, né le à Fontainebleau et mort assassiné le à Saint-Cloud, est souverain de la nouvelle république des Deux Nations de 1573 à 1575 et roi de France de 1574 à sa mort. Il est le dernier monarque de la dynastie des Valois et le premier Capétien mort assassiné.
Quatrième fils du roi et de la reine Catherine de Médicis, Henri n'est pas destiné à la couronne. Sous le règne de son frère , il s'illustre comme chef de l'armée royale en remportant sur les protestants les batailles de Jarnac et de Moncontour. À l'âge de , il se porte candidat pour le trône de la nouvelle république des Deux Nations et est élu. Son règne est bref, puisqu'à l'annonce de la mort de son frère, sans descendant mâle, il abandonne son royaume pour lui succéder sur le trône de France.
En devenant roi de France, hérite d'un royaume divisé où son autorité n'est que partiellement reconnue. Son règne est marqué par d’importants problèmes religieux, politiques et économiques. Quatre guerres de Religion se déroulent sous son règne. doit faire face à des partis politiques et religieux soutenus par des puissances étrangères qui finissent par venir à bout de son autorité : le parti des Malcontents, le parti des protestants et, enfin, la Ligue catholique dite « Sainte Ligue ». meurt en 1589 à Saint-Cloud après avoir été poignardé par le dominicain Jacques Clément, qui voulait venger le chef de la ligue, le duc Henri de Guise, assassiné sur ordre royal l'année précédente.
L'emblème d' est constitué de trois couronnes, symbolisant les royaumes de France et de Pologne ainsi qu'une devise en latin qui explique la troisième couronne : ().
vignette|redresse|droite|Catherine de Médicis, avec ses enfants, le jeune roi Charles IX, Henri (futur Henri III), alors duc d'Orléans, François, futur duc d'Alençon et leur sœur Marguerite (future reine, épouse d'Henri IV), 1561, atelier de François Clouet.
Premières années
Jeunesse vignette|redresse|gauche|Henri, duc d'Anjou. Le jeune prince se fait remarquer par son élégance et l'entretien de son apparence.Portrait au crayon par Jean Decourt, Paris, BnF, département des estampes, vers 1570.
Quatrième fils du roi et de la reine Catherine de Médicis, le nouveau-né est baptisé le dans la chapelle haute Saint-Saturnin (Fontainebleau) sous le prénom d'Alexandre Édouard (prénoms de ses deux parrains, le cardinal Alexandre Farnèse, allié des Français en Italie, et le jeune roi d'Angleterre. ; il a pour marraines Jeanne d'Albret, duchesse de Vendôme, et Marguerite de Montferrat, duchesse de Mantoue.) et est titré duc d'Angoulême. En 1560, à l'avènement de son frère , il devient duc d'Orléans. Il prend lors de sa confirmation à Toulouse, le , le prénom de son père : Henri. Le , il devient duc d'Anjou.
Jusqu'à la mort de son père, Henri grandit avec ses frères et sœurs aux châteaux de Blois et d'Amboise. Au sortir de la petite enfance, il est confié à deux précepteurs connus pour leur humanisme, Jacques Amyot et François de Carnavalet. C'est auprès d'eux qu'il apprend à aimer les lettres et les discussions intellectuelles..
Il exerce très tôt son rôle de prince royal. À , il siège à côté de son frère le roi aux états généraux de 1560. Il l'accompagne ensuite dans son grand tour de France et en 1565, à l'âge de 14 ans, il se voit chargé, à l'occasion de l'entrevue de Bayonne, d'aller en Espagne chercher sa sœur la reine Élisabeth.
En grandissant, il devient l'enfant préféré de sa mère Catherine de Médicis, qui désire qu'Henri devienne le plus ferme appui de la royauté. Le , jour de la mort du connétable Anne de Montmorency, le jeune prince est nommé lieutenant général du Royaume, haute charge militaire qui fait de lui le chef des armées royales. À 16 ans, le duc d'Anjou devient ainsi , destinataire des doubles de toutes les dépêches. Bien qu'Henri commande officiellement l'armée, l'autorité effective reste toutefois assumée par Gaspard de Saulx-Tavannes, lieutenant général de Bourgogne et seigneur catholique rompu à l'art de la guerre. Cette nomination contrarie les ambitions politiques du prince Louis de Condé, qui convoitait également cette charge. Leur mauvaise entente pousse Condé, également chef des protestants, à quitter la cour et à rouvrir les hostilités.
Henri s'investit alors personnellement durant les deuxième et troisième guerres de Religion. Conseillé par Gaspard de Saulx-Tavannes, il s'illustre en remportant la bataille de Jarnac, au cours de laquelle Condé est assassiné en 1569 par Joseph-François de Montesquiou, capitaine de ses gardes, puis celle de Moncontour. Henri laisse la dépouille princière être tournée en ridicule par le peuple et promenée pendant deux jours sur une ânesse, s'attirant ainsi la rancœur d', le fils et successeur de Louis.
Les hauts faits militaires d'Henri durant la guerre développent sa réputation en Europe tout en attisant la jalousie du roi son frère, à peine plus âgé que lui. Sa grâce et sa popularité, ainsi que sa pratique de l'ingérence politique, irritent , avec qui Henri s'entend de plus en plus mal.
Très tôt, le duc d'Anjou est confronté à la politique. Plus proche des Guise que des Montmorency, il prône au sein du conseil royal une politique de rigueur contre les protestants. Son ambition de gouverner et ses aptitudes à le faire font de lui, aux yeux de ses contemporains, un successeur potentiel très attendu. Catherine de Médicis nourrit l'ambition de lui faire épouser une haute princesse, mais Henri n'a d'yeux que pour la belle Marie de Clèves. Tandis que la reine mère persiste à vouloir donner à son fils une couronne royale en Europe, les tractations avec , reine d'Angleterre, échouent à cause des exigences religieuses du prince.
Durant les épisodes de la Saint-Barthélemy, Henri prend parti pour une action contre les chefs protestants : s'il n'est pas possible de prouver sa présence dans les rues au moment du massacre, il est en revanche certain que ses hommes participent activement au meurtre des militaires protestants..
En , le roi lui confie le commandement de l'armée pour s'emparer de la ville de La Rochelle, capitale du protestantisme français. Malgré les moyens utilisés et huit tentatives d’assaut meurtrières, le siège s'avère un échec. Les pertes du côté catholique sont importantes (environ ) et Henri lui-même est blessé. La trêve est sonnée quand Henri apprend de sa mère qu'il a été élu roi de Pologne.
Roi de Pologne et grand-duc de Lituanie vignette|redresse|, Paris, BnF, département des estampes, .
La reine Catherine envoie l'évêque de Valence, Jean de Monluc, accompagné de son secrétaire Jean Choisnin, conseiller du roi, en ambassade extraordinaire pour soutenir devant la Diète la candidature de son fils au trône polonais, lors de l'élection libre de 1573. Grâce à son talent de diplomate, l'évêque iréniste Monluc réussit à convaincre les électeurs (catholiques et calvinistes, malgré la nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy qui compromet les chances d'Henri).. Le , Henri est élu roi de la Rzeczpospolita de Pologne-Lituanie sous le nom d' (). Le , une grande délégation polonaise composée de et est expédiée en France pour aller le chercher. Le nouveau roi est obligé de signer la première Pacta Conventa et les Articles du Roi Henry (Artykuły Henrykowskie), que tous les souverains polono-lituaniens de l’avenir auront à respecter. Selon ces documents Henri doit arrêter les persécutions contre les protestants en France et estimer la tolérance religieuse en Pologne conforme à la Confédération de Varsovie (Konfederacja Warszawska, 1573). Henri, aucunement pressé de quitter la France, fait traîner son départ mais doit s'exécuter devant les exigences du roi son frère, à qui il fait ses adieux en .
Parti de Fontainebleau, il arrive à Cracovie le après une traversée assez difficile des pays allemands. Il est accompagné par une troupe nombreuse de gentilshommes de qualité : Albert de Gondi, René de Villequier, Louis de Gonzague, Charles de Mayenne, François d'O.
Le , le jeune prince de est sacré roi dans la cathédrale Saint-Stanislas, mais refuse d'épouser Anna Jagellon, sœur de , une femme quinquagénaire qu'il juge .
Il apprend par une lettre le la mort de son frère Charles, et songe alors à quitter la Pologne. Un roi de Pologne ne jouit pas d'autant de pouvoir qu'un roi de France et Henri regrette la cour de France réputée dans toute l'Europe pour ses fêtes. Sans la permission de la diète de Pologne, il s'échappe en catimini dans la nuit du du palais royal du Wawel. Il est poursuivi jusqu'à la ville silésienne de Fryštát, où il passe la nuitFrystat castle, partie 6 - Town hall. Site sur la résidence médiévale des ducs de Silésie., puis continue à travers la Moravie jusqu'à Paris.
À Wawel, les Français sont initiés aux nouvelles installations septiques, dans lesquelles la litière (excréments) est emportée à l'extérieur des murs du château. De retour en France, Henri aurait voulu ordonner la construction de telles installations au Louvre et dans d'autres palais..
vignette|redresse|Le bâtiment où Henri passa la nuit à Fryštát lors de son évasion de Cracovie.
Après un interrègne de dix-huit mois, la diète élit un nouveau roi de Pologne en la personne d'Étienne Báthory, prince de Transylvanie (1575).
Retour en France vignette|redresse| reçu à la Villa Contarini. Fresque marouflée sur toile de Giambattista Tiepolo, vers 1745, Paris, musée Jacquemart-André.
Henri arrive à Vienne en Autriche, le où il rencontre l'empereur . La capitale autrichienne l'accueille avec faste et il y dépense près de . Il atteint ensuite l'Italie et s'y arrête plus longuement.
vignette|redresse|gauche|Louise de Lorraine, vers 1575.
La magnificence avec laquelle la république de Venise le reçoit à son tour émerveille le jeune souverain. Il a peut-être là une brève liaison avec la courtisane Veronica Franco.
Il passe ensuite à Padoue, Ferrare et Mantoue. En août, il est à Monza où il rencontre l'archevêque de Milan, Charles Borromée, qui l'impressionne vivement. À Turin, il retrouve sa tante Marguerite de France, puis le duc de Savoie vient le chercher pour l'emmener à Chambéry. Il traverse donc les Alpes à bord d'une litière vitrée. Il rapporte certaines modes, notamment - selon la légende - celle de la fourchetteElisabeth Latrémolière, exposition « Festins de la Renaissance » du 7 juillet au 21 octobre 2012, château royal de Blois..
Il arrive à Chambéry le où il retrouve son frère François, duc d'Alençon et son cousin et beau-frère futur Henri IV, roi de Navarre. Le , il est accueilli à Lyon par sa mère. Il souhaite l'annulation du mariage de Marie de Clèves afin de l'épouser, mais le , alors qu'il vient d'arriver en Avignon, il apprend la mort de celle-ci. Cette nouvelle l'anéantit et il refuse de s'alimenter pendant dix jours.
Revenu à Paris et devant se marier, il ne pense pas à un mariage avec une archiduchesse d'Autriche ou une infante de Portugal ou d'Espagne, mais à la belle et sage princesse de Lorraine, rencontrée à la cour de Nancy, et fait demander sa main. La reine-mère considère ce mariage comme un choix risqué alors que les Guise sont puissants à la cour.
Le , Henri « troisième du nom » est sacré dans la cathédrale de Reims par le cardinal de Guise. Lors du sacre, la couronne de sacre manque à plusieurs reprises de tomber de la tête du nouveau souverain et les célébrants oublient de faire jouer le Te Deum, ce qui peut paraître à certains pour un mauvais présage. Le , il épouse Louise de Lorraine-Vaudémont-Nomény, princesse de Lorraine. Il n'a pas d'enfant de ce mariage d'amourFêtes et Crimes à la Renaissance : La Cour d’. Exposition présentée par Pierre-Gilles Girault, mise en ligne le 18 juillet 2010..
Roi de France Début de règne marqué par la guerre vignette|redresse|Portrait équestre du roi .Chantilly, musée Condé, .Lors de son avènement, le souverain apparaît sur un fond de ruines comme l'élu qui restaurera la France.