Le Blériot XI, ou Blériot Type XI, est un avion monoplan léger produit entre 1909 et 1931 par le constructeur aéronautique français Blériot Aéronautique. Louis Blériot, son inventeur, entre dans l'histoire pour avoir effectué à son bord la première traversée de la Manche le , parcourant en à la vitesse moyenne de .

Sa configuration monoplan, moteur à l'avant et empennage arrière, très différente de la configuration biplan canard à hélices arrière des avions Wright, est finalement devenue la plus répandue. Blériot pensait que ce serait son dernier avion, car il était ruiné par ses inventions Michel Lhospice, Icare, , Blériot, La dernière chance d'un homme ruiné par ses inventions..

Le Blériot XI est un des premiers avions fabriqués en série, commercialisé à des centaines d'exemplaires, en quatre catégories : formation, tourisme, compétition et militaire.

Histoire Après avoir découvert les avions Éole (avion) / Ader Avion III des années 1890 de l'inventeur Clément Ader, Louis Blériot élabore à partir de 1901 sa propre série de prototypes. En , il présente son premier modèle d'avion opérationnel abouti et commercialisable, le , à l'Exposition internationale de la Locomotion Aérienne du Grand Palais de Paris (devenu depuis Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget).

vignette|Louis Blériot, vers 1910. Le vol d'essai inaugural a lieu le au champ d'aviation d'Issy-les-Moulineaux avec une distance de à .. Le , il remporte un record européen de durée de vol de . Le , Blériot remporte le premier prix de l'Aéro-Club de France avec un vol de entre Étampes et Orléans.

Conception vignette|gauche|Blériot XI en vol. Évolution du Blériot VIII de 1908, il est en grande partie conçu par l'avionneur Raymond Saulnier. Il révolutionne les règles de conception aéronautique d'alors, avec une structure en frêne, partiellement recouvert de toile, une à trois places, train d'atterrissage à base de roues de bicyclette et petite roue de queue. Le modèle est initialement motorisé par un moteur REP 7-cylindres de , puis à partir du second vol du , par des moteurs Anzani 3-cylindres de , ou moteur Gnome/Gnome et Rhône, et hélice innovante à deux pales en bois de noyer stratifié conçue par Lucien Chauvière.

Première traversée de la Manche en avion Le journal britannique Daily Mail organise un grand concours du « premier homme à traverser la Manche en avion », doté d'une récompense de /, avec pour favoris Louis Blériot et son , Hubert Latham sur , Charles de Lambert avec deux .

Le , Louis Blériot et son Blériot XI entrent dans la légende mondiale de l'histoire de l'aviation pour le premier vol réussi de de traversée de la Manche. Il décolle au lever de soleil à , d'un champ du hameau Les Baraques près de Calais, vole à vue vers le Nord, sans carte, montre, ni boussole, dans des conditions météo de brouillard et de vent turbulent, à une vitesse moyenne et altitude moyenne de . Un journaliste du journal Le Matin l'attend au château de Douvres en Angleterre, où il agite un drapeau français pour lui indiquer où atterrir. Blériot atterrit brutalement sans dommage corporel à , après de vol. À son retour à Paris, il est porté en triomphe par les médias internationaux. Le journal britannique Daily Express titre alors . L'avion de l'exploit, lauréat du prix Archdeacon, est acheté par le journal Le Matin à Blériot, puis offert au musée des Arts et Métiers de Paris, où il est exposé depuis au plafond du prieuré Saint-Martin-des-Champs.

Succès industriel et commercial La gloire médiatique de Louis Blériot vaut un important succès commercial et économique à son industrie de construction aéronautique Blériot Aéronautique, qu'il fonde en 1909. Plus de sont vendus entre 1909 et 1919. Blériot fonde également de nombreuses écoles de pilotage, à Buc (Yvelines), puis à Étampes près de Paris en 1909 et à Pau en 1910, puis de nombreuses autres, où sont formés des milliers de pilotes de l'Aéro-Club de France.

Compétition aérienne thumb|Émile Aubrun sur monoplan Blériot. Le Type XI domine la compétition aérienne européenne de 1909 à 1912 et remporte de nombreux records de vitesse aérien, avec entre autres les pilotes Alfred Leblanc, Émile Aubrun, André Beaumont, Roland Garros, Jorge Chávez Dartnell, Oskar Bider, Léon Delagrange, Eugène Gilbert, Claude Grahame-White, Tryggve Gran, Hubert Le Blon, Jan Olieslagers, Adolphe Pégoud, Harriet Quimby.

Le , l'aviateur de nationalité franco-péruvienne Géo Chavez parvient à traverser les Alpes avec un monoplan Blériot XI à moteur Gnome de 50 chevaux, avant de s'écraser, l'exploit lui coûtant la vie quelques jours plus tardLE 27 SEPTEMBRE 1910 DANS LE CIEL : GÉO CHAVEZ SUCCOMBE. Le , Alfred Leblanc signe plusieurs records mondiaux de vitesse à Étampes avec un Blériot XI à moteur Gnome de 100 chevaux de puissance, parcourant 5 kilomètres en 2 minutes et 24 secondes, 100 kilomètres en 48 minutes, 58 secondes 1/5 et enfin 150 kilomètres en 1 heure, 13 minutes et 35 secondesLE 12 JUIN 1911 DANS LE CIEL : AVEC SON BLÉRIOT XI, ALFRED LEBLANC FAIT TOMBER LES RECORDS.

Guerre de Libye et Première Guerre mondiale Durant la Guerre italo-turque et la Première Guerre mondiale, le Blériot XI est décliné en de nombreuses variantes militaires (avion de reconnaissance, avion de chasse, chasseur-bombardier, bombardier) par l'Aéronautique militaire française (au moins huit escadrons), et est vendu à de nombreux pays du monde (Royal Flying Corps des Forces armées britanniques, Aéronautique militaire italienne, force aérienne suisse (deux Blériot XI-b rachetés à leurs propriétaires civils)). Il est entre autres utilisé en 1913 par le chef-pilote de Breguet Adolphe Pégoud, pour le premier largage d'un parachutiste, et inaugure les premiers appontages.

vignette|Blériot XI-2 préparé par Adolphe Pégoud, musée de l'Air et de l'Espace de l'aéroport de Paris-Le Bourget.

Blériot XI exposés Un Blériot XI ayant appartenu à Oscar Bider et racheté par la Suisse pendant la Première Guerre mondiale est exposé au musée des Transports de Lucerne, en Suisse. Le Flieger Flab Museum à Dübendorf expose également un . Le musée Maurice-Dufresne expose un original.

Le , le Blériot XI fait son entrée au Conservatoire national des Arts et Métiers, situé à ParisLE 13 OCTOBRE 1909 DANS LE CIEL : LE BLÉRIOT XI AU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS.

Variantes XI : moteur REP 30 ch, puis moteur Anzani XI bis : ajout de plumes de la queue et d'ascenseurs elliptiques, avec moteur Gnome XI-2 : deux sièges tandem, moteur Gnome de 80 ch, XI-2 bis : deux sièges côte à côte XI-BG (Blériot-Gouin) : deux places, avion de reconnaissance à aile haute, modèle parasol XI-3 : trois places en tandem, avec moteur de 140 ch XI E1 : avion école d'entraînement monoplace XI R1 : Pingouin, avion d'entrainement au sol. Ce modèle à envergure réduite ne peut voler. Il était destiné à l'apprentissage du pilotage au sol. Son nom renvoie au Grand pingouin, un oiseau incapable de voler. XI-2 hydro : hydravion biplace, moteur Le Rhone de 80 ch,

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Louis Blériot - Blériot Aéronautique Histoire de l'aviation - Chronologie de l'aéronautique - Débuts de l'aviation dans les Yvelines Liste d'avions civils - Liste d'avions militaires - Liste d'avions militaires de la Première Guerre mondiale Musée des Arts et Métiers

Liens externes

, reconstruire un Blériot XI pour le centenaire de l'aviation au Canada.

Catégorie:Avion des années 1900 Catégorie:Histoire de l'aéronautique Catégorie:Avion militaire français Catégorie:Avion militaire de la Première Guerre mondiale Catégorie:Avion de reconnaissance Catégorie:Avion à hélices Catégorie:Avion monomoteur Catégorie:Traversée de la Manche 0011 Catégorie:Premier vol en 1909