Le Hawker Hunter est un avion de chasse britannique capable de vol supersonique en léger piqué. Il a fait son premier vol en 1951 et a été construit au total à près de , utilisés par une vingtaine de pays jusqu'à la fin des années 1990. Fort apprécié des pilotes, le Hunter affichait de bonnes performances pour l'époque en étant à la fois rapide, très manœuvrable et robuste. Il est retiré du service armé en 2014 par le Liban, son dernier utilisateur au sein d'une force militaire. D'autres appareils sont mis en œuvre par des sociétés privées.
Historique En , le gouvernement britannique émit un appel d'offres pour un nouvel intercepteur de jour à réaction. La firme Hawker répondit en avec le projet , basé sur le résultat de travaux précédents sur des évolutions du Sea Hawk (notamment l'utilisation d'ailes en flèche à 35°). Le projet subit plusieurs modifications au cours de son développement, en particulier concernant l'entrée d'air prévue dans le nez et finalement déplacée à l'emplanture des ailes pour laisser la place nécessaire aux 4 canons de et leurs munitions. Le premier prototype fit son vol inaugural le , alors que la production en série avait été lancée en parallèle.
Mises en service en 1954, les premières versions du Hunter (F.1 avec un moteur Avon et F.2 avec un moteur Sapphire) avaient plusieurs défauts : autonomie très limitée, problèmes de réacteur dus au dessin des entrées d'air, canons provoquant des retours de flamme dans le réacteur lors des tirs et éjection des douilles endommageant l'avion. Ces problèmes commencèrent à être résolus à partir de la version F.4, mise en service à partir de 1955 avec un réacteur Avon amélioré et 2 bulbes de récupération des douilles sous le cockpit. De nombreux exemplaires de la version finale F.6 furent ensuite convertis en FGA.9, version spécialisée dans l'attaque au sol pouvant emporter d'armement sous les ailes. Les versions biplaces d'entraînement disposaient de deux places côte-à-côte.
Pas moins de du Hunter furent construits pour une vingtaine de pays utilisateurs, y compris 500 avions produits sous licence par les Pays-Bas et la Belgique. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas conservèrent leurs appareils en première ligne jusqu'à la fin des années 1960, l'Inde jusqu'à la fin des années 1970, la Suisse et Singapour jusqu'au milieu des années 1990. De nombreux Hunter étaient encore en état de vol au début des années 2000, principalement des F.58 rachetés à la Suisse par des opérateurs privés. Par exemple, des Hunter sont utilisés par la société Apache Aviation comme adversaires pour l'entraînement de pilotes militaires.. Fin 2008, l'armée de l'air du Liban a remis en service du Hunter (3 monoplaces et un biplace) qui n'avaient plus volé depuis 1994Magazine Air Fan, 387, février 2011, pages 5 à 13.
Records Le , le prototype Hunter F.3 spécialement modifié (réacteur avec post-combustion, nez pointu, 2 aérofreins sur le côté du fuselage, verrière modifiée) a obtenu un record mondial de vitesse en volant à sur une base de .
Engagements Le Hunter a été utilisé au combat par : le Royaume-Uni lors de la crise du canal de Suez en 1956, et lors du conflit d'indépendance ayant conduit à la création du Yémen du Sud, au milieu des années 1960. ; l'Inde lors de la deuxième guerre indo-pakistanaise (1965, 11 Hunter furent abattus, 5 détruits au sol et 3 accidentés). et de la troisième guerre indo-pakistanaise (1971, 17 Hunter furent abattus). ; la Jordanie et l'Irak pendant la guerre des Six Jours (1967) et la guerre du Kippour (1973) ; le Chili lors du coup d'État militaire de 1973. le Liban en 1983 et 1984, pour bombarder des positions de milices soutenues par les forces d'occupation syriennes.
Variantes vignette|Un Hunter F.51 danois vignette|Un Hunter T.7 (biplace)
Remarque : les versions spéciales construites en très peu d'exemplaires ne sont pas listées.
Hunter F.1 - version initiale avec réacteur Avon 113 () Hunter F.2 - version initiale avec réacteur Sapphire 101 () Hunter F.3 - prototype Hunter F.4 - nouveau réacteur Avon 115, plus de carburant, bulbes sous le cockpit () Hunter F.5 - équivalent du F.4 avec un réacteur Sapphire 101 () Hunter F.6 - nouveau réacteur Avon 203, nouvelle aile () Hunter T.7 - version biplace d'entraînement du F.4 pour la Royal Air Force ( plus 11 avions modifiés) Hunter T.8 - version biplace d'entraînement du F.4 pour la Royal Navy ( plus 34 avions modifiés) Hunter FGA.9 - version destinée à l'attaque au sol (128 F.6 modifiés) Hunter FR.10 - version capable de missions de reconnaissance (33 F.6 modifiés) Hunter F.5x - versions d'export du F.4 et du F.6 (exemple : F.52 pour le Pérou) Hunter FGA.5x et FGA.7x - versions d'export du FGA.9 (exemple : FGA.71 pour le Chili) Hunter FR.5x et FR.7x - versions d'export du FR.10 (exemple : FR.74B pour Singapour) Hunter T.66 - version biplace d'entraînement avec réacteur Avon 203 et 2 canons pour l'Inde Hunter T.66x, T.6x et T.7x - versions d'export du T.66 (exemple : T.68 pour la Suisse)
La production totale est de monoplaces et 102 biplaces, soit .
Carrière En Suisse vignette|Le premier Hunter Mk 58 (J-4001) remis aux Forces aériennes suisses en 1958, exposé au musée des Forces aériennes à Dübendorf
En 1957 la Suisse cherche à remplacer ses De Havilland DH.100 Vampire obsolètes. Après diverses évaluations c'est le Hunter qui est retenu. Une première commande de cent avions neufs est passée en 1958 suivie de deux commandes de trente avions d'occasion révisés par le constructeur et remontés par la fabrique fédérale d'avion d'Emmen en 1971 et 1974.
La Patrouille Suisse a volé trente ans sur Hunter, de sa création en 1964 au remplacement par des F-5 E Tiger II en 1994.
Les Forces aériennes suisses retirèrent du service leurs Hunter en 1994. à la suite de la mise en œuvre de la réforme d'Armée 95.
Lors de la liquidation des Hunter, 43 avions furent offerts à des musées étrangers (31 Hunter) et à des forces aériennes amies (12 Hunter). Neuf appareils furent remis en Grande-Bretagne, sept en France et aux États-Unis, quatre en Allemagne, trois en Norvège, deux au Canada, en Italie, en Jordanie et en Suède, un en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas, en Afrique du Sud et en Hongrie.
Parmi les 30 Hunter restés en Suisse, 12 ont été remis à des musées, cinq à des associations et à des escadrilles, six avions sont exposés sur des aérodromes et des casernes. Un appareil est stationné dans des décombres sur une place d’exerciceHawker Hunter Mk 58/58A et T Mk 68, Site des Forces aériennes suisses, consulté le 6 mai 2012..
Pays utilisateurs vignette| Anciens utilisateurs
Utilisateurs civils Des opérateurs privés utilisent des Hawker Hunter retirés du services des forces aériennes, notamment :
Airborne Tactical Advantage Company : 20 Hunter F.58 dont 2 biplace issus des Forces aériennes suisses en 2011. 4 accidentés en date de http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2018/12/13/un-hawker-hunter-d-atac-s-est-crashe-a-19871.html. Apache Aviation : 3 x Hunter . Deux Hunter F.58 et un Hunter T.68 (biplace) immatriculé C-FUKW anciennement J-4208, tous issus des Forces aériennes suisses.
Accidents Le taux d'attrition mesure le nombre d'avions perdus pour de vol. Au niveau mondial le taux d'attrition du Hawker Hunter est estimé à 32,5 accidents pour de vol, soit 650 accidents de classe A en de vol. Il est de 10,5 accidents pour de vol pour les forces aériennes suisses, 15,9 pour la force aérienne royale néerlandaise, 20 pour la force aérienne suédoise, 33 pour la force aérienne Indienne, 40 pour la force aérienne chilienne (chiffres de 1968-1977), plus de 50 pour la Force aérienne de la république de Singapour et 87 pour la Force aérienne belge. Dans la Royal Air Force, de 1971 à 1980, le Hunter accumula de vol. Pendant cette période il eut 26 éjections, ce qui donne un taux d'attrition de 12,8 pour de vol. Mais ce chiffre n'inclut pas les accidents n'ayant pas mené à une perte de l'avion ou à une éjection. Selon une estimation, ce taux serait en réalité de 17 accidents pour de vol durant cette période. Dans la Royal Navy (Fleet Air Arm), le taux d'attrition du T8 est de 17,7 accidents pour de vol en ne prenant en compte que les avions détruits..
Préservation
Hunter F Mk.58 préservé au Flugausstellung Peter Junior à Hermeskeil, , ancien appareil de l’armée suisse codé J-4095 ; Hunter F.6 préservé au Musée des Techniques de Spire ;
Hunter F Mk.58 préservé au 1 Wing Historical Centre à Beauvechain, ancien appareil de l’armée suisse codé J4077 ; Hunter F.4 préservé au Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire de Bruxelles, au couleurs de la patrouille acrobatique des "Diables Rouges" ;
Hunter F Mk.58 préservé au Musée national de la Force aérienne du Canada à Trenton, Ontario. Ancien appareil de l'armée suisse codé J-4029 ;
Hunter F Mk.58 préservé au Pima Air and Space Museum à Tucson, Arizona. Ancien appareil de l’armée suisse codé J-4035 ; Hunter F Mk.58 préservé au Planes of Fame Museum à Chino, Californie. Ancien appareil de l’armée suisse ;
Hunter F Mk.58 préservé au Ailes Anciennes Toulouse à Blagnac, ancien appareil de l’armée suisse codé J-4065 ; Hunter F Mk.58 préservé au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget, ancien appareil de l’armée suisse codé J-4099 ; Hunter F Mk.58 préservé au Musée européen de l'aviation de chasse à Montélimar ; Hunter F Mk.58 préservé au Musée aéronautique d'Orange par l'association les Amis de la 5e escadre, ancien appareil de l’armée suisse codé J-4063 ;
Hunter F.4 préservé au Dumfries and Galloway Aviation Museum, Dumfries ; Hunter T.7A - XL568, préservé au Royal Air Force Museum Cosford ; Hunter FGA.9 - XG297, préservé au South Yorkshire Aircraft Museum à Doncaster ; Hunter GA.11 - WT741, préservé au South Yorkshire Aircraft Museum à Doncaster ; Hunter FGA Mk.78 préservé au Yorkshire Air Museum à Elvington ; Hunter T Mk.7 - XL572, préservé au Yorkshire Air Museum à Elvington aux couleurs de la patrouille acrobatique Blue Diamonds ; Hunter F.51 - E-425, préservé au Solway Aviation Museum à Irthington au couleurs danoises ; Hunter FGA Mk.9 préservé au Royal Air Force Museum London à Hendon Hunter F.1 – WT651 préservé au Newark Air Museum à Newark-on-Trent ; Hunter F.2 - WN904, préservé au Sywell Aviation Museum ; Hunter F Mk. 5 - WP190, préservé au Tangmere Aviation Museum ;
Hunter J-24 Mk.50 préservé au Musée de l'armée de l'air suédoise à Linköping ;
Hunter F Mk.58 préservé au Musée de l'aviation militaire de Payerne codé J-4078 ; Hunter T Mk.68 préservé au Musée de l'aviation militaire de Payerne codé J-4203 ;
Voir aussi
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Notes et références
Bibliographie . . . . . Braybrook, Roy. "Hunter...Thirty Years Young". Air International, July 1981, Vol 21 No 1. . Bromley, Royaume-Uni: Fine Scroll. ISSN 0306-5634. . . . . . . Green, William and John Fricker. . Macdonald, 1958. . . . . . . . . Jeshurun, Chandran. The Growth of the Malaysian Armed Forces, 1963-73. Institute of Southeast Asian, 1975. Kavic, Lorne J. . University of California Press, 1967. . Lake, Jon. "Last Bastion of the Hunter". Air International, Vol. 80, No 3, March 2011, . Stamford, Royaume-Uni: Key Publishing. ISSN 0306-5634. . . . . . . . . . . . . . . . . . . (fr) - Hawker Hunter - Encyclopédie illustrée de l'aviation - Atlas
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