thumb|300px|right|Communes du district de Moutier dès 1996
Le district de Moutier est l'un des 26 districts du canton de Berne en Suisse. Depuis le , il fait partie de l'arrondissement administratif du Jura bernois.
Il est l'un des 3 districts entièrement francophones du canton de Berne et constitue la région du Jura bernois avec les 2 autres districts francophones du canton, le district de Courtelary et le district de La Neuveville. La commune de Moutier est le chef-lieu. Celui-ci a une population de au . Sa superficie est de .
Communes Avant 2018, il comptait 26 communes : Commune Habitants (2004) Superficie Belprahon 327 379 Bévilard 1723 563 Champoz 165 711 Châtelat 127 409 Corcelles 217 678 Court 1355 2460 Crémines 534 935 Elay 82 842 Eschert 368 656 Grandval 345 821 Loveresse 318 464 Malleray 1897 1035 Monible 39 339 Moutier 7601 1953 Perrefitte 508 867 Pontenet 199 274 Rebévelier 49 352 Reconvilier 2342 823 Roches 242 897 Saicourt 591 1375 Saules 167 425 La Scheulte 53 561 Sornetan 128 562 Sorvilier 283 702 Souboz 122 1063 Tavannes 3319 1465
En 2018, il était composé de 21 communes :
Commune Habitants (2004) Superficie Belprahon 294 379 Champoz 170 711 Corcelles 205 678 Court 1420 2460 Crémines 509 935 Elay 58 842 Eschert 377 656 Grandval 404 821 Loveresse 348 464 Moutier 7384 1953 Petit-Val 426 2385 Perrefitte 463 867 Rebévelier 41 352 Reconvilier 2317 823 Roches 201 897 Saicourt 628 1375 Saules 151 425 La Scheulte 36 561 Sorvilier 283 702 Tavannes 3586 1465 Valbirse 3975 1867
Communes ayant fait partie du district +Les communes ayant fait partie du districtNomN° OFSSubdivision actuelleCanton actuelBelprahon681Jura bernoisBEBévilard682Jura bernoisBEChampoz683Jura bernoisBEChâtelat684Jura bernoisBEChâtillon685DelémontJUCorban686DelémontJUCorcelles687Jura bernoisBECourchapoix688DelémontJUCourrendlin689DelémontJUCourt690Jura bernoisBECrémines691Jura bernoisBEEschert692Jura bernoisBELes Genevez693Franches-MontagnesJUGrandval694Jura bernoisBELajoux695Franches-MontagnesJULoveresse696Jura bernoisBEMalleray697Jura bernoisBEMervelier698DelémontJUMonible699Jura bernoisBEMoutier700MoutierJUPerrefitte701Jura bernoisBEPontenet702Jura bernoisBEReconvilier703Jura bernoisBERoches704Jura bernoisBERossemaison705DelémontJUSaicourt706Jura bernoisBESaules707Jura bernoisBELa Scheulte (Schelten)708Jura bernoisBEElay (Seehof)709Jura bernoisBESornetan710Jura bernoisBESorvilier711Jura bernoisBESouboz712Jura bernoisBETavannes713Jura bernoisBEVellerat714DelémontJURebévelier715Jura bernoisBE
Histoire À l'origine, l'ancienne République rauracienne se compose de cinq bailliages. L'ancêtre du district de Moutier est alors le bailliage de la Prévôté-Grandval. Le , le Congrès de Vienne rattache l'ancienne république au canton de Berne. Ce rattachement devient effectif le de la même année. En 1831, le canton de Berne décide d'institutionnaliser ses territoires en districts, chacun placé sous l'autorité d'un préfet. Ces derniers représentent directement le Conseil-exécutif bernois. Face à l'immensité du canton, cette organisation permet à ses dirigeants d'affirmer leur autorité dans chaque région.
Le district est initialement composé des paroisses de la prévôté de Moutier-Grandval et de la courtine de Bellelay. Cependant, le découpage géographique présente certaines particularités. Il s’étend jusqu’aux portes de Delémont et inclut une enclave dans le val Terbi. Cette singularité s’explique par l’influence de la puissante et riche paroisse de l’abbaye de Moutier-Grandval, qui, au fil des siècles, accumule les possessions des paroisses environnantes.
Depuis son rattachement au canton de Berne, de profondes divergences opposent les Jurassiens aux autorités cantonales. Ces tensions trouvent leur origine dans des différences culturelles, linguistiques, juridiques et religieuses. Connues sous le nom de « Question jurassienne », elles se traduisent, entre et les années , par diverses luttes en faveur de l'autonomie du Jura, menées par des groupes séparatistes. Toutefois, c’est dès 1947 que ces tensions atteignent leur paroxysme. Cette lutte aboutit aux « nouvelles dispositions constitutionnelles relatives au Jura », approuvées par votation populaire cantonale le . Celles-ci définissent les modalités d’une procédure d’autodétermination pour le Jura, structurée en trois étapes successives de « votation en cascade », connues sous le nom de « plébiscite jurassien »..
Le premier plébiscite, organisé le , se prononce en faveur de la création d'une République et canton du Jura, intégrant alors le district de Moutier à ce futur canton. Toutefois, selon les modalités du deuxième plébiscite jurassien, qui stipulent que « si, dans l'ensemble des sept districts, la majorité se prononce pour un canton du Jura (oui), les districts ayant donné une majorité négative (non) pourront demander, dans un délai de six mois, un nouveau scrutin leur permettant de décider s'ils veulent adhérer au nouveau canton ou demeurer bernois », une votation est organisée le . À cette occasion, les habitants du district de Moutier choisissent à 56 % de rester bernois.
Le troisième plébiscite suit une autre règle : « si, à l’issue des deux premiers votes, un canton du Jura à territoire limité voit le jour, les communes situées à la frontière de ce nouveau canton disposent d’un délai de deux mois pour s’autodéterminer et décider si elles souhaitent ou non y adhérer ». Lors des votations de et , le district de Moutier perd huit communes — Châtillon, Corban, Courchapoix, Courrendlin, Mervelier, Rossemaison (district de Delémont), Lajoux et Les Genevez (district des Franches-Montagnes) — qui choisissent de rejoindre le canton du Jura, mais gagne une commune, Rebévelier (qui faisait partie du district de Delémont), qui opte pour son rattachement au canton de Berne. Ces changements sont effectifs depuis le . Ce découpage suit alors la frontière confessionnelle, la Réforme protestante du ne dépassant pas la Roche Saint-Jean.
À la suite de la votation cantonale bernoise du , de la votation jurassienne du et de la votation populaire fédérale du , la commune de Vellerat rejoint le canton du Jura (et le district de Delémont) le , réduisant ainsi le district de Moutier d'une commune.
En 2010, le canton de Berne engage une réforme et supprime les districts au profit de régions administratives. Les trois districts du Jura bernois se trouvent ainsi regroupés en l'Arrondissement administratif du Jura bernois, et le préfet quitte Moutier pour s’établir à Courtelary.
Le , la ville de Moutier se prononce sur son appartenance cantonale et approuve, par 51,72 % des voix, de rejoindre le canton du Jura. Après annulation de la consultation, un nouveau vote le confirme le premier par 54,9 % des voix. Le , les citoyens des cantons de Berne et du Jura sont appelés à se prononcer conjointement sur le transfert de la commune de Moutier. Dans le canton de Berne, la votation concerne l'approbation du concordat intercantonal relatif au transfert de Moutier du canton de Berne à celui du Jura, ainsi que la suppression de la mention de dans la Constitution bernoise. Dans le canton du Jura, le scrutin porte également sur l'approbation du concordat intercantonal, mais aussi sur l'abrogation de l'article 139 de la Constitution jurassienne. En définitive, l'ensemble des propositions soumises au vote a été approuvé. Le , les citoyens jurassiens se prononcent sur l'établissement d'un quatrième district au sein de leur canton : le district de Moutier. Constitué uniquement de la commune de Moutier, ce district permettra à la ville de former une circonscription électorale pour les élections au Parlement jurassien, lui donnant la possibilité d'élire sur lors des élections prévues à l'automne . Il s'agit d'une mesure transitoire, d'une durée de cinq ans, car, selon le droit fédéral, la ville est trop petite pour justifier à elle seule la création d'un district. Le Gouvernement examinera diverses options, dont la possibilité d'établir un cercle électoral unique pour l'ensemble du canton. Le résultat s'avère favorable, avec des voix. Le district prend officiellement fonction le .
Économie Au cours du , profitant de l’essor de l’horlogerie dans l’ensemble de l’Arc jurassien, le district s’industrialise et, dès les années , se spécialise dans la fabrication de machines-outils, un secteur durement frappé par la crise horlogère des années . La métallurgie joue également un rôle majeur, avec les fonderies Von Roll à Choindez et Boillat à Reconvilier.
De nos jours, l'économie du district de Moutier est prioritairement axée sur le secteur secondaire (industrie et bâtiment) qui occupe plus de la moitié de la population. Les 80 % de la production industrielle du district sont exportés.
Les préfets du district de Moutier Les préfets du district de Moutier : Emanuel von Rodt Bernhard (1815-1822) Sigismond Moreau (1822-1825) Johann Karl Albrecht von Büren (1825-1831) Charles-Henri Moschard (1832-1836) Daniel-Henri-Célestin Borle (1836-1842) Charles-Frédéric Klaye (1842-1850) David Mérillat (1850-1858) Charles-Frédéric Klaye (1858-1870) Louis Péteut (1870-1901) Jean Romy (1901-1922) Otto Boeschenstein (1922-1933) Georges Cuttat (1933-1943) Marcel Bindit (1944-1966) Roger Macquat (1966-1976) Fritz Hauri (1977-1992) Jean-Philippe Marti (1993-2009)
Notes et références
Liens externes
Etat de la population de la Suisse au 31 décembre 2005
Moutier