Les Wendats (anciennement Hurons-Wendats) constituent un peuple autochtone de la famille linguistique iroquoienne originaire du sud de l’Ontario, au Canada. Bien qu'établis à cet endroit à l’arrivée des Européens au , la majorité d'entre eux se trouvent aujourd'hui au Québec, en Oklahoma, au Kansas et au Michigan. Les orthographes « Ouendat » (nom) et « ouendat/ouendate » (adjectif) sont aussi utilisées.

Lors du premier contact franco-wendat en 1609, les Wendats étaient, d'après les premiers Européens entrant en contact avec eux, organisés en une confédération de cinq tribus ou peuplades distinctes : les Attignawantan, les Attignaenongnehac, les Arendaronon, les Tahontaenrat et les Ataronchronons.

À l’arrivée des Français dans la région, les Wendats étaient en guerre contre les Iroquois. L’alliance franco-wendate et les alliances formées par les Iroquois avec les Néerlandais (qui anéantirent les Adirondacks), puis avec les Anglais, imbriquèrent cette guerre dans celle des puissances colonisatrices. Fusils et couteaux en acier accrurent la mortalité au sein des combats, et dès 1649 les Iroquois massacrèrent les Wendats. Ils prirent un grand nombre de captifs : après une année, suivant les coutumes iroquoiennes, les uns furent adoptés par mariage avec un membre de la tribu iroquoise et les autres torturés et tués.

Un groupe d'environ 300 Wendats catholiques se réfugia près de la ville de Québec après la dispersion de leur peuple par les Iroquois. Leurs descendants y vivent dans la réserve indienne de Wendake, aussi appelé le « Village Huron », près de Loretteville. Un autre groupe, les actuels Wyandots, s’enfuit vers l’ouest, où il trouva refuge dans les États actuels de l’Ohio et du Michigan.

Vers la fin du , les Wendats de l’Ouest obtinrent une position d’importance symbolique en tant qu'« oncles » de la confédération de la Wabash qui combattait aux États-Unis dans les années 1790. Les descendants des Wendats de l'ouest sont divisés en trois groupes : celui des Wendats restés dans le Michigan et l’Ontario (la Nation Wyandot d'Anderdon), un autre groupe conduit au Kansas et un troisième, le plus grand, dans l’Oklahoma.

Les vivant au Québec sont pour la plupart catholiques et francophones, bien qu’il y ait actuellement un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation de la langue wendate.

Les Wendats de Loretteville sont connus depuis longtemps pour leur production d'artisanat et d'objets traditionnels, entre autres les mocassins et les raquettes de babiche..

Localisation thumb|Sur cette carte de 1755, le cartographe Jacques-Nicolas Bellin localise l'Ancien Pays des Hurons sur les Grands Lacs.

Avant 1649, les Wendats disposaient d’un territoire au Canada et aux États-Unis. Ce territoire de , la Huronie, était délimité par la rivière Niagara à l’est, la rivière Sainte-Claire à l’ouest et le lac Érié au sud.

Après leur défaite face aux Iroquois en 1649, un groupe d'environ 300 Wendats catholiques s'installe près de Québec, à Wendake.

L'ancienne seigneurie de Sillery est revendiquée par ces gens de Wendake comme territoire huronLe Devoir : Quand les Hurons étaient seigneurs…, de même qu'une grande partie du comté de Roquemont et le territoire des « Quarante Arpents ».

Après 1649, une autre partie des Wendats fuit vers l'Ouest et s'installe au Michigan et en Ohio puis, après le , ils sont divisés en trois groupes : un au Michigan et en Ontario (la Nation Wyandot d'Anderdon), l'autre au Kansas et le troisième en Oklahoma, dans l'actuelle réserve wendat de Wyandot.

Ethnonymie

Le nom autochtone de la nation est Wendat, ce qui signifie « insulaire » en rapport avec leur lieu d'habitation sur la presqu'île de la baie Georgienne. Le nom « Huron » leur a été donné par les premiers arrivants français à cause de la coiffure des hommes, semblable à celle des Mohawks et Ojibwés, qui rappelait la hure du sanglier en France.

L'origine de cette terminologie remonte au missionnaire jésuite Paul Le Jeune en 1633 qui cherche à décrire la chevelure de la nation Wendat. Il remarque que la pratique masculine consiste à conserver au milieu de la tête une bande de cheveux, à l'instar d'autres communautés amérindiennes. Le fait de se raser les côtés de la tête a pour but d'éviter que la chevelure s'emmêle à la corde tendue d'un arc et de servir de prise lors d'un corps à corps avec un ennemi. Jérôme Lalemant traite aussi du sujet et rapporte qu'un Français aurait qualifié ces Amérindiens de « hurons » en raison de leur coupe de cheveux ressemblant à une hure de sanglier. Louis Hennepin, vers 1680, indique que le nom huron vient du fait de brûler les cheveux pour n'en laisser que sur le dessus de la tête en forme de hure. Au Moyen Âge, la hure désignait autant la tête d'un sanglier qu'une coiffure ébouriffée d'un homme. Vers 1360, huron désignait la tête hérissée de quelqu'un, de même que le dictionnaire de Nicot de 1606 qualifie de hure une chevelure mal peignée et hérissonnée comme un sanglier..

La nation est ainsi dénommée par ses deux noms en tant que la nation des « Hurons-Wendat ». Toutefois, en , la nation retourne aux sources et est officiellement nommé « Nation Wendat » afin de se réapproprier son identité et valoriser sa langue..

Histoire

Avant l'arrivée des Européens (avant le ) thumb|Localisation des peuples de la famille linguistique des peuples iroquoiens. Les Wendats formaient une confédération de cinq tribus distinctes, d'après les premiers Européens entrant en contact avec eux : les Attignawantan peuplade de l'ours, les Attignaenongnehac peuplade de la corde, les Arendaronon peuplade du rocher, les Tahontaenrat peuplade du daim et les Ataronchronons peuplade des marais.

Ils commercent et ont de bonnes relations avec les Pétuns et les Neutres, ainsi qu'avec certaines tribus de la Confédération des Cinq-Nations iroquoises et avec les Algonquiens de la vallée de l'Outaouais : les Outaouais, les Nipissings et les Algonquins.

Avant l'arrivée des Français, ils sont en guerre avec les Iroquois, mais cette guerre régularise le poids démographique de chaque peuple, et les captifs sont souvent adoptés.

Contact avec les Français

Le premier contact avec les Français remonte à 1609, lorsqu'ils décidèrent de former une alliance militaire et commerciale avec Samuel de Champlain. Celle-ci fut effective en 1616. Les Français sont libres de circuler en territoire huron, et se doivent d'intervenir en cas de conflit. Cela entraîne d'ailleurs les Français dans une guerre avec les Iroquois.

En 1615, des missionnaires récollets sont envoyés chez les Wendats, suivis par les Jésuites en 1625. En 1633, dans le renouvellement de l'alliance, les Français ajoutent une clause : les Wendats sont tenus d'héberger des missionnaires chrétiens. Un nombre important de missionnaires jésuites se sont installés dans les années 1640 parmi les Wendats dont ils ont appris la langue et l’organisation sociale. Cependant, certains Wendats ont un ressentiment contre les jésuites, allant jusqu’à les considérer comme des sorciers, qui baptisent les gens à l'article de la mort et qui ne sont pas eux-mêmes touchés par les épidémies .

Les premières conversions datent de cette époque : en effet, le Wendat chrétien a des avantages, car il peut acquérir des marchandises à prix bas, et surtout il peut posséder une arme à feu. Cependant, il se désolidarise du reste du village car il refuse d'aller au combat et de participer à des rituels non chrétiens.

Guerre contre les Iroquois

Les Wendats sont en guerre contre les Iroquois avant même l'arrivée des Français. Les Attignawantan et les Attignaenongnehac se livrent à des combats contre les cinq tribus iroquoises de la province de New York, et sont bientôt rejoints par les trois autres peuplades wendates qui quittent la rive sud et la rive est de l'Ontario pour se joindre à eux.

L'origine de cette guerre est peu connue, cependant une tradition orale wendate raconte qu'à un endroit, sur la rive nord-est du lac Ontario, une cérémonie hivernale réunissait les Wendats et les Mohawks, une des principales tribus iroquoises. Un Mohawk voulut faire interpréter l'un de ses rêves par un chaman wendat, comme c'était la coutume chez eux. C'était un rêve très violent, dans lequel il était tué. Demandant au chaman wendat d'interpréter son rêve, l'Iroquois fut tué par le chaman, qui prenait ce rêve pour la réalité (les Wendats pensant que les rêves sont des messages destinés à se réaliser dans la vie réelle). Le Mohawk tué étant un personnage important, les Mohawks repartent et déclarent la guerre aux Wendats. Au cependant, les réalités géographiques, économiques et démographiques permettent une interprétation moins allusive du conflit. En effet, il peut s'avérer que le simple apport du métal puisse être à l'origine de la nouvelle situation. thumb|Un chasseur huron-wendat appelant l'orignal, par Cornelius Krieghoff, vers 1868.

Les Amérindiens, par le commerce avec les Européens, découvrent l'apport technologique considérable que constituent les lames métalliques. La demande amérindienne est donc importante et croissante (jusqu'à devenir une dépendance). La contrepartie européenne, quant à elle, est simple : la fourrure, car en Europe, la mode est au feutre et le besoin en cuir est constant. Dès lors, l'accès aux marchandises européennes devient le moteur d'une chasse effrénée à la pelleterie. Mais, à ce titre, tous les Amérindiens ne sont pas égaux. En effet, l'axe français du Saint-Laurent ainsi que l'alliance franco-wendate ont tôt fait d'imposer une division nord/sud de la région. Ainsi, par leur situation géographique (autour du lac Simcoe), les Wendats en tant que résidents sur les grandes voies de pénétration nord et ouest, sont rapidement incontournables dans la région (le nord et l'ouest des Grands Lacs s'avérant bien plus riches en peaux que le sud). De plus, les Iroquois, déjà bloqués dans leur propre pays par leurs (autres) nombreux ennemis (Mohicans à l'est, Nation du feu au sud et à l'ouest), ne peuvent accéder à des zones de chasse plus étendues.

Le facteur démographique est également à prendre en compte.. L'impact des guerres et des épidémies sur la population iroquoise est énorme. La pratique iroquoise veut que l'on pallie les variations de populations en adoptant des membres d'autres tribus. Ainsi, les raids et l'assimilation de larges pans de la société wendat se feront de façon de plus en plus systématique..

En 1647, une tentative de paix échoue, refusée par les Agniers et les Sénécas, et les conflits reprennent en 1648.

En raison de leur infériorité numérique (liée aussi aux maladies apportées par les Européens) et de l'alliance des Iroquois avec les Néerlandais, puis avec les Anglais et d'autres nations autochtones, les Wendats perdent peu à peu la guerre qui devient aussi de plus en plus destructrice avec l'utilisation d'armes européennes (fusils, couteaux).

Les Wendats n'étaient pas démunis de ces armes, mais il existe à ce titre une différence notable entre Wendats et Iroquois. Ainsi, en Nouvelle-France, le commerce d'armes à feu était soumis à la réglementation du gouverneur, et sous contrôle des Jésuites. Ces armes n'étaient donc distribuées qu'avec beaucoup de parcimonie, aux seuls convertis amérindiens (et encore), alors que le commerce des armes à feu avec les autochtones est libéralisé par les Néerlandais (on estime à 300 ou 400 le nombre des arquebuses ainsi vendues entre 1639 et 1645).