Le mariage est une union conjugale contractuelle et/ou rituelle, à durée illimitée, déterminée ou indéterminée, reconnue et encadrée par une institution juridique ou religieuse qui en détermine les modalités. Le terme désigne à la fois la cérémonie rituelle, l'union qui en est issue et l'institution en définissant les règles. C'est l'un des cadres établissant les structures familiales d'une société.

Les formes varient d'une société à une autre, et parfois au sein de la même société. Les mariages diffèrent dans les conséquences matérielles de l'engagement matrimonial (droits et obligations des époux, modalités de rupture, solidarités de dettes…), par les conditions à remplir par les époux pour être mariables (possibilité ou non de mariage entre personnes de même sexe, de , de remariage, de mariage consanguin, de mariage non consenti) ou encore par ses conséquences juridiques (possibilité d'adoption, suspension de la personnalité juridique d'un des époux). Sur le plan culturel, il diffère par le déroulement d'un rite célébrant le mariage ou son absence, par la symbolique associée à son engagement (religieuse ou civile, mariage d'amour, mariage arrangé ou mariage blanc…), par les implications sociales de l'union (alliances entre familles) ou au contraire par son caractère intimiste centré uniquement sur le couple (mode de l'élopement).

L'importance du mariage diffère également selon les sociétés, notamment en fonction de la présence ou non d'autres formes de conjugalité (union libre, concubinage, union civile), des formes de celles-ci et du degré d'acceptation de ces modes de vie plus informels par la société.

Présentation générale Origine étymologique et notionnelle En français, le nom « mariage » provient du verbe latin maritare, issu de maritus, qui dérive, d’après une explication traditionnelleA. Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Robert, 1998., de mas / maris, le mâle. L’adjectif qui lui correspond, « matrimonial », provient du substantif latin matrimonium, issu de mater, la mère, et signifiant également mariageMaterialis-Matronomicus, Dictionnaire Gaffiot, 1934, .. L'usage du mot latin matrimonium dans les textes juridiques et théologiques a largement contribué en Europe à l’élaboration de la notionDu Cange et al., MATRIMONIUM, Glossarium mediae et infimae latinitatis. (en latin). Il n'a pas laissé de substantif en français moderne, mais reste néanmoins présent en italien, en espagnol et en portugais, sous la forme de matrimonio et en anglais sous la forme de matrimony. Dans les pays latins, le cadre lexical du mariage renvoie donc à une forme juridique par laquelle la femme se prépare à devenir mère par sa rencontre avec un hommeB. de Boysson, Mariage et conjugalité, LGDG, 2012, ..

Définitions vignette|Photographie d'une alliance. L'ombre forme un cœur, symbole de l'amour. Le mariage est défini usuellement comme étant l'union légitime d'un homme et d'une femme « Marriage is legally and socially sanctioned union, usually between a man and a woman », Encyclopædia Britannica, 15 décembre 2008. et, plus récemment, comme « une union légitime entre deux personnes qui souhaitent créer une famille et vivre ensemble »article 146 du Code civil. Le mariage s'entend également comme « l'acte par lequel le couple se place dans une situation juridique durable afin d'organiser la vie commune et de préparer la création d'une famille ». Le mariage est ainsi un acte officiel et solennel qui institue entre deux époux une communauté socialement reconnue appelée « famille » (ou foyer, feu, ménage) dont le but est de constituer un cadre de vie stable, commun aux parents et aux enfants pour leur éducation. Cette communauté inclut souvent celle du patrimoine familial. Dans les sociétés traditionnelles, le mariage est l'alliance politique de deux familles ou de deux clans.

Les systèmes juridiques positifs consacrent son existence et l'encadrent, sans nécessairement en donner une définition explicite. Il en est ainsi, par exemple, du droit français qui ne contient que ses conditions et ses effets(art. 143 et suivant du Code civil et sa fin (annulation, mort ou divorce).

Le mariage est une institution qui a pris de multiples formes selon les peuples et au cours de l'histoire. Visant universellement à sanctionner un cadre voué au développement de la familleMarie-Claire Amouretti et Françoise Ruzé, Le monde grec antique, Hachette Supérieur, 2003 , ., le mariage donne un statut particulier aux époux : il émancipe la personne, qui devient majeure, et lui donne des obligations envers son conjoint, sa future progéniture et la famille de son conjoint. L'établissement d'un mariage donne toujours lieu à une cérémonie publique, et souvent à une fête, l'ensemble étant appelé « noces ».. Le mariage a ainsi un caractère juridique mais aussi rituelVan Genepp, Rites de passage. (profane ou religieux). Dans les pays où les institutions politiques sont séparées des institutions religieuses, on distingue le mariage civil du mariage religieux (lequel requiert généralement un mariage civil au préalable).

Lorsque les époux ne peuvent contracter un nouveau mariage tant que le premier est valide, on parle alors de système monogame. Parfois, plusieurs mariages peuvent être contractés simultanément avec plusieurs personnes en même temps ; le système est alors dit polygame. Le mariage polygame peut lier un homme avec plusieurs femmes ; c'est la polygynie. La polyandrie désigne le mariage d'une femme avec plusieurs hommes, un type d'union polygame. .

Le mariage a été décrit par l'anthropologue Claude Lévi-Strauss comme le socle pratiquement universel de la famille : Le regard éloigné, 1967, cité dans CLS et l'anthropologie structurale, de Marcel Hénaff .. Les époux Les Structures élémentaires de la Parenté, Claude Lévi-Strauss, 1948, .. Mais Claude Lévi-Strauss lui-même cite des cas très particuliers, dans des sociétés à maison, de mariages entre femmes chez certains peuples du Sahel, ou entre hommes chez les Kwakiutl d'Amérique du Nord. ; et depuis 2001, dans un nombre croissant de pays occidentaux et occidentalisés, sous sa forme civile et/ou sous sa forme religieuse, cette définition s'applique sans distinction à l'union entre deux personnes, quel que soit leur sexePour la définition du mariage, voir entre autres : Vocabulaire juridique, Gérard Cornu, association Capitan. On retrouve cette définition dans d'autres dictionnaires et encyclopédies..

Portée vignette|270px|Mariage au (Giulio Rosati). thumb|Giotto di Bondone, La Procession de mariage de la Vierge. Le mariage est à la fois un acte actuel qui concerne les parties présentes, et un acte futur qui engage l'existence et le statut des personnes dans l'avenir. C'est à la fois un acte individuel et un acte collectif qui concerne l'ensemble de la société. Il a une portée mixte, à la fois contractuelle et institutionnelle. Cet engagement peut être une convention civile lorsqu'elle est enregistrée par un officier d'état civil par délégation de l'État ou prendre une dimension sacrée lorsqu'elle est célébrée en un lieu et selon des formes religieuses.

Le mariage est généralement un engagement sans limite de durée, avec une possibilité de rupture, soit par la séparation de corps, soit par le divorce. Ce dernier n'est pas admis par certaines religions, comme le catholicisme qui admet seulement la reconnaissance de nullité du mariage, à raison, notamment, du consentement imparfait des époux, ou une dispense (autorisation de remariage religieux) s'il n'a pas été consommé.

Le mariage implique en principe une communauté de vie, c'est-à-dire de vivre ensemble et d'avoir des relations sexuelles (devoir conjugal). Leur impossibilité ou leur refus peut être, selon les pays et les époques, une cause de nullité ou de divorce.

En tant qu'il scelle une union durable, le mariage peut être mis au service de fins politiques (notamment établir des alliances entre lignées ou tribus ou sceller la paix entre deux royaumes) ou économiques (transférer des biens, obtenir un capital, une dot, etc.) M. Hunt, The Middling Sort : Commerce, Gender, and the Family in England, 1680–1780, Berkeley: University of California Press, 1996 ..

Le mariage accomplit des fonctions sociales et politiques. Claude Lévi-Strauss avait montré dans Les Structures élémentaires de la Parenté que le mariage est l'institution qui permet l'échange des femmes entre deux groupes consanguins, c'est-à-dire issus d'un même ancêtre, afin d'entretenir par l'alliance l'effacement progressif des liens de parenté qui finirait par en faire des groupes étrangers, puis des peuples ennemis. Dans cette optique, l'interdit de l'inceste n'est pas tant l'interdiction de coucher avec sa sœur ou sa fille, que l'obligation de les offrir à une autre famille ou à un autre clanClaude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la Parenté, 1948.. On comprend bien ce processus d'extension des solidarités avec le cas bien connu des rois qui devaient épouser des princesses étrangères afin d'initier ou d'entretenir l'amitié entre leur peuple et les autres peuples. La conclusion d'une paix avec des peuples ou des familles ennemis était toujours assortie d'une alliance matrimoniale, comme celui de Rollon, le chef des Nordmans, avec une fille de Charles le Simple, ou de Clovis avec la fille du roi des Burgondes, alliance dont le préalable était une conversion religieuse.

L'anthropologue et philosophe René Girard, estime que la règle unique des prescriptions matrimoniales est le renoncement par les familles nucléaires de leurs filles. Le but de ce commerce est la pacification par la suppression d'une cause de rivalitéRené Girard, Celui par qui le scandale arrive, ..

La philosophe Hannah Arendt écrivait en 1959, à propos des mariages interraciaux : Article dans Dissent cité par ..

Types d'unions thumb|upright=2| Les unions existent sous de très nombreuses formes dans le monde. Les théoriciens des systèmes de parenté, comme les usagers de la langue courante ont donc recours à des termes précis pour nommer les caractéristiques de chacun d'entre eux. On distingue donc les notions suivantes, qui ne sont pas toutes exclusives entre elles : la monogamie : si les époux ne peuvent contracter un nouveau mariage tant que le premier est valide, alors le type d'union est dit monogame. Ce type d'union est présent notamment dans les pays de culture judéo-chrétienne ; la polygamie : elle permet à une personne d'être engagée dans plusieurs mariages en même temps ; la bigamie : c'est le cas d'une personne ayant deux conjoints, la polygynie : dans un certain nombre de pays, notamment africains et arabes de culture musulmane, mais aussi chez les mormons au et aujourd'hui, (voir mariage plural), le mariage peut lier un homme avec plusieurs femmes. Elle traite socialement la question d'une éventuelle surmortalité masculine, la polyandrie : la polyandrie désigne le mariage d'une femme avec plusieurs hommes ; ce type d'union est pratiqué dans certaines régions d'Asie.

Dans les sociétés occidentales de type familial, ainsi que dans d'autres pays du monde, la monogamie prédomine, contrairement aux sociétés plus anciennes de type tribal, où la polygamie (ou la polyandrie) a tendance à l'emporter, ou plus récente lorsqu'il s'agit de l'islam. Dans tous les cas, l'autorité supérieure, État ou Église, officialise et reconnaît publiquement le mariage. C'est cette autorité qui fixe les droits et obligations nés du mariage ainsi que les règles de sa rupture éventuelle.

Ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe

thumb|Mariage entre personnes de même sexe à la Nouvelle-Orléans en 2017.