Île-d'Arz est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne. Elle recouvre huit îles dont la principale est l'île d'Arz, île du golfe du Morbihan au large de Vannes.
L'Île-d'Arz fait partie du parc naturel régional du Golfe du Morbihan.
Géographie
Situation vignette|left|Carte de la commune. L'Île-d'Arz, commune insulaire, est située à six kilomètres au sud-ouest de la préfecture Vannes dans le golfe du Morbihan. La commune, qui s'étend sur une surface d'environ , est composée de huit îles : la principale, Arz, d'une superficie de pour de linéaire côtier, Illur sa proche voisine avec ses , et huit petites îles ou îlots : Iluric, Drénec Vras (et ses deux îlots Drénec Vihan et Er Mileneg rattachés sur l'estran à marée basse), Lerne, Mouchiouse, Île du Charles et Spiren.
En tant que commune insulaire, elle ne possède pas de commune limitrophe.
À l'ouest, un bras de la rivière de Vannes sépare Arz de l'Île-aux-Moines. À l'est, le fort courant de la rivière de Noyalo a creusé un profond chenal entre elle et Ilur. Au nord-est, c'est une étendue d'eau de faible profondeur qui la sépare des îles Boëdic et Boëd rattachées à Séné.
Le point culminant se trouve au centre du bourg à une altitude de selon l’IGN.
Géologie et relief Ilur est séparée de l'île d'Arz par le chenal assez profond de la rivière de Noyalo ; par contre seule une zone vaseuse, un schorre, découvrant à marée basse et contenant des parcs à huîtres, la sépare, ainsi que les îles Iluric, Godec et des Œufs, de la rive nord de la presqu'île de Rhuys. Il est probable qu'avant le ces îles étaient rattachées au continent, étant reliées à l'actuelle presqu'île de Rhuys par une plaine, ce qui explique la création au haut Moyen Âge de la paroisse d'Ilur dont l'île d'Arz dépendait alors. Cette plaine fut envahie par la mer lors d'une transgression marine entre le et le , ce qui créa les îles précitées (seule l'île d'Arz existant antérieurement à cette transgression).. De faible altitude (le point le plus élevé est à de haut), l'île d'Arz a toutefois un littoral assez découpé : île étirée en longueur de l'est-nord-est (pointe du Béluré) à l'ouest-sud-ouest (pointe de Liouse), de faible largeur (1 kilomètre au maximum entre le Penher et Pen Raz), elle possède cinq presqu'îles qui ont été par le passé des îlots proches de l'île principale : la presqu'île de Béluré au nord, rattachée par une digue supportant la chaussée reliant le port de Béluré au reste de l'île, maintes fois endommagée par les assauts de la mer et nécessitant de fréquentes réparations ; le tombolo double (mais d'origine anthropique) de Berno, relié par deux digues enserrant l'étang du Berno au reste de l'île ; le pointe de Penher ; le tombolo de la pointe de Brouel ; le tombolo de Bilhervé, avec l'espace naturel des anciens marais salants situés au nord de la route reliant cette presqu'île au reste de l'île.
Le marais de Greavo, dans la partie occidentale de l'île, est un espace naturel hydromorphe qui est préservé.
L'Île-d'Arz a compté jusqu'à plus de habitants à la fin du ; l'eau des puits étant saumâtre, elle était difficile à boire nature, on la coupait de vin..
Le bourg se situe sur une hauteur d'environ au centre de l'île. Plusieurs hameaux existent, principalement dans sa moitié nord : Penero, Rudevent, Kervio, Kernoël, Bilhervé et, le seul au sud du bourg, Gréavo. Le tiers sud de l'île est quasi inhabité.
Voies de communication et transports L'île principale possède de routes. Un bateau navette fait la liaison entre l'île d'Arz, Vannes et Séné. L'embarcadère de l'île est la cale de Béluré, située à son extrémité nord, port géré par le Conseil régional de Bretagne depuis 2017..
L'île dispose de deux autres cales : celle de Penera (Pen Raz), à proximité du bourg, qui servait pour se rendre dans la presqu'île de Rhuys dont dépendait le prieuré de l'Île-d'Arz et celle du Mounien sur la rive occidentale pour se rendre à l'Île-aux-Moines ou à Arradon.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau..
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang du Moulin, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Séné à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Île-d'Arz est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (59,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (60,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (33,1 %), prairies (26,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13,6 %), zones urbanisées (10,9 %), zones humides côtières (8,5 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (7,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Attestations anciennes..
Art Insula en 1031 ; Isle d'Ars en 1179 ; Arz en 1252 ; Ars en 1516 ; Lildarz en 1744 ; Arz en 1811 ; Isle-d'Ars/d'Arz en 1843.
Le nom breton de la commune est ou (An Arzh en orthographe moderne). Il est à rapprocher de arzh « ours » (pouvant désigner le nom d'un habitant de l'île) ou arto « élevé ». Enez Arh signifierait « l'île de l'ours » ou « l'île élevée ».. Sa devise est , qui signifie « Debout et tenons ».
Histoire
Préhistoire
L'occupation de l'île au Néolithique est attesté par l'existence des dolmens de la pointe de Liouse. Le mobilier archéologique découvert lors des fouilles de 1884 menées par l'abbé Le Gouguec est conservé au Musée d'histoire et d'archéologie de Vannes.
Moyen Âge La partie sud de l'île est donnée en 1008 à l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys, qui y fonde le prieuré Notre-Dame, par le duc Geoffroi Ier de Bretagne et la partie nord, y compris l'île Drenec, en 1033 à l'abbaye Saint-Georges de Rennes, qui y fonde le prieuré de Saint-Georges, par le duc Alain III de Bretagne. Ces deux prieurés disposent des droits de haute, moyenne et basse justice.
L'église Notre-Dame de la Nativité est construite, probablement au par les moines de Saint-Gildas de Rhuys.
Le manoir de Kernoël date des et ; il était le siège d'une ancienne seigneurie possédée à l'origine par la famille de Kernoël, puis par la suite successivement par les familles Hamon, Lehen, Le Cloérec. En 1514 le frère Jean Duplessis fonde la chapellenie de Saint-Georges dans le village de KernoëlAlexis-François Rio, "Épilogue à l'art chrétien", tome 1, 1870, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6534775m/f45.image.r=%C3%8Ele%20d'Arz?rk=493564;4.
Époque moderne
Les et Le moulin à marée et la digue, longue de , ont été construits au par les moines de l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys..
Jusqu'au , Ilur est le centre de la paroisse.. Il est authentifié qu'en 1618, celui-ci a été déplacé à Gréavo, sur l'un des tertres au milieu de l'île d'Arz. Au , l’ancienne église paroissiale située sur l'île d'Ilur, ruinée, perd son statut au profit de celle du prieuré de Notre-Dame. L'église de la Nativité de Notre-Dame servait donc à la fois pour le prieuré et la paroisse dont le prieur était le recteur, mais qui avait à sa tête un vicaire, la paroisse étant un vicariat perpétuel..
Les habitants de l'île avaient l'habitude de se réunir en un lieu nommé La Gré, « un terrain presque aussi sacré que le cimetière » ; « c'était là que les vieux capitaines venaient assister aux exercices des jeunes matelots, quand les commissaires de marine les passaient en revue. C'était là, sur le point le plus élevé de l'île, que se tenaient les pilotes côtiers, afin d'apercevoir d'aussi loin qu'il était possible, les navires étrangers qui avaient besoin de leur aide pour monter ou descendre la rivière de Vannes »Alexis-François Rio, "Épilogue à l'art chrétien", tome 1, 1870, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6534775m/f48.item.r=%C3%8Ele%20d'Arz.
En dépit de sa situation dans le Golfe du Morbihan, l'Île-d'Arz connaissait de nombreux naufrages dans ses parages, les hommes se laissant surprendre par les courants et les vents de ce "lac maritime" : on retrouve trace dans les archives, à titre d'exemples, de 5 hommes péris en mer à la pointe de Kernouel en 1653 ; de 21 personnes naufragées entre Roguédas et l'Île d'Arz en 1656 ; du naufrage du vicaire de l'Île-d'Arz, Guillaume Le Biloul, du curé de Cléguérec qui l'accompagnait ainsi que trois enfants en janvier 1690 ; de 35 cadavres venus sur la côte de l'île après que leur bateau ait sombré dans la passe de Logéo en 1757 ; etc.H. du Halgouët, Nos campagnes à travers les anciens registres paroissiaux, Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1943, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96051502/f66.image.r=%C3%8Ele%20d'Arz?rk=107296;4.