est un architecte japonais né le à Séoul. Connu pour avoir créé l'architecture dite conceptuelle, il recherche à exprimer simultanément les mondes physique et virtuels. Son style architectural fait appel à la notion moderne de ville « simulée ».
En 2013, il reçoit le prix Pritzker d'architecture.
vignette|La médiathèque de Sendai, au Japon, 2001.
Biographie Toyō Itō est né à Séoul de parents japonais en 1941Certaines biographies indiquent « né au Japon » sans précision..
Il sort diplômé en architecture de l'université de Tokyo en 1965.
Après son diplôme, Toyō Itō travaille chez Kiyonori Kikutake de 1961 à 1970 ..
En 1971, Ito fonde sa propre agence, qu'il appelle URBOT (contraction de robot urbain). À cette époque, les jeunes architectes n'ont accès qu'au marché de l'habitat individuel Les débuts de Toyo Ito sur www.vg-architecture.be..
Il doit attendre 1978 pour réaliser son premier immeuble, le à Nagoya. Il mène d'autres projets au Japon : à Fukuoka en 1979, puis à Ōsaka. Il rebaptise alors son agence « ».
Le musée municipal de Yatsushiro achevé en 1991 est la première commande publique de son agence .
En , le MoMA () lance un concours pour la réfection et l'agrandissement du musée avec supplémentaires. Le projet Toyō Itō a fait partie de la présélection mais c'est finalement celui d'un autre architecte japonais Yoshio Taniguchi qui est choisi par la direction.
Toujours en 1997, il remporte le concours pour le réaménagement de la Tour de la BRI, mais la Banque des règlements internationaux choisit finalement de ne pas donner suite.
Style Architecte de l'essentiel, il s'est toujours opposé à l'architecture monumentale, lui préférant la création d'espaces plus modulables Toyo Ito Architecte : Prologue sur www.vg-architecture.be..
L'œuvre de Toyō Itō peut être divisée en trois périodes qui se succèdent et parfois se superposent.
Neutralité « Jardin de lumière » Toyō Itō réalise ses premiers projets en allant vers plus de simplicité et de neutralité dans la forme, là où d'autres architectes recherchent plutôt la complexité. La première période se concentre sur une architecture de l'habitat individuel dans laquelle Toyō Itō développe la métaphore du « Jardin de lumière » . Le terme de jardin est utilisé par Itō pour montrer que ses projets sont foisonnants, changeants, même si des thèmes se détachent citons son « Jardin exotique » L'architecture de Toyō Itō sur www.vg-architecture.be.. L'édifice n'a aucune fenêtre donnant sur la rue, il a en son cœur une cour intérieure. La maison est déconnectée du reste de la ville, elle ressemble a un volume presque abstrait, puisque entierement peint en blanc. Pour Toyō Itō, ces murs blancs sont comme des écrans ou viennent se dessiner des jeux de lumière – arrivant par les ouvertures zénithales – et les ombres des passants. La cour interieure, sans aucune végétation s'apparente à un desert.
Décomposition « Jardin des vents »
Dans une deuxième période, intitulée « Jardin des vents », l'architecte travaille le caractère éphémère de ses réalisations. Décomposer signifie moins déconstruire que fragmenter et séparer les différents éléments de l'ensemble. Toyō Itō tend durant cette période à l'abstraction et à la dématérialisation des formes. Le projet – bâtiment que Toyō Itō a construit pour sa propre utilisation – se compose d'une série de voutes posées les unes à côté des autres, chacune percée d'ouvertures zénithales. Le volume global consiste en une apposition de différents éléments de la composition dont la forme est déconstruite pour faire passer la lumière ; la structure acier apparente donne une impression de fragilité au bâtiment.
Stratification multiple « Jardin des puces électroniques »
La troisième période est nommée par Toyō Itō lui-même, le « Jardin des puces électroniques ». Il y développe toutes les possibilités offertes par l'électronique comme avec la Tour des vents de Yokohama qui se trouve être son premier projet de bâtiment public. Construite en 1986 Chronologie des projets sur le site de Toyō Itō, elle sert de tour de ventilation et de réservoir d'eau pour une galerie commerçante située en sous-sol. L'intervention de Toyō Itō se limite à l'habillage extérieur. La structure lumineuse est en aluminium. En journée, la tour paraît totalement blanche, homogène et faite de matériaux métalliques tandis que la nuit les éléments électriques, positionnés en façade, transforment la tour en un signal lumineux formé de bandes, qui change continuellement sous l'influence des vents, grâce à des calculs permanents réalisés par ordinateur. Toyō Itō modifie le côté monolithique de sa période "décomposition", avec le projet , son architecture se fait verticale, dynamique et électronique .
Période récente Itō, dans une synthèse globale de ces différentes influences, dessine la Médiathèque de Sendai. Il imprime une sensation de légèreté, de progrès mais aussi de fragilité. La médiathèque de Sendaï est le fruit d'une association avec Makoto Yokomizo, qui a créé sa propre agence en 2000. Ce bâtiment regroupe une médiathèque, une bibliothèque, une galerie d'art et un centre d'informations pour les habitants de la ville. Itō voulait construire une médiathèque en phase avec son époque et adaptée aux nouvelles technologies. Le bâtiment se compose de forts : des niveaux (de ), les et un habillage. Les colonnes, disposées de manière aléatoire abritent différentes conduits apportant lumière, air, elles permettent l'alimentation en eau, dissimulent les circuits informatiques, les ascenseurs et escaliers, donnant ainsi leur fluidité au bâtiment. La façade, neutre, est un mono-volume en verre. En s'appuyant sur la métaphore de l'aquarium, Toyō Itō imagine que ses colonnes forment des vagues. L'habillage des façades Nord, Est et Ouest sont constituées de feuilles de verre tandis que la façade Sud a une double enveloppe de verre. Les panneaux de verre mesurent tous de hauteur et sont fixés à la structure porteuse. En journee la silhouette des arbres s'y reflète tandis que la nuit, l'éclairage artificiel révèle la structure du bâtiment. Chaque niveau a été dessiné par un architecte différent avec, de ce fait, des couleurs, formes et matériaux distincts mais le tout restant transparent et fluide et se liant parfaitement avec les colonnes formées de lignes entrelacées. Toyō Itō est un maître pour la jeune génération d'architectes japonais, comme Kazuyo Sejima qui a fait partie de l'agence « » de 1981 à 1987. Lorsqu'elle travaillait dans son agence SANAA, elle a développé une architecture très pure, ascétique, accordant un grand soin au détail, une architecture qui se veut une réinterprétation japonaise de la modernité.
Expositions
Le travail de Toyō Itō a été largement exposé. En 1991, Itō a utilisé pour recréer le paysage urbain de Tokyo à l'occasion de l'exposition au de Londres. En 2000, l'exposition premièrement présentée au musée d'art moderne Louisiana s'exporte dans d'autres musées à travers le monde. Toyō Itō exploite beaucoup le procédé de la projection vidéo. Dans l'exposition , qui a été organisée au Suermondt-Ludwig-Museum d'Aix-la-Chapelle et qui a ensuite voyagé vers Tokyo, Anvers, Auckland et Wellington entre 1999 et 2001, Itō tente de révéler la présence virtuelle de l'architecture dans l'esprit humain. Il est également à l'origine de l'exposition Berlin-Tokyo/Tokyo-Berlin présentée en 2006 à la de Berlin. Il a imaginé un paysage doux et ondulatoire occupant la quasi-totalité de la salle d'exposition principale du musée. Cette exposition, en collaboration avec le , reste l'une des plus grandes entreprises scénographiques dans l'histoire de la scénographie muséale. Une grande rétrospective sur le travail de Toyō Itō a été organisée à la Tokyo Opera City Art Gallery en 2006, elle avait pour titre : .
Enseignement
Toyō Itō est professeur à l'université pour femmes du Japon. Il est aussi professeur honoraire à l et il a enseigné avec le titre de professeur invité à l'université Columbia, ainsi qu'à l'université des beaux-arts de Tama.
Principales réalisations
« Jardin de lumière » 1971 : la Maison d'aluminium à Fujisawa. 1976 : la Maison à Tokyo qui a été détruite en 1997 Plan. 1978 : l'''Immeuble PMT à Nagoya. 1979 : la Maison de Koganei à Tokyo. 1981 : la Maison de Kasama à Kasama. 1983 : la Maison de Hanakoganei à Tokyo.
« Jardin des vents » 1984 : la Hutte d'argent à Tokyo (C'est le domicile personnel de Toyo Ito, située juste à côté de la Maison ). 1986 : la Maison de Magomezawa à Funabashi. 1985-1989 : Pao 1 et 2 : « Un Abri pour Femmes nomades de Tokyo », à Tokyo (Résultat de ses recherches sur la transformation de l'espace privé). 1986 : le Restaurant Nomad à Tokyo. 1988-1991 : le Musée Municipal de Yatsushiro.
« Jardin des puces électroniques » 1986 : la Tour des vents, à Yokohama. 1989 : lŒuf des vents, à Tokyo. 1990 : la Maison de la culture du Japon à Paris (projet non retenu). 1992 : rénovation des Docks Sud à Anvers (projet non retenu). 1994 : la Maison de retraite de Yatsushiro, à Kumamoto. 1994 : la Hall lyrique, à Nagaoka. 1995 : la Caserne de pompier, à Kumamoto.
« Période contemporaine » 2001 : la Médiathèque de Sendai. 2002 : la Centrale électrique de Battersea, à Londres (Structure lumineuse variable). 2002 : le Pavillon de la à Londres. 2002 : le Pavillon à Bruges. 2004 : la Salle de spectacle de Matsumoto. 2004 : , à Tokyo. 2005 : lHôpital Cognacq-Jay à Paris (sa première réalisation en France). 2006 : premier prix du concours pour lOpéra international de Taichung, à Taichung. 2006 : le VivoCity, à Singapour. 2006 : le Crématorium, à Kagamigahara. 2007 : la Bibliothèque de l'université des arts de Tama, à Tokyo. 2008 : le World Games Stadium, à Kaohsiung. 2008 : la Maison de l'architecture chilienne, à Ochoalcubo. 2008 : le , à Pescara. 2009 : Stade national, à Kaohsiung. 2009 : la Maison , à Marbella (Chili) (Réinterprétation de la Maison de 1976). 2009 : l'''Immeuble Suites Avenue, à Barcelone. 2009 : la Torre Realia BCN et lHôtel Porta Fira, à L'Hospitalet de Llobregat. 2009 : le Théâtre public Za-Kōenji, à Tokyo. 2011 : le Musée d'architecture Toyō Itō, Imabari, à Imabari. 2013 : le College of Social Sciences, à Taipei. 2013 : le Taipei New Horizon Building, à Taipei. 2014 : le National Taichung Theater, à Taichung. 2014 : le CapitaGreen, à Singapour. 2015 : le Meiso no Mori Municipal Funeral Hall, à Kakamigahara. 2016 – le Musée international du baroque, à Puebla. 2019 – Three Mushrooms, The Tokyo Toilet project , à Tokyo.
Photographies
Récompenses Toyō Itō a collecté au long des années de nombreux prix et récompenses pour ses réalisations Profil de Toyo Ito sur son site officiel., parmi lesquels :
1986 : récompense de l' (AIJ) pour le projet . 1992 : Mainichi Art Award pour le projet 1997 : 'interach ‘97' grand prix de l'Union des Architectes bulgares, médaille d'or. 1998 : prix du ministère japonais de l'éducation dans la rubrique ‘Encouragement des arts’ pour le Dôme à Odate. 1999 : prix de l'Académie japonaise des arts pour le Dôme à Odate. 2000 : il reçoit le titre d'Académicien de l. 2000 : Arnold W. Brunner Memorial Prize de l'Académie américaine des arts et des lettres. 2001 : grand prix du du pour la Médiathèque de Sendai. 2002 : Lion d'Or pour l'ensemble de ses réalisations à la Biennale d'architecture de Venise. 2003 : récompense de l' pour la Médiathèque de Sendai. 2004 : Compasso d'Oro de l'ADI (Associazione per il Disegno Industriale) pour le design du banc Ripples. 2006 : médaille d'or du Royal Institute of British Architects (RIBA). 2008 : prix Frederick John Kiesler pour l'Architecture et les Arts. 2009 : prix Asahi. médaille d'or du Círculo de Bellas Artes (Espagne). 2010 : Praemium Imperiale pour l'architecture. 2013 : prix Pritzker d'architecture 2017 : médaille d'or du Congrès de l'Union internationale des architectes de Séoul.
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