son retour en détention. Libéré en 2005, il n'aurait pas respecté les obligations de son suivi judiciaire. En particulier, le JAP lui a reproché en effet de s’être rendu à l’étranger sans autorisation. Il appartient alors au parquet de Paris de faire exécuter la décision... Le , la cour d'appel de Versailles révoque partiellement sa libération conditionnelle pour avoir « manqué à l'obligation d'indemniser la partie civile en proportion de ses facultés contributives ».. Le , la Cour de cassation ordonne son incarcération pour six mois. Il est placé en détention à la prison de Fresnes le .
Affaire d'escroquerie internationale
En , le Togo a émis un mandat d'arrêt international à son encontre, à la suite d'une plainte d'Abbas Yousef, un homme d'affaires de Dubaï. Ce mandat a été réactivé le et mis en application en Côte d'Ivoire le , avec remise immédiate à la police du Togo.
Détenu au Togo, Loïk Le Floch-Prigent a déposé le à Paris, par l'intermédiaire de son avocat Patrick Klugman, une plainte contre X pour « corruption » et « atteinte arbitraire à la liberté par une personne exerçant une fonction publique ».
Un comité de soutien fondé par sa famille en a contacté les autorités françaises et la presse pour favoriser la prise en compte des importants problèmes de santé que Loïk Le Floch-Prigent rencontre dans le cadre de sa détention au Togo, où il ne peut recevoir les soins dont il a besoin, et obtenir son rapatriement en France.
Ce comité a également organisé un rassemblement devant l'ambassade du Togo à Paris le . Il publie un site internet pour rassembler l'ensemble de la documentation, des témoignages et des articles de presse relatifs au différend qui oppose Abbas El Youssef à Loïk Le Floch-Prigent. Dans un billet publié dans Le Point du , Patrick Besson appelle à la libération de Loïk Le Floch-Prigent.. Le , pour des raisons de santé, il a été libéré de sa prison togolaise et transmis aux autorités françaises.
Publications Ouvrages Pour des fonds de pension européens, Éditions Petrelle, 1998 Affaire Elf, affaire d'État, entretiens avec Éric Decouty, Le Cherche midi, 2001 La Crevette et le Champignon, Le Cherche-Midi, 2005 Une incarcération ordinaire, Le Cherche midi, 2006 Granit rosse, Coop Breizh, 2012 Le Mouton noir : 40 ans dans les coulisses de la République, Pygmalion, 2014 La Bataille de l’industrie - La France va-t-elle la perdre ? Peut-elle la gagner ?, Jacques Marie Laffont éditeur, 2016 Carnets de route d'un Africain, éditions Elytel, 2017 Il ne faut pas se tromper : pour en finir avec les idées reçues sur l'énergie et l'industrie, éditions Elytel, 2018 Le Silence des dolmens, De Borée, 2019 Pour une France industrielle, éditions Elytel, 2020 Repenser la prison, Paris, éditions Michalon, 192 p., 2020 Le Mouchard sur le toit, 20 auteurs bretons confinés, auteur du chapitre 5, , préface de Fañch Le Dantec (collectif avec Jean Failler, Hervé Bellec, Marc Pennec, Nathalie de Broc, Marie Le Gall, Christophe Honoré, Jean-Michel Le Boulanger, Alexis Gloaguen, Gwenaëlle Abolivier, Hervé Hamon, Frédérique Jourdaa, Fabienne Juhel, Yves Quentel, Daniel Cario, Marie Sizun, Anne-Yvonne Pasquier, René Perez, Jean Luc Le Pogam et Patrick Poivre d'Arvor), éditions du Palémon, 2020 Capitaines d'industrie : ces Français qui font les succès industriels de la France, éditions Elytel, 192 p., 2022 1997 Année zéro du déclin de la France, éditions Elytel, 142 p., 2024.
Articles Dans la revue Front populaire.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Fatima Belaïd, Une épouse encombrante. Au cœur de l'empire Elf, éditions Michel Lafon, 2002 Valérie Lecasble et Airy Routier, Forages en eau profonde : les secrets de l'affaire Elf, éditions Grasset, 1998 Nicolas Lambert, Elf, la pompe Afrique, L'Échappée, 2014
Filmographie Dans le film L'Ivresse du pouvoir (2006) consacré par Claude Chabrol à l'affaire Elf, Michel Humeau (Loïk Le Floch-Prigent) est joué par François Berléand. Dans le téléfilm Les Prédateurs (2007) consacré par Lucas Belvaux aux affaires Elf, Loïk Le Floch-Prigent est interprété par Aladin Reibel. Loïk Le Floch-Prigent intervient dans le film documentaire Éoliennes : du rêve aux réalités de Charles Thimon sorti en 2021.
Articles connexes Affaire Bertin Agba - Loïk Le Floch-Prigent Affaire Dumas Affaire des frégates de Taïwan
Liens externes
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