L’École centrale de Lille (Centrale Lille, EC-Lille) est l'une des cinq plus anciennes écoles d'ingénieurs de France dont les anciens élèves sont cofondateurs de la fédération des associations et sociétés françaises d'ingénieurs diplômés, parmi les françaises accréditées au à délivrer un diplôme d'ingénieur..
Établie en 1872 sous la dénomination Institut industriel du Nord (IDN), héritière de l'école des arts industriels et des mines de Lille fondée en 1854, c'est une école généraliste couvrant l'ensemble du spectre des sciences pour l'ingénieur.
Elle est chapeautée par Centrale Lille Institut qui est structuré en plusieurs écoles internes, formant des ingénieurs polyvalents et des ingénieurs spécialistes, assurant les formations suivantes : diplôme d'ingénieur Centrale Lille (master) ; masters recherches francophones et masters anglophones ; doctorat dans six spécialités des sciences pour l'ingénieur ; diplômes d'ingénieur spécialiste, mastères spécialisés (MS) ; doubles-diplômes ingénieur et masters scientifiques, architecture, gestion, finance, entrepreneuriat.
En incluant toutes les formations ainsi que les doctorants, Centrale Lille compte en 2020 plus de .
Son développement est soutenu au travers de la Fondation Centrale Lille Initiatives.
L’École, située sur le campus de la Cité scientifique de l'Université de Lille à Villeneuve-d’Ascq (Métropole européenne de Lille, Hauts-de-France), est desservie par la station de métro Quatre Cantons - Stade Pierre-Mauroy, et se situe: à de la gare de Lille-Flandres (TGV-Paris ; TGV-Bruxelles ; Eurostar-Londres ) ; à de l'aéroport de Lille - Lesquin ; à du Stade Pierre-Mauroy.
Statuts et objectifs Centrale Lille Institut est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel qui structure l'ensemble des cursus de formation. Outre le cursus historique de formation d'ingénieurs polyvalents relatif à l'École centrale de Lille (programme centralien) qui constitue la formation de référence de l'École Centrale de Lille, l'offre de formation s'étend à des cursus d'ingénieurs spécialistes via la création de l'Institut de Génie Informatique et Industriel (IG2I) en 1992 et de l'Institut technologique européen d'entrepreneuriat et de management (ITEEM) en 2003.
La formation principale des élèves-ingénieurs s'effectue en trois années conduisant à un diplôme de master, comprenant un socle de formation scientifique technique et managériale et des options d'approfondissement.
L’école délivre également des masters recherche (M1-M2), ainsi que le diplôme de doctoratde l'École Centrale de Lille dans six spécialités des sciences de l'ingénieur.
Histoire et traditions
L’École Centrale de Lille a près de cent soixante-dix ans, avec une étape fondatrice en 1854 et une réforme de l'enseignement en 1872. L’origine de l'École Centrale de Lille remonte à 1854 avec la fondation, sous le patronage de Frédéric Kuhlmann et de Louis Pasteur et l'autorisation de l'empereur , de l'École des arts industriels et des mines, rue du Lombard dans le centre de Lille à proximité de la gare. Elle devint École impériale des arts industriels et des mines en 1862. L'essor de l'école et de la formation des ingénieurs subit une impulsion déterminante par la création de l’Institut industriel du Nord (IDN) dans les mêmes locaux en 1872.
C'est en 1875 que furent inaugurés de nouveaux bâtiments pour l'IDN, construits spécifiquement pour répondre aux besoins d'expansion de l'école, situés au 17 rue Jeanne-d'Arc à Lille dans le voisinage de la faculté des sciences et qui furent utilisés jusqu'en 1968. L'école et ses laboratoires de recherche s'installent en 1968 dans des locaux modernes, située avenue Paul-Langevin, Cité scientifique sur le campus de l'université Lille I, à de la station de métro Quatre Cantons - Stade Pierre-Mauroy avenue Paul-Langevin dans le campus de l'université des sciences et technologies de Lille (Cité scientifique). L'école rejoint le concours Centrale-Supélec en 1972. Elle participe à la formation du groupe des Écoles centrales en 1990.. Elle s'insère dans le réseau TIME (Top Industrial Managers for Europe) et est membre de multiples pôles de compétitivité français.
Par tradition (et d'après la section de Génie des origines de l'École), les première, deuxième et troisième années du programme centralien de l'école s'appellent respectivement G1, G2 et G3. Au , le tronc commun de formation généralisteLes Centraliens de Lille sont des ingénieurs de formation généraliste, héritiers de la notion d'honnête homme inventée au et qui suppose une représentation unifiée des savoirs pluridisciplinaires applicables dans les multiples secteurs d'activités. Cette approche s'illustre dans l'affirmation de Blaise Pascal selon laquelle . Grâce à leur formation généraliste applicable dans tous les domaines de l'ingénierie, des sciences et des technologies de l’information, les Centraliens de Lille sont les acteurs polyvalents qui s'adaptent facilement au foisonnement techno-scientifique pour gérer les projets complexes qui correspondent aux besoins d'innovation et au développement pérenne des entreprises. et les options d'approfondissement sont initialement centrés sur la mécanique et les machines à vapeur, la métallurgie, l'industrie textile, la chimie et les distilleries, l'électricité ; la pluridisciplinarité s’accroît progressivement avec l'essor technologique du pour couvrir les génie civil, génie mécanique, génie des procédés, électronique industrielle, automatique, informatique de gestion, informatique industrielle, aménagement du territoire, transport-logistique, production industrielle, génie informatique, ondes micro-électronique et télécommunications, et s'étendre aux thématiques et filières dominantes du .
Depuis 1929, le programme des études des élèves-ingénieurs de première année est adapté pour obtenir des certificats de licence ès-sciences en double diplôme.. Depuis 1964, l’École délivre de multiples diplômes d'études approfondies (DEA), accessibles aux élèves-ingénieurs de troisième année, cohabilités avec l'université de Lille et soutenus par des laboratoires de recherche communs et qui sont devenus en 2002 les masters recherche (M1-M2) de l'École Centrale de Lille. L’École délivre aussi le diplôme de doctorat (DR) de l'École Centrale de Lille dans six spécialités des sciences de l'ingénieur.
Depuis 1854, la notoriété des ingénieurs formés à l'École concernait notamment la conception de locomotives et la construction de machines à vapeur de force motrice pour l'industrie manufacturière, sous l'impulsion d'Alcippe Mahistre et d'Albert Olry poursuivie par Cyrille Grimpret dont les successeurs assurent l'enseignement en machines thermiques et turbomachines.
L'École a aussi été pionnière en créant un laboratoire d'électrotechnique dès 1892, dirigé par Bernard Brunhes et Charles Camichel et . dès 1893, d'où dérivent l'enseignement en conception de moteurs électriques et d’alternateurs, la modélisation de leur commande robuste et l'exploitation de réseaux de production et distribution électriques. Y est également établi par Clément Codron et Albert Petot le premier laboratoire d'essais mécaniques de France en 1894., d'où sont issus des ingénieurs pionniers de l'aéronautique et de l'automobile au début du , tels que Jean Hubert, Étienne Dormoy et Lucien Chenard.
Des recherches en mécanique des milieux continus y ont été initiées dès 1872 avec Joseph Boussinesq, poursuivies par Joseph Kampé de Fériet et André Martinot Lagarde en mécanique des fluides et aérodynamique après 1930, avec des installations de laboratoire et soufflerie de couche limite, ainsi qu'en mécanique des solides avec applications à la tribologie et aux propriétés physiques de matériaux pour la sidérurgie, les structures métalliques et le génie civil. L'installation d'une machine de sollicitation multi-axiale, d'une capacité de par axe, permet des expérimentations. mécaniques et géotechniques et contribue à renouveler l'enseignement et la recherche en génie civil en 1970.
Dès le milieu du , les ingénieurs issus de l'École sont reconnus pour leur savoir-faire dans le domaine des procédés de distillerie agro-alimentaire, de dépollution et production d'eau potable, puis des procédés de biomasse, carbochimie et raffinage pétrolier, la lixiviation de sédiments pollués et leur valorisation notamment dans l'ingénierie des travaux publics. L'enseignement du génie des procédés, de la physique-chimie industrielle et de la métallurgie y sont continûment développés depuis le par les successeurs de Frédéric Kuhlmann et Louis Pasteur, notamment Camille Matignon et Paul Pascal ; une installation pilote semi-industrielle de génie des procédés et catalyse est installée en 1977 ; un atelier de microscopie électronique est en place en 1989 pour l'étude d'alliages et matériaux nouveaux. La radio-électricité et la propagation des ondes sont enseignées par René Paillot dès 1923 et évoluent en cours d'acoustique et hyperfréquences, télécommunication et réseaux dans le dernier tiers du .
Successeurs de la conception de machines textiles étudiées à l'École depuis 1854, des cours de programmation mécanographique par cartes perforées et les applications des automatismes hydrauliques apparaissent dans la première moitié du . L'électronique y est enseignée à partir de 1956. Les cours d'automatique, dans ses spécialités d'identification et de commande des systèmes dynamiques et de traitement analogique et numérique du signal, se développent dès 1957 et sont généralisés en option de mathématique appliquée et informatique en 1963 : Lille en est un site pionnier en France, ce qui soutient l'enseignement précoce du génie logiciel à l'École au travers notamment des langages informatiques Fortran, Algol en 1963, puis Ada en 1985 et Java dès 1994. L'enseignement et la recherche se développent particulièrement dans les domaines de la commande numérique de grands systèmes, la régulation de processus continus en temps réel et l'informatique de systèmes embarqués.
L'École a été précurseur dans l'enseignement et la recherche en méthodes formelles de modélisation de systèmes dynamiques par réseaux de Petri et des transferts énergétiques par Bond graph assistée par ordinateur. La productique, la robotique et les systèmes de supervision d'acquisition et de contrôle de données y sont développés à partir de 1981 avec un atelier flexible expérimental de production manufacturière automatisée et les recherches en modélisation à preuve formelle de systèmes de contrôle-commande à événements discrets, les systèmes informatiques d'aide à la décision et d'ordonnancements prédictifs.
L'ingénierie logistique et celle des systèmes de transport terrestre durable sont en essor dès 1972, notamment dans le domaine des transports automatiques ferroviaires et de la mobilité urbaine, complétant les cours d'architecture et de constructions civiles établis en 1860 et l'option d'aménagement urbain créée en 1969. L'École restructure son enseignement en mécatronique en 1980, tandis que l'enseignement en physique des matériaux, dans leurs applications électromagnétiques, hyperfréquences et d'imagerie acoustique, tire parti des progrès vers 1986 des capteurs micro-électroniques et de propriétés magnétoélectriques de matériaux nouveaux. L'évolution de la micro-électronique vers les micro-systèmes, nano-systèmes électromécaniques et la micro-fluidique y date de 1992, assurant la transition vers le où l'École s'investit dans l'innovation numérique foisonnant d'applications dans tous les secteurs d'activité économique.
Formations vignette|Façade de l'École centrale de Lille. vignette|Tour de l'École centrale de Lille. vignette|Vue sur les bâtiments A et E. vignette|Vue sur les bâtiments B et E. vignette|Cour de l'École Centrale. vignette|Laboratoires du bâtiment C. vignette|Bâtiment D et halle de sport Grémeaux. vignette|Centrale LilleDigital innovation fablab.