Guillaume Rondelet, né le à Montpellier et mort à Réalmont le , est un médecin et naturaliste français, célèbre pour un ouvrage sur les poissons et pour avoir formé en médecine plusieurs élèves renommés. Il est aussi le premier à utiliser une nomenclature binominale scientifique, en latin, qui sera ensuite généralisée par Carl Von Linné.

Biographie Le père de Rondelet est . Il meurt quand Rondelet est encore enfant. L'avenir de cet enfant est sombre, car son père, qui a une nombreuse famille, le destine à l'état ecclésiastique et lui lègue peu d'argent ; d'autre part, on le place chez une femme atteinte d'une maladie vénérienne et qui le contamine : sa santé sera faible toute sa jeunesse.

La relève est généreusement prise par son frère aîné Albert, qui subvient à ses études. Quand il arrive à Paris en 1525, à , il est néanmoins très ignorant ; il a mis longtemps à apprendre à lire et ses maîtres ont été mauvais. Mais, à Paris, il prend son essor. Il retourne à Montpellier en 1529 et s'inscrit en médecine à l'université. Un an plus tard, il est nommé procureur des écoliers ; c'est à ce titre qu'il reçoit l'inscription de Rabelais ; Rabelais et Rondelet partagent peut-être une bouteille (Rondelet, craignant la goutte, ne renonce au vin qu'à l'âge de ), en tout cas ils partagent, avec Guillaume Pellicier, du garum, redécouvert, et ils deviennent amis. C'est à ce même titre de procureur qu'il reçoit en octobre l'ordre de radier Michel de Notre-Dame (Nostradamus), qui avait été apothicaire, et qui calomniait les médecins.

Reçu bachelier, Rondelet va exercer à Pertuis, complétant son revenu en donnant des leçons aux enfants. Il retourne ensuite à Paris, apprendre le grec et l'anatomie, en bénéficiant de l'aide de son frère Albert. Jean Gonthier d'Andernach l'initie à l'art, alors peu pratiqué, de la dissection.

Il pratique ensuite à Maringues et reçoit à Montpellier le titre de docteur en 1537. Il se marie en janvier suivant ; sa belle-sœur subvient si généreusement aux besoins du couple qu'elle empêche Rondelet d'aller chercher sa subsistance auprès de Pellicier, devenu ambassadeur à Venise. C'est à cette époque que se place l'épisode, qui suscite beaucoup d'incompréhension, où, son fils aîné étant mort, il en fait lui-même la dissection.

Il devient l'un des deux médecins du cardinal de Tournon (il a la charge pendant six mois et le reste de son temps est consacré à la recherche) ; il l'accompagne dans différents voyages, notamment en Italie (il rencontre Ulisse Aldrovandi) et aux Pays-Bas. Partout, il cherche à aller voir la mer et ses poissons.

En 1545, il devient professeur royal de médecine à Montpellier ; il va influencer de très nombreux scientifiques. De concert avec Jean Schyron, Antoine de Saporta et Jean Bocaud, il fait construire en 1556 un théâtre anatomique. C'est le lieu de ses dissections devant public.

Jean Schyron étant mort en novembre de cette même année 1556, il devient chancelier de la faculté.

Converti à la foi protestante en 1561., il devient l'un des dirigeants de l'Église réformée de Montpellier, établie depuis 1560..

En , Rondelet est à Toulouse pour y régler des intérêts de quelques membres de sa famille. Il fait chaud, il est fatigué. Une épidémie régnante, lui fit contracter la dysenterie. Ça ne l'empêche pas de se rendre à Réalmont avec un ami, d'aller y voir sa femme malade. Une fois arrivé, la dysenterie s'aggrave, et il y meurt le . Laurent Joubert lui a succédé.

Contributions Ichtyologie vignette|Illustration du De piscibus marinis, 1554|upright=1.4 C'est son Histoire des poissons qui assure à Rondelet la plus grande renommée. Il y décrit de Méditerranée. Très critique pour les textes anciens, il rejette tout ce qui lui peut paraître être une fable. Les illustrations, sur bois (l'artiste est inconnu), permettent de reconnaître parfaitement les différentes espèces. Georges Cuvier écrit : Bien qu'il n'y ait encore dans Rondelet ni ordre, ni genre, ni disposition d'espèces, rien en un mot de cet échafaudage qui nous est si nécessaire aujourd'hui pour nous retrouver dans l'immense multitude d'êtres que l'histoire naturelle embrasse, on y voit cependant le sentiment de la méthode ; il est facile de reconnaître qu'il avait aperçu des rapports entre les espèces.

Botanique Même s'il n'a pas publié d'ouvrage de botanique, l'influence de Rondelet dans ce domaine est considérable. Jean-Antoine Rioux parle d'un , continué par Pierre Richer de Belleval, fondateur du jardin botanique de Montpellier ; ce jardin sera un centre de développement pour le pré-linnéisme et le linnéisme.

Élèves Rondelet aimait rencontrer ses élèves ; il était jovial et égayait .

Œuvres (liste partielle) Histoire naturelle des poissons, en latin : De piscibus marinis, libri XVIII, in quibus veræ piscium effigies expressæ sunt, Lyon, apud Matthiam Bonhomme, 1554 Universæ aquatilium historiæ pars altera, cum veris ipsorum imaginibus, 1555 Methodus de materia medicinali et compositione medicamentorum, Padoue, 1556 L’histoire entière des poissons, composée premièrement en latin par Maître Guillaume Rondelet …, maintenant traduites en français. Avec leurs portraits au naïf, Lyon, Macé Bonhomme, 1558, en in-folio, accompagné de gravures sur bois, Laurent Joubert L’histoire entière des poissons, préface François Meunier et Jean-Loup d’Hondt, Paris, C.T.H.S., 2002 De ponderibus, sive de iusta quantitate et proportione medicamentorum, Anvers, Christophe Plantin, 1561 « De fucis », dans Gabriel Fallope, Opuscula, Padoue, 1566 Methodus curandorum omnium morborum corporis humani, Lyon, 1575 Traité de vérole, Étienne Maniald, 1576 — Traduction de De morbo Italico, de Methodus, 1575 « Formulæ aliquot remediorum […], libro de internis remediis omissæ », dans Mathias de l'Obel, Plantarum, seu, Stirpium historia, Christophe Plantin, 1576 « De succedaneis », dans Caspar Schwenckfeld, Thesaurus pharmaceuticus, Bâle, 1587, ou Francfort, 1630 De urinis, Francfort, 1610 « Consilia quædam medica », dans Lorenz Scholz von Rosenau, Consiliorum medicinalium, conscriptorum a præstantissimis atque exercitatissimis nostrorum temporum medicis, Hanovre, Wechel, 1610 Opera omnia medica : édition de Chouët, 1620, avec des inédits ; édition de Chouët, 1628

Bibliographie Georges Cuvier, Histoire des sciences naturelles depuis leur origine jusqu'à nos jours, Masson, 1841, Claude Formy, « Gulielmi Rondeletii funestus morbus et mors », dans Laurent Joubert, Operum latinorum tomus primus, 1599, E. W. Gudger, « The five great naturalists of the sixteenth century : Belon, Rondelet, Salviani, Gesner and Aldrovandi : a chapter in the history of ichthyology », dans Isis, , (), Laurent Joubert, « Gulielmi Rondeletii vita, mors, et epitaphia, cum catalogo scriptorum ab eo relictorum, quæ ad D. Joubert manus pervenerunt », 1568, dans Laurent Joubert, Operum latinorum tomus primus, 1599, Charles Kingsley, « Rondelet, the Huguenot naturalist », dans The works of Charles Kingsley, , 1880, Jean-Pierre Niceron, « Guillaume Rondelet », dans Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la république des lettres, avec un catalogue raisonné de leurs ouvrages, , 1726, Gustave Planchon, Matériaux pour la flore médicale de Montpellier et des Cévennes d'après Lobel, 1868, Jules-Émile Planchon, Rondelet et ses disciples, ou la botanique de Montpellier au , Montpellier, 1866 Jean-Antoine Rioux, A propos du tricentenaire de la naissance de Linné — Influence de son œuvre sur l’École de Montpellier, 2007

Annexes Mémoire Honneurs Joubert lui fit faire une inscription . Un genre de poissons abyssaux, Rondeletia, et la famille dont ce genre fait partie, Rondeletiidae, rappellent la mémoire de Rondelet. De même un genre botanique, Rondeletia. Buste de Rondelet, Jardin des plantes de Montpellier. Il y a, à Montpellier, une rue Rondelet.

Rondelet dans la littérature Rondelet est le modèle du personnage du docteur Rondibilis dans le Tiers Livre de François Rabelais. Dans le deuxième tome de la série de romans Fortune de France, Robert Merle le fait apparaître dans les dernières semaines de sa vie. Dans le roman L’œuvre au Noir de Marguerite Yourcenar, Rondelet est évoqué pour ses dissections sur le corps de son jeune fils et de sa belle-mère.

Notes

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